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EAN : 9782070466467
160 pages
Éditeur : Gallimard (22/10/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Les Juifs ont inventé la foi en un Dieu unique. Un peu plus tard (on compte en millénaires), ils ont fait don à l'humanité et aux maisons d'édition du premier best-seller : la Bible. Ce sont des faits que personne ne conteste. Mais ce qui est moins bien connu, c'est que les Juifs ont appris du Talmud, exégèse des cinq livres de Moïse, l'art de couper les cheveux en quatre. La déduction logique est qu'un cheveu ainsi divisé reste quand même un cheveu, mais que chaque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
michfred
  31 décembre 2015
'Il n'y a pas d'humour juif, rien qu'un humour universel " affirmait en substance "notre" Nastasia.B dans sa critique sur le Roi des Schnorrers d' Israël Zangwill..
Bien que ce ne soit que son humble avis qu'elle partage, avec le talent qu'on lui connaît, avec nous tous, pauvres schnorrers , voilà qu'un dibbouk m'a piquée et que, au risque de passer pour le schlemiel de service - le ridicule ne tue pas aussi violemment qu'on le suppose- je me jette dans l'entreprise quasi désespérée de lui montrer que si, l'humour juif existe - même que je l'ai rencontré !
Judith Stora-Sandor, thésarde et historienne, spécialiste en littérature yiddish m'a, je l'avoue, fourbi quelques arguments concernant la spécificité de l'humour juif, en condescendant à m'en livrer " Les secrets de fabrication enfin révélés"...
C'est le sous-titre prometteur de ce délicieux recueil, récemment publié par Folio dans une collection que je ne connaissais pas: "Folio entre guillemets, une collection de morceaux (très bien) choisis"- petite anthologie aussi burlesque que raffinée, illustrée avec humour (juif?) par Inkie. En bon apprenti hederer, je vais tâcher moyen de vous en donner la substantifique moelle...
Première leçon: l'humour juif est directement inspiré de la pratique assidue du Talmud qui coupe si bien les cheveux en quatre que ratiociner, ergoter, pinailler en est le principe fondateur: pas d'humour juif sans pilpoul, ce raisonnement "poivré" qui est le ...sel de tout argumentaire Une des meilleures histoires est celle des ramoneurs, tirée de Pierre-Henry Salfati..je vous laisse le plaisir de la découvrir!
Deuxième leçon: l'autodérision frôlant le masochisme, avec son mode préféré d'expression - troisième leçon - les questions-réponses à la Woody Allen: "Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu sortais avec Annie, toi qui es mon meilleur ami? je t'aurais cassé la gueule!" (c'est moi qui vous donne cet exemple tiré de ma dévotion quasi maniaque pour le cinéaste new yorkais...mais le livre en donne beaucoup d'autres, tout aussi savoureux, mais nettement plus longs!)
L'ergoteur se lance dans le hin un tzurik -aller-retour- sans fin, sûr au moins, dans ce monologue qui frise constamment le non-sens, qu'il ne sera pas interrompu. On n'est jamais si bien desservi que par soi-même.
De là découle inévitablement la leçon quatre: ne jamais avoir tort! L'humour juif est un humour de "besser-weisser (monsieur-je-sais-tout), doublé d'un insolent effrayé de sa propre audace, un azesponim : tous les sentiments, ces ennemis de la raison tant admirée - jalousie, passion, amour, peur- sont farouchement niés ou tournés en dérision : le même mot- khokhme- qui veut dire sagesse, vérité révélée, signifiant aussi blague...
Comme le note Judith Sandor "dans les histoires juives se cache la sagesse d'un peuple que son humour a aidé à traverser l'histoire".

