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Marianne Leconte (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266004557
Éditeur : Pocket (09/09/1998)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Le « livre d’or » présente le panorama complet de la science-fiction classique et moderne à travers les oeuvres, les écoles et les genres qui ont marqué son évolution.
• Chaque volume est consacré à un auteur ou à un domaine particulier, dont il regroupe les nouvelles les plus fulgurantes, les plus illustres ou les plus significatives.
• Un grand nombre de textes présentés dans le « livre d’or » sont inédits en français.
• Chaque volume est en o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Masa
  03 juin 2017
Theodore Sturgeon, l'humaniste, nous propose ici douze de ses plus belles nouvelles grâce à une anthologie dirigée par Marianne Leconte – qui, par ailleurs, nous donne une magnifique préface d'une trentaine de pages.
Ce qui intéresse Theodore Sturgeon, c'est l'humain. le reste n'est qu'un prétexte pour mettre en avant ces créatures terrestres. Grâce à son don d'écriture, il arrive à rendre ces êtres, pour la plupart misérables ou simple d'esprit, attachant.
→ « L'île des cauchemars » (Nightmare island – 1941 parut dans Unknown Fantasy Fiction) (également présent dans l'ouvrage « Romans et nouvelles ».
Très belle nouvelle que ce texte. le premier cas de ce recueil est un marginal, ivrogne et complètement paresseux. C'est un marin qui se plaint de ne pas trouver de travail. Un jour, lors d'une de ses cuvées journalières, il rencontre un patron véreux. Il se retrouve coincé sur un rafiot peu ragoûtant, mais grâce à son envie d'exil, il parvînt à s'échouer sur une île. Sur ce lopin de terre, des créatures intelligentes voient en lui un sauveur, car il souhaite qu'il se débarrasse de la terreur locale.
J'ai énormément aimé cette histoire, qui même habillement Fantastique, aventure, humour.
→ « Les ossements » (The Bones – 1943 parut dans Unknown Worlds).
James H. Beard était un écrivain amateur qui a tenté sa chance en envoyant ses récits à des magazines de l'époque. C'est le directeur de Unknown Worlds qui demanda à Theodore Sturgeon d'arranger cette histoire pour la rendre publiable.
« Ossements » est un beau texte mélangeant habillement le Fantastique et la Science-Fiction. C'est un scientifique qui invente une radio qui permet de diffuser des images mentales à partir d'os.
→ « Largo » (Largo – juillet 1947 parut dans Fantastic Adventures).
Voilà le deuxième cas de ce recueil. Un homme timide et renfermé est doué pour la musique. Il aimerait tant séduire cette jolie femme qu'il a rencontrée. Malheureusement son handicap l'empêche de lui parler. de plus, cette demoiselle à déjà le coeur prit par un homme peu scrupuleux.
Merveille des merveilles, j'ai adoré cette histoire si douloureuse. Magnifique.
C'est aussi l'occasion pour l'auteur de nous parler de sa passion pour la musique.
→ « Cicatrices » (« Scars – 1949)
Courte nouvelle qui met en scène deux cow-boys. L'écriture est efficace est surtout appuyée grâce à un humour noir.
→ « Un don particulier » (Last laugh (rebaptisé Special Aptitude) – 1951)
Cette fois-ci, il s'agit d'une femme qui a un don particulier. Elle est entourée d'hommes cupides qui ne pensent qu'à tirer profils d'êtres jugés inférieurs – en l'occurrence d'extraterrestres, car il s'agit d'un récit typique Science-Fiction. Bien que l'histoire se déroule sur une autre planète, le récit est très facile d'accès et est capable d'être lu par tout le monde. On notera que l'auteur argumente. le texte peut être perçu comme moralisateur. Un bon titre.
