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François Angelier (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782842051815
140 pages
Éditeur : 1001 Nuits (30/11/2005)
3.18/5   25 notes
Résumé :
kernok le pirate, premier roman d'Eugène Sue, représente l'entrée en scène d'un conteur-fleuve, d'un dandy politique qui fera du récit populaire une machine à rêves et à frissons.

Kernok, capitaine pirate avec un boulet à la place du rieur, l'âme rivée à une malédiction, laboure la mer et chasse à la voile.

Le tragique du marin n'est pas de périr par le fond mais d'échouer à terre. Un petit chef d’œuvre d'humour noir et de férocité gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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beauscoop
  07 juin 2021
Récit pur et dur sur la piraterie et la vie cruelle de pirates durant l'abordage d'une corvette anglaise par le brick breton l'Epervier commandé par Kernok. Personnage à première vue sans coeur, offrant comme plaisir l'incendie du vaisseau de son adversaire avec des matelots attachés qui brûleront comme des torches. Un homme cruel à la mesure des hommes pirates de l'époque mais qui a un raisonnement pragmatique en abandonnant par exemple tous ses blessés pour économiser la nourriture et augmenter ainsi les chances de survie aux rescapés. La fin du récit nous apprend que le fameux pirate Kernok finit sa vie, respecté dans son village, ayant même certaines bontés.
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book-en-stock
  23 février 2018
Roman d'aventures s'il en est, il s'agit du premier roman de l'auteur, paru en 1830.
Avant un nouveau départ en mer, Kernok se fait prédire l'avenir : on lui annonce une mort prochaine. Mais qu'en sera-t-il vraiment ?
Le récit est très rythmé (chapitres courts et titrés) au ton léger : l'ensemble est très divertissant avec de l'humour, souvent noir, et de grandes scènes d'actions où ne manquent pas la cruauté et les atrocités. Kernok, originaire de Bretagne, est un personnage imposant, bien que jeune d'environ trente ans, et il obtient ce qu'il veut. Il semble ne pas avoir de coeur.
Le texte est riche de vocabulaire de navigation, très technique et précis. L'auteur indique plusieurs fois qu'il se refuse à retranscrire les jurons et autres jolis mots prononcés par les pirates.
Le ton enjoué et dynamique permet de passer un agréable moment de lecture : l'auteur s'amuse et son lecteur avec lui !
Cela me donne l'envie de poursuivre ma rencontre avec l'oeuvre d'Eugène Sue.
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Wendat69
  02 mars 2019
Ce court roman de piraterie est un doux -non, un dur mélange de drôleries bien sombres et de violence consommée.
Kornak n'est en effet pas la moitié d'un pirate, même si celui-ci est de fait un corsaire en bonne et due forme, possédant lettre de course du bon roi de France, il taille profond dans l'anglois ou l'espagnol, en bon serviteur de son maître et aussi, voire surtout, par goût du lucre et du sang.
Cette aventure marine se lit d'une traite, d'une bordée pourrait-on dire.A bord de l'Epervier, on ne perd pas son temps en bavasseries inutiles. Si le capitaine mène son troupeau de détrousseurs des mers tambour battant et à la baguette, ce n'est pas pour qu'il baille aux corneilles en devisant sur la forme des nuages ou sur le dégradé de couleurs du soleil couchant sur la mer azurée...
Non, Kornak et son équipage entendent brûler la vie par les deux bouts, surtout celle de leurs ennemis d'ailleurs.Foin de sentiments, là où ces corsaires passent, les autres trépassent, et si quelques joyeux compagnons de fortune se retrouvent diminués d'un membre ou deux, inutile de dégoiser à l'envie, autant expédier ad Patres les infortunés camarades, ce sera toujours ça de gagner sur la part de butin.
Si l'oeil reste sec après des adieux accélérés, les survivants de l'abordage entendront humidifier leur gosier par force beuverie, et s'il faut écraser la main d'un camarade endormi entre deux boulets pour rire à gorge déployée, allons-y...Rions, que diable, car il n'est pas loin !
Ironie, humour noir et truculence sont les ingrédients de ce roman qui sent l'iode, a le goût du rhum et l'odeur de la poudre.
« Aujourd'hui vivants, demain morts, que nous importe d'amasser ou de ménager, nous ne comptons que sur le jour que nous vivons et jamais sur celui que nous allons vivre »
Olivier Oexmelin, flibustier Français.
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paulmaugendre
  19 juillet 2018
Si Eugène Sue est surtout connu pour Les mystères de Paris et le juif errant, il ne faut non plus oublier ses courts romans avec lesquels il a débuté sa courte carrière de romancier. En effet il est décédé en 1857, à l'âge de cinquante-trois ans.
