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EAN : 9782290311240
306 pages
J'ai lu (10/04/2001)
3.87/5   523 notes
Résumé :
Il est l'Idiot chassé par les uns, ignoré par les autres. Il survit en errant dans les bois puis, hébergé par un couple de paysans un peu fous, il rencontre des enfants aux dons étranges : Jennie, petite fille modèle qui possède un don de télékinésie, Bonnie et Beany, des jumelles, qui se téléportent instantanément où elles le désirent, et Gerry, orphelin et télépathe. Ils déci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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Un début de réconciliation avec Theodore Sturgeon ?

Suite à quelques déconvenues avec cet auteur qui ne semblait pas me convenir, je me suis joint à Nadou38 et Srafina dans la lecture de Les plus qu'humains afin de lui redonner une chance. Eh bien l'expérience est concluante cette fois ; ce roman m'a certes bousculé avec ces situations sans concessions, mais au moins il ne m'a pas ennuyé.

Bousculé, je l'ai été par tous ces personnages marqués par la vie dès leur enfance. L'idiot est faible intellectuellement, Alexia et Evelyne sont éduquées par un père odieux aux règles d'une rigidité d'airain, Janie a une mère qui rêverait la voir disparaître. J'en passe. Certains d'entre eux, comme Gerry, reproduisent le modèle et font montre d'une cruauté et d'une absence de compassion crasses. Sturgeon ne nous épargne pas : maltraitance, injures, méchanceté gratuite, animosité, racisme. Prédateurs et proies, l'échantillon d'humains qu'il met en scène fait peine à lire. Il n'est pas tendre avec eux. Bien avant G.R.R. Martin, il peut nous faire aimer un personnage et l'éliminer littéralement d'un trait de plume.

Mais le style utilisé est épatant, si l'on y adhère comme moi. Dans les trois parties – qui pourraient être autant de nouvelles regroupées en fix-up – l'auteur nous plonge tout habillé dans la péripétie, sans nous réconforter avec des explications de contexte (Roger Zelazny emploie le même genre de technique). A chaque fois je me demandais où je me noyais. La première partie nous fait sauter d'un regard à un autre, de L'idiot à Evelyne à Janie et retour. On apprend à les connaître en supportant leurs avanies, comme si l'auteur voulait que l'on se mette dans leur peau (et ça ne donne pas vraiment envie). Mais ça marche pour qui manifeste un peu d'empathie. Les deux autres parties sont construites un peu sur le même système : on partage la découverte de soi de personnages qui ont oublié une grande partie de leur passé. L'histoire, ce sont leurs souvenirs qui reviennent, les deux fois selon une méthode différente particulièrement efficace.

Cependant le thème principal est la surhumanité. Theodore Sturgeon construit un être supérieur en « agrégeant » des humains comme autant de membres ou d'organes. Chaque « composant » a un don : télépathie, télékinésie, téléportation et a eu jusqu'ici une vie dont on ne rêvera pas. Cet agrégat a un composant « tête » qui dirige, pour peu que tous les composants l'accepte. Lors des meilleurs moments d'union, le tout est bien supérieur à la somme des parties, mais les composants ne sont pas décérébrés, ils ont encore une certaine individualité. Cela entraîne des instabilités dans cette nouvelle structure.
Le tout est de savoir comment ce « Plus qu'humain » doit réagir face à l'humanité. Dominer, comme elle en a les moyens, aller jusqu'à se comporter comme l'homme avec les fourmis, ou bien développer une « éthique », un comportement bienveillant permettant de vivre en bonne intelligence avec les hommes. Ce débat sera repris et rabâché dans les X-men (si, si !) avec Magneto qui est pour la domination et « la sélection naturelle » et le professeur Xavier pour la cohabitation. Mais Sturgeon offrait déjà une solution bien avant ses compères de comics. Et j'avoue que j'ai trouvé son analyse à base de morale et d'éthique convaincante. le seul point qu'il n'aborde pas, c'est la réaction de l'humanité découvrant l'existence de « l'homo gestalt ». A n'en pas douter peur et résolution de l'anéantir.