→ « M. Costello, héros » (Mr. Costello, hero – décembre 1953 parut dans Galaxy) (également édité par « Galaxy n°5 », « Us et coutumes d'après-demain, marginal n°8 »)
Encore un récit de Science-Fiction qui sent bon les anciens textes. Theodore Sturgeon met en avant les différences de vies et de moeurs. Ceux qui n'appartient pas à la normalité sont des exclus. Un bon, récit, pas extraordinaire, mais j'ai bien aimé dans son ensemble. C'est d'ailleurs cette nouvelle qui a inspiré la couverture, une illustration signée Wojtek Siudmak.
→ « La musique » (The music – 1953 parut par E Pluribus Unicorn)
Très très courte nouvelle qui ne fait que deux pages sur le thème de la schizophrénie. Il s'agit d'un des deux textes que je n'ai pas aimé.
→ « Parcelle brillante » (Bright Segment – 1955 parut dans Caviar) (également connu sous le nom de « Je répare tout ») (Édité sous : « Territoires de l'inquiétude », « La grande anthologie du Fantastique – 3 », « Romans et nouvelles », « Un peu de ton sang, suivi de Je répare tout ».
Il s'agit l'un des textes les plus forts de l'auteur. Il met en scène un homme mal dans sa peau qui n'a qu'une seule obsession, celle d'être utile. Il a pour don de tout réparer (tout arranger, dans cette version).
J'ai savouré de nouveau cette tragique histoire. Theodore Sturgeon soigne son écriture et choisit des mots forts. Les amateurs d'hémoglobine aimeront quelque peu ces phrases sur l'anatomie humaine. Cela dit, j'ai préféré la nouvelle traduction (celle parue sous : « Je répare tout »).
→ « L'Autre Célia » (The other Celia – mars 1957, parut dans Galaxy)
Alors là, c'est un mes coups de coeur. Un simple d'esprit est très curieux. Il aime observer. Il décide un jour de rentrer dans la vie de sa voisine du dessous. S'ensuit alors une rencontre, non pas au sens physique, mais intime. Peu à peu il va s'immiscer dans sa vie pour découvrir son secret.
→ « Un crime pour Llewellyn » (A crime for Llewellyn – 1958).
Une nouvelle qui est intéressante sur le fond, mais que j'ai trouvé ennuyeuse. Il faut savoir que Theodore Sturgeon était lui-même un homme torturé et qu'il a été marié/divorcé par 5 fois. Une blessure sentimentale qui est certainement due à son enfance. Il s'agit donc d'un récit thérapeutique.
L'histoire nous narre un homme malheureux en mariage. Il envie la vie de célibataire de ses collègues, qui, racontent leurs conquêtes amoureuses.
→ « La fille qui savait » (The girl who know what they meant – 1971).
Très beau texte plein de noirceur, quelque peu pessimiste qui ne m'a pas laissé insensible.
Un homme tombe sous le charme d'une jolie demoiselle. Celle-ci a pour don de déceler les pensées de gens.
→ « Sculpture lente » (Slow sculpture – 1970 parut dans Galaxy) (Édité dans le magazine « Galaxie 2ème série n°82 », « Nouvelles des siècles futurs » et « Romans et nouvelles »)
Certainement pour couronner sa carrière talentueuse, cette nouvelle fut récompensé par les prestigieux prix Nebula et Hugo. Pourtant, j'ai trouvé cette histoire sympathique, mais sans plus. Il s'agit donc, comme bien souvent, d'une rencontre entre un homme et une femme. Une relation particulière s'installe entre le professeur et sa patiente atteinte d'un cancer.
*
Merci à Marianne Leconte pour cette magnifique anthologie, ainsi qu'aux différents traducteurs. J'aime la plume sensible de Theodore Sturgeon, cet humaniste qui place la différence comme acteur majeur de ses récits.
Cette première traversé dans cette collection, me donne l'envie d'en lire d'autres notamment celles de Philip Kindred Dick – que je trouve bien meilleur sur les récits courts, que ses classiques romans –, Richard Matheson, Alfred Bester et bien sûr Clifford Donald Simak.
À noter que le présent ouvrage est parachevé par la bibliographie intégrale de Theodore Sturgeon ou pas moins de 197 textes y sont mentionnés.
