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ISBN : 2070422917
Éditeur : Gallimard (01/07/2010)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Le narrateur de ce roman s'adresse à un homme au travail dans l'espace clos de son jardin. Un accident cardiaque frappe le jardinier. Dès lors, un flot traverse sa conscience. Images, sons, odeurs, souvenirs, réminiscences littéraires et musicales, sensations, visions se succèdent et s'entremêlent tandis qu'il s'éloigne, au fil du temps et des mots, des êtres qu'il a aimés.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  20 décembre 2014
Je crois que tous les jardiniers pourront s'identifier au personnage de ce récit, retrouveront les sensations qu'ils aiment. Les femmes de jardiniers, les enfants de jardiniers, reconnaitront aussi des gestes qui leurs sont familiers. le bêchage, les feux pour brûler les déchets, les soulagements de vessie sur le compost, tout y est. Dans ce jardin, on retrouve le contact de la nature, la rosée du matin, les toiles d'araignée dans la figure, la boue, le chant des oiseaux, le calme. On suit l'évolution de la vie, la terre retournée, les laitues qui poussent. On comprend qu'une graine contient de l'ADN, l'action du soleil sur la chlorophylle. On ne cherche pas à en savoir plus, mais on se sent en harmonie avec la nature.
Puis, soudain, une douleur dans la poitrine. Tous les souvenirs d'une vie se bousculent. L'enfance à la campagne, le premier amour, le premier concert de rock, la lecture, les enfants, les voyages, les disparus, le jardinage. Il n'y a pas de grandes réflexions sur la mort dans ce livre, juste une vie qui se déroule à toute vitesse.
Alors, bien sûr, on peut reprocher à Lucien Suel un excès de formalisme pour un tel sujet (sujet ô combien éculé, par ailleurs). L'emploi de la deuxième personne du singulier, les phrases aussi longues que les chapitres ressemblent à d'absurdes contraintes oulipiennes. Ces « trucs » ostensibles ont tendance à un peu trop étouffer le sentiment, à mon goût. C'est poétique, peut-être, en même temps on se dit qu'il en faut peu pour faire un style. Cependant les sensations sont bien là, en catalogue. Une vie particulière mais pas extraordinaire ; je crois que l'auteur a capté, ici et là, des sensations assez communes, ses souvenirs ont souvent trouvé des échos dans mes propres souvenirs. Un livre sans prétention mais aussi sans ambition.
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absolu
  31 janvier 2013
Naissance,vie, mort. Trilogie jardinière, triptyque universel, ballet incessant, éternel, s'entrecroisant inlassablement, entre deux brins de mauvaise herbe, sous une motte de terre, au nez d'une taupe égarée, derrière un coup de pelle, dans une envolée volatile, à l'ombre d'un châtaigner, parmi les souvenirs.
Enfance, adolescence « adultescence » se frôlent, s'entremêlent, au détour d'un potager, dans les cendres nécessaires, dans les souvenirs végétaux, espoirs terreux, déceptions fruitières, joies récoltées, cycle perpétuel tourbillon de gestes d'émotions de moments poésie du jardin pour dire la fin, le (re)commencement, la nature qui perd ses droits le jardinier qui les lui rend qui l'a si longtemps apprivoisée va bientôt la nourrir de sa chair propre, compost en prose humaine animale végétale la prochaine récolte aura un goût de lui de sa vie de ses bonheurs de son labeur.
Plantation jachère défrichage, alexandrins taillés à coups de bêche, de hache, de râteau, laitues oignons fraises riment ensemble, en choeur, strophes enracinées, métaphores d'herbier, les voyages s'enroulent autour des paysages, l'amour se conjugue à tous les lieux, les époques se délocalisent et les musiques s'entre-résonnent. « au bout du champ un piano droit est posé sur quatre briques au milieu du chemin »
Crucifixion au sol, au centre du jardin, au centre de ta vie, « tu rédiges les versets de la terre tu graves dans la glaise ton corps est ton dernier volume, les rides et les cicatrices les plis et les replis, les bosses et les creux racontent ton histoire et celle de tes frères »
Les fleurs de cerisier sont des boules de papier froissé, qui, comme le fruit, se teintent de rouge à l'approche de la définitive gravité.
