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EAN : 9782730500340
314 pages
Éditeur : Éditions des Autres (30/11/-1)
2.56/5   9 notes
Résumé :
La Salamandre, fière corvette, vole sur les lames déchaînées.
Naufrage,.. L'art de vivre sur un radeau décomposition physique et mentale d'un équipage émérite, de passagers pas nécessairement recommandables, d'un moussaillon au sort funeste. Le capitaine est recueilli par les pirates et, vendu comme esclave, couve des oeufs sacrés dans un temple.
Une fabuleuse aventure maritime signée Eugène Sue.

Source : Editions des autres
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Lina1997
  23 juin 2015
Surprise pour moi de constater le peu de notoriété qu'à rencontré ce roman bouleversant. Je l'ai lu alors que j'avais 15 ans, et il m'a chavirée. Vraiment.
Je dirais que toute la désillusion romantique est condensée dans ce court roman, huit clos maritime à l'effet d'une bombe. On suit le parcours du capitaine et de son fils, forcés de côtoyer le cynisme incarné dans le personnage de Szaffie, qui va planter sa graine empoisonnée sur toutes les belles valeurs morales d'un duo d'amour, jusqu'à les pourrir, tourner la force de leur beauté en force de laideur insupportable.
A NE PAS DONNER A LIRE AUX ENFANTS.
A NE PAS LIRE VOUS MEMES SI VOUS FRISEZ LA DEPRESSION ET AVEZ DES IDEES SUICIDAIRES.
Je ne rigole pas. Ce livre est à la fois sublime (l'écriture d'Eugène Sue est inégalable) et dangereux.
Peut être n'y serez vous pas aussi sensible que je l'ait été à l'aube de mes naïfs 15 ans, en tout cas je ne peux que recommander ce roman pour la force qu'il délivre, à manipuler avec précaution.
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CeCedille
  28 mars 2016
Mésaventures d'un navire militaire, mal commandé, à l'époque de la Restauration. On retiendra de ce roman un vibrant éloge du principe du commandement, un peu inattendu chez Eugène Sue, ce futur rebelle, et l'intéressante mise en scène d'un noble émigré d'ancien régime qui se voit confier le commandement d'un navire alors qu'il n'a plus navigué depuis longtemps et doit s'en remetttre à un subordonné mal inspiré. Échouement du bateau, cannibalisme des survivants... C'est la transposition, très romancée, de l'affaire de la Méduse. Le roman, écrit en 1832, évoque le drame resté dans les mémoires depuis 1816, une quinzaine d'années plus tôt. On hésite pourtant à encourager le lecteur à embarquer dans cette littérature, certes pittoresque, mais boursouflée, avec quelques morceaux de bravoure.
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   01 août 2015
CHAPITRE I. - LE BUREAU DE TABAC.

Par divers moyens on arrive à pareille fin. ( Montaigne.)

Les mouvements les plus minutieux de sa méchante
femme étaient réglés aussi juste que la meilleure montre marine
fabriquée par Harisson. ( Lord Byron, Don Juan.)

Vers le milieu de la rue de Grammont existait à Paris, en 1815, un bureau de tabac fort achalandé ; rien n’y manquait : on voyait à l’extérieur le long rouleau de fer-blanc qui renfermait une lampe sans cesse allumée, l’énorme tabatière de buis et, au dessus, une fresque de quatre pieds carrés représentant l’inévitable priseur qui, le pouce et l’index à la hauteur de ses narines dilatées, aspirait avec délices la poudre odorante.
Aussi une foule d’Allemands, de Russes, de Prussiens, de Bavarois, d’Anglais, désireux de charmer les loisirs du corps de garde, se pressaient chez M. Formon, qui leur débitait d’innocentes distractions en carottes, chiques ou cigares.
Par un beau soir de juillet, l’air était tiède, le ciel pur, et l’atmosphère se chargeait d’une poussière épaisse qui tourbillonnait sous les pieds des chevaux ; de brillants équipages se croisaient dans tous les sens, et les plumes bigarrées qui ondoyaient sur les shakos étrangers se mêlaient aux voiles et aux écharpes blanches dont toutes les femmes se paraient alors ; les boulevards s’émaillaient pour ainsi dire d’une foule de cocardes aux couleurs vives et variées, sans compter les riches dolmans des Cosaques de la garde russe, le costume pittoresque des chasseurs écossais, et le sombre aspect des hussards de la mort, qui faisait encore ressortir l’élégance de ces splendides uniformes, tous étincelants de broderies et de galons. (p17/18)
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genougenou   01 août 2015
PRÉFACE.

Quand je n’aurais d’autre preuve de l’immatérialité
de l’âme que le triomphe des méchants et l’oppression
des justes en ce monde, cela seul m’empêcherait de douter.
( Rousseau, Émile. )
__________
Paris, le 18 janvier 1832.

