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Paul Chemla (Traducteur)
EAN : 9782253155386
407 pages
Le Livre de Poche (24/09/2003)
3.79/5   59 notes
Résumé :
« Aujourd'hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l'environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale. »

L'auteur de ces lignes ? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d'économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale : « Plutôt que d'être muselé, j'ai ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Luniver
  01 mai 2022
La mondialisation ne fait plus rêver : ses promesses de prospérité et de bonheur universels se sont cassées les dents sur la réalité. Elle n'a pas éradiqué la pauvreté (les inégalités se creusent), elle semble incapable de gérer le problème climatique, et elle n'apporte même pas une stabilité dans l'économie mondiale.
Parmi les responsables de cet échec, Joseph Stiglitz pointe particulièrement du doigt le FMI. Créé à l'origine pour pallier à des faiblesses temporaires dans les marchés financiers, ce dernier se serait transformé en champion du néo-libéralisme, exigeant, pour délivrer ses aides, que les pays en difficulté privatisent leurs biens publics, éliminent les frais de douane et les prix fixes, ouvrent tous les marchés à la concurrence étrangère.
Pour l'auteur, il y a d'énormes problèmes dans cette approche :
– les économistes du FMI appliquent des solutions qui fonctionnent très bien en théorie, mais qui n'ont jamais de résultats probants en pratique. Il n'y aurait cependant aucune remise en cause, tous les problèmes étant mis sur le dos de la mauvaise volonté et/ou de la corruption des pays aidés.
– pas d'approche personnalisée : les mêmes solutions sont appliquées à tous les pays, quelles que soient leurs particularités économiques, culturelles ou sociales. L'idée étant qu'à long terme, ces solutions donneront les meilleurs résultats. L'auteur pointe cependant qu'à court et moyen terme, elles peuvent provoquer crises économiques, chômage de masse et famines, et que les populations n'accepteront pas longtemps de vivre dans de telles situations.
– une énorme hypocrisie. Les pays les plus riches n'appliquent pas les mesures qu'ils imposent aux pays en difficulté : les USA protègent leur industrie de l'aluminium, l'UE son agriculture, etc. mais les pays qui demandent l'aide du FMI doivent tout ouvrir sans restriction.
– contrairement à d'autres institutions internationales dans lesquelles on a le système 1 pays = 1 voix, dans les votes du FMI, chaque pays reçoit une voix pondérée par sa quote-part dans le financement de l'institution. Les pays riches font donc souvent pression pour obtenir des solutions qui protègent leurs propres banques et intérêts, quitte à devoir essorer la population du pays demandeur pour éponger les dettes. le rôle de « médiateur mondial » est remis en question et le FMI est plutôt perçu comme un instrument d'oppression des grandes puissances.
À l'inverse, l'auteur propose des solutions plus pragmatiques, en concertation avec les pays en difficulté plutôt qu'imposées par la force ou le chantage, et surtout plus graduelles : aucun pays n'est devenu libéral d'un seul coup de baguette magique, les transformations qui doivent s'opérer dans les sociétés prennent parfois des siècles.
Difficile de juger les critiques et les solutions proposées quand on n'est pas économiste soi-même : après tout, voir du pragmatisme raisonnable chez soi et du dogmatisme borné chez les adversaires est un lieu commun dans toutes les luttes politiques. Joseph Stiglitz ne remet pas en cause le mondialisme, qu'il juge inévitable, et positif si correctement appliqué : il suffit de laisser les pays y venir d'eux-mêmes par la manière douce.
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JCLDLGR
  17 novembre 2018
On savait donc dès 1998, avec la crise asiatique, que la politique d'ouverture et de déréglementation des marchés financiers prônée et imposée par le FMI (dont le principal actionnaire est le Trésor américain) était particulièrement néfaste pour les économies en développement et surtout destinée à l'enrichissement de quelques puissants. La démonstration (quasiment de l'intérieur puisque l'auteur était économiste en chef à la Banque Mondiale après avoir été conseiller de Clinton) est magistrale et rejoint celle de Naomi Klein (la stratégie du Choc), même si à aucun moment le système de croissance n'est remis en cause (l'auteur reste dans une vision néo-libérale du monde).
Il décortique également la façon dont les oligarques en Russie détournent les prêts et pillent les entreprises dénationalisées, avec le soutien d'Eltsine.
L'auteur pressent les crises suivantes et comme rien n'a changé depuis, ne s'est pas trompé. Seul bémol : l'écriture n'est pas limpide, il y a pas mal de répétitions et un peu de condescendance...
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claralaviva
  30 juillet 2013
livre très instructif
Lien : http://webu2.upmf-grenoble.f..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   06 mai 2015
On prétend aider les pays en développement alors qu'on les force à ouvrir leurs marchés aux produits des pays industriels avancés qui eux- même continuent à protéger leurs propres marchés.Ces politiques sont de nature à rendre les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres - et plus furieux.
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rkhettaouirkhettaoui   06 mai 2015
Le FMI est une institution publique qui fonctionne avec l'argent que versent les contribuables du monde entier.Il faut s'en souvenir,parce qu 'il ne rend de comptes personnellement ni aux citoyens qui le financent ni à ceux dont il change la vie.
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LuniverLuniver   17 avril 2022
Dans le modèle standard de la concurrence – celui qui sous-tend le fanatisme du libre marché cher au FMI –, la demande est toujours égale à l'offre. Si la demande de travail est égale à l'offre, il n'y a jamais de chômage involontaire. Celui qui ne travaille pas a, de toute évidence, choisi de ne pas travailler. Vu sous cet angle, le chômage de la grande crise des années trente, quand une personne sur quatre était sans emploi, a dû résulter d'un désir irrépressible de loisirs. Chercher les raisons de cette soudaine aspiration au temps libre, et découvrir pourquoi ceux qui en jouissaient avaient l'air si tristes, voilà un beau sujet pour les psychologues, mais, selon le modèle standard, ces questions ne relèvent pas du champ de l'économie.
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LuniverLuniver   28 avril 2022
[D]ans bien des régions touchées par la crise, comment les habitants – et de nombreux dirigeants politiques et économiques – appellent-ils encore aujourd'hui l'ouragan économique et social qui a frappé leur pays ? « Le FMI », tout simplement, comme on dirait « la peste » ou « la Grande Dépression ». C'est ainsi qu'ils datent les événements: d'« avant » ou d'« après » le FMI, exactement comme les pays ravagés par un séisme ont un « avant » et un « après » le tremblement de terre.
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JCLDLGRJCLDLGR   13 novembre 2018
Les adversaires de la mondialisation accusent les pays occidentaux d'hypocrisie. Et ils ont raison. Les états d'Occident ont poussé les pays pauvres à démanteler leurs barrières douanières, mais ils ont conservé les leurs, empêchant ainsi les pays en développement d'exporter leurs produits agricoles et les privant d'un revenu à l'exportation dont ils avaient désespérément besoin. Les Etats-Unis bien sur ont été l'un des grands coupables, et c'est une question qui me tient à cœur.
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Videos de Joseph E. Stiglitz (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph E. Stiglitz
Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz est l'invité des Matins de France Culture à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage "Peuple, pouvoir & profits" où il livre un réquisitoire contre le capitalisme dérégulé et la montée des inégalités.
L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 23 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/saison-26-08-2019-29-06-2020
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