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Leopold Littmanson (Traducteur)Régis Boyer (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080706775
276 pages
Éditeur : Flammarion (29/04/1993)
4/5   21 notes
Résumé :
Esprit cultivé, supérieur et hautain, Axel Borg se verra condamné pour avoir aspiré à faire partie d'un monde qu'il méprise. Le jeune inspecteur des Pêcheries, envoyé sur une île de l'archipel de Stockholm pour instruire la masse ignorante et vulgaire, n'a aucunement l'intention de se commettre avec elle. Pourtant, Borg le misanthrope, Borg le misogyne - à moins que ce ne soit Strindberg lui-même - succombe, certes sciemment, à l'illusion de l'amour. Mais la Femme, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
blandine5674
  30 juin 2019
Quelle lecture fastidieuse ! le style n'est pas arrivé à capter mon cerveau. J'ai trouvé sublime, de cet auteur suédois, le bouc émissaire. Est-ce une histoire de traduction ? Borg, inspecteur en pêcheries ayant une haute opinion de lui-même, va bien sûr se faire détester par les habitants de ce port d'une île suédoise. de jolies phrases sur la nature et le fond des mers, rebutant sur les scientifiques. Ensuite ça part sur une histoire d'amour avec des comportements tordus qui m'ont échappés. Trop misogyne à mon goût, manque d'humour. Désolée de faire baisser la note à ce roman qui n'a, jusqu'à maintenant, que des critiques élogieuses.
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Dirlandaise
  11 juin 2012
Axel Borg est un être doué d'une intelligence supérieure à la moyenne de ses concitoyens. Conscient de sa valeur, il n'a de cesse de travailler et d'étudier afin de pouvoir exercer sa soif de domination et de pouvoir et ainsi créer une nouvelle race humaine à son image et à son niveau intellectuel rien de moins… Borg se distingue partout où il passe mais son savoir lui attire la haine des autres et surtout, fait de lui un être dangereux qu'il faut à tout prix neutraliser. Ses études universitaires terminées, il obtient un poste de préparateur à l'Académie des Sciences, s'étant spécialement adonné à l'étude des sciences naturelles. Ses supérieurs ayant tôt fait de voir en lui une menace et un intrus, ils s'empressent de l'accabler de travaux d'importance secondaire et rebutants. Borg endure tout et supporte bravement les persécutions pendant sept longues années. Il demande ensuite un poste d'inspecteur de pêche et obtient facilement la place d'inspecteur principal dans l'archipel de Stockholm. Sa tâche consiste à enseigner aux pêcheurs à moins dépendre du stroemming, principale ressource qui menace de disparaître. Borg doit donc leur trouver un nouveau moyen de subsistance qui puisse remplacer l'ancien. Il s'installe donc dans la petite île de Oesterskaer et commence à travailler. Mais, bien que se démenant pour aider les habitants de l'île à améliorer leur sort, il est bientôt en butte à l'hostilité générale de la population qui voit en lui un être qui les méprise et ne cherche qu'à les dominer. Un thème développé dans "Le bouc émissaire". Notre héros commence à trouver la situation intenable quand une jeune femme et sa mère débarquent dans l'île. Borg, qui jusqu'à ce jour, n'a accordé d'importance qu'au savoir et à ses capacités intellectuelles découvre l'amour, ce qui vient bouleverser sa vie et sa façon de fonctionner. La machine commence à s'humaniser mais le savant constate que pour pouvoir conquérir cette femme, il devra laisser de côté sa supériorité et s'abaisser au niveau de celle qu'il aime plus que tout mais qu'il considère comme très inférieure à lui. Comment réussira-t-il ce tour de force de pouvoir concilier cette dualité en lui et s'abaisser sans pour autant renier tout ce qu'il est lui-même ?
Encore une fois, Strindberg m'a fait vivre un grand moment de littérature avec ce livre d'une densité et d'une profondeur d'analyse remarquables. Je sais, le firmament Strindbergien brille de nombreuses étoiles mais comment faire autrement quand on plonge dans l'univers d'un tel génie ? Outre l'histoire d'amour de Borg et de Mademoiselle Maria, Strindberg nous gratifie de magnifiques descriptions de la faune marine, de la flore et du monde minéral d'un archipel suédois. Mais ce qui domine le récit, c'est la personnalité monstrueuse et pourtant attachante de Borg, cet homme tourmenté, solitaire, angoissé, élitiste, supérieur et perfectionniste. Comment ne pas faire le rapprochement avec l'auteur car c'est bien lui que je percevais à travers ce personnage de fiction. Un homme qui essaie de diriger sa vie à sa guise en évitant le contact des autres qu'il juge inférieurs et dont la société le fait dévier de son but et lui fait perdre des capacités intellectuelles acquises au prix de grands sacrifices. La solitude constitue un refuge mais elle mène aussi souvent tout droit à la folie... Je ressors de cette lecture totalement bouleversée ! La fin est tout simplement hallucinante !
« Il s'enivrait de cette idée, sentait comment son Moi croissait, comment les cellules de son cerveau germaient, crevaient leurs écorces, se multipliaient et engendraient de nouvelles espèces de représentations qui, un jour, jailliraient sous forme de pensées, tomberaient dans la substance des autres cerveaux comme des champignons de levain, forceraient des milliers d'êtres à servir de couches pour ses idées germantes — ne fût-ce qu'après sa mort… »
« Fini, l'espoir de sa jeunesse de trouver la femme qu'il cherchait ! « Une femme ayant assez de raison pour comprendre l'infériorité de son sexe à l'égard de l'autre. » » (Strindberg était reconnu comme ayant de fortes tendances à la misogynie et cela transparaît souvent dans ses écrits.)