Il doit y avoir, je pense, dans toute composition littéraire, deux parties bien scindées.
D’abord le drame, la fabulation, le pittoresque et le descriptif, que l’on pourrait appeler le corps de l’œuvre, ou sa partie matérialisée.
Puis, suivant la même comparaison, la donnée morale et philosophique, qui serait l’âme, la pensée de cette œuvre, autrement dite, sa partie spiritualisée.
Ainsi le corps du livre appartiendra de droit, et sans aucune restriction, à la critique, parce que l’auteur comprendra sa position d’écrivain dans toute son étendue ; mais il pourra, ce me semble, défendre la question morale de son ouvrage.
J’insiste sur cette distinction, parce que l’on m’a reproché d’avoir jusqu’ici fait systématiquement succomber la vertu et triompher le vice.
...... E. S.(p6)
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genougenou   01 août 2015
LE BANC DE SABLE.

Homme immortel, admire les beautés de la nature,
et dis, dans la joie de ton cœur : – Tout est à moi ! –
Admire-les pendant qu’il est permis à tes yeux charmés
de les voir encore. Un jour viendra où elles ne
t’appartiendront plus.
( Byron, Lara.)

Voici bientôt l’homme face à face avec l’homme.
( M. S. J., Pensées diverses.)

Au premier coup de talon que donna la corvette en s’échouant sur le banc de sable, l’équipage poussa un grand cri d’étonnement.

Au second coup, on fit silence.

Au troisième, on ne cria pas, mais un sourd gémissement s’échappa de toutes les poitrines. Il y avait pourtant encore de l’espoir, dans ce long soupir.

Mais au quatrième coup, quand la Salamandre, brusquement arrêtée au milieu de sa course, craqua dans sa membrure, désunie par les secousses profondes et sourdes qui faisaient osciller sa quille, comme le corps d’un énorme serpent qui se remue ; alors un seul cri, un cri déchirant, immense, retentit au dessus du bruit des lames qui grossissaient et venaient déferler sur les flancs de la corvette.

Et puis l’équipage se tut, car ce cri était celui de l’instinct vital qui avait prédominé un instant sur l’habitude et la volonté. Ce cri, poussé par l’homme et non par le marin, avait été la dernière expression d’une nature qui devait faire place à l’abnégation de soi, au dévouement et au sang-froid, au milieu des affreux périls que cet événement présageait.

L’équipage redevint donc calme et impassible ; le sifflet de maître La Joie retentit, et chacun se rendit à son poste, sans craindre et sans mépriser le danger. (p290/291)
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genougenou   01 août 2015
Paul revint avec ses pistolets.
Il fallut voir avec quel soin Pierre en fit jouer les ressorts et les batteries.
– Cette détente est trop molle, dit-il.
Et il jeta un des pistolets sur son lit, en prit un autre au faisceau d’armes, l’examina soigneusement, et le remit à son fils.
– Tiens, mon ami. Et mets deux balles, entends-tu ? Et surtout,
Paul, ménage tes coups, pas d’imprudence, comme la dernière…
– Mais l’arme blanche, père ?
– L’arme blanche… l’arme blanche, monsieur, ne vaut pas l’arme à feu quand on vise juste. Et puis surtout, Paul, restez à votre poste… Vous m’entendez, à votre poste dans la batterie, et non sur le pont. (p212)
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genougenou   01 août 2015
Et le silence de ces nuits, que je l’aime !... Que j’aime le sourd et mélancolique murmure de la mer qui dort ! Que j’aime à entendre l’aspiration éloignée du cachalot qui vient jouer sur les ondes et lancer de brillants jets d’eau tout blanchissants d’écume ! Que j’aime le sillage harmonieux du navire, qui bruit faible et doux comme des feuilles sèches sous les pas légers d’une femme !
Que j’aime à voir la Salamandre s’avancer silencieuse au milieu de ces imposantes harmonies de la mer et des cieux ! (p233)
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Vidéo de Eugène Sue
Les Rencontres de Gallica font découvrir, chaque mois, les collections numérisées de la BnF et de ses partenaires en s'attachant à un thème ou un corpus de documents. Ce mois-ci, la séance porte sur les romans-feuilletons du XIXe siècle.
Le XIXe siècle est un moment-clé dans l'histoire du roman. Ce genre, longtemps dédaigné, prend une importance grandissante au point de s'imposer comme une des formes littéraires majeures et c'est entre autres grâce à la presse. Car le XIXe siècle est également celui de l'avènement des médias et plus particulièrement des journaux : en 1836 la création de la Presse et le Siècle marque un tournant dans l'histoire de la presse. Ces titres populaires publient des romans, présentés par tranches dans la rubrique « feuilleton » du journal. Ces romans-feuilletons ont rapidement un grand succès ; ils deviennent une rubrique nécessaire dans les quotidiens et participent à la grande popularisation des titres de presse. Quant au roman, il fleurit. À l'aide de la Sélection Gallica consacrée aux feuilletons dans la presse, cette rencontre se penche sur l'histoire mêlée du roman et du journalisme, à travers quelques parcours dans l'histoire du roman-feuilleton et du roman tout court, en s'arrêtant sur des cas d'école : le succès du feuilletoniste Eugène Sue, les personnages récurrents de la littérature populaire ou encore les spécificités du suspens du feuilleton.
Séance animée par Morgane Avellaneda, en contrat de recherche documentaire au département Économie et politique, et Monique Calinon, chargée de collection littérature française, BnF
Retrouver les autres conférences des Rencontres de Gallica : https://www.bnf.fr/fr/agenda/les-rencontres-de-gallica
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