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ISBN : 2070131106
Éditeur : Gallimard (02/02/2012)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 27 notes)
Résumé :
"Quand Jack s'est installé à Los Angeles, il rêvait de devenir présentateur télé ou acteur, il voulait mener la grande vie, s'écarter à jamais de la masse laborieuse. Au lieu de ça, il vivote dans un studio miteux de Venice Beach, partage sa vie avec une prostituée à la dérive qui n'est même pas amoureuse de lui. Un jour, après s'être fait enlever un rein contre une grosse somme d'argent, la prostituée disparaît. Son corps mutilé est retrouvé dans un dépotoir du cen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Lapkast
  26 janvier 2013
La chronique de Jean-Marc Laherrère :

Vie de merde !
Voilà donc le roman choc annoncé depuis quelques temps à la série noire, le monstre de Matthew Stokoe, La belle vie, traduit par Antoine Chainas. Un bouquin défendu par Aurélien Masson et Antoine Chainas, on l'attend, et on s'attend au pire. Et on a le pire. Mais pas forcément où on l'attendait …

Jack vit à Los Angeles, la ville du mirage, la ville des rêves sur papier glacé. Jack ne vit que pour une chose, passer de l'autre côté. Son idéal le voilà :
Stockoe « J'allumai le magnétoscope et chargeai une de mes cassettes de pubs pour parfum. Les réclames pour cosmétiques de luxe sont le meilleur instrument de mesure d'une vie saine. Les individus y sont parfaits : vous vous en rendez compte rien qu'en les voyant. Leurs corps sont désirables, ils portent les fringues les plus chères, et ne regardent pas à la dépense. Ils vivent dans un monde où les problèmes sont résolus par d'autres, où il est impossible de douter de soi et où nul ne peut vous voir sans s'empêcher de vous aimer, de désirer vous ressembler. »

Jack est persuadé que la vraie vie, celle qui compte, est celle qui est de l'autre côté du miroir. Et pour le franchir il est prêt à tout. Quand sa femme Karen est retrouvée morte dans un parc, pour s'occuper, il commence à chercher son assassin, en plongeant dans le monde de la prostitution et de la came qui était celui de Karen. C'est comme ça qu'il rencontre Bella, belle, riche, richissime même. Bella qui va lui ouvrir les portes de la belle vie… et celles de l'enfer.

Pourquoi donc le pire n'est-il pas là où on l'attend ? Parce que malgré les multiples scènes de baise les plus sordides (nécrophilie, viol, merde et pisse à tous les étages, catalogue de toutes les perversions possibles et imaginables …) ce n'est pas cela qui glace le plus. du moins ce n'est pas ce qui m'a glacé le plus. Tant c'est fait sans émotion, sans passion, sans … sans rien. Juste parce que c'est possible. Comme dit Jack : « Il n'existe sans doute, à l'heure actuelle, que peu d'individus qui peuvent se vanter d'avoir baisé un cadavre, mais je suis sûr que beaucoup y pensent. »

Et finalement, à la lecture, ce que j'ai ressenti, plus que du dégoût, de l'écoeurement ou de l'effroi c'est de l'effarement et de l'incompréhension. Cet effarement vient du rien, du vide de cette vie. La déshumanisation totale de personnages qui n'existent que par ce qu'ils achètent. Pas par le plaisir que procure l'appartement, la bagnole, les fringues, non, seulement par l'acte de l'acheter, et même plus précisément de faire partie de ceux qui peuvent l'acheter. Ce qui glace c'est le renversement des valeurs qui fait que la réalité n'est plus le monde dans lequel on vit mais celui qui nous est vendu par la pub. Et le vide qui en résulte.

Avec cette contradiction flagrante, énoncée dès les premières pages à propos des personnes sensées vivre dans ce vrai monde, le seul qui compte : « Ils vivent dans un monde où les problèmes sont résolus par d'autres, où il est impossible de douter de soi et où nul ne peut vous voir sans s'empêcher de vous aimer, de désirer vous ressembler. » Confusion de « aimer » et « désirer ressembler ». Confusion d'autant plus forte que dans le roman personne n'aime, et même personne ne ressent le moindre plaisir. Jamais le plaisir ou le bonheur ne sont évoqués, même au moment d'un supposé accomplissement.