Kernok le pirate, est le premier, et court roman publié dans la revue La Mode, en trois livraisons hebdomadaires, à partir du 13 mars 1830. Suivront d'autres courts romans dont El Gitano et Atar-Gull. Une mise en train avant d'aborder les romans sociaux dont l'imposant Mystères du peuple ou Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges, oeuvre de longue haleine qui sera publiée de 1849 jusqu'en 1857 dont un jugement rendu par le tribunal de Paris du 25 septembre de la même année ordonnait la destruction des clichés et la suppression de l'ouvrage Les Mystères du peuple, par Eugène Sue, de tous les exemplaires saisis et de tous ceux qui pourront l'être, et en ordonne l'entière suppression (Revue le Rocambole N°28/29, Relectures d'Eugène Sue, Automne-hiver 2004).
Kernok le pirate est un roman d'action, d'aventures maritimes, dans lequel la violence, surtout initiée par le héros, est présente quasiment de bout en bout. Court mais efficace, ce roman est empreint d'un humour noir, féroce, que l'on retrouvera par la suite dans certains romans de Paul Féval dont La fabrique de crimes.
Sur les conseils de sa femme Mélie, une jeune et jolie métisse, Kernok se présente dans la cabane d'un écorcheur (un cacou) qui vit avec sa femme Ivonne, sorcière, et leur fils, un simplet. Ils sont quelque peu naufrageurs également.
Ivonne connaît le parcours de Kernok, depuis son enfance comme mousse jusqu'à ce qu'il prenne le commandement de L'Epervier, un fier navire. D'après une légende, mais en général elles possèdent un fond de vérité, il aurait aidé le capitaine du navire à passer par-dessus bord. Donc la sorcière connait les antécédents de Kernok, mais ce qu'elle prédit n'est pas du goût du pirate. Elle voit Mélie en sang et lui affirme qu'il n'a plus que treize jours à vivre.
Nous retrouvons Kernok à bord de son bâtiment louvoyant entre les vagues, se montrant odieux envers ses hommes et plus particulièrement le mousse Grain-de-Sel. Zeli, le second, n'est pas en reste pour asséner les coups de garcettes, histoire de bien faire comprendre au mousse, et aux autres, que le maître à bord c'est d'abord Kernok, puis lui.
Arraisonner un navire est chose aisée pour les pirates, mais ensuite, il faut digérer les libations consécutives à la victoire sur l'ennemi. Ensuite c'est un navire anglais qui ose se frotter à L'Epervier, et les dégâts se comptent aussi bien en hommes qu'en matériel. Les millions de piastres arrachées de haute lutte lors du premier abordage vont trouver un emploi qui n'était pas prévu à l'origine. Et Monsieur Durand, le chirurgien-charpentier-canonnier de l'Epervier ne sait plus où donner de la tête et des mains.

Oh ! que j'ai admirablement conçu les corsaires, les aventuriers, les vies d'opposition : et là je me disais : la vie, c'est du courage, de bonnes carabines, l'art de se diriger en pleine mer et la haine de l'homme (de l'Anglais par exemple). Oh ! trente gaillards qui s'entendraient et mettraient bas les principes comme M. Kernok ! (Journal La silhouette – 1830
M. Eugène Sue a donné dans La Mode la ravissante marine de Kernok, révélant avec modestie un talent frais et gracieux qui grandira car il est jeune, très jeune (Journal le Voleur ; 10 janvier 1831)
Quel est cet écrivain qui se montre si enthousiaste envers ce roman du jeune et prometteur Eugène Sue ? Tout simplement Honoré de Balzac qui ne tarit pas d'éloges envers son confrère.
Ce roman maritime et d'aventures, limite fantastique, est plein de bruit et de fureur, de violences, et montre la condition dans lesquels les marins étaient traités à l'époque, et surtout la vie difficile vécue par les mousses. Pourtant, tel Grain-de-Sel, ceux-ci subissaient leur sort sans vraiment en vouloir à leurs capitaines, car ils savaient que sous la férule se cachait, parfois, un avenir qui les entrainait vers une vie d'hommes capables d'affronter tous les éléments.
Sue entreprend, dès ce roman, une analyse profonde de la superficialité du jugement social et de l'Eglise qui a perdu le sens du langage et de ses principes.
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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MissG
  21 juin 2015
Premier roman d'Eugène Sue, "Kernok le pirate" livre le portrait d'un homme cruel, violent, sans pitié, s'étant enrichi en pillant et détruisant des navires et dont le coeur est resté de marbre tout au long de sa vie hormis pour la seule femme qu'il ait aimée et qui disparût dans des conditions tragiques.
Kernok ne terrorisait pas que ses victimes mais également les hommes qui constituaient son équipage et qui gardèrent de lui le portrait d'un homme dur et sans pitié : "Kernok avait une de ses âmes fortement trempées, inaccessibles aux mesquines considérations que les hommes faibles appellent reconnaissance ou pitié.".
Construit sous la forme de courts chapitres, ce roman retrace les grandes étapes de la vie de Kernok.
Dès les premiers chapitres le ton est donné : Kernok parcourt la lande Bretonne et se retrouve chez la sorcière de Pampoul qui lui dévoile les infamies qu'il a commises et lui annonce sa mort prochaine.
Des infamies, Kernok en a commises un bien grand nombre, et si l'auteur se contente de n'en livrer qu'une au lecteur, il a choisi la plus emblématique de toutes.
