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ISBN : 2253098701
Éditeur : Le Livre de Poche (20/04/2016)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Entrez au cœur de la démesure techniciste !
Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2006.

En ce début de XXIe siècle, être courtier en idées de technologies de pointe n’est pas sans risque. L’idéaliste Manfred Macx en sait quelque chose : depuis qu’il milite pour l’open-source et pour les droits civiques de tout humain numérisé ou des non-humains, il est harcelé par un agent du fisc – son ex-petite amie – et par la Mafiya. Des années p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Apophis
13 janvier 2016
Un roman de référence sur le thème de la transhumanité et des Singularités technologiques, mais qui ne plaira pas à tous
Il s'agit clairement d'un roman de référence sur le thème de la Singularité technologique, c'est-à-dire le moment où la capacité de calcul informatique atteint un seuil tel que des intelligences post-humaines émergent et entraînent dans leur sillage des changements, technologiques ou autres, à une vitesse non plus linéaire mais exponentielle et qui surtout font du futur et du sort de l'humanité (ou plus généralement des intelligences précédentes) des territoires imprévisibles.
La description des étapes de la première Singularité, puis des suivantes, est minutieuse et détaillée. Car non, la Singularité n'est en aucun cas un processus unique, elle est multiple. Les intelligences (humaines ou autres) issues d'une Singularité donnée paraissent incroyablement évoluées, intelligentes et riches matériellement / technologiquement parlant aux intelligences ayant précédé cette Singularité, alors que pour les êtres issus de la Singularité postérieure, ceux issus de la première Singularité sont des arriérés à la limite de l'intelligence et vivant dans un bidonville. En clair, les Transhumains et les premières IA issues de la première Singularité, avec leur nanotechnologie, sont complètement dépassés sur tous les plans par les intelligences issues de la seconde Singularité, qui sont elles-mêmes rendues obsolètes par celles de la troisième Singularité, etc.
J'ai pu lire un grand nombre de romans sur ces thèmes, et celui de Stross est de loin le plus ambitieux, le plus détaillé et le plus imaginatif. Aux classiques transhumains et IA issues d'ordinateurs / de logiciels, l'auteur ajoute une transformation en Intelligences d'entités juridiques (des huissiers) ou économiques (des corporations, et même les arnaques pyramidales !). Comme dans beaucoup de romans de ce type, certaines planètes sont démantelées, mais pas toujours par qui on croit et pour les raisons auxquelles on pense : si Mercure est déconstruite, c'est par des programmes de courtage en énergie devenus intelligents-conscients, et ce de leur propre initiative !
Comme si une description minutieuse de la Singularité terrienne / humaine ne suffisait pas, Stross y ajoute la description des Singularités technologiques ailleurs dans l'univers, faisant encore passer à son roman une étape dans l'échelle de la complexité, de la richesse et, à mon avis, de l'intérêt et de la grandeur. C'est là par contre que je trouve un défaut au roman, sur ce plan la fin laisse clairement sur sa faim, toutes les questions sont loin d'être résolues.
Le contexte
La description de ce contexte est faite de deux manières, classiques chez Stross : via les personnages (bien décrits et sympathiques), donc via un regard « interne », vivant en direct les changements entraînés par la Singularité, et via des « points » réguliers se plaçant d'un point de vue externe, global et général: on a régulièrement des sortes de briefing commençant par « décennie x du 21ème siècle : les dernières évolutions sont les suivantes, la situation de la planète z est la suivante ». Personnellement, ça ne me dérange pas, mais je sais que certains n'aiment pas cette injection artificielle d'infos dont les personnages ont ou non connaissance, et qui surtout s'appesantit sur un contexte qui sera peut-être trop décrit pour ceux qui sont là pour l'histoire et les personnages (personnellement, le contexte me fascine, donc pas de problème).
Un dernier mot sur le contexte : c'est un des rares romans de SF qui met en vedette les Naines Brunes et les planètes errantes (on peut aussi citer Permanence de Karl Shroeder), et c'est une chose que j'ai beaucoup appréciée. de même, ce livre s'inscrit dans un courant hard SF qui, s'il montre des choses très ambitieuses sur le plan technologique (comme des trous de ver ou la déconstruction de planètes via la nanotechnologie), n'en reste pas moins cohérent avec les théories et les lois de la physique actuellement établies. Pas d'hyper-espace ou de choses que la science n'a pas été capable de prouver ou théoriser, donc.