Désolé d'avoir écrit un billet aussi long, en espérant trois choses : en premier lieu d'avoir rendu – dans ma plus simple modestie – au talent de Theodore Sturgeon, de vous avoir donné l'envie de (re)découvrir cet excellent auteur et que vous ayez pris le temps de me lire en entier.
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Horizon_du_plomb
  23 février 2019
Je n'ai jamais lu Sturgeon. Aussi quand j'ai appris que j'allais recevoir « Theodore Sturgeon : le plus qu'auteur » , j'ai fait mes devoirs. J'ai choisi de lire un recueil de nouvelles et, au final, je suis très content de l'avoir fait plutôt que d'avoir lu un de ses deux principaux succès. J'y ai rencontré une plus grande palette.
« Vers treize ans Ted se spécialise en gymnastique et décide qu'il travaillera dans un cirque. Mais, deux ans plus tard, il est atteint d'un rhumatisme articulaire aigu et doit abandonner son rêve. »
« Mais dans chaque cas, dans chaque texte, la solitude vient d'une impossibilité à communiquer (ou l'inverse). Les deux notions sont indissolublement liées, et elles entraînent l'oeuvre de Sturgeon vers une littérature de désir. Celui qui a des difficultés à communiquer ne peut avoir qu'un seul désir, celui d'être aimé. Et ce désir d'amour est l'un des thèmes fondamentaux de Sturgeon. Il se traduit de différentes manières. »
Les deux introductions de Marianne Leconte sont très bien faites et présentent des analyses pertinentes même si elle a tendance à « survendre » un peu son auteur et ses textes selon moi.
« Si vous étiez devant un tribunal, on vous dirait que ce n'est pas une réponse. »
"À la vue du câblage de l'appareil, un professionnel aurait soupiré et demandé à Donzey s'il allait ajouter la sauce tomate à ce plat de spaghettis."
Honnêtement, au début, j'ai été un peu perplexe par le style d'écriture. Sturgeon n'écrit certainement pas de la hard SF, voire à peine de SF, fantastique. En fait, Sturgeon est un écrivain de la tranquillité peu ordinaire, en cela le titre du grand temple (équivalent au livre d'or) est excellent: "Un soupçon d'étrange".
Ce que je préfère chez Sturgeon, ce n'est pas son approche mais plutôt qu'il s'occupe des laissés-pour-compte en oubliant tout héroïsme primaire ou autre (il ne parle même pas d'antihéros je trouve). Ce que j'aime le moins, c'est que trop souvent la chute ou même la trame narrative n'est quasiment qu'un prétexte à une écriture, un effet de style, une sensibilité, un regard sur l'autre. C'est bien écrit mais cela me laisse trop souvent sur le bord du chemin.
Comme à mon habitude, je vais essayer de coter chaque nouvelle en commentant un peu :
- L'île des cauchemars 3
" "Tu es différent. Je n'ai que tes mots pour parler. Ton mot pour toi-même est homme, mon mot pour moi-même est homme. Je n'ai pas de mot pour toi."
"Je suis un homme", précise Barry quoique légèrement incrédule.
"Et moi, quel nom me donnes-tu ?"
Barry regarde bien la créature." Un foutu cauchemar."
Et la chose reprend avec sérieux : " Parfait. Désormais nous nous ferons appeler cauchemars. Je ferai passer le mot." "
Au début je me demandais dans quel mélimélo j'étais. Puis, à la fin, je regardais la mer avec Barry.
- Les ossements 2,5 Bof
- Largo 4
Ma première claque. Toute la nouvelle garde cette note fondamentale qui résonne en moi. (Voir grande citation)
- Cicatrices 2,5
« Powers regarda la lune monter, se mettre en équilibre sur le sommet avant de se larguer dans le ciel. Un arbre mort isolé sur le sommet se dressait devant, comme une main noire dressée devant un visage doré.
Kellet dit: « Regarde cet arbre, il a l'air solide et pourtant… il est mort. » »
Un mot pour un gouffre ou des abîmes de perplexité.
