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Marcel Jouhandeau (Préfacier, etc.)Henri Ailloud (Traducteur)
ISBN : 2070366405
Éditeur : Gallimard (06/02/1975)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 163 notes)
Résumé :
La Vie des douze Césars (en latin De uita duodecim Caesarum libri) est une œuvre de Suétone, auteur latin du haut empire.

Il s'agit des biographies des douze premiers imperatores de Rome ayant porté le nom et le titre de César, de Jules César à Domitien.

Chaque biographie ne suit pas un schéma chronologique, mais est organisée en une succession de rubriques : origine familiale, naissance et carrière avant l'avènement, son avènement et l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Davalian
  03 mai 2013
Suétone, un temps archiviste de l'empereur Hadrien, est cité par de nombreux auteurs et notamment par la Grande Marguerite. Combien d'épisodes qu'il cite ont été repris et commentés à l'envie ? Vous voyez déjà de quoi je parle, non ? Oui, il s'agit bien de cette dimension intimiste, cette approche faite de scandales. Assurément, c'est elle qui lui garantit un succès multiséculaire.
Il faut dire que chacun des douze est ici présenté de manière… colorée ? Contrastée ? Faite d'ombre (de beaucoup d'ombre) et de lumière ? Si Caligula et Néron, sont passés à la postérité (et quelle postérité !) ils ne sont pas les seuls – et de loin – à être réputés pour leurs moeurs cruelles, tyranniques, peu respectueuses de la vie et du bien d'autrui en général. Un tel étalage suscite l'incompréhension, le trouble, voir le doute à une époque passée – et revenue – par le positivisme. Dire qu'au Ier siècle, la Tolérance restait à découvrir quinze siècles plus tard est un anachronisme nécessaire.
Bien entendu, il n'est pas question ici d'ouvrir un livre historique, défini selon les critères contemporains. Oui, l'auteur (tout comme sa famille) est engagé, oui, il poursuit un but, oui il faut prendre de la distance. Mais quel choc ! Les descriptions sont empreintes de jugements de valeurs, la présence de l'auteur est constance, mais cela n'ôte rien au charme de cette lecture. Si l'écriture est moderne (bien plus que les éditions récentes de Hérodote notamment) elle devient aujourd'hui bien vite monotone.
De tout temps, cet écrit s'est adressé à un public choisi. Il en sera hélas de même aujourd'hui. de solides connaissances en histoire romaine sont nécessaires, sinon indispensables. La patience du lecteur est mise à rude épreuve, tout particulièrement lorsqu'il qu'il est question de généalogie, d'histoire familiale et de cursus honorum. L'aspect systémique et redondant du propos agace, alors qu'il permet de sortir d'illustres inconnus de l'ombre. Les amateurs de la série Rome ou Muréna trouveront ici un moyen pour prolonger leur plaisir.
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oran
  18 mai 2017
Selon Pline le Jeune, Suétone était d'une grande probité littéraire et d'une curiosité historique remarquable, soucieux de vérifier les informations, les détails même les plus infimes susceptibles d'enrichir ses écrits. Pour cela, il compulsait les correspondances des empereurs, tous les autres manuscrits qui retraçaient leurs vies, leurs faits et gestes, il étudia même les graffiti qui couvraient les murs, recueillit les « cancans », l'intime comme l'officiel.
Alors cette galerie de biographies reste une oeuvre indéniable pour mieux approcher, mieux connaître les douze Imperator, de Jules César à Domitien.
« de vita duodecim Caesarum », pour les latinistes, un livre fort utile, des « realia » appréciables pour illustrer des cours suivis à « l'Université populaire du temps libre » consacrés à « la beauté à travers les âges », certaines descriptions physiques contenues dans cet ouvrage et des visites réitérées au musée archéologique d'Arles permirent de mieux visualiser et d'apprécier les canons de beauté de cette époque .
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Slava
  13 septembre 2015
Les empereurs romains nous sont connus pour leur prestige et leur décadence. Qui n'a jamais entendu parler des méfaits de tel empereur ? Ce genre d'anecdote sordide qu'on trouve dans les films péplums où dans des romans... On n'ose pas croire qu'ils étaient vraiment 'tarés". Et pourtant, dés leur temps, Tacite et Suétone mettaient en image leurs cruauté, et ce même si les historiens disent que la plupart des crimes commis par les empereurs ont été exagérés où inventés.
J'aime beaucoup l'histoire et participant à une reconstitution de l'époque, j'ai pu trouver ce livre à un prix abordable. Et quel livre ! Suétone, contemporain de Tacide, qui raconte les splendeurs et misères de douze grands empereurs, De César jusqu'à Domitien. Et c'est un livre assez particulier.
Déjà parce qu'il a été écrit à l'Antiquité, donc normal que la langue et les termes soient différent du nôtre et je dis bonne chance à ceux qui veulent le lire en latin car il est déjà difficile à lire en français !
En effet, son contenu est grandiose, enrichissant, remplis de faits surprenants et incroyances et nous renseignant sur une partie historique importante, il est pas aisé à le parcourir, chaque partie du livre parlant entièrement de l'existence d'un empereur, divisant par petit chapitres naissance, adolescence, carrière militaire, stratégique, accession du pouvoir et mort... D'autant plus qu'avec les termes romains, il faut s'y connaitre... Heureusement que sur l'édition, ils ont glissé des notes pour qu'on s'y retrouve mais c'est pas un livre à offrir à un gamin.
Mais attardons nous sur le contenu : on a au menu César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus et Domitien. Si certains noms vous sont familiers (César, Auguste, Claude, Caligula...), d'autres peuvent vous être inconnus (Othon, Vespasien...).