La fin m'a surpris. Je ne m'attendais vraiment pas à ce que l'auteur fasse jouer une telle corde. Les événements qui y amènent semblent parfois tirés par les cheveux. Janie a des actions aux antipodes de son attitude du début et ses motivations ne sont pas si claires : amour pour Hip mixé avec la volonté de remettre son « homo gestalt » sur de bons rails ? Hip conceptualise la morale et l'éthique en quelques minutes alors qu'il sort d'une très longue période de brumes. Bref, beaucoup de choses arrivent à point nommé.
Malgré ce chemin qui peut rendre perplexe, je l'accepte car cette fin ouvre certaines perspectives, et certaines fenêtres pour peut-être faire courant d'air.

Merci à mes deux compères de LC avec qui nous avons eu de riches discussions. Grâce à elles, il est donc possible que je tente un autre Sturgeon un de ces jours.
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Recueil de trois nouvelles écrit en 1953 par Théodore Sturgeon, il obtient l'International Fantasy Award en 1954.
L'idiot de la fable, Bébé a trois ans et La Morale constitue les trois parties de ce roman qui offre une continuité au niveau des personnages.
Bébé a trois ans a été écrit en 1952, les deux autres sont venus compléter l'histoire.
L'Idiot de la Fable c'est Tousseul, caractérisé comme un idiot congénital et analphabète, qui n'est pas si idiot que ça dans son domaine. Simplement il ne fonctionne pas comme tout un chacun, je pense que de nos jours on parlerait plus d'autisme. Il vit dans son monde, tout est incompréhensible pour lui dans le fonctionnement social. Il renaît quand il rencontre les autres êtres qui vont constituer l'homo-Gelstat en évolution par rapport à l'Homo-sapiens.
Cette première partie est la rencontre de ces personnages si particuliers et associaux. Il faut dire que la vie n'est pas tendre avec eux. Ce sont des laissés pour compte, abandonnés de la société dans laquelle ils vivent. Un fil ténu les relie et les fait se rencontrer pour trouver leur équilibre. Ils sont les membres d'un même corps.
Bébé a trois ans fait entrer le facteur psychanalyse dans l'histoire. Un certain Gérard Thompson consulte un psychiatre pour lui faire revivre un pan de son existence. C'est la survie de l'Homo-Gelstat qui est en cause.
La Morale fait suite obligatoire à la 2ème nouvelle. L'évolution de l'homme implique-t-il une nouvelle morale ou une nouvelle éthique. Un nouveau personnage apparaît qui met cette question en avant. Est-ce l'homme qui crée la morale ou la société dans laquelle il vit ?

Un roman original, l'auteur questionne sur le devenir de l'homme, son évolution mais aussi sur l'exclusion et la compréhension de la différence.
Une écriture adaptée aux personnages qui constituent la nouvelle. La 1ère partie emploie un langage haché, non structuré, nous sommes dans la tête de Tousseul l'idiot, et l'auteur emploie la 3ème personne pour s'exprimer.
Dans Bébé a trois ans c'est Gérard qui raconte, il a remplacé Tousseul et il a lui aussi de grandes aptitudes à manipuler les autres. On sent à travers les dialogues la violence et la haine qui l'habitent.
La dernière partie est plus difficile à appréhender, c'est un homme en totale perdition qui est à la recherche de son identité. C'est une longue introspection qui nous est contée..
En somme un livre très particulier. le style et l'écriture de l'auteur nous font ressentir un malaise ambiant, lié à l'étrangeté de tous ces êtres, Tousseul, Janie, les jumelles, Bébé et Gérard. Ils vont avec leurs différences créer une nouvelle évolution de l'humanité.
Je ne peux pas dire que j'ai vraiment aimé, je l'ai trouvé intéressant dans son étrangeté. Il y a aussi un facteur très important dans ce roman, c'est la solitude des personnages. Solitude individuelle mais aussi solitude d' l'Homo-Gelstat par rapport à la société.
En somme une lecture en demi-teinte que je suis très contente d'avoir effectuée avec Nadou et BazaR. On se sent moins seul n'est ce pas les amis surtout avec ce genre de livre. Merci à eux pour le partage.
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Ayant beaucoup aimé « Cristal qui songe », j'ai voulu poursuivre la découverte de l'oeuvre de Théodore Sturgeon avec « Les plus qu'humains ». Mais j'avoue ne pas ressentir un aussi grand enthousiaste à la fin de cette lecture.

