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Arthur Adamov (Autre)Carl Gustaf Bjurström (Autre)
EAN : 9782851810489
64 pages
L'Arche (13/06/1997)
3.32/5   14 notes
Résumé :

"...Et le Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus. Ni deuil, ni cri, ni peine ne sera plus. Car les choses sont passées."
--Ce texte fait référence à l'édition

Drame en trois actes, écrit en 1907 et créé en 1908.
Joué en 1974 par la sublime Harriet Andersson et en 1994 par le formidable Max von Sydow.



Poche
.
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

La Sonate Des Spectres est une pièce expressionniste par excellence. Les traits y sont grossis, mais pas dans un but caricatural. Les symboles y sont nombreux. Nous ne sommes pas dans la réalité, pas dans la science-fiction, mais dans un monde à part, entre les deux, à la frontière, un monde allégorique, presque dans les vapeurs de l'absinthe et les visions qu'elle entraîne.

L'argument de la pièce pourrait se résumer comme suit : nous sommes tous des fantômes, l'ombre de nous-mêmes, vidés de notre substance réelle par les contraintes sociales. Car nous sommes tous faux, nous cultivons tous une image qui n'est pas la nôtre véritable, et cela, tout le monde le sait. Donc, nul ne peut démasquer la fausseté de l'autre sous peine de se voir mis au jour lui aussi, dans toute sa hideur et dans tous ses mensonges.

Ainsi tenus en respect les uns par les autres, nous jouons tous un peu une petite musique consensuelle, le bruit de fond insipide dont nous nous satisfaisons au lieu de jouer la musique vraie de nos âmes, celle qui nous caractériserait.

Qui se cache derrière cette perruque ? ce corset ? ce titre de noblesse ? cette fonction subalterne ? ce visage ridé ? Nous supporterions-nous les uns les autres si nous nous présentions tels que nous sommes vraiment ? si nous ne parlions que le langage de la vérité ?

August Strindberg crée une ambiance très spéciale, où l'on voit de l'extérieur l'intérieur, voire, l'intériorité des gens. Si je dois prendre une image, j'aurais tendance à évoquer certains tableaux de Hopper où l'on est un spectateur indiscret chez les autres et, bien que Strindberg décrive précisément les décors, j'ai eu le sentiment que ce type d'ambiance serait extraordinairement bien rendu avec un décor minimaliste à la Dogville, le film de Lars von Trier, où l'oeil — cet horrible, ce pernicieux — passe au travers de toutes les cloisons.

La pièce, qui compte trois actes, s'ouvre sur la rencontre entre un étudiant qui vient de risquer sa vie pour porter secours aux habitants d'une maison effondrée avec un vieux monsieur en fauteuil roulant. le vieux semble tout connaître des gens et des lieux alentour, et ne tarde pas, à la façon qu'a l'étudiant de parler, à mettre un nom sur sa tête en prétextant qu'il a très bien connu son père.

De fil en aiguille, le vieux se propose d'être le protecteur, le bienfaiteur de cet étudiant sans le sou et de l'introduire dans la maison d'un colonel noble, dont la simple vue de la fille charmante a séduit le jeune homme. Lui, qui dans ses rêves les plus fous n'osait pas pouvoir ne serait-ce qu'adresser la parole à cette créature divine, aura donc la possibilité d'être introduit dans ce monde. Et que va-t-il y trouver dans ce monde ? C'est ce que je vous laisse le soin de découvrir par vous même.

Une pièce assez atypique, pas pour du Strindberg j'entends, mais par rapport au théâtre de cette époque. Une pièce et un auteur qui marquent indubitablement une évolution de cet art et un pas de plus franchi vers la modernité. Personnellement, ce n'est pas ce que j'aime le mieux dans le théâtre mais j'ai été suffisamment dérangée, mise un peu mal à l'aise pour croire qu'elle a de l'intérêt. En outre, ce que j'exprime ici n'est que la musique de mon avis spectral, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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Après avoir hésité plusieurs fois à lire cette pièce qui semblait éloignée de ce à quoi nous avait habitués Strindberg, je me suis enfin lancée. Et je le dis tout de go : impossible pour moi de résumer même succinctement l'intrigue ; comme le dit un personnage de la pièce, "c'est un peu compliqué", et comme lui répond du tac au tac un autre, "c'est terriblement compliqué". C'est plein de personnages soit morts, soit bizarres d'une façon ou d'une autre. Au centre se trouve une maison typique du bonheur bourgeois, mais emplie de secrets et où quelqu'un vient de mourir. Un vieillard semble tramer une vengeance, tout au moins un plan en rapport avec les habitants de cette maison, tandis qu'un étudiant qui voit des apparitions, des fantômes, des revenants, des morts quoi, se trouve impliqué bien malgré lui dans les projets du vieillard.

