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ISBN : 2330075316
Éditeur : Actes Sud (05/04/2017)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, s’intéresse dans cet ouvrage aux causes et aux conséquences des inégalités économiques et montre à quel point il est important de les combattre en tant que problème politique et moral dans un XXIe siècle qui a complètement perverti le capitalisme.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
candlemas
  09 septembre 2018
Avis très partagé sur ces 470 pages écrites par ce grand économiste en 2015.
Ayant aujourd'hui 75 ans, Joseph Stiglitz, prix nobel d'économie,est pourtant non seulement brillant, mais aussi un homme attachant et attaché au bien-être de l'humanité. Il fait référence dans son oeuvre au discours de 1963 de Martin Luther King, et s'est employé tout au long de son oeuvre non seulement à élaborer des théories alternatives crédibles à la divine loi du marché pur et parfait chère à Walras et Pareto, mais aussi à s'engager aux côtés des plus faibles. Ainsi, le modèle néo-keynésien mettant en avant le biais essentiel de l'asymétrie d'information entre les acteurs économiques lui doit beaucoup, de même que Paul Krugman dans son analyse de la constitution des monopoles régnant sur le commerce mondial. Enseignant toujours à l'université de Columbia , il est aussi engagé dans différents pays en développement, à la recherche de modèles de développement alternatifs aux remèdes de cheval du FMI, et en vue d'une régulation de la mondialisation. Joseph Stiglitz allie donc une éthique personnelle et des prises de positions affirmées à une analyse rigoureuse des phénomènes économiques que nous vivions.
C'est pour ces deux raison que j'ai commencé à lire La Grande Fracture, Les sociétés inégalitaires et ce que nous pouvons faire pour les changer, désireux de garder mes distances à la fois vis à vis des raisonnements parfois simplistes des altermondialistes et du vieux fond interventionniste de la bureaucratie française -plus colbertienne et jacobine que keynésienne-, tout en m'éloignant de l'angélisme aveugle et égoïste du dogme libéral dominant.
Je n'ai pas été déçu sur le fond, mais quelle triste erreur de forme ! L'écriture de Stiglitz (merci à Françoise, Lise et Paul Chemla pour la traduction) n'est pas désagréable, mais La grande Fracture est en fait une collection d 'articles, de fond ou plus grand public, sur le sujet en titre, au caractère répétif et très vite lassant. L'effort de classification par thématique, consistant à poser d'abord une vue d'ensemble, puis à expliquer les principales dimensions de l'inégalité, leurs causes et conséquences, avant d'élargir sur la dimension politique et sur les perspectives régionales, n'était pas inintéressante mais s'avère insuffisante. La démonstration de Stiglitz, étayée par des chiffres très parlants, centrée sur les USA mais débordant parfois cette perspective, est très convaincante, mais aurait pu être posée en moins de 100 pages... l'effort de synthèse aurait donc été appréciable ! quel dommage de décourager ainsi le lecteur non passionné d'économie, alors que le point de vue et lea raisonnement, limpides, mériteraient son attention !
L'ouvrage s'ouvre par une analyse fine des graves défaillances du système bancaire américain des années 2000, dont l'absence de régulation encourage les comportements prédateurs sans pénaliser pour autant les acteurs prenant des risques excessifs, couverts par le système. Il se poursuit par un réquisitoire à charge contre les acteurs dominants de ce système, qui en profitent largement, et contre le gouvernement américain qui, lors de la crise de 2007, a sauvé le système existant sans l'assainir, lui permettant de persévérer comme facteur d'instabilité économique encore aujourd'hui. Pour Stiglitz, il fallait sauver les banques, mais pas ses acteurs défaillants. Ce soutien aveugle -encore que cet "aveuglement" soit utilement rapproché de l'observation du système de financement des campagnes électorales américaines, s'est fait au détriment des victimes de la bulle immobilière, ménages pauvres ou middle-class saisies par les banques leur ayant vendu des produits structurés, et s'enfonçant dans une spirale d'appauvrissement, des contribuables et des équilibres budgétaires, saignés en pure perte, l'argent -conformément au principe de compensation des externalités négatives- n'ayant pas ensuite été réutilisé pour des programmes d'action publique dans l'environnement, la santé ou l'éducation, dont Stiglitz estime qu'il sont, à long terme, les vrais vecteurs de croissance économique.
A partir de l'analyse de cette crise, mais en remontant plus loin jusqu'aux années Reagan, Stiglitz emboîte le pas à Piketty pour constater que les inégalités augmentent partout dans le monde, et plus particulièrement aux USA. Utilisant à leur seul profit les manettes du pouvoir, les 1 % les plus riches concentrent toujours plus de richesse sur leur seule tête. Ce faisant, Stiglitz estime qu'ils appauvrissent le pays car cette rente est non productive, cette classe dominante ne portant ni l'innovation ni une consommation dynamisant l'économie réelle. L'absence de redistribution -le système fiscal au niveau nationale, obsolète, ayant cessé de l'encourager depuis des décennies déjà- aboutit à une appauvrissement de fait de la population américaine médiane. La première puissance mondiale est ainsi décrite comme un colosse aux pieds d'argile, prenant appui sur une majorité de ménages très modestes, ou pauvres. En outre, le manque d'investissement dans l'éducation ou la santé grippe également tout ascenseur social : le rêve américain ne devient alors que rhétorique politicienne. le système judiciaire lui-même -à deux vitesses- se trouve touché, et le reste du monde emboîte majoritairement le pas au géant américain.