Les personnages qui portent ce roman sont tous atypiques car détiennent des capacités extraordinaires : une petite fille douée de télékinésie, des jumelles qui se téléportent, un homme et un garçon capables de télépathie ou encore un bébé doté de capacités de calculs exceptionnelles. Mais de part leurs différences, ces personnages sont en marge de la société, abandonnés ou maltraités.
Ils vont se croiser et constituer une petite communauté soudée et complice avec une complémentarité qui va les « transformer » en une entité surhumaine…

« Les plus qu'humains » est un recueil de 3 nouvelles, « L'Idiot de la Fable », « Bébé a 3 ans » et « La morale », publié en 1953. Ces nouvelles sont étroitement liées car on y retrouve la plupart des personnages et leur succession est chronologique.
L'ouvrage reçut l'International Fantasy Award en 1954.

L'auteur y met en avant l'humain, encore une fois, avec ce qu'il peut proposer de pire comme de meilleur. L'abandon, le racisme, le rejet du handicap ou encore la maltraitance sous toutes ses formes seront évoqués dans l'ouvrage mais combattus et repoussés par l'union, l'amitié et l'amour qui offrent un nouveau départ.

« -Demande à Bébé ce que c'est un ami ?
-Il répond que c'est quelqu'un qui vous aime encore quand il ne vous aime plus. »

Pour être honnête, je ne sais pas si j'ai aimé ce livre ou pas au final, je l'ai trouvé complexe et je ne suis pas certaine d'avoir tout saisi. Mais il est clair que Sturgeon a su m'accrocher dans son approche et sa narration, l'envie de savoir comment vont évoluer ces personnages.
Beaucoup d'interrogations aussi sur le côté psychanalyse qui y est traité. J'ai trouvé particulièrement intéressant les passages sur la distinction entre la morale et l'éthique.
Les échanges ont été actifs avec mes amis co-lecteurs Srafina et BazaR sur nos interprétations, surtout à la fin du roman. Je les en remercie au passage car ce fut bien agréable et enrichissant.

Challenge duo d'auteurs SFFF 2022 : Heinlein - Davoust - Age d'or de la SF
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Assez déçu par ce roman, après ma lecture enthousiaste de Cristal qui songe, du même auteur.

Là encore, une fable ou presque, des personnages atypiques et torturés, de la morale et des dilemmes.

Dans un décor de campagne et de petite ville qui n'est pas sans rappeler celui de Demain les chiens, de Simak, nous suivons une poignée d'enfants asociaux, bizarres ou dotés de pouvoirs psychiques.

Le récit s'étire sur une dizaine d'années et se divise en trois parties bien nettes de cent pages chacune. Trois actes, pourrait-on dire.

J'ai retrouvé ce style inimitable, cette plume toute en sensibilité, parfaitement taillée pour traiter des sujets fétiches de l'auteur. L'écriture est économe et le plus souvent agréable, parfois poétique. de nombreux effets la rendent spéciale et élégante, comme le recours aux ellipses. Ces effets sont parfois de trop et gênent la compréhension.

