AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Pierre Ménard (IV) (Traducteur)
ISBN : 208067966X
Éditeur : Flammarion (01/03/2001)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
En cet été brûlant de 1936, à Cypress, dans le Minnesota, Isobel est seule avec sa fille. Son mari est parti jouer les aventuriers avec leurs deux fils sur une île déserte, et elle décide de renouer avec son ancien métier de chapelière. Dans sa boutique, elle fait la connaissance de Cathryn, une élégante femme de Chicago qui vient de s'installer en ville avec son mari ingénieur. Une amitié sans faille les lie aussitôt.
Mais Cathryn a rencontré un homme, et c... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
torpedo
  10 octobre 2018
Allongée sur son lit d'hôpital, Isobel, une dame presque centenaire, se remémore ce que fut sa vie. Son mariage avec Victor. Ses enfants. Et tout particulièrement ce qui se passa cet été-là, en 1936. Victor est parti avec les deux garçons passer l'été sur l'île. Isobel reste en ville avec leur fille et décide de s'aménager un coin pour développer son activité de chapelière dans la boutique de tailleur de Victor. Jusqu'au jour où elle fait la connaissance de Cathryn. Cette rencontre qui a bouleversé sa vie à tout jamais...
Sarah Stonich n'a pas son pareil pour évoquer le temps qui passe, la vie par procuration que se construit Isobel, les regards à la dérobée, le froissement des tissus. Les regrets aussi. Celui de n'avoir toujours bien compris ceux qui l'entourent. Celui de ne pas avoir su dire à son fils ou à son mari combien elle les aime. Une toute petite vie, racontée avec délicatesse.
Commenter  J’apprécie          644
DOMS
  19 octobre 2014
J'ai beaucoup aimé.
Le retour sur la vie au moment du décès est quelque chose d'assez courant, mais traité ici de façon originale, on se demande ce qu'il s'est passé cet été là, et puis au fil de pages on comprend ce qu'il se passe aujourd'hui : Isobel est à la fin de sa longue vie, les souvenirs affluent, et comme souvent dans ce cas, ce sont les éléments les plus marquants d'une vie qui reviennent à la surface.
Cet été là : l'amitié pour une femme si différente qu'on sent qu'elle vit à travers Cathryn tout ce qu'elle ne pourra jamais vivre par elle-même, trop de choses dans son éducation l'en empêchent. IL y a à la fois de l'admiration, de l'amitié, de l'envie peut être aussi face à cette relation amoureuse aussi exceptionnelle : il n'est pas donné à tout le monde de vivre un amour aussi intense, et Isobel peut le vivre par « amitié »interposée. Elle qui craint malgré tout le regard et le jugement des autres dans sa vie de tous les jours.
Et puis sans le savoir c'est pour son amie et pour cet amour hors du commun qu'elle saura vaincre ses peurs (l'eau, peur qu'elle ne peut pas avouer, même pas à son mari) mais face à cette étrange amie, elle doit leur faire face et y réussit.
Comme le lui avait dit Victor, elle est bien plus forte que ce qu'elle croit, et tout le déroulement de sa vie nous le montre bien.
Et puis il y a les années qui passent, les malheurs d'une vie, ses chagrins, ses joies, les enfants, la mort de ceux qu'on aime, les regrets, il faut continuer malgré tout et Isobel y a très bien réussi.
Elle a développé un sixième sens dans cette amitié si particulière, et on est un peu déçu de voir qu'elle ne l'a pas développé de la même façon envers son fils : Sentiment de gâchis face à l'incompréhension qu'il y a pu y avoir entre eux deux ! On voudrait les aider à redémarrer et pourtant on sait très bien qu'il est trop tard.
Isobel est prête à aller retrouver tous ceux qu'elle a aimé, et c'est un plaisir de l'accompagner dans ses derniers moments.
J'ai également beaucoup aimé l'écriture, facile à lire, malgré de nombreuses descriptions, couleurs, situations, on imagine bien la boutique, le marais, le lac, les paysages, il n'y a plus qu'à fermer les yeux pour les voir en couleur….Les flash-back ne sont pas fastidieux, au contraire, les souvenirs s'enchaînent comme dans un rêve.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
torpedotorpedo   10 octobre 2018
Lorsqu'il l'aperçut, étalée en travers du linoléum, ses jambes se dérobèrent sous lui. Il posa la main sur la table de la cuisine et s'y appuya de toutes ses forces, incliné comme s'il craignait de couler, de se noyer.
Il croyait s'être préparé.
Seigneur. Oh, Seigneur...
Elle était si vieille qu'il avait eu tout le temps d'imaginer sa mort. A plusieurs reprises. Mentalement, il avait même déjà organisé ses funérailles, sélectionnant les airs et les passages des Ecritures qu'elle préférait. Depuis de nombreux mois, n'importe quel jour aurait pu être le dernier pour elle. Mais elle continuait de fonctionner, comme une machine bien huilée. Au fur et à mesure que les années passaient, il avait fini par croire qu'elle ne relâcherait plus son étreinte, que la vie ne l'abandonnerait jamais.
Mais là, debout dans la cuisine, une sorte de raideur commençait à le gagner, paralysant ses membres et ses genoux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
torpedotorpedo   10 octobre 2018
- Tu as de la répartie quand tu es en colère. La plupart des femmes se contentent de bouder ou de crier comme des putois. Tu n'es pas trop gentille et tu n'es pas timide. Voyons, quoi d'autre ? Tu m'as dit un jour que mon crâne un peu dégarni était... comment donc... adorable, si je me souviens bien. Tu vois les choses comme elles sont, et non comme tu voudrais qu'elles soient. Et est-ce que je t'ai dit que tu étais à croquer dans cette robe ?

Elle lui donna une petite claque sur le bras. Victor prit une poignée de sable et la laissa s'écouler sur sa jambe.

- Une dernière chose... (Il lui saisit la main et la souleva pour lui montrer la direction des brisants.) Tu vois ces couleurs, là-bas ? Juste devant la crête des vagues, avec ces lignes bleues, vertes, grises qui se chevauchent ? C'est seulement lorsqu'un orage se prépare que l'eau du lac a ce genre de nuances. (Tendant la main, il caressa du doigt sa frêle arcade sourcilière.) Tes yeux sont identiques. Et tu ressembles à ce lac. Tu ne montres pas grand-chose de ce qui est en toi. Et pourtant c'est là, juste sous la surface.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
torpedotorpedo   10 octobre 2018
Elles travaillaient côte à côte par ces jours de chaleur et le soir elles longeaient les lisières de la ville jusqu'à la berge de roseaux, marchant bras dessus bras dessous comme les femmes ne le font plus. Elles s'asseyaient là. C'était Cathryn qui parlait, pour l'essentiel, et ses phrases couvraient le murmure des vagues.
Des phrases, des histoires, des anecdotes - les confidences tragiques ou burlesques que les femmes ne se font qu'entre elles.
- Une femme a le devoir d'étonner un homme, au début du moins.
- Ce que je désire, dans la vie ? Ce n'est pas compliqué : des tulipes, des tulipes blanches. Ou à défaut des lys.
(...)
Délaissant l'endroit où la larme avait chu, les deux femmes portèrent leur regard dans la même direction, découvrant chacune un spectacle différent. L'une remarqua les ombres longues qui s'étendaient à la surface de l'eau, l'autre les îles qui s'égrenaient au loin comme des notes de musique.

[incipit]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Video de Sarah Stonich (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sarah Stonich
The Ice Chorus, roman de Sarah Stonich
autres livres classés : minnesotaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3139 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre