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Critiques sur Darling River (6)
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Brooklyn_by_the_sea
  31 mars 2019
Ce livre est une curiosité littéraire, brodé autour du personnage de Lolita de Nabokov. Sara Stridsberg en imagine plusieurs versions, à différentes époques de son existence, tout en développant ses caractéristiques initiales. le résultat est perturbant, tant j'ai parfois eu l'impression de lire du Nabokov dans les descriptions de la (l'ex-)nymphette. Mais Stridsberg y apporte une touche de fantastique, et l'on ne sait plus trop ce qui est vécu ou rêvé (ou cauchemardé), d'autant que lieux et temps se mélangent pour créer un arrière-fond fascinant. L'écriture est en outre remarquable, empreinte d'une poésie qui exalte la Nature. C'est finalement le portrait vaporeux, sous forme de puzzle, d'une jeune femme en souffrance, connue de nous tous mais pas d'elle-même, dans un paysage insaisissable.
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didikari
  21 novembre 2012
Cette lecture m'a fait penser à une ballade dans un brouillard épais. Je sais que je peux respirer mais à chaque pas je suffoque sure que cette bouffée d'air sera la dernière.
Il y a une tension, une angoisse, une violence incroyable dans ce petit roman(par la taille non par le récit).

Chaque personnage semble être un écho des autres. J'ai du tenir mon esprit en brides, cherchant à les lier, les relier, les situer les uns par rapport aux autres. Mais l'auteur brouille les pistes, par un mot , un contexte, une ambiance...
J'ai eut l'impression d'être perdue et pourtant il y a des références géographiques, Paris, l'Alaska, l'Europe... Mais ces lieux décris par les personnages semblent hors réalité, tout comme l'époque. On ne sait qui à la préséance, qui cohabitent avec qui...
J'avais reproché à Lolita de Nabokov de nous parler de Dolores que du point de vue de Humbert Humbert, et donc de nous priver de sa réalité à elle. Ici ce sont les femmes qui parlent (je reviendrai plus tard sur le cas de la femelle chimpanzé, qui vivent...
Tout d'abord Dolorès de Darling river.Enfant blessé par la disparition précoce et inexpliquée d'une mère. Un père étrange, voir pervers... J'ai eut l'impression d'un monde apocalyptique. A la fois à l'extérieur et à l'intérieur. Les paysages incendiés se reflètent sur le corps taché de Dolores. La mort et la maladie sont partout. Tout est corrompu. Elle ne semble pas avoir d'âge précis, de but précis, d'existence réelle...
Ensuite Dolorès Haze, celle de Nabokov, mais pas forcément la première de ce récit. On la suit après que son beau-père, Humbert humbert, lui ait donné l'argent qui lui permet de partir pour l'Alaska avec son mari Richard. C'est plutôt une fuite qu'un voyage vers une destination. Elle apparaît comme fragile mais aussi étrangère à elle-même.Elle se fuit, elle fuit son avenir de mère, son passé.
Une mère et non LA mère. Ce pronom indéfini jette le trouble sur qui elle est. Peut être la mère d'une Dolorès, peut être une Dolorès plus vieille en fuite... Ici aussi on retrouve cette notion de fuite, de négation de soi, d'oubli. Ici aussi l'histoire est cruelle, crue, dure, sans pitié.Elle se perd dans les voyages, dans la photographie, dans le sexe.
Enfin un petit mot sur Ester la femelle chimpanzé aux prises avec un scientifique détraqué. Ici c'est lui qui parle. C'est peut être moi mais j'ai eut l'impression de me retrouver dans la trame de l'histoire du Lolita de Nabokov. C'est peut être voulu ou ce n'est peut être que mon impression. Mais ce scientifique qui cherche à modeler cette chimpanzé selon son désir, qui par son regard même la corromps, qui l'aime mal mais qui l'aime, qui va chercher avec une autre la délivrance physique, qui geint m'a fait penser à Humbert. Cette jeune femelle qui se trouve dépossédée de ce qu'elle est, de qui elle est, obligée d'endosser un rôle qui n'est pas le sien me semble être la soeur de Dolorès, des Dolorès.
L'auteur a un style prenant. Prenant parce qu'on ne s'arrête pas avant le point final. Prenant parce qu'il retourne jusqu'aux tripes, parce qu'il ne laisse pas indemne.
J'ai apprécié les répétitions au cours de la lecture, ces impressions de déjà vu. Ces "Darling", les lys, l'enfant... Autant de petites choses qui augmentent la sensation d'écho, de similitude. J'ai aimé me perdre dans cette noirceur pour une fois le livre fini retrouver un peu de lumière.
Un petit plus avec l'Encyclopédie qui émaille le récit. Des définitions bouleversantes mais tellement parlantes.
Lien : http://livravivre.blogspot.fr/
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Fx1
  04 juin 2014
L'anti Lolita par excellence . Là ou Nabokov à fait passer pour un chef d'oeuvre un "truc" immonde qui ne peut que parler aux bas instincts de l'homme , Stridsberg démontre tout le coté malsain , sale , de ce genre d'histoires . Les admirateurs de Nabokov crieront au scandale ,mais au final cet opus est salutaire . Costaud et efficace !
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traversay
  28 août 2012
Après la force peu commune de la faculté des rêves, Sara Stridsberg revient avec Darling River, qui entremêle plusieurs histoires, comme autant de variations autour de la Lolita de Nabokov. J'ai été vite rebuté par la forme de ce faux roman, qui part dans toutes les directions et ne semble avoir d'autre objectif que de créer un énorme malaise. Pour Sara Stridsberg, Lolita est un livre pédophile, et elle multiplie les scènes dérangeantes et les obscénités douloureuses. J'ai abandonné avant la fin, vaincu autant par la crudité du ton que par l'aspect décousu et protéiforme de l'oeuvre. Ce qui avait fonctionné dans La faculté des rêves, et avec quelle puissance, m'a semblé ici artificiel et uniquement sous-tendu par la volonté de choquer. Ce n'est que mon partial avis.
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smiroux
  23 janvier 2012
Le second livre de la suédoise Sara Stridsberg - après l'excellent "La faculté des rêves" - s'attaque à un mythe, une figure symbolique de la Littérature Universelle, Lolita, de Nabokov. Lolita, personnage de fiction à la dimension tellement extraordinaire qu'il est devenu nom commun, antonomase ; et a perdu, au passage, toute sa puissance sulfureuse, toute subversion, et toute la subtilité contenues dans le livre.