J'ai trouvé que l'écriture péchait surtout dans l'intrigue et la construction du récit.
Sur le découpage, rien à redire. La première partie présente l'ensemble des protagonistes. La suivante suit le point de vue (et le récit) d'un garçon. La troisième fait de même pour un autre garçon.
Mais que l'histoire est tortueuse !
La difficulté dans la première partie vient de ce que les différents personnages – et ils sont assez nombreux – nous sont présentés par bouts de séquences non homogènes en nombre, en taille et en forme. Chacune récit ressemble à une petite nouvelle et se lit plus ou moins aisément, mais rassembler le tout pour voir où l'auteur veut nous emmener est assez ardu. Enfin, bon an mal an, on arrive à lier le tout avant la fin de ce premier acte.
Les deux autres parties sont très différentes de la première, et étonnamment similaires entre elles dans la narration, puisque dans chacune on suit un jeune homme dont le récit nous est conté par l'entremise d'une séance de psychothérapie visant à lui faire retrouver la mémoire.
Je n'ai pas compris l'intérêt du procédé narratif. En l'occurrence je l'ai trouvé artificiel et inutile. Par contre, pour ce qui est de rendre la lecture fastidieuse et confuse, c'est gagné ! Non seulement les tranches de récit arrachées dans ces deux parties sont nombreuses, mais elles arrivent aussi dans un ordre pas toujours chronologique, avec des ruptures de temps. J'ai perdu le fil plus d'une fois. Maigre satisfaction : la conduite plutôt bien menée de ces séances psy (surtout celle de la seconde partie).
Globalement, je trouve les choix narratifs plutôt douteux, avec un résultat cher payé pour proposer quelques réponses en différé. D'autant que le suspense sonne souvent faux, avec l'usage récurrent de la technique « tourner autour du pot ».
Ces lacunes me rappellent un travers de l'auteur que j'avais observé dans la dernière partie de Cristal qui songe : la forte redondance du récit avec des personnages qui passent leur temps à raconter aux autres ce qu'ils ont vécu. Au moins dans cet autre roman, le récit restait parfaitement linéaire.


Ensuite il y a l'histoire proprement dite et les thèmes abordés. Et là aussi, j'ai été déçu.
Ça partait très bien je trouve, avec les premières intrigues qui posent bien l'ambiance, tragique.
Ensuite, on finit par comprendre le schéma, l'idée, avec cette poignée d'enfants rejetés qui vont s'unir à leur façon. Et tour à tour les parties 2 et 3 vont compléter le récit.
Mais au moment de refermer le livre, je ne suis pas certain d'avoir compris le message, ni même qu'il y en ait un précis. Cette lecture me laisse la sensation désagréable que l'auteur nous a embarqués dans les méandres de son imagination fertile sans scénario clair.

Le thème de l'équipe aux pouvoirs complémentaires est central (impossible de ne pas penser aux superhéros), mais, paradoxalement, il n'est jamais traité directement, comme si ce n'était pas le sujet principal (et en effet je ne crois pas que ce le soit). Il y a bien quelques séquences d'action – croustillantes d'ailleurs – mais vraiment, ce roman n'est pas le genre de divertissement surfant habituellement sur ce thème.

Le thème philosophique de la Gestalt mixé avec le thème de la nature de l'individu au sein de la société (on n'est pas loin du thème de la ruche), cela c'est la grande originalité du roman. L'auteur brode tant qu'il peut sur ce sujet. Et pourtant, j'ai eu le sentiment qu'il n'était pas allé au bout de son raisonnement. On a l'impression qu'il pose un concept, applique dessus quelques idées générales du type limites / perspectives, et c'est à peu près tout.

On retrouve le thème, cher à l'auteur, des personnages asociaux qui peinent tout au long de leur existence. Un aspect particulièrement réussi. Par contre, j'ai trouvé qu'il ne profitait pas vraiment de l'intrigue générale autour du thème du dépassement de l'humanité. La synergie entre les thèmes fonctionnait bien mieux dans Cristal qui songe.


Quant au dénouement, vite expédié, peu original et assez plat, il m'a laissé de marbre…


Le titre est bien trouvé. Avec sa polysémie, il rend parfaitement compte des thèmes traités par l'auteur : plus qu'humains grâce à leurs pouvoirs, plus qu'humains parce qu'en tant que Gestalt, ils les transcendent. Plus qu'humains car malgré leurs handicaps, ils vont chercher et réussir à s'élever, tandis que les humains pour la plupart les rejettent ou les exploitent.
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L'histoire :

Paru en 1953, ce classique de la science-fiction relève de la fable et non du space opera type Star Wars.