Style
Voici donc pour les qualités du roman. Passons à ses défauts. Stross est un geek, un informaticien et un adepte du techno-babillage. Et il a passé cinq ans à préparer son roman. Mettez tout ça bout-à-bout et vous obtenez un niveau de langage, des références à des concepts de maths / sociologie / psychologie / cosmologie / informatique qui en rendent la lecture au mieux malaisée, avec des renvois incessants à l'ENORME glossaire de fin de volume, au pire pénible. Si vous ne supportez pas du tout les quinze premières pages, si l'effort est trop gros, abandonnez le roman, même si, soyez-en certain, vous passerez à côté d'une description magistrale de la Singularité et de la Posthumanité.
Nouvelle collection
Un coup de chapeau au passage au traducteur, et à cette nouvelle collection qui a eu le courage d'éditer ce roman de référence qui traînait dans les limbes de la non-traduction depuis DIX ANS. Incroyable lorsqu'on y pense et qu'on voit des romans considérablement plus médiocres édités très facilement dès leur écriture, toutes autres maisons d'édition confondues.
Un dernier mot justement sur cette nouvelle collection SF : deux initiatives très intéressantes à signaler, et une beaucoup plus malheureuse. Commençons par ce qui fâche : le résumé au dos du bouquin comprend un énorme spoiler qui gâche beaucoup certaines surprises de la fin. Je pense qu'il aurait fallu éviter.
Par contre, deux initiatives très, très sympas : l'intérieur de la couverture avant comprend toutes les esquisses ayant menées au choix de la couverture finale, et surtout l'intérieur de la couverture arrière présente quelque chose de très sympa (et on espère que ce sera présent dans tous les futurs volumes de la collection) : un schéma avec quatre « points cardinaux » représentant les thèmes connexes à celui du roman, et la façon dont les livres des autres auteurs se placent par rapport à ces thèmes. Très utile si on a aimé le thème du roman de Stross et qu'on veut lire d'autres choses y ressemblant.
Pour finir, excellente initiative de taper dans les chefs-d'oeuvre que les autres éditeurs n'ont pas eu le courage de traduire (pas assez rentable probablement), pour info il y a pas mal de romans de Greg Egan qui mériteraient une traduction, à vot' bon coeur m'sieurs dames, hein *regard larmoyant*
En (ultra) bref, très intéressant, décrit avec une minutie maniaque, ultra hard-SF à la Egan, valant surtout pour le contexte mais qui ne vous satisfera pas forcément sur l'aspect romanesque (mais des personnages très attachants et bien décrits), mais présentant le pire des maniérismes d'écriture de Stross, et nécessitant donc de s'accrocher à la lecture (ou d'accepter de ne pas tout comprendre en sautant les mots avec une astérisque).
En résumé
Un roman de référence, très détaillé, minutieusement décrit, sur la Singularité technologique (émergence des intelligences artificielles et de la post / trans-humanité), dans son genre l'équivalent de ce qu'a fait Kim Stanley Robinson pour la colonisation de Mars. Cependant, ce livre souffre de deux particularités qui peuvent vous gêner : une fin qui pose plus de questions qu'elle n'en résout, et surtout, une écriture quasiment digne de Greg Egan (très technique), avec un énorme glossaire à la fin, qui en rendent la lecture exigeante (si vous avez lu le Bureau des Atrocités de Stross et détesté le techno-babillage de geek informaticien, ce roman ne sera pas pour vous).
Conclusion : un roman extrêmement intéressant, incontournable même, si vous êtes fan de hard-SF (ou de ultra-hard-SF à la Egan) ou fasciné par la Singularité, mais qui vous demandera certains efforts pour le déchiffrer et qui ne satisfera pas forcément ceux qui sont là pour le romanesque, et pas forcément pour le contexte, si parfaitement décrit soit-il. Mais si vous avez aimé les univers transhumains d'Illium / Olympos de Dan Simmons, ceux de certaines nouvelles de Greg Egan ou celui des explorateurs virtuels des Envoyés de Sean Williams / Shane Dix, ou encore les mondes des Naines Brunes de Permanence de Karl Shroeder, ce livre est pour vous.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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oblo
09 juin 2016
A l'image d'un Kim Stanley Robinson, d'un Greg Egan ou d'un William Gibson, Charles Stross fait partie de ces auteurs de la hard S.F., un genre littéraire qui ne se contente pas de se livrer à l'exploration de futurs possibles mais à accompagner leurs récits de références culturelles et surtout scientifiques (voire économiques, dans ce livre) pour tâcher de rapprocher, un peu plus, la réalité et la fiction.
