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EAN : 9782290311240
306 pages
Éditeur : J'ai Lu (10/04/2001)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 413 notes)
Résumé :
Il est l'Idiot chassé par les uns, ignoré par les autres. Il survit en errant dans les bois puis, hébergé par un couple de paysans un peu fous, il rencontre des enfants aux dons étranges : Jennie, petite fille modèle qui possède un don de télékinésie, Bonnie et Beany, des jumelles, qui se téléportent instantanément où elles le désirent, et Gerry, orphelin et télépathe. Ils déci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
irisrivaldi
  21 mars 2020
L'histoire :
Paru en 1953, ce classique de la science-fiction relève de la fable et non du space opera type Star Wars.
Le texte nous fait suivre l'évolution d'un groupe d'enfants, naufragés de la vie et pourtant individus exceptionnels puisque dotés chacun d'une spécificité. Janie, une gamine privée d'amour maternelle, pratique la télékinésie. Qualités plus terre à terre, elle manifeste aussi une bonne dose d'irrévérence en même temps qu'une belle vivacité d'esprit. Elle va se lier aux jumelles Beany et Bonnie qui peuvent disparaître et apparaître à volonté. Une complicité se créé ensuite autour de Bébé, un être mongoloïde qui fait preuve d'un génie tenant du prodige. Va se joindre à eux un idiot télépathe qui vivait seul, d'où son nom… Tousseul.
Ici, l'auteur qu'on qualifie aujourd'hui d'humaniste, ne fait pas une apologie bonasse de la différence mais rêve d'un corps social qui n'exclurait personne. Ce « corps », symbolisé par une entité supérieure bien « plus qu'humaine » donc, sera formé par ces cinq protagonistes : Bébé en commande le cerveau, Beany et Bonnie les membres, Janie le coeur et l'Idiot la conscience. Chaque membre comprend que sa vie est liée à celle des autres dans « un ensemble plus grand que la somme des parties ». Cette conception de la symbiose se veut ainsi l'idée-maîtresse du roman.
Autour des personnages principaux, on trouve aussi Alice Kew dont le père tyrannique – et qui a mal fini – l'a bousillée moralement avec ses principes rigoristes. Mademoiselle Kew a progressivement érigé un mur invisible qui la sépare du reste du monde. Son isolement à elle est d'ordre psychologique. Un concours de circonstances l'amènera à recueillir les enfants pour leur offrir un foyer. Autres personnages : Gerry qui, au cours d'une séance de psychanalyse, espère découvrir les raisons qui l'ont amené à tuer quelqu'un et enfin Hip Barrows, qui cherche à retrouver sa mémoire.
Mon avis :
Je dois préciser avoir en ma possession une édition ancienne traduite de l'américain et j'ajoute que je voue une très grande déférence envers tout travail de traduction. Dans le cas présent, loin de trouver certaines tournures de phrases vieillottes ou dépassées, j'estime au contraire que maintenir dans « son jus » une manière de voir dans un contexte donné est plus qu'appréciable.
Ceci étant, j'ai trouvé l'écriture rêche, elliptique et primitive. Ces trois mots balancés tels que ne mènent pas bien loin, c'est pourquoi voici quelques éclaircissements.
D'entrée de jeu, j'ai ressenti la rugosité de cette histoire. Je n'ai pas lutté mais disons que j'ai fait un léger effort de concentration pour pouvoir y rentrer. Effort récompensé au centuple car une fois dans le bain, le ressenti est comparable à celui d'une semaine de vacances...
Des situations arrivent de façon impromptue pour nous focaliser sur l'essentiel, cela sans affaiblir l'impact du propos. Là encore, les ellipses ne supposent pas forcément une préparation académique de haut niveau mais imposent néanmoins de recourir à ses capacités innées d'adaptation (sourire).
Enfin, par écriture primitive, j'entends pureté du style. Ce qui en l'occurrence permet de se fondre avec aisance dans l'atmosphère des lieux et la nature environnante, sauvage par certains aspects, qui nous renvoient tant à la dureté du monde qu'au rejet dont souffrent les individus hors-norme.