Le texte nous fait suivre l'évolution d'un groupe d'enfants, naufragés de la vie et pourtant individus exceptionnels puisque dotés chacun d'une spécificité. Janie, une gamine privée d'amour maternelle, pratique la télékinésie. Qualités plus terre à terre, elle manifeste aussi une bonne dose d'irrévérence en même temps qu'une belle vivacité d'esprit. Elle va se lier aux jumelles Beany et Bonnie qui peuvent disparaître et apparaître à volonté. Une complicité se créé ensuite autour de Bébé, un être mongoloïde qui fait preuve d'un génie tenant du prodige. Va se joindre à eux un idiot télépathe qui vivait seul, d'où son nom… Tousseul.

Ici, l'auteur qu'on qualifie aujourd'hui d'humaniste, ne fait pas une apologie bonasse de la différence mais rêve d'un corps social qui n'exclurait personne. Ce « corps », symbolisé par une entité supérieure bien « plus qu'humaine » donc, sera formé par ces cinq protagonistes : Bébé en commande le cerveau, Beany et Bonnie les membres, Janie le coeur et l'Idiot la conscience. Chaque membre comprend que sa vie est liée à celle des autres dans « un ensemble plus grand que la somme des parties ». Cette conception de la symbiose se veut ainsi l'idée-maîtresse du roman.

Autour des personnages principaux, on trouve aussi Alice Kew dont le père tyrannique – et qui a mal fini – l'a bousillée moralement avec ses principes rigoristes. Mademoiselle Kew a progressivement érigé un mur invisible qui la sépare du reste du monde. Son isolement à elle est d'ordre psychologique. Un concours de circonstances l'amènera à recueillir les enfants pour leur offrir un foyer. Autres personnages : Gerry qui, au cours d'une séance de psychanalyse, espère découvrir les raisons qui l'ont amené à tuer quelqu'un et enfin Hip Barrows, qui cherche à retrouver sa mémoire.

Mon avis :

Je dois préciser avoir en ma possession une édition ancienne traduite de l'américain et j'ajoute que je voue une très grande déférence envers tout travail de traduction. Dans le cas présent, loin de trouver certaines tournures de phrases vieillottes ou dépassées, j'estime au contraire que maintenir dans « son jus » une manière de voir dans un contexte donné est plus qu'appréciable.
Ceci étant, j'ai trouvé l'écriture rêche, elliptique et primitive. Ces trois mots balancés tels que ne mènent pas bien loin, c'est pourquoi voici quelques éclaircissements.
D'entrée de jeu, j'ai ressenti la rugosité de cette histoire. Je n'ai pas lutté mais disons que j'ai fait un léger effort de concentration pour pouvoir y rentrer. Effort récompensé au centuple car une fois dans le bain, le ressenti est comparable à celui d'une semaine de vacances...
Des situations arrivent de façon impromptue pour nous focaliser sur l'essentiel, cela sans affaiblir l'impact du propos. Là encore, les ellipses ne supposent pas forcément une préparation académique de haut niveau mais imposent néanmoins de recourir à ses capacités innées d'adaptation (sourire).
Enfin, par écriture primitive, j'entends pureté du style. Ce qui en l'occurrence permet de se fondre avec aisance dans l'atmosphère des lieux et la nature environnante, sauvage par certains aspects, qui nous renvoient tant à la dureté du monde qu'au rejet dont souffrent les individus hors-norme.
Au fil de ma progression, les aspérités de l'intrigue se sont aplanies comme si plusieurs corps de métier, du bûcheron à l'ébéniste, s'étaient unis pour façonner un morceau de bois brut, en tirer le meilleur parti et au bout du compte lui donner sa juste forme. Le livre en trois parties se clôt par un chapitre intitulé « La morale » qui donne tout son relief aux deux premières. Et, en lisant la ligne ultime, les contours d'une image en trois dimensions ont alors surgi sur ma rétine. Une vraie semaine de vacances !
Lien : http://scambiculturali.over-..
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— Écoutez-moi bien, commença-t-elle, passionnée, nous ne sommes pas une bande de phénomènes. Nous sommes l'Homo Gestalt, vous savez, c'est-à-dire une identité unique, une nouvelle forme d'être humain. Nous n'avons pas été inventés. Nous avons évolué tout seuls. Nous sommes l'étape suivante. L'échelon supérieur. Nous sommes seuls. Il n'y a personne d'autre comme nous. Nous ne vivons pas dans le même monde que vous. Nous vivons sans système moral, sans code pour nous guider. Nous habitons une île déserte que nous partageons avec un troupeau de chèvres.