« Tu vois, Borg, que tu crains la mort ! — Parbleu ! Comme tout ce qui vit et qui, sans la crainte de la mort, n'aurait jamais vécu ! Mais le jugement, vois-tu, je ne le crains pas ; car c'est l'oeuvre qui fait juger le maître, et ce n'est pas moi qui me suis créé ! »
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Olibabe
  04 avril 2017
On l'a surnommé le Zola de Suède. Et ce n'est pas pour rien ! Longues longues descriptions, personnages torturés et victimes de leur temps, réflexions sur la société… le personnage principal est un scientifique, un passionné de l'érosion qui a une idée bien définie de ce que la société idéale devrait être : la passion amoureuse, lui, ça ne lui dit pas grand-chose ! Et pourtant, c'est bien ce qui va lui arriver, sur la petite île des marins d'Oesterskaer… Mais pour gagner le coeur de celle dont il s'est épris, il lui faudra mettre de côté ses certitudes sur sa supériorité intellectuelle. Ce qui, bien entendu, ne va pas marcher bien longtemps. Dilemmes intérieurs, interrogations de la condition humaine, un récit à la fois pesant et haletant.
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totom
  01 avril 2010
Un homme arrogant et précieux qu'un séjour sur une île va faire progressivement basculer dans la folie.
Puissant, drôle et désespérant.
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VACHARDTUAPIED
  15 avril 2013
d'une beauté rare........
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   28 juin 2019
Une petite pression sur la volonté, un désir contrarié, un projet croisé, causaient aussitôt une dépression générale durant laquelle l’âme cherchait à transférer les souffrances dans le corps, sans réussir à les localiser.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   15 avril 2013
Tu vois, Borg, que tu crains la mort ! — Parbleu ! Comme tout ce qui vit et qui, sans la crainte de la mort, n’aurait jamais vécu ! Mais le jugement, vois-tu, je ne le crains pas ; car c’est l’œuvre qui fait juger le maître, et ce n’est pas moi qui me suis créé
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   15 avril 2013
Il s’enivrait de cette idée, sentait comment son Moi croissait, comment les cellules de son cerveau germaient, crevaient leurs écorces, se multipliaient et engendraient de nouvelles espèces de représentations qui, un jour, jailliraient sous forme de pensées, tomberaient dans la substance des autres cerveaux comme des champignons de levain, forceraient des milliers d’êtres à servir de couches pour ses idées germantes — ne fût-ce qu’après sa mort…
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   15 avril 2013
Fini, l’espoir de sa jeunesse de trouver la femme qu’il cherchait ! « Une femme ayant assez de raison pour comprendre l’infériorité de son sexe à l’égard de l’autre.
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Videos de August Strindberg (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de August Strindberg
August Strindberg : Inferno (2005 - France Culture / Samedi noir). Photographie : DR/Coll. particulière, Autoportrait de Strindberg à Gersau, 1893-1894. Diffusion en deux parties sur France Culture les 24 et 31 décembre 2005. (Il manque environ cinq minutes à la deuxième partie.) Adaptation : Juliette Heymann. Musique originale : Dominique Massa. Bruitage : Jean-François Bernard-Sugy. Réalisation : Christine Bernard-Sugy. « C'est l'une des plus belles œuvres de Strindberg, peut-être même son œuvre majeure, en dehors de ses grandes pièces. C'est un portrait extraordinairement puissant et convaincant de l'intérieur d'un esprit perturbé, qui mérite d'être mis sur un pied d'égalité avec des oeuvres comme les autoportraits de Van Gogh, les poèmes d'Hölderlin et les romans de Dostoïevski. » Michael Meyer (in “A. Strindberg”) « Le récit ou le « roman » “Inferno” a été écrit par Strindberg en français, entre le 3 mai et le 25 juin 1897, à Lund, au sud de la Suède. (Après “Le plaidoyer d'un fou” en 1887, c'est le second texte écrit en français par l'auteur dramatique suédois, dix ans plus tard.) Dans une lettre de cette même année, il en donne les raisons : « La clarté du style, vois-tu, c'est cela, la langue française ! Je l'utilise comme Swedenborg et les autres maniaient le latin : comme la langue universelle. » Dans ce livre où réalité et fiction s'entremêlent trompeusement, Strindberg raconte de façon dramatisée (en partie sous forme de souvenirs, en partie comme des extraits de son journal intime, ou présentés comme tels) la série de crises psychiques qu'il traversa à partir de l'été 1894, après son retour à Paris, et jusqu'à l'automne 1896. Cette période mouvementée, au cours de laquelle il semble avoir approché de près la folie, déboucha sur une réorientation radicale de sa vie et de son œuvre et eut un effet particulièrement fécond sur sa force créatrice. Dans ce récit, il s'agit pour Strindberg, selon ses propres paroles, de « faire profession devant le peuple tout entier » de la façon dont l'écrivain comprend qu'une main le guide consciemment à travers les souffrances qu'il subit : la souffrance n'est compréhensible que si elle a un sens et suppose une culpabilité, la sienne propre ou celle qu'il a héritée de ses aïeux. Le thème d'“Inferno” rappelle que notre vie terrestre et mortelle est le temps du châtiment et de l'expiation. » Juliette Heymann.
1ère partie : 0:00 2ème partie : 49:33
Avec : Jean-Michel Dupuis (August Strindberg) et Yves Pignot, Françoise Henry-Cumer, Christian Zanetti, Danielle Rezzi, Julien Mouroux, Gaël Zaks, Thomas Fitterer, Cédric Simon, Julien Turgis
Source : France Culture
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