Est-ce qu'on peut conseiller ce roman ? Je n'en sais rien. Difficilement c'est certain. Trop trash pour certains, trop vide pour d'autres, trop dérangeant bien entendu. Car il pose cette question : Existe-t-il vraiment, autour de moi, des gens à ce point différents, à ce point hors de toute discussion possible, à ce point hors d'atteinte ? Je peux comprendre la haine, la vengeance, la méchanceté, l'envie, la jalousie … Je n'arrive pas à comprendre ce vide.

D'ailleurs après avoir tourné autour du pot c'est là que je comprends mon ahurissement. Ces personnages, pour moi, sont des aliens complets. J'ai l'impression de pouvoir comprendre, un peu, un indien d'Amazonie, un japonais traditionaliste, un inuit, pour peu qu'on m'explique. Je n'ai aucune prise pour comprendre ce monde là.

Et s'il existe vraiment, merci à l'auteur de nous le rendre perceptible. Si c'est vers ça que notre société marchande veut nous faire aller, si ce sont des individus comme ça qu'elle fabrique, il faut le savoir. Pour la combattre. Et comme le clame Paco Ignacio Taibo II, dans ce combat, « No me rindo ».

Heureusement, il existe tant de garde-fous ! Des plaisirs à partager gratuitement. le bonheur de voir un chat s'étirer voluptueusement, le couteau qui tranche un gigot d'agneau cuit à point, peau craquante, chair rosée et tendre, Sarah Vaughan qui chante My funny Valentine, le rire d'un môme quand Ventura colle un bourre-pif à Blier, une colère de Montalbano, la limpidité de l'air, un matin, au démarrage d'une rando dans les Pyrénées, un verre partagé avec les amis, l'intro de Jumpin Jack Flash … et tant d'autres. Plaisir. Un mot qui n'est jamais employé dans le roman …

Bref, vous le constaterez, un roman qui interroge. Ce qui est un gage de qualité. Et un roman très désagréable à lire, très déstabilisant. La discussion est ouverte, j'attends vos réactions. Et éventuellement, s'ils passent par ici celles d'Aurélien Masson et Antoine Chainas que je me ferai un plaisir, et un honneur, de publier (si ça s'appelle pas un appel du pied …).

A vous tous.