Au fil de ma progression, les aspérités de l'intrigue se sont aplanies comme si plusieurs corps de métier, du bûcheron à l'ébéniste, s'étaient unis pour façonner un morceau de bois brut, en tirer le meilleur parti et au bout du compte lui donner sa juste forme. Le livre en trois parties se clôt par un chapitre intitulé « La morale » qui donne tout son relief aux deux premières. Et, en lisant la ligne ultime, les contours d'une image en trois dimensions ont alors surgi sur ma rétine. Une vraie semaine de vacances !
Lien : http://scambiculturali.over-..
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Masa
  02 août 2013
Il y a peu de temps, je découvrit ce grand écrivain avec la merveille Cristal qui songe devenue un véritable coup de coeur. C'est ainsi que je m'empressai de me procurer les plus qu'humains.
Écrit en 1953 sous le nom original de More than human. le livre est écrit en trois parties bien différentes, mais qui suit la même histoire. Les premières lignes donnent la note avec l'idiot comme personnage principal. L'idiot c'est le nom qui lui est donné. Il inspire la pitié, de sorte que l'être humain le rejette puisqu'il n'est pas comme les autres. L'idiot ne vit pas, il survit. Puis, en parallèle, un père qui se croit en être un bon, inhibe la vie ses filles. Il croit les protéger, mais les torture psychologiquement. Un jour, l'idiot s'approche et rencontre la fille.
Comme toujours, Theodore Sturgeon arrive a donner un regard critique sur l'être humain et ses monstres comme il aime le dire. Puisque ces personnes qui sont différentes sont qualifiés ainsi. L'idiot qui était un rejet de la civilisation devient petit à petit affectueux. J'ai appris à travers les lignes écrites à l'apprécier ainsi que les autres personnages qui le rejoindront. Cette première partie est vraiment très forte en émotion, on s'en prend plein la figure. Theodore Sturgeon c'est humainiste arrive même pointer du doigt le racisme.
La deuxième partie est déroutante. Déjà la narration change, passant de la troisième à la première personne. Cette fois-ci c'est un autre personnage qui se confit à un un psychiatre. Déroutant puisque ce n'est plus l'idiot, mais un autre. J'ai cru au début à une autre histoire, mais finalement, je retrouve avec plaisir les exclus. Si le roman s'était arrêté là, je l'aurai trouvé vraiment très bon, mais il y a une troisième partie. Cette dernière inspire la confusion, tout devient flou. L'auteur semble vouloir se justifier. Deux personnages arrivent et l'histoire m'a semblé plus difficile à comprendre.
Theodore Sturgeon, qui nous à quitté bien trop tôt, est un excellent écrivain. Cet humaniste ne cessera de vouloir plaider la cause des exclus. Il excelle également dans l'univers fantastique. Ce roman est vraiment très bon malgré sa troisième partie moins accessible. Je l'ai trouvé toutefois moins bon que le génial Cristal qui songe. Ma route ne s'arrêtera pas là avec ce grand Monsieur.
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PostTenebrasLire
  01 avril 2019
J'avais lu ce roman il y a de nombreuses années.
J'ai relu également il y a peu « Cristal qui songe » du même écrivain.
J'avais été subjugué par la puissance du récit.
L'auteur n'a pas sa pareille pour parler de l'autre, des marges de l'humanité.
J'ai donc replongé.
Encore une fois la différence est au coeur du récit. Cette fois-ci le roman parle de l'émergence de nouveaux humains.
Des humains complémentaires qui forment ensemble autre chose, quelque chose de plus qu'humain.
« Les plus qu'humain » est tout aussi fascinant, mais un peu plus difficile d'accès que « Cristal qui songe ».
Il y a en effet trois parties :
la première voit une sorte d'embryon de « corps » se constituer
la seconde vous plonge tout à coup dans la psychanalyse d'un individu à la recherche de quelque chose d'enfoui. Qui est-il ?
Quel est le rapport avec la partie précédente ?
On ne raccroche les récits que tardivement et …
on bascule dans une troisième partie. Une des parties du « corps » aide un homme se remémore difficilement certains évènements troublants. Petit à petit la trame va apparaitre, mais au début on est un peu perdu.
