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Yves-Alain Favre (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2253932590
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1996)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Bien qu'il convoque l'ombre tutélaire de Stendhal, le Condottière s'est délesté de toute autorité. Son voyage a ceci d'unique qu'il traite des villes comme des caractères : Rimini est « maussade comme un attentat réussi », Gênes banale « comme la pensée d'un boutiquier d'Amérique ». Chaque ville a non seulement son tableau, sa pièce musicale, son église, son grand homme, elle a aussi son visage propre, ses verrues, ses rides, sa mauvaise haleine, son sourire (Sienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
  10 novembre 2013

Voyage culturel "total" en Italie, pour le plus grand bonheur de qui y accompagne Suarès.
Publié en trois tomes ("Venise", "Florence", "Sienne") entre 1914 et 1932, le "Voyage du Condottière" est ce qui se rapproche sans doute le plus de l'oeuvre d'une vie pour l'étonnant polygraphe André Suarès (1868-1948), élève prodige, pauvre et tôt orphelin, qui effectua son tout premier voyage en Italie, à pied, dès 1893, à 25 ans, après sa réussite à l'ENS Ulm et son échec à l'agrégation d'histoire, avant de devenir une figure littéraire mythique de l'entre-deux-guerres, et l'un des quatre grands animateurs de la NRF avec Gide, Claudel et Valéry.
Vrai-faux « guide de voyage », nourri d'une culture proprement phénoménale en peinture, sculpture, architecture, littérature et histoire italienne, principalement du Moyen-Âge et De La Renaissance, mais encore tout à fait spectaculaire pour le XVIIIème et le XIXème siècles, l'ouvrage enchaîne au long des 550 pages de ses trois tomes une centaine de chapitres, courts ou très courts : descriptions de villes, de lieux, de routes, flamboyantes et épiques, ou au contraire, poétiques et intimistes, parsemées d'incises consacrées à un peintre, un sculpteur, un tableau, un écrivain, une figure historique.
Au-delà de ce rare foisonnement, le charme particulier du "Condottière" tient sans doute à ce que la formule « Dieu vomit les tièdes » a pu être inventée pour caractériser Suarès : passion dévorante, engagement permanent (sur « tout », le plus essentiel, ou sur « rien », le plus futile), mauvaise foi prodigieuse, mansuétude tout aussi étonnante (du type « Oui, c'était un monstre abject et d'une bêtise effroyable, mais toute sa vie, il protégea le peintre Untel, donc respect »).
Parfois « trop » métaphysique et quelque peu grandiloquent par instants, c'est néanmoins LE livre pour voyageurs sauvages et cultivés en Italie du Nord.
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5Arabella
  05 août 2016
Passionné de l'Italie où il a effectué plusieurs voyages, Suarès rédige ce livre, dans lequel le voyageur lui ressemble évidemment. Car le voyage ne peut devenir parlant que si l'on connaît le voyageur, le regard qu'il porte sur les choses. le voyage est subjectif par essence, et l'auteur revendique cette subjectivité. La vision dépend du l'oeil qui regarde.
Donc ici toute description se teinte d'un point de vue, d'une évaluation, d'amour ou de détestation. Peu de tiédeur, de la passion dans un ou dans l'autre sens avant tout. Trois villes forment le triangle magique : Venise, Florence et Sienne. D'autres sont moins bien aimées. le paysage, l'art, l'histoire, les grands artistes du passé, les habitants aussi un peu. Tout est sujet à des rêveries, des imaginations flamboyantes, ou cinglantes.
Un voyage hors du temps aussi : ce qui fut est bien plus important que ce qui est, ce qui est n'existe qu'en regard de ce qui fut. Un voyage dans le temps autant que dans l'espace, dans l'imaginaire autant que dans le tangible.
Il faut avoir le goût de prendre le temps de cheminer de cette façon, d'épouser le rythme sinueux de cette phrase, de cette pensée. Pas vraiment consensuelle la plupart du temps. Parfois un peu datée, sa vision de la femme par exemple fait sourire ou froncer le sourcil. Mais la langue est somptueuse, et les visions sont parfois d'une beauté saisissante. Quelqu'un avec qui on est pas forcément d'accord mais qu'on ne peut s'empêcher de trouver souvent intéressant. Ce n'est pas une lecture pour tous les lecteurs ni pour tous les moments de lecture. Il faut avoir envie de quelque chose de très personnel et qui l'assume, aucune envie de faire plaisir au lecteur. Pas de récit ni d'intrigue non plus, juste des impressions, une façon de suivre son propre cheminement intérieur avant même qu'extérieur.
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brigetoun
  02 décembre 2009
poésie, philosophie, histoire - un de mes livres de chevet. Une langue claire et simple, une ambiance.