Ce n'est pas tant ce qu'on découvre sur les habitants de la maison et d'autres leur étant liés qui provoque de l'étonnement - ils ont tous commis quelques turpitudes, d'autres plus que d'autres et plus infâmantes, comme des meurtres et ce genre de choses. C'est plutôt cette ronde de personnages qui intrigue, tellement ils paraissent pour la plupart interchangeables, chacun ou presque se dédoublant, parfois dans plusieurs autres personnages. Ainsi, La Cuisinière qui apparaît dans l'acte II commet les mêmes actions - affamer ses maîtres de diverses manières - qu'on avait mis sur le compte du Vieux plus tôt dans la pièce ; et c'est loin d'être le seul exemple. Ainsi également, un personnage qui était un maître de maison est devenu un domestique, et un autre dans le même temps est passé de domestique à maître. Tous se mentent, chacun se fait passer pour ce qu'il n'est pas, et le personnage qui incarne le mieux ce principe, visuellement et physiquement, c'est celui appelé La Momie - en fait l'épouse du maître de maison (si tant est qu'on sache qui est le maître de maison), dont la beauté et la jeunesse ont été figée bien des années plus tôt dans une statue qui ne lui ressemble plus en rien, au point que chacun est effaré de son apparence réelle.

Revient également un autre leitmotiv : celui de la confrontation des classes sociales. Vous aviez sans doute compris que dans ce jeu de chaises musicales pointait le bout de son nez une critique sociale qu'on avait déjà vu à l'oeuvre, au hasard, dans Mademoiselle Julie. Mais ici c'est traité de façon différente, d'une part à cause du style de la Sonate des spectres, d'autre part parce que, même s'il est fait quelques allusions, voire plus, à des mariages, des fiançailles et de relations amoureuses ratées, c'est peu de chose par rapport à la question des classes sociales. Ce n'est pas pour rien que La Cuisinière qu'on voit apparaître à la fin de l'acte II, alors que restent les deux derniers "maîtres de maison", leur dit : "Vous nous prenez tout notre suc et nous vous prenons le vôtre; nous suçons votre sang et vous recevez en échange de l'eau, avec du colorant."

Au milieu de cette corruption dont il est abondamment débattu et qui semble toucher tout le monde, restent deux personnages qui sont... comment les appeler... des âmes pures. L'Étudiant et La Jeune Fille trouvent l'amour et le réconfort l'un auprès de l'autre. Vous avouerez que ce n'est pas souvent chez Strindberg... Oui, mais La Jeune Fille a vécu trop longtemps dans cette maison corrompue, elle n'est pas de force à supporter tout ça. Elle est donc malade dès le début de la pièce et... elle meurt, allez hop ! Reste l'Étudiant, celui qui a le don de voir au-delà des apparences.

Pièce à la fois imprégnée de symbolisme et d'expressionnisme, on pourrait lui trouver une parenté avec certaines oeuvres de Munch et Ensor, notamment. Je pense par exemple à Soirée sur l'avenue Karl Johan de Munch, avec son défilé de passants qui ressemblent à des spectres, et vous n'aurez pas de mal à trouver un tableau d'Ensor qui convienne. Cela dit, La Sonate des spectres part un peu dans tous les sens, que ce soit complètement voulu ou pas (répétons-le, "c'est terriblement compliqué"), avec tous ses personnages grotesques - pourtant au sens noble du terme. Une seconde lecture permettrait peut-être de mieux cerner sa composition, pas évidente à déceler d'un seul coup d'oeil. Pour ma part, j'ai pas plus envie que ça de la relire...


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La Sonate des Spectres est l'une des pièces de chambre de Strindberg, ainsi nommées pour leur intimité, leur lyrisme et la simplicité de leur thème. Comme la musique de chambre, les pièces de chambre ont été conçues pour un petit public, en particulier ceux du théâtre intime de Strindberg. La Sonate des Spectres est de forme abstraite, présentant une série d'images évoquant un rêve.

La conscience dominante de la pièce est un étudiant, Arkenholz, qui progresse à travers les épisodes symboliques du rêve jusqu'à ce qu'il acquière la compréhension, moment auquel le rêve se termine par son réveil. Pendant qu'il est dans le rêve, Arkenholz est poète-chercheur, possédant une acuité de perception exceptionnelle. Il est cependant limité par un vieil homme tout aussi puissant que maléfique (Hummel), qui guide Arkenholz dans une maison dans laquelle résident des personnages étranges et symboliques. Dans la pièce la plus à l'écart de la maison il y a la fille aux hyacinthes - vision de la beauté et de l'amour à laquelle l'étudiant ne peut résister. Je me pose une question, TS Eliot avait-il lu (ou vu) cette pièce avant d'écrire The Waste Land:

‘Tu m'as donné des hyacinthes pour le première fois il y a un an;

On m'appelait la fille aux hyacinthes.'

