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Critique de FredMartineau


FredMartineau
  21 août 2016
C'est le livre que tous les hommes politiques français devraient lire, il pourrait les éclairer sur les raisons de la crise économiques et les pistes pour améliorer la situation, notamment une réforme complète de la fiscalité rejoignant ainsi les thèses de Thomas Piketty. Mais, Joseph Stiglitz nous montre aussi combien cela risquerait d'être inutile, tant ils sont sous influence du 1% qui détient les richesses, une fraction qui possèdent les médias, dépensent sans compter en lobbying et en moyens de préserver fortune et pouvoir au détriment de l'intérêt général et du bien-être de la majorité. Dans le prix de l'inégalité, l'auteur démontre que c'est bien cette domination de classe, cet écart étourdissant, scandaleux et injustifiable entre le 1% et le 99%, qui est l'origine des maux économiques et sociaux américains, mais aussi européens. Le logiciel que ces élites contraignent plus ou moins violemment à utiliser est plein de bugs, entretient non-sens, dogmes erronés ou plutôt mythes et volonté de réduire la puissance publique au minimum. Il démonte les croyances libérales et notamment celle de l'efficacité absolue et sacro-sainte des marchés à partir des situations récentes, mais aussi d'exemples plus anciens, alors que seule la régulation publique peut en corriger les excès. Malgré cela, rien ne change, les banques, à l'origine de la crise, que le contribuable a renfloué et qui ont redistribué cet argent public en bonus pour récompenser l'incompétence de leurs dirigeants continuent de privilégier aveuglément intérêt personnel et maximisation du profit à court terme. Le fait que l'auteur soit Prix Nobel d'économie renforce la crédibilité de ses affirmations, d'autant qu'il ne prétend pas détenir la solution miracle, il propose des voies de progrès et de réduction des injustices, tout en demeurant lucide sur les freins et l'inertie du système. Ces blocages il les a lui même vécu alors qu'il participait au gouvernement Clinton, ils l'ont fait démissionner. Après avoir fermé la dernière page, je comprend mieux pourquoi il avait rejoint le camp de Bernie Sanders. Cela me conforte également dans mes convictions, un autre monde est possible : " There is no alternative" (TINA) n'est qu'un slogan marketing ! Cela passe par la réduction des inégalités et un retour de l'équité économique, politique et sociale. Une vaste utopie ? Je ne crois pas, la situation est intenable à long terme et Stiglitz de nous prédire soit une révolte des 99% soit un retour à la raison des 1 % ! L'avenir répondra...
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