- Un don particulier 3
Assez classique en SF en fait même si je l'ai trouvée fort moralisatrice.
- M Costello, héros 2,5
Une nouvelle qui évoque les Dépossédés de Le Guin.
- La musique 2
Le moins bon texte, trop court alors qu'il y avait moyen d'en faire plus.
- Parcelle brillante 4,5
« Il gémit doucement et se releva pour aller vers le lit. « Sois pas morte » , dit-il à haute voix, et la façon dons ces paroles résonnaient l'effraya. »
Parcelle, au départ, j'ai cru détester cette nouvelle puis mon malaise a cédé la place au goût du sang qu'elle laisse dans la bouche, aussi métallique que la vie. Une impression de coeur qui claque aussi, quelque chose entre le court-circuit et la chaleur d'une éclaircie. Une valve qui finit en « Oh ! »
- L'autre Celia 3
"Elle portait son sac. Lorsque vous glissez un oeil dans l'entrepôt où sont disposés les bagages dans une gare importante, vous remarquez une valise ici, une malle-cabine un peu plus loin ; et de tous les cotés où se portent vos regards s'empilent, étagère après étagère, des cohortes de bagages anonymes et sans individualité, mais qui n'en existent pas moins, pour autant. Ce sac, le sac de Celia Sarton était l'un d'eux."
Bizarrement, alors que l'histoire est bien menée, je n'ai pas été surpris, la découverte de l'homme implique presque le reste.
- Un crime pour Llewellyn 3
« Il voyait son existence sans heurts dévastée par un bout de papier. Il voyait des gens aller contre la loi, qui se retournait contre eux, et cela se faisait à coups de bouts de papier. Il y avait un papier pour tout ce qu'on faisait et on ne faisait pas : et, pour n'avoir pas fait ce qui était bel et bien fait, il suffisait de changer un papier. »
Une nouvelle qui m'a entraîné là où je ne l'attendais pas contrairement à d'autres plus prévisibles.
- La fille qui savait 2,5
" "Belle journée, hein ?"
"Oui, c'est vrai."
C'est sans doute ce qu'on appelle une réponse consentante aux dramatiques judiciaire à la télé."
Le lien, c'est parfois savoir renoncer. N'empêche, je n'ai encore une fois pas accroché et ressenti un goût de manqué.
- Sculpture lente 3
« Je ne sais pas le centième de ce que l'on fait avec un bonsaï, mais ce que je sais, c'est que lorsqu'on commence, on choisit rarement ceux qui sont droits et en bonne santé. Ce sont les tordus, les malingres qui deviendront beaux. Lorsque vous tentez de modifier l'humanité, vous devriez vous souvenir de cela. »
Écrire un texte aussi subtil, philosophique et pourtant encore prétendre que le Go est un jeu « guerrier » me rend un peu triste.
Bref, si Largo et Parcelle brillante sortent du lot, je ne peux coter décemment ce livre plus de trois étoiles. À la lecture de l'ensemble, on sent comme Sturgeon a été le précurseur d'une SF humaniste qui viendra après.
Son écriture protéiforme aux vérités, réponses multiples donne presque l'impression que chaque lecteur verra un texte différent là où il n'y en a qu'un seul. Peut-être est-ce cela capter la vie ? En tout cas, sans me sentir agrippé souvent, je comprends maintenant pleinement la pertinente analyse de Klein :
« Je crois que le seul grand critique de science-fiction qui ait parlé adéquatement de l'écriture de Sturgeon est Gérard Klein : « C'est une sorte de lave de mots, lourde et désordonnée, charriant le pédantisme à l'évidence, bouillonnante, négligeant l'effet, souvent maladroite. À peine dégrossie au début d'une histoire ou d'un chapitre, puis trouvant sa tonalité propre, s'épurant, agrippant finalement le lecteur et s'accordant aux pulsations même de son coeur. » »

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MasaMasa   04 juin 2017
— Cela m’a rapporté beaucoup d’argent, mais pas parce que le système est utilisé pour diminuer la pollution atmosphérique, non. J’ai touché de l’argent parce qu’un fabricant d’automobiles m’a acheté le brevet et l’a enterré dans le coffre d’une banque. Ils n’aiment pas ça parce que cela coûterait de l’argent pour l’installer sur les nouvelles voitures. Et certains de leurs amis dans l’industrie pétrolière n’aiment pas ça parce que cela permettrait d’obtenir d’excellentes performances avec des carburants à peine raffinés.

