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Robert L. Reclaire (Autre)
EAN : 9782234008120
455 pages
Éditeur : Stock (01/01/1978)
4.04/5   50 notes
Résumé :
Combien n’a-t-on pas vanté chez Socrate le scrupule de probité qui lui fit repousser le conseil de s’enfuir de son cachot ! Ce fut de sa part une pure folie de donner aux Athéniens le droit de le condamner. Aussi n’a-t-il été traité que comme il le méritait ; pourquoi se laissa-t-il entraîner par les Athéniens à engager la lutte sur le terrain où ils s’étaient placés ? Pourquoi ne pas rompre avec eux ? S’il avait su, s’il avait pu savoir ce qu’il était, il n’eût rec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
pierre31
  11 mai 2019
J'ai lu L'Unique et sa propriété vers mes 20 ans : il a clairement contribué à me déniaiser intellectuellement. C'est le premier et seul livre que j'ai trouvé dangereux, à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. Ça a aussi été l'avis des autorités prussiennes qui l'ont censuré avant de lever rapidement la censure : L'Unique et sa propriété ayant été jugé « trop absurde pour être dangereux ».
Sur la forme c'est un livre bizarrement construit, volontiers provocateur, assez répétitif et souvent verbeux. Sur le fond, c'est une oeuvre absolument radicale, foncièrement nihiliste, une illustration théorique parfaite du mot de Dostoïevski : « Si Dieu n'existe pas, tout est permis ». Rien n'est laissé debout, tout est détruit. Stirner s'attaque à toute idéologie, tout idéal, toute morale. La Patrie, l'État, l'Homme, le Libéralisme, le Socialisme, etc., ne sont que des fantômes, comme les appelle Stirner, des nouveaux Dieux qui remplacent l'ancien Dieu, des vues de l'esprit, des constructions abstraites qui oppressent l'individu, l'Unique, et en font l'esclave d'une chimère. Toutes les chaînes doivent être brisées. Pas de vérité en dehors de l'individu, pas de transcendance d'aucune sorte, ni bien, ni mal, ni droits, ni devoirs : ne reste qu'un égoïsme pur, débarrassé de toutes les hypocrisies et des pseudo-vérités. Seul compte mon intérêt et absolument tout est permis pour le satisfaire : les autres sont éventuellement un moyen, jamais une fin, mon droit est ma force et rien ni personne ne doit empiéter sur ma souveraineté, sur mon Moi. Cette pensée peut sembler assez actuelle... C'est en partie vrai mais ce serait un contresens de faire de L'Unique stirnerien un équivalent de l'individu libéral contemporain, ce dernier étant totalement esclave des dieux Argent et Consommation, et n'ayant pour ainsi dire pas d'individualité, pas d'unicité.
La critique de Stirner est aisée. L'individu libre n'existe pas, chaque individualité étant forcément le fruit de son environnement et de sa biologie, choses que personne ne choisit. Les chaînes sont éternelles. La croyance, peu importe son objet, est le propre de l'homme et Stirner, comme tout le monde, a la sienne : c'est celle de l'homme libre. La société qu'a imaginé Stirner, car il reconnaît que l'Unique ne peut vivre seul, est un monde inhumain, un désert glacé où s'associent et s'affrontent, guidées par le seul égoïsme, des puissances que plus rien ne retient. Il n'en reste pas moins que Stirner a raison sur un point : l'homme, quelles que soient ses opinions ou ses actions, est égoïste et agit pour son intérêt exclusivement. Il ne peut pas en être autrement. Tuer ou risquer sa vie pour quelqu'un, se sacrifier même, c'est toujours de l'égoïsme si on y réfléchit : toute action vise la satisfaction personnelle. Disons simplement qu'il y a un bon égoïsme, celui qui passe par l'Autre.
Ce livre, bien que rapidement tombé dans l'oubli après avoir fait sensation, mit fin à l'idéalisme allemand issu de Hegel et eu une influence décisive sur Marx, le faisant définitivement rompre avec celui-ci et le « forçant » à élaborer une théorie matérialiste de l'Histoire. C'est aujourd'hui un classique incontournable de la pensée individualiste, ayant influencé aussi bien des anarchistes, des libertariens ou des esprits libres comme Georges Palante.
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giraudet
  17 juin 2011
Excellent livre de ce philosophe courageux décrivant avec clarté et vérité ce thème récurrent qu'est l ' hypocrisie sociale . Un bain de mots salvateur pour se récurer l'esprit de toute la gluante hypocrisie ambiante , quelle fraicheur,quelle respiration que ce texte !
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domitien
  07 mai 2015
Ouvrage étrange et atypique, aussi déconcertant sur le fond que sur la forme. Plaidoyer pour le Moi et apologie de la puissance, si vous voulez attaquer l'oeuvre plus rigoureuse de Nietzsche par la suite, ce livre peut faire une bonne introduction.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
JulianJulian   11 septembre 2007
Dieu et l'Humanité n'ont basé leur cause sur rien, sur rien qu'eux-mêmes. Je base-rai donc ma cause sur Moi : aussi bien que Dieu, je suis la négation de tout le reste, je suis pour moi tout je suis l'Unique.