Une structure un peu perturbante, mais
l'essentiel est la force de l'écriture. Theodore Strugeon n'a pas sa pareille pour décrire par petite touche tous ceux qui sont mis de côté par la société. Il a une manière bien a lui de décrire les liens forts entre « eux ».
C'est une peinture juste de « nous » qui les rejetons. Métaphore à peine voilée de notre monde qui rejette les moins qu'humains. Serons leur tendre enfin la main ? Theodore le pense et j'aimerais le croire.

Lien : https://post-tenebras-lire.n..
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frandj
  26 août 2015
Theodore Sturgeon a été souvent encensé pour ce roman très ambitieux, paru en 1953. C’est de la SF, mais on est très loin du space opera; c’est plutôt une fable fantastique. C’est une folle perspective qui, en devenant réalité, peut bouleverser l’avenir de l’humanité. L’idée de l’auteur est géniale: des laissés-pour-compte, marginaux de la société, constituent ensemble une "Gestalt", c’est-à-dire un ensemble d’individus liés étroitement entre eux et vivant en symbiose: Janie a un don de télékinésie; les jumelles Beany et Bonnie ne cessent de se téléporter; Gerry, le "ganglion central", est télépathe: Bébé, un pur esprit qui ne deviendra jamais adulte, est le "cerveau"; Tousseul, un idiot (qui met en œuvre, incidemment, l’antigravité !) est la "tête". Ils vont expérimenter ensemble le fonctionnement de leur communauté dans la demeure de Mademoiselle Kew. Mais ensuite les choses vont se compliquer…
Très bon sujet ! Malheureusement, le livre pénible à lire. La première partie, centrée sur Tousseul, est laborieuse et assez glauque, sans doute pour faire ressentir au lecteur le flou existant dans l’esprit de l’idiot. Dans la seconde partie, Gerry se trouve consultant un psychiatre pour retrouver des souvenirs qu’il a refoulés; je la trouve réussie, même si la progression du récit semble aussi laborieuse qu'une séance de psychanalyse. La troisième partie, longue et confuse (le lecteur est pressé d’en finir, car il y a des dialogues sans fin !), me semble obscure: un nouveau protagoniste, nommé Hip, fait son apparition dans le récit; lui aussi, il cherche sa vérité, avec l’aide de Janie.
Mon impression générale, en refermant le livre, c’est que Theodore Sturgeon a rendu inutilement compliquée une histoire très originale, dont le sujet est a priori fascinant. Le souvenir que j'en garde est donc mitigé.
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Pris
  16 avril 2015
La Gestalt inventée par Sturgeon est fascinante et fait froid dans le dos: comment allier une forte envie d'individualité et le fait d'être la partie d'un corps plus grand (un cerveau, un bras, une jambe)? Vingt-cinq ans après l'avoir lu pour la première fois (il y en eut beaucoup d'autres), cela me turlupine encore. J'aurais aimé une suite pour comprendre comment cette association disparate allait fonctionner sur le long terme.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Alyssa1600Alyssa1600   18 octobre 2020
Ni faim, ni froid, ni maturité hâtive pour Hip. Mais l'odeur de la haine cependant. Cette odeur, elle entourait le médecin, son père. Elle flottait autour des doigts agiles et durs, autour des vêtements endeuillés.
Jusqu'au son de la voix du docteur Barrows qui, dans le souvenir de son fils, baignait dans l'eau de Javel et le phénol.
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enkidu_enkidu_   05 janvier 2018
— Écoutez-moi bien, commença-t-elle, passionnée, nous ne sommes pas une bande de phénomènes. Nous sommes l'Homo Gestalt, vous savez, c'est-à-dire une identité unique, une nouvelle forme d'être humain. Nous n'avons pas été inventés. Nous avons évolué tout seuls. Nous sommes l'étape suivante. L'échelon supérieur. Nous sommes seuls. Il n'y a personne d'autre comme nous. Nous ne vivons pas dans le même monde que vous. Nous vivons sans système moral, sans code pour nous guider. Nous habitons une île déserte que nous partageons avec un troupeau de chèvres.

— Et la chèvre, c'est moi ?