La quête mythique d'Arkenholz commence sur la façade du bâtiment, où il rencontre une laitière et Hummel, un vieil homme en fauteuil roulant qui lui dit qu'en assistant à la Walkyrie de Wagner, il entrera dans la maison. Hummel identifie alors ses habitants : le colonel qui bat sa femme ; la statue en marbre de la femme du colonel, devenue momie ; la Dame en noir; le consul mort; le fiancé décrépit, qui est fou ; la femme du gardien; et, dans la salle Hyacinthe, la fille.

Une fois à l'intérieur, l'étudiant observe la coterie contre nature dans la salle ronde, où il est témoin du traitement inhumain du colonel par Hummel et entend parler d'un réseau de relations sexuelles alors que les habitants de la maison se rassemblent pour leur souper rituel. L'étudiant s'arrête pour les présentations à la momie, qui sort de son placard en criant comme un perroquet, et à la statue de marbre de sa forme juvénile, tandis que Hummel, qui a engendré l'enfant de la femme, se pend dans le placard. Sans son guide, Arkenholz poursuit son voyage dans le monde intemporel de la salle Hyacinthe, dans laquelle l'horloge qui se dressait bien en évidence sur le manteau de la salle ronde et sonnait pour signaler les dernières minutes de la vie du vieil homme est remplacée par une statue du Bouddha.

Un monde d'intimations, invitant de manière suggestive ses lecteurs dans son paysage apparemment étrange mais curieusement familier, La Sonate des Spectres est une vision richement évocatrice de la culpabilité et de l'expiation, de l'innocence et du mal, qui s'étend à toute l'humanité.

Strindberg a dit que l'écriture de la pièce avait été une expérience douloureuse, qu'il savait à peine lui-même ce qu'il avait écrit, mais qu'il ressentait le sublime.


Lien : http://holophernes.over-blog..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation

L'ÉTUDIANT : Mon père est mort dans un asile de fous.

LA JEUNE FILLE : Il était malade ?

L'ÉTUDIANT : Non, pas malade, mais fou. Sa folie a éclaté un jour, dans les conditions que voici... Comme nous tous, il était entouré de relations que, pour plus de commodité, il appelait ses amis. Des canailles, bien entendu, comme la plupart des hommes. Mais il était bien obligé de voir du monde, puisqu'il ne supportait pas de rester tout seul. Bon. On n'a pas coutume de dire aux gens tout ce qu'on pense d'eux, et lui non plus ne le disait pas. Il savait, bien sûr, à quel point ils étaient faux, il connaissait à fond leur infamie... mais c'était un homme sage et bien élevé, donc toujours très poli. Cependant un soir, au cours d'une grande réception... fatigué par sa journée de travail, et aussi par l'effort qu'il devait faire, d'une part pour se taire, d'autre part pour débiter des sornettes aux invités... Bref, à table, il réclame le silence et, son verre à la main, il s'apprête à faire un discours... Alors les freins ont lâché, il met à nu toute l'assistance, il prend chacun à tour de rôle et lui lance au visage toute sa fausseté. Enfin, épuisé, il s'assied sur la table et les envoie tous au diable.

Acte III.

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LE VIEUX : J'ai sauvé votre père de la misère. En retour, il m'a voué la terrible haine qu'engendre toujours une dette de reconnaissance. Et toute la famille, à sa suite, s'est mise à me calomnier.

L'ÉTUDIANT : Vous avez peut-être provoqué vous-même son ingratitude, en empoisonnant par des humiliations inutiles l'aide que vous lui apportiez.

LE VIEUX : Toute aide est humiliante, monsieur.

Acte I.

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LE VIEUX : Regardez la vieille à sa fenêtre ! Vous la voyez ? Eh bien, elle a été ma fiancée dans le temps, il y a une soixantaine d'années. J'avais vingt ans... Ne craignez rien, elle ne me reconnaît pas. Nous nous voyons tous les jours, et cela ne me fait plus le moindre effet. Pourtant, à l'époque, nous nous étions jurés une fidélité éternelle. Éternelle !

L'ÉTUDIANT : Comme vous étiez peu raisonnables, autrefois. Nous ne disons plus de choses pareilles à nos petites amies.