Si Dieu et l'Humanité sont, comme vous l'assurez, riches de ce qu'ils renferment au point d'être pour eux-mêmes tout dans tout, je m'aperçois qu'il me manque à moi beaucoup moins encore et que je n'ai pas à me plaindre de ma « vanité ». Je ne suis pas rien dans le sens de « rien que vanité », mais je suis le Rien créateur, le Rien dont je tire tout.



Foin donc de toute cause qui n'est pas entièrement, exclusivement la Mienne! Ma cause, dites-vous, devrait au moins être la «bonne cause»? Qu'est-ce qui est bon, qu'est-ce qui est mauvais? Je suis moi-même ma cause, et je ne suis ni bon ni mauvais, ce ne sont là pour moi que des mots.



Le divin regarde Dieu, l'humain regarde l'Homme. Ma cause n'est ni divine ni humaine, ce n'est ni le vrai, ni le bon, ni le juste, ni le libre, c'est — le Mien; elle n'est pas générale, mais — unique, comme je suis unique. Rien n'est, pour Moi, au-dessus de Moi!
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jay2_3jay2_3   01 décembre 2015
S'ils vous donnent cependant la liberté, ce ne sont que des fripons qui donnent plus qu'ils n'ont. Ils ne vous donnent rien de ce qui leur appartient, mais bien une marchandise volée ; ils vous donnent votre propre liberté, la liberté que vous auriez pu prendre vous-mêmes, et s'ils vous la donnent, ce n'est que pour que vous ne la preniez pas et pour que vous ne demandiez pas, par-dessus le marché, des comptes aux voleurs. Rusés comme ils le sont, ils savent bien qu'une liberté qui se donne (ou qui s'octroie) n'est pas la liberté et que seule la liberté qu'on prend, celle des égoïstes, vogue à pleines voiles. Une liberté reçue en cadeau cargue ses voiles dès que la tempête s'élève — ou que le vent tombe ; elle doit toujours être poussée par une brise douce et modérée.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   20 avril 2016
Ce n'est pas le savoir qu'il s'agit d'inculquer, c'est la personne qui doit arriver à son propre épanouissement. Le point de départ de la pédagogie ne doit pas être de civiliser, mais de former des personnes libres, des caractères souverains.
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PhilonPhilon   22 avril 2015
J'accepte qu'un homme me traite en ennemi, mais non qu'il se serve de moi comme de sa créature, et qu'il fasse de sa raison et de sa déraison ma règle de conduite. [ Deuxième partie, II, 1 ]
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bebzbebz   16 janvier 2019
Tu n'es pour Moi que mon aliment, même si Je suis, Moi aussi, utilisé et consommé par Toi.Nous n'avons entre Nous qu'un rapport, celui de l'utilité, de la mise en valeur et de l'avantage.Nous ne nous devons rien l'un à l'autre, car ce que Je semble Te devoir, c'est tout au plus à Moi-même que je le dois.Si Je Te montre un visage serein, afin que Tu sois gai Toi aussi, c'est que J'ai intérêt à Ta gaieté et ma mine sert donc Mon désir.
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