Sara Stridsberg s'emploie à replacer ces éléments dans son livre Darling River, et offre ainsi une lecture terriblement noire et étrangement légère (dans un style très poétique et aérien) à ses "Variations Dolorès".

Les Dolorès de Strisberg : Dolorès Haze, celle qu'elle partage avec Nabokov, et à laquelle elle invente une mort, dans le sang et les excréments des couches ; Lolita, la sienne, qui - à l'image de son homonyme - voit sa vie confisquée par la perversité d'un père et de tous les hommes placés sur son chemin, et l'absence d'une mère ; Lolita, la chimpanzée du Jardin des Plantes (dont Nabokov se serait inspirée pour écrire son livre), objet de toutes les curiosités, de toutes les attentions malsaines d'un scientifique pervers en mal d'amour et de reconnaissance ; et enfin la mère érrante. Mère, mais de qui, de laquelle de ces Lolita perdues ? Mère, mais avec quelle signification pour elle ?

Composé de quatre histoires qui s'enchâssent : "Darling River (Lo)" ; le Livre des Morts (Dolorès Haze)" ; Jardin des plantes" ; "Sur la mappemonde maternelle", le livre propose une lecture des violences faites au genre féminin ; qu'elles soient violences psychologiques : maintenir, comprimer les femmes dans leurs corps d'enfants, insinuer aux jeunes filles des désirs d'adultes, ou violences physiques : délabrement provoqué des corps, relations sexuelles non consenties, morts en couches.

La difficile lecture de ce livre - parfaitement amorale - se double d'une complexité de construction qui mériterait une étude minutieuse, tant le schéma narratif est précis et travaillé par l'auteure. Il faudrait étudier comment les récits sont distribués, comment les chapitres concernant la mère érrante "Sur la mappemonde maternelle", viennet enlacer, embrasser les deux histoires des Lolita. Comment les quatre parties du livre fonctionnent en écho ; et comment chaque partie s'achève par une brève "Encyclopédie" qui redéfinie, à posteriori, les thèmes de lecture qui viennent de nous frapper de plein fouet. Et cette dernière partie "Solitude" qui clôt le livre sur la figure de Lo, mais aussi sur les figures des quatre personnages, sacrifiés aux désirs obscurs des hommes, oui, sans doute, mais sur ceux de l'écrivain avant tout.
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MarianneDesroziers
  15 juin 2011
Sara Stridsberg s'est déjà imposée il y a quelques années avec son premier roman paru en France, le superbe « La faculté des rêves. Annexe à la théorie sexuelle » et il n'est donc pas nécessaire de la comparer à d'autres écrivains pour faire l'éloge de son écriture. Et pourtant… il y a un peu de « Maria avec ou sans rien » de Joan Didion (en particulier dans les premières pages), et aussi quelque chose de l'univers étrange et féminin de Laura Kasischke (notamment « A suspicious river ») dans ce « Darling river ». D'autre part, la Laura de Sara Stridsberg, jeune femme disparue, ne peut que faire penser à la Laura Palmer de « Twin Peaks ». Mais son personnage principal, Lolita, vient bien sûr de Nabokov.

La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/06/darling-river-les-variations-dolores-de.html
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
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