— Et la chèvre, c'est moi ?

— Bien entendu. Vous ne vous en rendez pas compte ? Mais nous sommes nés sur cette île, avec personne pour nous enseigner, pour nous montrer quoi faire. Nous pouvons apprendre des chèvres tout le nécessaire pour faire d'une chèvre la meilleure des chèvres, mais cela ne changera rien au fait que nous ne sommes pas une chèvre. On ne peut nous appliquer le même jeu de règles et de lois qu'à l'humain ordinaire. Non, non, Hip, ne m'interrompez pas, ce n'est pas le moment... Vous avez déjà vu, au musée, la série des squelettes, mettons du cheval. Cela commence avec le petit eohippus, puis ça monte, monte, monte. Jusqu'au percheron, mettons à dix-huit ou dix-neuf numéros de là. Certes il existe une différence sensible entre le numéro un et le numéro dix-neuf. Mais y en a-t-il véritablement une entre le numéro quinze et le numéro seize ? Bien peu...

— Oui, mais qu'est-ce que ça a à voir avec ce que vous disiez tout à l'heure ?

— Vous ne voyez pas ? l'Homo Gestalt est quelque chose de nouveau, et de supérieur. Mais les parties qui le composent : les bras, l'abdomen, la mémoire commune, c'est comme dans le cas des os du squelette, ce sont les mêmes qu'à l'étape immédiatement antérieure. Ou du moins, la différence n'est pas très grande. Je suis moi, je suis Janie. Je l'ai vu vous écraser. Vous étiez tout râpé et tellement plus vieux que votre âge. Mais je vous ai reconnu. Je vous voyais. Puis je voyais l'homme que vous aviez été sept années auparavant. Comme vous sortiez avec le détecteur à la bretelle. Et le soleil sur vos cheveux. Vous étiez grand et fort, et vous avanciez comme un étalon tout luisant de santé. A vous voir, on comprenait les teintes flamboyantes qu'a le coq nain. Vous étiez cette chose qui secoue la forêt quand l'élan mâle pousse son cri de défi... J'avais dix-sept ans, que diable, j'avais dix-sept ans, Barrows, et c'était le printemps et j'avais rêvé, des rêves qui m'effrayaient...
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Il dormait d'un bon sommeil léger d'animal, à l'opposé de celui de l'homme ; car un homme qui s'endort s'apprête à s'échapper dans le sommeil, alors qu'une bête s'apprête à s'échapper du sommeil.
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- Je suis né quelque part et j'ai poussé comme une mauvaise herbe comme j'ai pu, dit-il sans faire attention à moi. Des parents qui n'ont même pas essayé de me mettre à l'orphelinat, comme ça se fait d'habitude. J'ai vagabondé, je me suis entraîné à devenir un bon idiot du village. J'y aurais réussi, mais j'ai pris les bois au lieu de ça.
- Pourquoi ?
- Sans doute parce que la façon de vivre des gens n'avait aucun sens pour moi. Ici, je peux pousser comme je veux.
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Les bras sur le visage, je reste là, les yeux fermés. Mais je me suis arrêté de pleurer. Parce que, sans doute, on ne pleure que lorsqu’il y a possibilité de trouver secours quelque part.
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L'Idiot habitait un univers noir et gris que déchiraient parfois l'éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vêtements en lambeaux laissaient voir des tibias en lame de sabre et, sous sa veste déchirée, ses côtes saillaient comme des doigts. L'Idiot était de haute taille, mais plat comme une limande; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
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