L'autodérision pousse très loin ses limites: angoissé, hanté par la peur de ne pas laisser de traces, qui s'est si souvent vérifiée dans son histoire faite de pogromes et de camps, l'humour juif envisage la mort, la postérité, le face-à-face impitoyable avec soi-même sans jamais céder à l'apitoiement, au tragique, bref il ne se fait pas de cadeau.
Il n'est que de lire Frigyes Karinthy, Kurt Tucholsky, Cyrille Fleischmann ou ...Israël Zangwill pour s'en persuader! Extraits savoureux, cyniques, saisissants , mais toujours drôles, si terriblement, si cruellement drôles!
Avec Israël Zangwill, me voilà revenue à mon point de départ! J'ai fait sans m'en rendre compte un hin un tzurik...
Chère Nastasia B, en cherchant à faire ma besser-weisser, mon azesponim, avec vous, bien mal m'en a pris: je risque de rejoindre très vite les pauvres schlemiels sous le feu roulant de vos arguments!
Que cette critique en forme d'hommage à votre sagacité me soit pardonnée...mais ceci n'est que la prière d'une mécréante, c'est-à-dire pas grand'chose au regard courroucé de l'Eternel!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
michfredmichfred   01 janvier 2016
Le jeune Jean-Jacques Marchant désire épouser la belle Myriam. Mais il doit pour cela épouser en même temps sa religion. Il va donc trouver le rabbin et fait tous les efforts du monde pour s'initier aux rites et à la pensée judaïques. Au premier entretien, le rabbin dit: " Nous allons voir si vous connaissez la forme de la pensée des fils d'Isaraël. Je vais vous poser une question: Deux Juifs qui se promènent sur un toit tombent dans une cheminée; l'un en sort blanc, l'autre noir; lequel va se laver?
- Celui qui est noir, bien sûr.
-Non, pas du tout: celui qui est sale voit celui qui est propre, et celui qui est propre voit celui qui est sale. Par conséquent c'st celui qui est propre qui songe à aller se laver. Vous avez encore besoin d'étudier , revenez me voir dans un mois."
Un mois plus tard, l'entretien reprend:
"Nous allons voir si vous avez fait des progrès: Deux Juifs qui se promènent sur un toit tombent dans une cheminée; l'un en sort blanc, l'autre noir; lequel va se laver?
-Le blanc!
Alors le rabbin patiemment:
" Vous n'avez encore rien compris: pourquoi voulez-vous que le blanc se lave s'il n'est pas sale? Êtes -vous d'accord avec moi: c'est celui qui est sale qui se lave pour devenir propre?
- Oui, mais...
-Je crois qu'un mois d'étude encore ne vous fera pas de mal."
Le mois suivant l'entretien reprend:
" Bien, voyons un peu: Deux Juifs qui se promènent sur un toit tombent dans une cheminée; l'un en sort blanc, l'autre noir; lequel va se laver?
-Les deux.
-Décidément, jeune homme, je ne sais pas si vous pourrez un jour être des nôtres!
-Mais enfin, monsieur le rabbin, vous m'avez raconté la même histoire trois fois de suite et chaque fois , vous m'avez donné une réponse différente. Qui saurait s'y retrouver?
-Un bon Juif le saurait. Mais je voulais vous faire remarquer ceci: avez-vous déjà vu deux Juifs choisir un toit comme lieu de promenade?"

Dans une autre version, c'est Goebbels qui veut pénétrer dans les méandres de l'esprit juif. A la fin de la leçon, Goebbels, en rage, demande quelle est la réponse:
"La réponse, dit calmement le vieux rabbin, c'est que c'est un problème stupide. Comment deux hommes qui sont tombés dans la même cheminée peuvent-ils en ressortir l'un propre, l'autre sale? Celui qui n'a pas compris cela tout de suite n'est pas digne de suivre les enseignements du Talmud!"
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michfredmichfred   28 décembre 2015
Préface de Georges Mikes- hongrois- à " Comment ne pas être anglais" :
Je me crois, sans fausse modestie, assez qualifié pour écrire un Manuel pratique à l'usage de ceux qui ne sont pas anglais, pour la bonne raison que je ne le suis pas moi-même. En outre, notez bien que je ne l'ai jamais été (anglais), que j'ai toujours été un étranger, et ce depuis que j'existe. Mais j'ai passé les vingt-six premières années dans l'ignorance totale de cette évidence. Je vivais dans mon pays d'origine -un pays peuplé d'étrangers - non anglais- et je n'avais jamais remarqué que ma personne fût inconvenante ou biscornue. Jusqu'au jour où j'ai mis les pieds en Angleterre.
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michfredmichfred   28 décembre 2015
En yiddish le mot khokhme, originaire de l'hébreu, signifie "sagesse", celle que possèdent les khakhamim, qui, dans le judaïsme, indépendamment de leurs conditions sociales, ont toujours occupé le sommet de la hiérarchie religieuse. Ne pas confondre avec les rabbins, qui ne sont pas tous des khakhamim, loin de là. Est-ce pour se moquer de ces derniers ou tout simplement pour souligner la fragilité de toute idée déclarée à un moment vérité révélée que ce mot signifie aussi "plaisanterie" ? Selon les circonstances, on prend l'un ou l'autre sens. A moins que l'on ne considère que dans les plaisanteries, et notamment dans les histoires juives, se cache la sagesse d'un peuple que son humour a aidé à traverser l'histoire.
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michfredmichfred   28 décembre 2015
Qui peut devenir juif?

Si cette histoire mérite une rubrique à elle toute seule, c'est qu'elle est une véritable leçon de pilpoul. Il en existe d’innombrables variantes dans les langues les plus diverses. Pierre-Henry Salfati intitule le premier chapitre de son livre sur le Talmud "Prologue des ramoneurs" qu'il conclut , après avoir donné de nombreuses versions de cette histoire : "Voilà, le Talmud c'est ça."
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