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Régis Boyer (Traducteur)
EAN : 9782080709707
244 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)
3.71/5   35 notes
Résumé :
La raison du plus fort, l'emprise du vulgaire sur l'esprit supérieur est un thème cher à Strindberg. À cette proposition récurrente, l'auteur ajoute bien souvent un drame de l'amour. Une passion qui lie deux êtres en tous points différents, l'un animé de nobles valeurs, l'autre dénué de tout scrupule, et qui donnent naissance à une liaison contre-nature. Avec un espoir mêlé de crédulité, Made... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  23 mars 2016
Strinberg. Auteur protéiforme. En cette fin du 19e siècle, coincé dans le conformisme bourgeois suédois, Strinberg étouffe. Il souffre et cela se ressent . L'encre parle d'elle même.
Mal de ne pas être reconnu, mal d'être « maintenu », mal de devoir supporter une hypocrisie sociale, mal du dedans, du « en dedans », mal du tout autour.
Alors la violence ressort, les mots sont forts, puissants, humiliants, froids, comme des coups de lames.
Une femme, un objet de haine chez Strinberg. une femme , une fausse vierge, un fausse mère, une garce, une menteuse, une voleuse ..comme il la voudrait dire "chienne", "misérable", "coupable".
Comme il voudrait qu'elle soient ce qu'elles sont et non pas ce qu'elles veulent montrer, ce qu'on les obligent à être.
Plus humaines, peut être. Est ce là le reproche que Strinberg leur fait? Plus vraies, plus justes, plus honnêtes, les haïrait- il moins ? Sainte et humaine, est ce pour Strinberg concevable, supportable ?
Il y a de folie chez Strinberg. Oui. Celle sans doute de ne pas avoir réussi à dissocier l'amour et la haine. Il crée des monstres, des monstres qui lui dévorent les entrailles. Sommes nous des monstres ? Peut on écrire pour régler ses comptes ? Non, d'ailleurs qui en aurait les moyens.. Bien sûr la haine chez Strinberg est étouffante mais cela n'entame pas l'esprit de son langage. Car ce qu'il exprime c'est tout ce qu'une société aliénante, hiérarchisée, codifiée, peut produite, engendrer. Des monstres, des fous. Des êtres qui souffrent.
Drame de naissance, drame d'amour, drame de société.Drame humain. Dramatiquement seul. Dramatiquement éprouvant. Huis clos étouffants. Un monde coincé entre quatre murs s' auto-dévore. Des Cantharides prises au piège sous un globe…
Mais comme il a su les rendre attachants ces personnages, ...puissants.
Comment ne pas aimer Mademoiselle Julie ? Ils ne sont pas voués au bonheur, ils le savent, ils le savent bien. Ils ont leur façon à eux d'être héroïques. Ils survivent dans l'éprouvante et écoeurante réalité du monde. Ils font ce qu'ils peuvent, ce qu'ils savent faire le mieux, ils survivent et tentent désespérément de vivre.
« émeutier, dynamiteur » , ...misogyne ? Je ne dirai pas cela. Il réclamait, exigeait l'égalité. Égalité de tourment.
C'est mieux comprendre toute la beauté de ses personnages que d'admettre cette idée.
Strinberg moderne. Peut être. Il ne supporte en tout cas aucune neutralité.
Strinbrerg irritait le conformisme bourgeois scandinave. Refusant l'hypocrisie moralisatrice, il saute à la gorge de la fausse morale, de la fausse pudeur, de l'avarice, de la famille, du faux langage. Il est à sa table de travail comme sur un ring. Et ça frappe et ça porte. Mis à mal il met à nu, il met à mort. Une étonnante amplitude théâtrale que je découvre. Lire d'autres pièces de Strinberg. Aller à la rencontrer de ses nombreux autres personnages. de ses romans, de sa poésie, de ses nouvelles, de ses essais.
Le lire, plus loin et plus longuement, pour le voir face à nous apparaitre encore mieux.