Matthew Stokoe / La belle vie (High life, 2008), Série Noire (2012), traduit de l'américain par Antoine Chainas.
Lien : http://actu-du-noir.over-blo..
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encoredunoir
  23 août 2012
À Los Angeles, Jack rêve de partager la vie des célébrités. En attendant, il s'est marié à une prostituée, Karen, et vit dans un appartement minable de Venice. La découverte du cadavre mutilé de Karen ne va pas le moins du monde venir briser les rêves de gloire de Jack. En s'enfonçant de plus en plus profondément dans un monde où se côtoient les vices les plus extrêmes, il va peu à peu tenter de découvrir le meurtrier de Karen tout en essayant de faire en sorte que ses désirs deviennent des réalités.
Inceste, scatologie, nécrophilie, trafic d'organes… La belle vie est un véritable catalogue de perversions décrites avec crudité, sans filtre et sans doute avec le désir d'allier provocation et grand guignol. Car, si certaines scènes sont rudes et même à la limite du supportable, il convient de remarquer que Matthew Stokoe n'est pas dépourvu d'humour et d'ironie.
On l'aura compris, La belle vie n'est pas un livre à mettre en toutes les mains, mais il convient de ne pas s'arrêter à ce côté provocateur qui, en fin de compte, n'est pas ce qui peut le plus mettre le lecteur mal à l'aise. C'est le détachement du narrateur, Jack, obsédé par ses rêves de gloire ou plutôt de reconnaissance, jusqu'à nier sa propre humanité, son détachement face aux perversions auxquelles il est amené à se livrer pour accomplir ce qu'il croît être son destin, qui rend cette lecture douloureuse.
C'est de cela dont parle La belle vie. du pouvoir de l'image et de l'argent et de la vacuité qui va avec jusqu'à ne plus considérer les autres que comme des objets dont on n'a rien à faire d'autre que de les casser pour montrer que l'on existe soi-même. Et, à ce titre et malgré son image vénéneuse et nihiliste, ce roman apparaît comme éminemment moraliste si ce n'est moralisateur.
En préface, l'éditeur américain de Stokoe regrette « que La belle vie ne soit pas mentionné de manière régulière aux côtés de classiques transgressifs de la satire sociale tels qu'American Psycho ou Fight Club ». On aurait envie de lui répondre que c'est peut-être, justement, parce qu'il est arrivé après eux et ne bénéficie pas de l'effet de surprise, de l'impact, qu'ont eu ces romans-là. Sans doute est-il arrivé un peu tard, en même temps d'ailleurs que montait la téléréalité et sa cohorte d'aspirants à la gloire prêts à tout pour apparaître à la une de la presse tabloïd.
La belle vie n'est donc finalement pas aussi original qu'il en a l'air même s'il n'est pas dénué d'intérêt et peut effectivement trouver sa place quelque part entre American Psycho et Fight Club. Voilà un roman qui demeure toutefois une lecture éprouvante et – on ose l'espérer – ne se cantonne à un simple divertissement trash pour lecteur en manque de sensations fortes.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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cecile70
  14 septembre 2015
Tout commence avec Jackie, à la recherche de sa femme Lauren, prostituée, qu'il retrouve morte dans des conditions abominables...
Petit à petit, il va sombrer lui aussi dans la prostitution et dans tous les vices possibles et inimaginables afin de prouver au flic bizarre, Ryan, que ce n'est pas lui l'assassin.
C'est cru, hard, dur... et pourtant, on a envie de continuer à lire et lire encore pour connaître la suite. Déroutant !
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ethica
  17 août 2018
Un livre qui nous entraîne dans un monde ou plus rien n'a de sens ou d'importance. Un monde inquiétant et dérangeant dans lequel le protagoniste est prêt à tout pour réussir. J'ai été plus dérangé par ce côté détaché de cet “aspirant star” que par les scènes “graphiques” du roman...
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Sophie_
  09 juin 2017
Perversions en tous genres, nécrophilie et scatologie en tête, sont au menu! Je me suis demandée si j'allais finir ce livre tellement certaines pages ont piqué mes yeux d'oie blanche...C'est bien écrit mais je ne me vois pas le recommander...
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critiques presse (1)
Liberation   20 février 2012
Matthew Stokoe plante un hyperréalisme hypersexué, excessif et froid, où chacun vit son «insularité glacée» ; avec une intrigue accrocheuse, du simili-policier, en guise de cadre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
LapkastLapkast   26 janvier 2013
J’allumai le magnétoscope et chargeai une de mes cassettes de pubs pour parfum. Les réclames pour cosmétiques de luxe sont le meilleur instrument de mesure d’une vie saine. Les individus y sont parfaits : vous vous en rendez compte rien qu’en les voyant. Leurs corps sont désirables, ils portent les fringues les plus chères, et ne regardent pas à la dépense. Ils vivent dans un monde où les problèmes sont résolus par d’autres, où il est impossible de douter de soi et où nul ne peut vous voir sans s’empêcher de vous aimer, de désirer vous ressembler.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
Il fut un temps où j’adhérais complètement à cette espèce d’optimisme ensoleillé. Je croyais que tant que vous aviez un boulot, tant que vous travailliez assez dur, et pour peu que vous vous teniez à l’écart de la police, vous pouviez prétendre à un certain niveau de vie. Une relation stable, une maison dans un chouette quartier, une bagnole, des vacances à l’occasion… Pas la grande vie, peut-être, rien qui n’ait l’incandescence de celle d’une vedette, mais au moins une certaine protection contre les intempéries : une gratification suffisante pour avoir respecté les règles.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
Les réclames pour des cosmétiques de luxe sont le meilleur instrument de mesure d’une vie saine. Les individus y sont parfaits : vous vous en rendez compte rien qu’en les voyant. Leur corps sont désirables, ils portent les fringues les plus chères, et ne regardent pas à la dépense. Ils vivent dans un monde où les problèmes sont résolus par d’autres, où il est impossible de douter de soi et où nul ne peut vous voir sans s’empêcher de vous aimer, sans désirer vous ressembler.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
La majorité des gens voyait ses produits comme un simple divertissement : peut-être une référence en termes de mode ou de train de vie. La plupart d’entre eux revenaient du cinéma et s’exclamaient : « Ouah, c’était génial. Ce type est trop cool, cette gonzesse est si sexy, cette baraque est tellement grande. T’as vu cette putain de bagnole ? Bon, merde, ce n’est qu’un film… Pas la vraie vie.
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rkhettaouirkhettaoui   24 décembre 2015
Ceux que nous aidons sont si insignifiants qu’ils ne valent pas la peine que l’on porte un jugement sur eux.
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