Le thème central du roman est la singularité, ce moment où la technologie, connaissant un progrès sans pareil, permettrait à l'homme de dépasser ses propres capacités jusqu'à un niveau absolument imprévisible. La singularité aurait alors des conséquences irréversibles et extrêmement fortes sur les sociétés humaines. Ce moment, indique-t-on dans le livre, serait d'ailleurs peut-être déjà intervenu avec la création et l'avènement d'internet à la fin du siècle dernier. Ainsi, à travers les trois chapitres du livre, le lecteur suit la destinée familiale des Macx entre le début du 21ème siècle et les débuts du 23ème ou du 24ème siècle.
Manfred Macx est courtier en idées : il offre des idées gratuitement à des entreprises en échange de privilèges divers qui lui permettent de vivre très confortablement. Partagé entre son épouse Pamela et sa maîtresse Annette, Manfred connaît les dernières années d'un monde encore humain, grignoté lentement par la technologie mais aussi gangrenée par le droit, thème également récurrent du roman.
Amber Macx, la fille de Manfred et de Pamela, s'est proclamée souveraine d'un Etat en orbite autour de Saturne. Elle part bientôt, téléchargée dans une capsule dotée d'une voile solaire, à la rencontre d'un routeur extraterrestre à travers lequel elle espère trouver des intelligences aliens.
Autour de Saturne puis dans le vide intersidéral de l'espace, les Macx finissent par se retrouver. Amber veut se présenter en politique ; Manfred s'est dupliquée en de nombreux exemplaires de lui-même ; Sirhan, le fils d'une Amber restée autour de Saturne tandis que son autre elle filait vers le routeur, essaie de bâtir une nouvelle économie fondée sur la réversibilité et l'authenticité avant de rallier sa presque mère.
L'une des forces du roman réside dans le fait que Stross parte de problématiques actuelles – il faut songer au progrès technologique des années 1980-2010, tel que le monde n'en a jamais connu dans l'Histoire dans une période si rapprochée – et imagine, à partir de cela et de la probabilité d'atteindre cette notion philosophique de la singularité, un futur possible pour l'humanité. Evidemment, ce futur est à la fois exaltant – l'humanité sans limite, la victoire sur la mort, la possibilité d'une exploration infinie de l'univers – et déprimant. Car l'humanité et la post-humanité – ces entités uniquement mentales, téléchargées et qui acquièrent la puissance de calcul de superordinateurs – ont en commun l'obsession du détachement du corps physique, de la désincarnation, et ne vivent leur humanité que dans l'édification virtuelle de décors très 20ème siècle. Stross pose d'autres questions dans Accelerando : le rapport à l'intelligence artificielle, surtout quand celle-ci dépasse les capacités humaines (ainsi pour les aliens mais aussi pour Aineko, le chat intelligent et robotique) ou encore l'avenir de l'humanité dans un monde dominé par la technologie.
La question de l'existence légale de ces nouvelles entités que sont les post-humains ou les réplications d'humains et celle du droit commercial entourant ces nouvelles formes vivantes et économiques sont également très prégnantes dans le roman. Elles ne sont pas les moins intéressantes, bien au contraire. L'esprit du capitalisme anglo-saxon souffle bien sur ces 700 pages. Stross envisage donc cet avenir incertain sous un angle certes improbable mais qui est, déjà et à coup sûr, considéré sérieusement par les acteurs économiques d'aujourd'hui.
Le roman est truffé d'idées nouvelles et de références scientifiques et informatiques contemporaines. le lecteur saura s'y retrouver grâce à un lexique aussi salvateur qu'indispensable. Toutefois, c'est là l'un des défauts majeurs du roman : certains passages sont illisibles, dans le sens où ils ne créent aucune – ou presque – image dans l'esprit du lecteur (comme un film dont l'image serait coupée pendant quelques minutes) et déstabilisent la cohérence du roman, qui n'en avait pas besoin puisque le roman est originellement un assemblage de 9 nouvelles indépendantes. Illisibilité et inaccessibilité plombent, durant quelques pages, la lecture, et l'on ne peut s'empêcher de penser à Neuromancien de William Gibson, roman révolutionnaire mais d'un accès terriblement difficile pour toute personne étrangère de près ou de loin au monde de l'informatique.