Astrid Shriqui Garain
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cmpf
  30 mars 2018

C'est une pièce en un acte avec trois personnages. Julie, fille du comte, le valet Jean et la cuisinière Kristin. C'est la nuit de la Saint-Jean, Julie cherche à émoustiller le valet, et est déshonorée (je me demande quand d'ailleurs puisqu'il n'y a pas de pause). Elle se suicide. J'ai compris bien sûr qu'il s'agit de rapports de forces entre homme et femme et entre deux classes sociales, mais cela me paraît traité de façon superficielle.
Franchement je suis passée à côté de cette pièce. Je ne pense pas réitérer l'expérience avec Strindberg.
Challenge théâtre 2017-2018
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Nayac
  23 novembre 2019
Je viens de voir la pièce ... et j'enchaîne par sa lecture.
Vous pouvez d'ores et déjà prédire que je ne vais pas vous la déconseiller!
La pièce: vive, enlevée (parfois brutale"), malgré le strict respect de l'unité de temps de lieu d'action que s'impose Strindberg.
Mais là n'est pas l'essentiel. L'auteur réussit à marier (enchevêtrer serait plus exact ! ) habilement plusieurs thèmes tels que séduction, domination, poids des origines et du passé.....
Les deux acteurs principaux usent et alternent de toutes leurs armes : contes, tortures, séduction, coquetterie, humiliation, flatterie, provocation, enjôlement, alternance de politesse et grossièreté....
Quant à l'amour, si le mot est employé à plusieurs reprises, c'est en fait pour mieux "démontrer " que le mot n'est que le faux nez dissimulant désirs, ambitions, rancoeurs, besoin de domination : bref très conforme au pessimisme de Strindberg.
A noter, la préface détaillée (50 pages) et intéressante de cette édition.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
KanelbulleKanelbulle   19 juin 2011
Longtemps, le théâtre m'a paru être, tout comme l'art en général, une Biblia Pauperum (Bible des pauvres), une bible en images pour ceux qui ne savent lire ni l'écrit ni l'imprimé, et l'auteur dramatique, un prédicateur laïque qui colporte les pensées de son époque sous forme populaire, si populaire que la classe moyenne, qui peuple en majeure partie le théâtre, puisse saisir de quoi il est question sans se torturer les méninges. C'est pourquoi le théâtre a toujours été une école populaire pour la jeunesse, les gens semi-cultivés et les femmes qui conservent encore la faculté médiocre de se leurrer eux-mêmes et de se laisser leurrer, c'est-à-dire de se faire illusionner, suggestionner par l'auteur. Voilà pourquoi, en notre temps où la pensée rudimentaire, imparfaite qu'engendre l'imagination semble vouloir devenir réflexion, recherche, expérience, il m'a paru que le théâtre, de même que la religion, était en voie d'extinction comme forme d'art mourante pour la jouissance de laquelle nous n'avons pas les conditions requises ; va dans le sens de cette hypothèse la crise généralisée du théâtre qui sévit à présent dans toute l'Europe, et encore plus le fait que, dans les pays culturels où les plus grands penseurs du siècle ont vu le jour, soit l'Angleterre et l'Allemagne, l'art dramatique est mort tout comme la plus grande partie des autres beaux-arts.
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Nastasia-BNastasia-B   03 août 2015
MARGRET : Les enfants ne sont pas reconnaissants par nature, et les belles-mères ne sont pas vues d'un bon œil, si elles n'apportent pas d'argent.

LE PÉLICAN, Acte I.
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KanelbulleKanelbulle   19 juin 2011
On a récemment reproché à ma tragédie Le Père d'être tellement affligeante, comme si on exigeait d'une tragédie qu'elle soit joyeuse ; et l'on réclame de la joie de vivre, et les directeurs de théâtres commandent des farces comme si la joie de vivre consistait à être imbécile et à faire le portrait d'humains qui seraient tous atteints de la danse de Saint-Guy ou de crétinisme ! Je trouve la joie de vivre dans les fortes et cruelles luttes de la vie, et ma jouissance est de savoir quelque chose, d'enseigner quelque chose.