Il faut le lire "après" avoir aimé Venise, Florence ou Sienne
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miriam
  19 mai 2011
A lire ou à picorer. Suarès écrit bien. Il a le goût de la formule. C'est aussi un érudit, qui a la critique acerbe, il suit une Italie littéraire à la suite de Stendhal et on se demande si l'Italie réelle le touche vraiment. Peinture et musique, il raconte un oeuvre ou un artiste qu'il associe à un lieu. Sa promenade est datée, certes, mais si séduisante et pimentée..
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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miriam
  21 mai 2011
J'ai voulu suivre le Condottière en Italie et d'entrée, j'ai lu une des plus belles invitations au voyage que je recopie ici:
“Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans un voyage. Quoi qu'on en
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   05 août 2016
J'arrive. Et tout me déçoit. De tout ce que je cherche à Parme, ne trouvant rien, c'est à peine si je m'y retrouve.
J'erre en vain dans la chaleur sèche qui crie. Je tourne sous un soleil dur et fixe. Le jour est blanc comme l'acier. Le pavé brûle. - Où est la Chartreuse ? On me rit au nez : - Quelle Chartreuse ? On ne connaît pas de Chartreuse ; les ordres religieux sont dispersés. - Hé, il s'agit bien des moines ! Je sais que ma Chartreuse n'est point ici ; mais la Tour, où est la tour ? Il n'y a point de tour ; point de palais Contarini - Au diable ! il n'y a donc plus de Parme ? Via !
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5Arabella5Arabella   05 août 2016
Cette Crémone a du coeur et des larmes. Elle est sérieuse et chaude. Quel passant, de ceux qui ne cherchent que le plaisir, ne la trouvera pas sombre et triste ? Ses arbres même, perdus entre les murailles qu'ils caressent d'ombre ne l'égayent pas. Mais elle a le charme de la mélanconlie ; et certes, à la voir, on l'entend : on sent bien qu'elle était faite pour la musique.
Une pensive gravité réside sur les façades de briques ; ces figures hâlées, qui méditent, se regardent avec ardeur, et ne s'imitent pas. Elles ne sont point mornes ni maussades. De fortes arêtes varient le jet du Torrazzo, qui enfonce sa flèche conique, comme une pointe de cactus dans le ciel rouge. Par les galeries ouvertes, aux deux étages les plus haut, les martinets aux longues ailes passent, aigus, et repassent.
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Charybde2Charybde2   10 novembre 2013
Il se peut que la plus grande beauté ne soit pas où il la trouve : c’est pourtant là qu’elle est pour lui. Comme il lui parle, elle répond. L’entretien est infini que la passion nourrit, après l’avoir fait naître. La fringale des fauves ne désarma jamais, pas plus que leur prudence, mais il vient un temps où l’on ne dévore qu’en esprit. Comme un enfant, il a voulu toute l’Italie : il a bientôt compris qu’une telle convoitise est abstraite autant qu’elle est esclave : elle n’est pas de l’amour ni de l’art, elle est de la politique. Un pays fait masse et nombre : la passion comme l’art ne vit que de choix. La poésie est la partialité suprême. Je veux, dit le Condottière, que ma vie se prête à la vie de tout l’univers, et qu’elle y aide. Mais je ne donne mon âme qu’à l’objet unique entre tous les objets. // Ce monde marche par nous et marchera bien sans nous. Que l’esprit persévère dans son combat pour l’harmonie et la beauté. Mais nous n’avons que faire de jeter encore un geste discordant au milieu de la cohue, une autre vague dans le désordre de cette mer orpheline du calme. Bienheureuse l’action qui défend les hommes de se faire machines. Mais la pensée, en lutte perpétuelle avec le train mécanique de la vie, est une action suprême : l’esprit de beauté est l’arme divine qui défend l’homme de l’automate.
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brigetounbrigetoun   08 mai 2010
On incline d'abord à croire que Sienne est toute franciscaine... Non, elle est bien plutôt à Dominique. Elle est trop amoureuse pour être sous la seule loi de l'amour. Elle a besoin d'une règle plus ferme. "
"Blanc et Noir, les deux couleurs de Sienne : blanc comme la Vierge ; noir comme la pénitence. Et le champ de l'écu est rouge comme le sang des passions
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brigetounbrigetoun   08 mai 2010
Claire, princesse dans le royaume des saintes femmes, miracle de la profonde connaissance que l'amour seul et le zèle dévorant de servir donnent à la jeune femme, elle que la nature a faite plus fermée sur soi que l'oeuf et plus égoïste que le sillon
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Video de André Suarès (1) Voir plusAjouter une vidéo

André Suarès : voyage du condottière
Olivier BARROT présente brièvement le livre "voyage du Condottiere".
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