Révolutionnaire, Accelerando l'est aussi. Brillant, il l'est à coup sûr. Clivant, c'est là encore une certitude : porté aux nues par beaucoup (il a remporté le prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 2005), il ne pourra certainement pas être lu par tous.
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FeydRautha
10 mars 2016
Dans Accelerando, Stross reprend un thème qui lui tient à coeur, celui de la singularité vingienne. Dans un essai publié en 1993, Vernor Vinge (professeur de mathématique de l'Université de San Diego) prophétise l'avènement d'une singularité technologique qui est le point de développement de l'informatique et des intelligences artificielles à partir duquel l'intelligence humaine sera dépassée et ne saura plus appréhender ce développement. A partir de là, le futur devient imprévisible et l'ère "humaine" sera arrivée à son terme. C'est de ce futur imprévisible que Stross fait une extrapolation en suivant les implications de la singularité sur une famille pendant trois générations : Manfred Macx, sa fille Amber et son petit fils Sirhan.
Publié initialement entre 1999 et 2004 comme une série de nouvelles dans la revue Asimov's Science Fiction (celle-là même qui publie les oeuvres de Greg Egan), Accelerando porte les stigmates de sa genèse dans la structure même du livre. En aparté au récit écrit du point de vue subjectif des personnages principaux, l'ouvrage est ponctué de courtes et denses descriptions du contexte technologique, religieux, social ou géopolitique, propre au temps dans lequel s'inscrivent les événements du récit. Ce mode de narration m'a beaucoup intéressé, et j'ai trouvé ces interventions extérieures enrichissantes. Plus généralement, le style très particulier de Stross, car rapide, dense, chaotique comme les bouleversements qu'il décrit, m'a énormément plu. Je l'ai trouvé particulièrement adapté à la thématique du livre et j'ai eu beaucoup de plaisir à sa lecture. Il est évident toutefois que cela ne plaira pas à tous les lecteurs, je ne peux donner ici que mon propre ressenti. (Il faut noter que c'est aussi plein d'humour !)
En ce qui concerne l'abondance de termes techniques et de concepts complexes, cela ne m'a pas gêné, au contraire, et une fois encore, je trouve que cela s'inscrit dans un style quasiment rendu nécessaire par le thème abordé. Ce livre nous plonge dans un tourbillon qui sans cesse accélère (d'où le titre) et produit une sensation de vertige abyssal. Ce vertige est inévitable, car nous, lecteurs, n'avons pas encore atteint la singularité, comment serions nous donc à même d'appréhender l'autre côté de la singularité ? N'est-ce pas justement le thème du livre ?
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre, sans aucune réserve. Mais je suis fan de Hard SF (voire d'ultra-hard SF) et je possède un bagage scientifico-technique qui évidement aide à la lecture de ce genre de livre. En conclusion, j'ai trouvé que c'était un excellent roman de science fiction, sans doute difficile à aborder, certes élitiste, mais qui devrait ravir les fans du genre, comme il m'a ravi.
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vinch64
05 mai 2016
Définition de la hard science fiction :
La hard science-fiction (dite aussi hard science, hard SF, SF dure) est un genre de science-fiction dans lequel les technologies décrites, les formes sociétales présentes dans l'histoire et les découvertes ou évolutions ne sont pas en contradiction avec l'état des connaissances scientifiques au moment où l'auteur écrit l'oeuvre. La hard SF est caractérisée par son exigence forte de cohérence interne1 ainsi que, souvent, par un intérêt pour les détails scientifiques et techniques. L'intérêt des romans de hard SF réside souvent dans l'utilisation surprenante des techniques présentées. (Source Wikipedia)
J'ai profité de la Masse Critique (d'ailleurs merci à Babelio et au Livre de Poche) pour sélectionner uniquement des livres de « hard SF », un genre auquel je n'ai jamais osé m'attaquer auparavant.