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Nastasia-BNastasia-B   10 août 2015
LA MÈRE : Quoi ? Vous n'êtes pas heureux ?
LE GENDRE : Heureux ? Qu'est-ce que c'est, être heureux ?

LE PÉLICAN, Acte I.
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KanelbulleKanelbulle   19 juin 2011
Gerda
Laisse-moi dormir ! Je sais que je me réveillerai, mais que ce soit dans longtemps ! Ouh ! Tout ce que je ne sais pas mais que je soupçonne ! Te rappelles-tu lorsque nous étions enfants... les gens vous disent méchant si l'on dit ce qui est vrai... Tu es tellement méchante, me disait-on toujours lorsque je déclarais qu'une chose mauvaise était mauvaise... Et puis, j'ai appris à me taire... Alors, j'ai été appréciée pour mes bonnes manières ; puis j'ai appris à dire ce que je ne pensais pas, et alors, je me suis trouvée prête à entrer dans la vie.
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Videos de August Strindberg (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de August Strindberg
August Strindberg : Inferno (2005 - France Culture / Samedi noir). Photographie : DR/Coll. particulière, Autoportrait de Strindberg à Gersau, 1893-1894. Diffusion en deux parties sur France Culture les 24 et 31 décembre 2005. (Il manque environ cinq minutes à la deuxième partie.) Adaptation : Juliette Heymann. Musique originale : Dominique Massa. Bruitage : Jean-François Bernard-Sugy. Réalisation : Christine Bernard-Sugy. « C'est l'une des plus belles œuvres de Strindberg, peut-être même son œuvre majeure, en dehors de ses grandes pièces. C'est un portrait extraordinairement puissant et convaincant de l'intérieur d'un esprit perturbé, qui mérite d'être mis sur un pied d'égalité avec des oeuvres comme les autoportraits de Van Gogh, les poèmes d'Hölderlin et les romans de Dostoïevski. » Michael Meyer (in “A. Strindberg”) « Le récit ou le « roman » “Inferno” a été écrit par Strindberg en français, entre le 3 mai et le 25 juin 1897, à Lund, au sud de la Suède. (Après “Le plaidoyer d'un fou” en 1887, c'est le second texte écrit en français par l'auteur dramatique suédois, dix ans plus tard.) Dans une lettre de cette même année, il en donne les raisons : « La clarté du style, vois-tu, c'est cela, la langue française ! Je l'utilise comme Swedenborg et les autres maniaient le latin : comme la langue universelle. » Dans ce livre où réalité et fiction s'entremêlent trompeusement, Strindberg raconte de façon dramatisée (en partie sous forme de souvenirs, en partie comme des extraits de son journal intime, ou présentés comme tels) la série de crises psychiques qu'il traversa à partir de l'été 1894, après son retour à Paris, et jusqu'à l'automne 1896. Cette période mouvementée, au cours de laquelle il semble avoir approché de près la folie, déboucha sur une réorientation radicale de sa vie et de son œuvre et eut un effet particulièrement fécond sur sa force créatrice. Dans ce récit, il s'agit pour Strindberg, selon ses propres paroles, de « faire profession devant le peuple tout entier » de la façon dont l'écrivain comprend qu'une main le guide consciemment à travers les souffrances qu'il subit : la souffrance n'est compréhensible que si elle a un sens et suppose une culpabilité, la sienne propre ou celle qu'il a héritée de ses aïeux. Le thème d'“Inferno” rappelle que notre vie terrestre et mortelle est le temps du châtiment et de l'expiation. » Juliette Heymann.
1ère partie : 0:00 2ème partie : 49:33
Avec : Jean-Michel Dupuis (August Strindberg) et Yves Pignot, Françoise Henry-Cumer, Christian Zanetti, Danielle Rezzi, Julien Mouroux, Gaël Zaks, Thomas Fitterer, Cédric Simon, Julien Turgis
Source : France Culture
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