LE VIEUX : Il faut nous excuser, jeune homme, nous ne savions pas ! Mais pouvez-vous voir que cette vieille femme a été jeune et belle ?

L'ÉTUDIANT : Il n'y paraît guère.

Acte I.

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L'ÉTUDIANT : Et l'honneur et la fidélité, où sont-ils ? Dans les contes de fées et les pièces de théâtre pour enfants. Où y a-t-il une chose qui tienne ce qu'elle promet ? Uniquement dans mon imagination !

Acte III.

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LA MOMIE : Mon Dieu, si seulement nous pouvions mourir ! Si seulement nous pouvions mourir !

LE VIEUX : Mais pourquoi vous fréquentez-vous, alors ?

LA MOMIE : Parce que nos crimes et nos secrets nous lient. Tant et tant de fois nous avons rompu, nous nous sommes séparés, mais toujours pour être à nouveau attirés les uns vers les autres.

Acte II.

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Videos de August Strindberg (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de August Strindberg
« Rares sont les auteurs suédois qui ont joué un rôle dans la littérature mondiale. Swedenborg (1688-1772) fut l'un d'eux […]. Un autre fut le Strindberg (1849-1912) des dernières années […]. » (Kjell Espmark)
« La voix de Tomas Tranströmer (1931-2015) est celle d'un homme de notre temps, un homme dont les poèmes nous apprennent qu'il a voyagé […] ; un homme qui est surtout très ordinairement père de deux enfants, qui prend sa voiture pour se rendre à son travail, dort parfois dans des hôtels, et plus souvent encore dans sa propre maison en Suède. […] Rien là qu'un lecteur de cette fin de siècle n'ait pu vivre lui-même. […] […] ses poèmes nous semblent […] un « parti pris des choses ». […] Un monde complexe s'étend sur la page : ainsi la nature suédoise, rugueuse sans être inhospitalière - des fortes profondes, des racines tortueuses, des fjords semblables à des déchirures dans la terre, des pierres partout, la neige surtout. […] Tranströmer ne se voue pas, en le recensant, à la banalité du monde contemporain. […] Trop humble, Tranströmer, c'est-à-dire trop rieur ; il déclarait discrètement éprouver ce litige en évoquant toutes ces « choses qu'on ne peut écrire ni passer sous silence » […] Qu'elle soit métaphore, analogie ou comparaison, l'image redouble la chose, la sort de cette indifférence où le langage que Tranströmer dit « conventionnel » la tient ; la sort de son idiotie en lui donnant un reflet, cette différence dont notre regard nécessairement la doue. Sans doute ce langage « conventionnel » suffit-il à désigner les objets que nous plions à nos usages : leur silence, c'est-à-dire leur façon d'être absents des mots, signale assez notre familiarité avec eux. Mais lorsque soudain nous réalisons leur présence dans son épaisseur et sa différence véritables, alors leur altérité radicale nous apparaît. Ni les noms communs ni nos usages quotidiens n'épuisent ce surplus […]. Ce surplus est l'appel auquel l'image répond […]. Réaliser, c'est prendre conscience et rendre réel ; c'est réponde à la nécessité que deux vérités s'approchent, « l'une de l'intérieur, l'autre de l'extérieur », l'une dicible, l'autre visible, et dialoguent par-delà leur séparation. […] Tel est le sens du face-à-face que crée la poésie. […] le pouvoir infini de création verbale qu'exprime l'image poétique est la métaphore de notre rapport infini au monde. Par lui, nous accédons à la conscience de ce qui nous dépasse. […] » (Renaud Ego)
« […]
Un an avant ma mort, j'enverrai quatre psaumes à le recherche de Dieu. Mais cela commence ici.
Un chant sur ce qui nous est proche.
Ce qui nous est proche.
Champ de bataille intérieur où nous les Os des Morts nous battons pour parvenir à vivre.
(Tomas, Tranströmer, Un artiste dans le nord) »
0:00 - Les pierres 0:45 - Kyrie 1:19 - de la montagne 2:03 - Sombres cartes postales II 2:20 - Haïkus I 2:31 - Haïkus X 2:45 - Générique
Référence bibliographique : Tomas Tranströmer, Baltiques, traduit par Jacques Outin, Éditions Gallimard, 2004
Image d'illustration : https://sis.modernamuseet.se/objects/83349/tomas-transtromer
Bande sonore originale : So I'm An Islander - Lonely Secrets We Had Lonely Secrets We Had by So I'm An Islander is licensed under a CC BY-SA 3.0 Attribution-ShareAlike license.
Site : https://www.free-stock-music.com/soimanislander-lovely-secrets-we-had.html
#TomasTranströmer #Baltiques #PoésieSuédoise
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