J'ai des connaissances correctes en informatiques et généralement en sciences mais j'avais peur d'être dépassé avant de me lancer.
Pour commencer, je vais parler de la structure du livre qui est composé de 9 chapitres. C'est une saga qui se déroule sur 3 générations (3 chapitres pour chaque). La 4ème génération arrive dans les derniers chapitres mais c'est plus compliqué que ça (et inexplicable sans tout divulguer du roman). L'histoire débute au cours des premières décennies du 21ème siècle et on suit la vie de Manfred Macx, sorte de gourou technophile agalmique (qui prone une économie d'échanges de biens : logiciels libres, …). En parallèle, nous suivons l'évolution de la science qui est sur le point d'atteindre la singularité technologique (moment où les calculateurs et l'intelligence artificielle seront si avancés que les innovations technologiques seront incontrôlables et progresseront de façon exponentielles et non prévisibles). Tout ceci tendra vers le transhumanisme où l'être humain sera transcendé par la technologie.
N'ayez pas peur, ces notions sont clairement expliquées dans les 3 premiers chapitres (et dans un imposant glossaire en fin de livre) et j'étais plutôt fier de tout comprendre à ce moment là.
Mais après ça part en cacahuète quand l'histoire s'intéresse à Amber la fille de Manfred. Niveau technologique, je n'ai plus rien compris et je me suis laissé porté par tous ces termes compliqués et me suis surtout intéressé à cette famille 12.0 . Ca ne s'arrangera pas sur la fin avec Sirhan le « pseudo fils » d'Amber et les complications liées au franchissement de la singularité.
Par contre, ça laissera la place à de sublimes passages comme celui des explications donnés aux êtres réssuscités des siècles passés (on y croisera même à demi-mot H.P. Lovecraft) ou au fait que notre vie du début du XXIème sera considéré comme décadente (Manni le 11 septembre 2001 qui écoute du Type O Negative) dans un futur proche.
Deux personnages récurrents sont excellents et tiennent quasiment le livre à eux deux : ce sont le chat Aineko et Pamela l'ex-femme complètement cinglée de Manfred.
Je pourrais encore aligner des mots mais je vais faire bref. Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il faut être prêt à encaisser un paquet de nouvelles notions sémantiques, scientifiques, technologiques… Mais le jeu en vaut la chandelle et j'ai passé un très bon moment avec ce roman même dans les passages les plus compliqués. Après, est ce que je lirai d'autres romans de hard SF ? Rien n'est moins sur !
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BVIALLET
11 mai 2015
Au début du XXIème siècle, Manfred Macx, courtier en trouvailles et inventions dans le domaine de l'informatique et des technologies de pointe, milite pour « l'open source », c'est à dire pour la totale liberté d'accès aux découvertes. Tout en se disant respectueux de la propriété intellectuelle. Totalement bénévole, il permet ainsi à pas mal de gens de s'enrichir. Lui-même vit très confortablement alors qu'il n'a officiellement aucun revenu. de discrets mécènes pourvoient à tous ses besoins. C'est la raison pour laquelle il est harcelé par un agent du fisc, en l'occurence son ex compagne, qui lui réclame une somme faramineuse... Un jour, Manfred se fait voler toute sa mémoire... Quelques années plus tard, sa fille Amber, conçue en éprouvette, vogue avec quelques amis vers une naine brune à la recherche d'un signal extraterrestre...