Semence des mots, récolte de poèmes, tu sarcles à la main, la mort préfère sa faux. Tu es là, jusqu'à la fin tu es là, tu ne veux pas finir avec les épluchures, alors « tu avances dans le temps du rêve »
« tu n'es plus connecté au serveur de la réalité ici et maintenant, tu glisses dans un autre monde, dans les débris d'images projetées pulvérisées par ton cerveau en capilotade »
les éléments se font souvenir, le jardin déroule le scénario d'une vie, ou chaque graine, chaque parasite joue son propre rôle, dit son texte, et la douleur rappelle le souvenir à la terre.
Lien : http://www.listesratures.fr/
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brigetoun
  30 octobre 2010
roman de poète - un flux à l'organisation souterraine, avec pour séparer, sans vraiment séparer, les petits blocs, la virgule, puis le point virgule pour une petite rupture dans l'inflexion, puis le court chapitre pour repartir sur autre piste. La saveur et la dureté du travail du jardin, le flux des moments de la vie, gens, époques, sensations, amitiés, l'amour toujours de celle qui fut trouvée, les parfums, le corps, les saveurs, la nature, les villes et il y a Amsterdam, l'Inde etc... sans ordre chronologique, au fil des idées, des associations. Et pour le lecteur une dégustation nourrie et charpentée
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Adi
  20 juin 2009
un roman comme une promenade dans le jardin, dans les souvenirs, dans le quotidien des gestes qui font la vie, une promenade qui réveille tous les sens
un roman comme le flashback qui remonte en accéléré à l'instant de la mort
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kilimandjaro
  16 septembre 2010
Ecriture particulière qui au fil des mots amène à une véritable émotion.
L'emploi de la deuxième personne est assez inhabituel mais très efficace. La manière de faire son autobiographie est originale. Si l'on est jardinier et que l'on partage des points communs avec l'auteur dans son vécu, l'effet est garantie. Ce livre conduit le lecteur à revoir sa propre vie.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
jsjs   07 octobre 2011
[…] les dizaines de milliers de pages que tu as absorbées tournent sans cesse dans les tiroirs et les étagères de ton cerveau, tu te souviens des noms des auteurs, des titres des livres et même du nom des éditeurs et des collections, tu reconnais les couvertures, les tranches colorées, tu distingues les différents éditeurs à la couleur de la couverture, au format du livre, tu repères de loin dans les cartons les logos de tes préférés, tu recopies des paragraphes entiers, tu apprends par cœur des poèmes et des citations, tu lis les biographies et la correspondance de tes favoris, tu cites des phrases et des vers, tu prêtes des livres, tu perds des livres, tu les rachètes, tu ne t’en lasses pas ; quand tu es dans le jardin, tu considères les saisons comme les chapitres d’un livre familier que tu relis régulièrement, chaque année tu écris de nouvelles pages dans la terre du jardin, tu rédiges des brouillons successifs, tu élagues, tu mets au propre, tu relis tu déchires, tu chiffonnes des boules de papier, tu jettes au fumier, tu recommences, l’écriture te nourrit, tu rédiges les versets de la terre, tu graves dans la glaise, ton corps est ton dernier volume, les rides et les cicatrices, les plis et replis, les bosses et les creux racontent ton histoire et celle de tes frères ; il pleut sur le livre abandonné près du fauteuil du jardin, les pages sont trempées, même le vent ne parvient pas à les tourner, l’encre noire coule dans les allées, le ruisseau d’encre grossit, devient une rivière, coule vers la Lys, coule vers l’Escaut, traverse le pays, rejoint la mer du Nord, l’encre glisse dans la mer, les lettres les mots les phrases sont emportés par la bourrasque, par l’érosion incessante, tu les suis des yeux le plus longtemps possible, tu retiens les plus beaux mots, laitue blonde de la passion, reine de mai, mâche ronde verte à cœur plein, tu retiens tous ces mots, tu les retiens par cœur, ton cœur se remplit de mots, il déborde il éclate, les mots se répandent dans ton corps tout entier, ils