L'ouverture aux perspectives régionales, logiquement, interroge le "modèle" chinois, et la recherche d'alternatives dans des pays en développement. En conclusion, l'auteur insiste sur le volontarisme politique comme régulateur d'un modèle de croissance économique viable, pour tous.
Une livre aux thèses intéressantes donc, construites avec rigueur et vigueur ; mais à la structure formelle vraiment inadaptée. Dommage...

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CineKino
  19 septembre 2016
Ce livre est en fait une compilation d'articles de l'auteur, parus ces dix dernières années dans des journaux généralistes ou de la presse plus spécialisée. Ils permettent de voir arriver la crise économique américaine de 2007-2008 en décryptant ses mécanismes et de suivre la montée des inégalités qui en a résulté. Inégalités de revenus principalement : d'autres types d'inégalités sont abordés parfois, sociales, raciales, scolaires, mais les revenus et le patrimoine, l'argent donc, sont au coeur de ses analyses. Ces chroniques, plutôt que d'être présentées par ordre chronologique, sont rangées dans des chapitres thématiques, ce qui me semble plutôt une bonne chose pour structurer le livre. Chaque chapitre est introduit par un commentaire de l'auteur sur ses articles mais, outre le fait que ce soit curieux de les commenter avant plutôt qu'après, ces commentaires n'apportent pas grand-chose de nouveau, se bornant souvent à annoncer de façon résumée ce qu'on va lire ensuite.
Les articles en eux-mêmes sont intéressants, assez clairs (écrits donc plus dans un style journalistique que dans un jargon d'économiste) malgré quelques inévitables passages techniques. On y apprend beaucoup de choses, sur les mécanismes et la (mauvaise) gestion de la crise comme sur la répartition (inégale) des revenus et les politiques économiques dans l'histoire et dans le monde (enfin, surtout aux Etats-Unis quand même, malgré quelques références aux pays européens et quelques articles spécifiques sur d'autres pays), mais la principale idée de l'auteur est de démonter les théories qui affirment que la réduction des impôts des riches ou le sauvetage des banques lors de la crise profitent à toute la société : au contraire, ces politiques économiques n'ont fait qu'accentuer les inégalités, alors qu'il aurait fallu aider ceux qui en avaient besoin, des plus pauvres aux classes moyennes qui ont souvent glissé dans la pauvreté. Cette démonstration revient tout au long du livre, un peu trop même : au bout de quelques articles, on trouve qu'il y a des redites, à la fin du livre on se dit carrément que l'auteur radote et qu'un essai deux fois plus court aurait suffi. C'est là le problème du livre : même s'ils ont été légèrement retouchés et mis à jour, ces articles écrits sur dix ans reviennent toujours aux mêmes idées et, bien qu'ils soient classés par thème, ils se recoupent souvent les uns les autres. J'aurais donc préféré un essai plus ordonné et synthétique que cette compilation, mais ça reste un ouvrage intéressant à lire.
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FrancoisVR
  27 mai 2016
Ce livre reprend des articles parus sur plusieurs années entre 2005 et 2015. Il est un puissant résumé des positions défendues par l'auteur Joseph Stiglitz. Certains poins pêchent par le manque de profondeur du propos, mais ce n'est pas l'objectif de ce livre. Pour cela, il est recommandé de se tourner vers son livre "Le prix de l'inégalité". Ici, c'est clairement une lecture "quotidienne" et dans le feu de l'action de ce qui se passe, en remettant en avant les points avancés par Stiglitz dans d'autres occasions là où ils sont nécessaires. C'est parfois assez répétitif, donc pas indispensable à lire, mais malgré tout intéressant pour se rafraîchir la mémoire.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
FrancoisVRFrancoisVR   06 mai 2016
Le brio n'est pas le seul facteur d'efficacité. Les valeurs, le jugement et la personnalité comptent aussi.
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FrancoisVRFrancoisVR   06 mai 2016
Les économies de marché ne sont pas capables de s'autoréguler. Elles ne peuvent pas fonctionner en pilote automatique, en particulier si l'on veut s'assurer que leurs bénéfices seront largement partagés.
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Video de Joseph E. Stiglitz (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph E. Stiglitz
Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d'économie 2001 et lauréat du Prix Mutations 2007 de l'Institut Manpower pour l'Emploi, souligne la dissymétrie de la régulation des marchés effective au niveau des États et inexistante à l'échelle internationale.
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