Avec « Accelerando », le lecteur se retrouve face à un OLNI (objet littéraire non identifié) tant l'ouvrage est étrange, inclassable et déroutant. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un roman d'un seul tenant avec une intrigue construite et une histoire classique avec début, développement et fin, mais de neuf chapitres ou de neuf nouvelles sans autre lien que des personnages récurrents qui évoluent à des périodes et dans des contextes différents. Mais il y a bien pire que cette impression de grand foutoir sans queue ni tête, il faut aussi subir le jargon permanent, l'abus de termes techniques voire pseudo scientifiques qui obligent le lecteur à se référer presque à chaque page à un important glossaire qui peut sans doute éclairer informaticiens, astrophysiciens, chimistes et autres scientifiques de haute volée mais qui laisse le béotien dans une frustrante incompréhension. de nombreux thèmes sont abordés comme le clonage, la fécondation in vitro, la post humanité, l'invasion numérique, l'avenir de l'humanité, l'intelligence artificielle ou l'optimisation des performances du cerveau humain. Mais l'ennui, c'est qu'une idée chasse l'autre, qu'une théorie scientifique annihile l'autre, qu'une tentative d'explication disparaît ou se ramifie dans une autre et qu'au bout du compte, tout ce verbiage se révèle confus, embrouillé et abscons. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément... » Avec Stross, c'est malheureusement loin d'être le cas et l'on a toutes les peines du monde à suivre les méandres d'un discours pour le moins obscur Très vite, Stross lasse la patience du lecteur le plus indulgent. Trop occupé à déballer toute cette esbrouffe scientifique, l'auteur devient vite pesant pour ne pas dire pédant tout en ne racontant rien de bien intéressant ni de bien original. La quatrième de couverture parle d'intelligence et d'humour. le lecteur, s'il n'est ni snob ni geek, les cherchera en vain.
Lien : http://lemammouthmatue.skyne..
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde227 avril 2015
Dans les cercles de geeks du web, Manfred est une légende ; c’est le gars qui a déposé la pratique commerciale de transférer son e-business là où le régime de propriété intellectuelle est le plus souple, pour s’éviter les difficultés d’octroi de licences. C’est le gars qui a déposé l’utilisation d’algorithmes génétiques pour breveter tout ce que l’on pourra obtenir par simple permutation de la description initiale d’un problème dans un domaine donné – ainsi, non seulement le brevet d’une meilleure tapette à souris, mais de l’ensemble de toutes les meilleurs tapettes à souris imaginables. À la louche, un tiers de ses interventions est légal, un tiers illégal et le reste légal mais deviendra illégal sitôt que le législatosaure aura ouvert l’œil, senti l’odeur du café et fait un caca nerveux. A Reno, des avocats spécialistes en brevets vous jureront que Manfred Macx est un pseudo, un alias numérique masquant une bande de hackers anonymes cinglés armés de l’Algorithme Génétique Qui A Dévoré Calcutta : une manière de Serdar Argic de la propriété intellectuelle, voire un nouveau groupe Bourbaki réincarné sous la forme d’un cyborg mathématique. D’autres avocats de San Diego et de Redmond sont convaincus que Macx est un saboteur économique porté sur la destruction des fondements du capitalisme, et il y a des communistes praguois qui voient en lui le rejeton bâtard de Bill Gates et du Pape.
Manfred est en pointe dans sa profession, qui se résume en gros à pondre des idées saugrenues mais exploitables puis à les refiler à des gens qui, grâce à celles-ci, feront fortune et s’en mettront plein les poches. Quant à lui, il fait tout ça gratis. En retour, il s’offre une immunité virtuelle contre la tyrannie du liquide ; après tout, l’argent est le symptôme de la pauvreté et Manfred n’a jamais à payer pour quoi que ce soit.
Il y a toutefois des inconvénients. Traficoter dans les mèmes sur le mode pronoïaque, c’est se prendre en continu le décalage temporel du choc du futur – il lui faut assimiler quotidiennement plus d’un méga-octet de texte et plusieurs gigas de contenu audiovisuel rien que pour se tenir au courant. Les inspecteurs du fisc l’ont continuellement dans le collimateur parce qu’ils ne croient pas qu’on puisse avoir un tel train de vie sans se livrer au racket. Et puis il reste tout ce qui n’est pas monnayable : le respect de ses parents, par exemple. Trois ans qu’il ne leur a plus parlé, son père le considère comme un parasite hippie, sa mère ne lui a toujours pas pardonné d’avoir laissé tomber son cursus simili-Harvard bas de gamme (ses vieux restent toujours coincés dans leur paradigme bourgeois XXe siècle de la trajectoire obligée grande école – belle situation pour leurs mômes). Sa fiancée, et quelque part dominatrice, Pamela, l’a plaqué six mois plus tôt, pour des raisons qu’il n’a toujours pas vraiment élucidées. (Ironie de l’histoire, elle travaille comme chasseur de têtes pour le fisc, déplacements continuels en jet aux frais du contribuable pour tenter de convaincre les chefs d’entreprises devenues mondialisées de payer leurs impôts at home pour complaire au ministère des Finances.) Pour couronner le tout, les Conventions baptistes du sud le qualifient sur tous leurs sites web de petit chouchou de Satan. ce qui serait plutôt une farce vu que, devenu athéiste régénéré, Manfred ne croit pas en Satan, mais ce serait sans compter les cadavres de chatons que quelqu’un s’obstine à lui envoyer par la poste.