parcourent tes veines comme des alcaloïdes stupéfiants, ils se nichent dans ton estomac et tes intestins veloutés, ils se cachent au détour d’une articulation, entre tes vertèbres sacrées, ils rampent à l’intérieur de tes os dans la moelle jaune et grasse, ton sang charrie tous les mots de l’amour et de la violence, les pseudopodes de tes globules blancs se saisissent des mots les plus longs, en séparent les syllabes et les digèrent sans coup férir, mais un jour cependant, les choses changent, tu constates l’invasion de ton corps par les profanateurs de littérature, les slogans de la télévision comme de longs vers répugnants s’introduisent dans tes oreilles, rampent entre les osselets, circulent sous les méninges de ton système nerveux, ils s’accouplent tête-bêche à l’intérieur de ta tête, tu regardes l’éclosion dégoûtante des parasites, tu les vois migrer, ton corps devient le champ de bataille de la poésie, ta peau se soulève par endroits, révélant l’ardeur des combats engagés entre les mots du dedans et ceux du dehors, ta température s’élève brutalement, tu te sens impuissant, tu assistes en spectateur à la lutte finale, tu es terrorisé, tu sens venir la fin, tu crains à tout moment de voir apparaître au milieu de l’écran noir sous tes paupières fermées cette sentence ultime THE END, tu voudrais apporter des retouches au script mais toute retouche est interdite, tu ne maîtrises plus rien et de toute façon ton […]
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AdiAdi   20 juin 2009
Tu sens qu'aujourd'hui est un bon jour pour semer, tu choisis dans la boîte en carton les sachets de graines en regrettant l'époque où ils étaient en papier kraft sans ce film plastifié, ces photos couleurs criardes et pire, parfois un second sachet métallisé gigogne à l'intérieur du premier, de plus en plus tu produis tes graines toi-même, il te suffit de laisser fleurir quelques plants de salades de carottes de poireaux de radis de navets, bientôt tu seras tout à fait autonome, tu n'auras plus à arpenter les allées des pseudo-magasins verts qui sont d'abord des entrepôts de produits chimiques et de gadgets
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brigetounbrigetoun   30 octobre 2010
tu tournes très lentement sur toi-même sous la cascade bienfaisante, petit à petit toujours en tournant, tu plies les jambes, tu t'accroupis jusqu'à ce que l'eau t'arrive aux épaules, puis tu te détends complètement jusqu'à t'asseoir sur le fond du bassin, à ce moment l'eau monte jusqu'à ton menton, pris d'une impulsion subite tu te laisses glisser, tu t'allonges sur le dos au fond de l'eau les yeux grands ouverts, tu vois la cascade descendre vers toi dans un nuage de bulles.
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NMTBNMTB   20 décembre 2014
… tu es submergé sous la masse de sensations, les souvenirs affluent de partout dans l’espace et dans le temps, certaines figures arrivent même de l’avenir, anges ou démons, tes possibilités de compassion s’épuisent rapidement, tu ne peux faire face à toutes ces faces qui demandent une attention une parole un regard, les larmes te montent aux yeux coulent le long de tes joues et tombent dans la terre…
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AdiAdi   20 juin 2009
ta mémoire est percée comme un carton de tir à la carabine, tu baisses la tête pour éviter les cailloux qui volent vers toi, tu recules à toute vitesse, tu détales comme un lapin, tu sautes au-dessus d'un large fossé en projetant les bras devant toi, tu t'aplatis dans les graminées, tu éternues encore une fois, tu n'es pas une vache, ton estomac est simple, tu ne rumines pas, ton corps est trop petit pour qu'on installe à l'intérieur une panse ou rumen un bonnet un feuillet une caillette, tu veux devenir un oiseau un merle noir qui siffle mélodieusement à tout moment de la journée mais tu ne pourras jamais faire entrer ton gros cerveau dans une si petite tête, tu ne peux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas vivre sous la terre, tu ne veux pas devenir un gros ver blanc, une larve qui se nourrit d'épluchures pourries.
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