« Sculpture lente »
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MasaMasa   02 juin 2017
Il n’était pas homme à se demander à quel genre d’être il avait affaire, si ses ancêtres avaient évolué au milieu des humains, s’ils avaient vécu en leur compagnie dans les cavernes ou sous la tente, poursuivant un développement parallèle à celui de l’homo sapiens jusqu’à prendre l’apparence extérieure du plus infime et du plus anonyme des travailleurs salariés. Jamais il ne lui serait venu à l’esprit de conclure que, dans la lutte pour l’existence, certaines espèces pouvaient avoir découvert que le meilleur moyen de survivre consistait non pas à se battre contre les hommes, mais à se perdre dans leur masse.

« L’autre Célia »
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gillgill   12 août 2013
Avant 1941, Sturgeon écrivait des histoires destinées à amuser, à surprendre ou à faire peur, bref à distraire. Comme "l'île des cauchemars", "Ça", "les ossements", "les mains de Bianca".
Ce sont de splendides contes, révélant un écrivain extrêmement doué, doué d'une imagination débordante et d'une grande facilité, brillant....mais léger.
Ses personnages manquent d'épaisseur ; ils agissent, pensent peu et ne souffrent pas. Le jeune écrivain qu'est Sturgeon n'éprouve aucune compassion pour ses personnages.
Ce qui compte alors dans ses nouvelles, c'est l'idée et son développement, l'intrigue, le suspens, les images, les évocations d'êtres ou de mondes merveilleux et insolites.
[....]
Après 1946, lorsqu'il se remet à écrire, il commence par façonner quelques nouvelles de la même veine que celle des années quarante, sans implications fantasmatiques très apparentes, comme "le bâton de Miouhou".
Mais cela ne durera pas et rapidement les pulsions qui l'avaient obligé à jeter "Killdozer" sur le papier, dans un état enfiévré, en neuf jours, seront désormais à l'origine de tous ses textes.....
(extrait de "fables pathétiques", titre de la deuxième partie de la préface du volume paru dans la collection "le livre d'or de la science-fiction" en 1978)
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MasaMasa   01 juin 2017
Il avala sa salive et entreprit de la déshabiller. Des ballerines usées, trempées, à la semelle mince comme du papier, et des petits chaussons de soie comme il n’en n’avait jamais vu, pareils au pied d’un bas. Encore du sang… non, c’était du vernis qui s’écaillaient sur les ongles des pieds blancs et glacés.

« Parcelle brillante »
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   23 février 2019
Chaque soir, après avoir récuré le dernier de ses quatre-vingt-dix faitouts, sorti ses trois barriques d'ordures et balayé ses cinq mille mètres carrés de plancher, il allait prendre le violon dans la chambre et courait se réfugier au loin. Il entrait dans la forêt par un mauvais sentier qui le menait au bord d'un lac de sommet. Dans les taillis épais, il se frayait un chemin jusqu'à la croupe granitique qui, au bout d'une langue de terre, retombait dans l'eau. Tous les soirs, il venait sur cette scène sauvage et jouait avec un abandon bouleversant. Devant lui s'étendait l'eau tiède et noire cloutée de reflets d'étoiles, comme un public dont les yeux brillent. Et comme la lampe d'une ouvreuse, la lumière d'un héliplane ricochait sur l'eau. Comme la respiration de vingt mille spectateurs envoûtés, l'eau s’essoufflait interminablement en bruissements cassés sur les rives. D'applaudissements, jamais. Cela répondait mieux à sa disposition d'esprit. À Gettysburg non plus, on n'applaudit pas Lincoln.
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