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Charybde2Charybde227 avril 2015
Manfred, de nouveau sur la route, pour enrichir des inconnus.
C’est un mardi estival torride et il se tient sur l’esplanade devant la Centraal Station, les mirettes allumées, éclats de soleil jonglant sur le canal, flots de moto-trottinettes et de cyclistes kamikazes, hordes de touristes bavassant de tous côtés. La place a des relents d’humidité, de crasse, de métal brûlant et de flatulences de pots catalytiques à froid ; cloches de trams qui tintent en bruit de fond et vols d’oiseaux dans le ciel. Manfred lève les yeux et intercepte un pigeon, le shoote en plein vol et le balance sur son weblog comme preuve qu’il est bien arrivé. Le débit est impec dans le coin, s’avise-t-il. Et pas que le débit. L’ensemble. Amsterdam lui donne l’impression qu’on le désire déjà, quand bien même il vient de débarquer du train en provenance de Schiphol : le voilà infecté par l’optimisme dynamique d’un autre fuseau horaire, d’une autre métropole. S’il continue sur cette lancée, il y a quelqu’un dans le secteur qui va devenir très riche, à coup sûr.
Va savoir qui.
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ildibadildibad31 mai 2015
Annette, ils ont déjà téléchargé en partie Bob Franklin. Ils l'ont fait avant sa mort, ils disposent d'une part suffisante de sa personnalité pour le réinstaurer, en temps partagé entre tous leurs cerveaux. Nous devons amener le Collectif Franklin, avec ses
énormes ressources, à faire pression en faveur de l'amendement pour l'ERE des droits-l'Égalité Reconnue des Entités aux droits pour tous. Si l'ERE passe, tous les individus pensants ont acces au droit de vote, à la propriété individuelle, à toutes les formes de téléchargement, sauvegarde et transfert. Nous sommes plus importants que de petits tripatouilleurs de matière grise avec leurs spéculums froids. C'est tout notre avenir qui en dépend. Manny a commencé avec les droits des crustacés. Qu'on continue de protéger les téléchargés avec des droits d'auteur au lieu de droits
civiques et ou en serons-nous dans cinquante ans ?
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ildibadildibad31 mai 2015
Votre espèce est obsolète, commente le spectre avec suffisance. Inadaptée aux réalités artificielles. Faible optimisation des circuits, capteurs sensoriels d'une complexité excessive pour une bande passante réduite, mauvais ordonnancement des variables.
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ACdeHaenneACdeHaenne27 avril 2015
L'énergie par fusion nucléaire est encore et toujours prévue pour dans cinquante ans.
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Videos de Charles Stross (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Stross
Entrez au c?ur de la démesure techniciste ! Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2006. En ce début de XXIe siècle, être courtier en idées de technologies de pointe n?est pas sans risque. L?idéaliste Manfred Macx en sait quelque chose : depuis qu?il milite pour l?open-source et pour les droits civiques de tout humain numérisé ou des non-humains, il est harcelé par un agent du fisc ? son ex-petite amie ? et par la Mafiya. Des années plus tard, sa fille Amber et quelques amis font route, à bord d?un micro-vaisseau, vers une naine brune, lieu d?un signal extraterrestre. Premier contact ou piège alien ?
Dans un Système solaire méconnaissable, Sirhan, le fils qu?Amber n?a jamais connu, convoque le clan Macx sur Saturne alors que le débat politique entre les humains et les posthumains fait rage. L?humanité est-elle en danger ? Une troisième voie est-elle possible ? Entre ressentiments et non-dits, il est temps que chacun s?explique. Et si Aineko, le cyber-chat des Macx, tirait les ficelles ? Sur fond d?économie et démocratie 2.0, Accelerando est un roman sur l?avenir de notre civilisation et la difficulté des relations familiales face à l?accélération technologique. Se situant entre Gibson et Egan, Charles Stross interroge le posthumanisme avec intelligence et humour.
"Acceleando", un roman de Charles Stross chez Piranha (www.piranha.fr)
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