— Bien entendu. Vous ne vous en rendez pas compte ? Mais nous sommes nés sur cette île, avec personne pour nous enseigner, pour nous montrer quoi faire. Nous pouvons apprendre des chèvres tout le nécessaire pour faire d'une chèvre la meilleure des chèvres, mais cela ne changera rien au fait que nous ne sommes pas une chèvre. On ne peut nous appliquer le même jeu de règles et de lois qu'à l'humain ordinaire. Non, non, Hip, ne m'interrompez pas, ce n'est pas le moment... Vous avez déjà vu, au musée, la série des squelettes, mettons du cheval. Cela commence avec le petit eohippus, puis ça monte, monte, monte. Jusqu'au percheron, mettons à dix-huit ou dix-neuf numéros de là. Certes il existe une différence sensible entre le numéro un et le numéro dix-neuf. Mais y en a-t-il véritablement une entre le numéro quinze et le numéro seize ? Bien peu...

— Oui, mais qu'est-ce que ça a à voir avec ce que vous disiez tout à l'heure ?

— Vous ne voyez pas ? l'Homo Gestalt est quelque chose de nouveau, et de supérieur. Mais les parties qui le composent : les bras, l'abdomen, la mémoire commune, c'est comme dans le cas des os du squelette, ce sont les mêmes qu'à l'étape immédiatement antérieure. Ou du moins, la différence n'est pas très grande. Je suis moi, je suis Janie. Je l'ai vu vous écraser. Vous étiez tout râpé et tellement plus vieux que votre âge. Mais je vous ai reconnu. Je vous voyais. Puis je voyais l'homme que vous aviez été sept années auparavant. Comme vous sortiez avec le détecteur à la bretelle. Et le soleil sur vos cheveux. Vous étiez grand et fort, et vous avanciez comme un étalon tout luisant de santé. A vous voir, on comprenait les teintes flamboyantes qu'a le coq nain. Vous étiez cette chose qui secoue la forêt quand l'élan mâle pousse son cri de défi... J'avais dix-sept ans, que diable, j'avais dix-sept ans, Barrows, et c'était le printemps et j'avais rêvé, des rêves qui m'effrayaient...
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irisrivaldiirisrivaldi   20 mars 2020
Ce qu'on a dans la tête, c'est le monde extérieur. Si ça paraît extraordinaire, c'est qu'il arrive réellement des choses extraordinaires dans la vie quotidienne de tout le monde. Quand un grand homme de l'Antiquité affirmait : "La vérité est plus étrange que la fiction", c'est ce qu'il voulait dire. Où que nous allions, quoi que nous fassions, les symboles nous entourent. Et les symboles ce sont des objets si familiers que nous ne les regardons même pas ou que nous n'apercevons pas si nous les regardons.
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gillgill   03 février 2013
"Les plus qu'humains", de Theodore Sturgeon s'est vu décerner, il y a quelques années, l'International Fantasy Award, c'est à dire le prix international de la science-fiction, la récompense la plus élevée dont puisse rêver un auteur de SF.
Je l'avais lu à l'époque en anglais et l'avais trouvé remarquable.
[...] C'est l'histoire d'un groupe de gosses : Jeanie "le coeur" , Baby "le cerveau", Touseul-l'idiot "la tête" et deux jumelles noires "les bras", qui, doués de télépathie, de psychokinésie, etc, parviennent à former une entité "plus qu'humaine".
Mais Touseul meurt et il faut une nouvelle tête. Sera-ce Gerry ? Oui, mais celui-ci est encore imparfait, il subit de mauvaises influences, il est trop humain. C'est alors qu'intervient "Hip", autre "plus qu"humain", pour essayer de le ramener sur le droit chemin....[....]
(extrait d'un article de "Ici, on désintègre - la revue des livres", signé Alain Dorémieux et provenant du "Fiction" numéro 42 paru en mai 1957)
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oliviersavignatoliviersavignat   17 août 2020
L'Idiot habitait un univers noir et gris que déchiraient parfois l'éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vêtements en lambeaux laissaient voir des tibias en lame de sabre et, sous sa veste déchirée, ses côtes saillaient comme des doigts. L'Idiot était de haute taille, mais plat comme une limande; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
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