C'est très bien écrit, cela se lit rapidement, j'ai eu l'impression au court de ma lecture que ce roman avait été écrit sous forme de feuilleton littéraire comme cela était le cas à l'époque d'Eugène Sue, mais je dois bien reconnaître que je n'ai pas trouvé à Kernok la classe et le côté pervers qu'a le personnage de Long John Silver créé par Robert Louis Stevenson et qui reste à mes yeux la quintessence même du pirate.
Sans doute que ce court roman pourrait convenir à un public jeune, pour ma part cela a été un moment de court divertissement et ce livre ne restera pas dans mes classiques du roman de piraterie.
"Kernok le pirate" est plus une longue nouvelle qu'un roman et reste une première oeuvre dans laquelle le talent de conteur sous la forme de roman-feuilleton d'Eugène Sue transparaît.
A découvrir, mais ce personnage n'a pas à mes yeux tout l'éclat et la grandeur de Long John Silver.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
beauscoopbeauscoop   07 juin 2021
Peut-on se lasser de le voir droit et ras sur l’eau avec ses formes étroites et élancées, sa haute mâture un peu penchée sur l’arrière, qui lui donne un air si coquet et si marin ; comment ne pas admirer ce gréement fin et léger, ces larges basses-voiles, ces huniers et ces perroquets si élégamment échancrés, et ces bonnettes qui se déploient sur ses flancs, gracieuses comme les ailes d’un cygne, et ces focs élégants qui semblent voltiger au bout de son beaupré, et sa ligne de vingt caronades de bronze ...
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raynald66raynald66   10 décembre 2013
Quand la manoeuvre fut exécutée, Kernok harangua son équipage ainsi qu'il suit :
“ Enfants, voici une corvette qui a les reins solides ; elle serre de si près L'Épervier, que nous ne pouvons espérer de gagner au vent ; d'ailleurs il n'en fait pas. Si nous sommes pris, nous serons pendus ; si nous nous rendons, ce sera tout de même ; combattons donc en braves matelots, et peut-être qu'en faisant feu, comme dit le proverbe, des quatre pattes et de la queue nous nous en retirerons avec nos culottes. Mordieu ! mes garçons, L'Épervier a bien coulé un grand trois-mâts sarde sur les côtes de Sicile, après deux heures de combat ; pourquoi craindrait-il cette corvette à pavillon bleu ? Songez aussi que nous avons dix millions à conserver. Cordieu ! enfants, dix millions ou la corde ! ”
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book-en-stockbook-en-stock   24 février 2018
Tu comprends bien... nous coulerons, et attends toi à voir plutôt cela qu'un marsouin fumer une pipe.
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Wendat69Wendat69   01 mars 2019
Enfants, nous allons reprendre la mer. Il y a deux mois que nous moisissons ici, comme un ponton pourri; nos ceintures sont vides; mais la soute à poudre est pleine, nos canon ont la bouche ouverte, et ne demandent qu'à parler.
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Wendat69Wendat69   01 mars 2019
Si nous sommes pris, nous serons pendus; si nous nous rendons, ce sera tout de même; combattons donc en braves matelots, et peut-être qu'en faisant feu, comme dit le proverbe, des quatre pattes et de la queue nous nous en retirerons avec nos culottes.
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Vidéo de Eugène Sue
Les Rencontres de Gallica font découvrir, chaque mois, les collections numérisées de la BnF et de ses partenaires en s'attachant à un thème ou un corpus de documents. Ce mois-ci, la séance porte sur les romans-feuilletons du XIXe siècle.
Le XIXe siècle est un moment-clé dans l'histoire du roman. Ce genre, longtemps dédaigné, prend une importance grandissante au point de s'imposer comme une des formes littéraires majeures et c'est entre autres grâce à la presse. Car le XIXe siècle est également celui de l'avènement des médias et plus particulièrement des journaux : en 1836 la création de la Presse et le Siècle marque un tournant dans l'histoire de la presse. Ces titres populaires publient des romans, présentés par tranches dans la rubrique « feuilleton » du journal. Ces romans-feuilletons ont rapidement un grand succès ; ils deviennent une rubrique nécessaire dans les quotidiens et participent à la grande popularisation des titres de presse. Quant au roman, il fleurit. À l'aide de la Sélection Gallica consacrée aux feuilletons dans la presse, cette rencontre se penche sur l'histoire mêlée du roman et du journalisme, à travers quelques parcours dans l'histoire du roman-feuilleton et du roman tout court, en s'arrêtant sur des cas d'école : le succès du feuilletoniste Eugène Sue, les personnages récurrents de la littérature populaire ou encore les spécificités du suspens du feuilleton.
Séance animée par Morgane Avellaneda, en contrat de recherche documentaire au département Économie et politique, et Monique Calinon, chargée de collection littérature française, BnF
Retrouver les autres conférences des Rencontres de Gallica : https://www.bnf.fr/fr/agenda/les-rencontres-de-gallica
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