Suétone nous retrace à chacun d'eux leur origine puis leurs faits ayant rythmé leur vie, leurs gloires et leurs horreurs. Et il y en a pour toutes les couleurs !
Si au début, César et Auguste sont bien calmes, c'est avec Tibère qu'on aura droit au catalogue des fous. Car Suétone a beau nous décrire longuement les longues batailles qu'ils eurent mener, leurs affaires politiques et autres, c'est leurs folies qu'on retiennent plus facilement, et quelles folies ! Des folies symbolisant à elles seule la Rome débauchée : Tibère prenant plaisir à violer des enfants dans son île à Capri, Neron avec son incendie (quoique qu'on remet en doute sa responsabilité depuis...), tuant son épouse enceinte en lui frappant au ventre... et je vous parle pas de Caligula ! Lui, il en a un très joli tableau... La plupart des dirigeants des siècles après sont parfois un peu minus comparés à eux...
Les références historiques et culturelles qu'on connait sont amusante à voir dans ce livre comme les quelques lignes consacrés à Titus et Berenice... le souvenir de la pièce de Racine qui viendra après...
Par contre, outre sa difficulté, c'est un gros pavé où il faut bien s'accrocher aussi.
Un livre historique très intéressante, nous renseignant sur les travers des empereurs, qui au final sont aussi les travers des hommes de tous temps.
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gill
  24 mai 2012
Malgré la profusion des détails, qui parfois fait perdre un peu au lecteur contemporain le fil de son récit, Suétone nous offre là un formidable témoignage.
Il n'est pas, dans ses propos, strictement digne de confiance, il est partial face à l'histoire - mais c'est une oeuvre magistrale que contient ce livre.
Le récit de la vie des douze Césars, des maître de Rome, autant dire du monde occidental antique est un monument et Suétone en est le grand architecte.
L'auteur utilise, en ce II°siècle av J.C, la liberté de parole que Rome, alors à son apogée, a reconquis.
On sait peu de choses sur Suétone, de famille modeste, il appartenait à l'ordre équestre - il est sûrement avocat avant d'être écrivain et rencontre au cours de sa vie d'autres éminents hommes de lettres dont l'historien Tacite et Pline avec lequel, semble-t-il il entretiendra une amitié sincère.
Suétone a écrit énormément, mais seules quelques unes de ses oeuvres sont parvenues à traverser le temps.
Connaissant le succès jusqu'à la Renaissance, ce livre "Vies des douze Césars" a connu ensuite un désintérêt de la part des historiens, du fait peut-être de son manque d'objectivité - mais il est reconnu aujourd'hui, comme un des plus grands témoignages passionnants de l'antiquité romaine.
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Parthenia
  09 juillet 2017
Avant toute chose, il faut replacer cet ouvrage dans son contexte : Suétone écrit sur la dynastie des Julio-Claudiens puis des Flaviens à destination de l'empereur Hadrien, de la dynastie des Antonins. C'est donc une oeuvre de propagande, destinée à louer la sagesse et la tempérance des membres de cette nouvelle dynastie, par contraste avec ceux qui les ont précédés, présentés comme un ramassis de fous, d'assassins, de névrosés morbides, de crétins congénitaux, d'êtres titillés par l'envie d'inceste, de fratricide, de matricide, de parricide, bref des gens fort peu fréquentables et fort cruels ! ^^ Ces caricatures outrées servent également de repoussoir afin de prévenir Hadrien des dangers de la tyrannie.
Même si de nos jours, les historiens ont tendance à réhabiliter certains de ces premiers empereurs, Suétone a contribué à associer à leur image cette légende noire et sulfureuse qui a traversé les siècles. A la lecture, on sent combien Suétone se complaît, bien qu'il s'en défende, à rapporter tous ces ragots sur leurs moeurs scandaleuses («Il [Tibère] poussa la turpitude encore plus loin, et jusqu'à des excès qu'il est aussi difficile de croire que de rapporter», page 149 ; et pourtant, ce bon vieux Suétone ne peut s'empêcher d'en dresser la liste !^^). Et quand il ne s'étale pas sur leurs débauches, il ne nous épargne aucun détail sur leurs soucis de santé, même très intimes (ainsi, on apprend qu'Auguste rendait «de petits cailloux en urinant», page 112). Suétone atteint le sommet du mauvais goût en faisant allusion à la relation incestueuse de Néron avec sa mère : «toutes les fois qu'il se promenait en litière avec sa mère, il satisfaisait sa passion incestueuse ; ce que prouvaient assez les taches de ses vêtements», page 245 (seriously Susu, était-ce bien nécessaire ?!? C'est grave dégueu !).
Bien que l'accès de Suétone aux archives impériales est censé donner de la crédibilité à ses propos, on sent que ses biographies sont truquées, car, d'une part, les faits sont éparpillés, et d'autre part, certains passages d'une même biographie, voire d'une biographie à une autre, sont contradictoires entre eux ! D'ailleurs, les faits scandaleux qu'il rapporte sont parfois tellement outranciers que l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la véracité de telles scènes !
Parfois, une touche d'humour (involontaire ?) vient alléger la noirceur du récit : telle cette anecdote sur Claude qui faillit émettre un édit permettant de «lâcher des vents à sa table parce qu'il avait appris qu'un de ses convives avait pensé mourir pour s'être retenu devant lui», page 222. Et moi j'ai failli mourir de rire en lisant ce passage, même si après coup, cette touche d'humour n'en est pas une mais la volonté affichée de ridiculiser toujours un peu plus ces empereurs.
Néanmoins l'ouvrage fourmille d'informations extrêmement intéressantes sur les différentes pratiques sociales, politiques, cultuelles... On se rend compte par exemple à quel point les Romains accordaient une très grande importance aux signes, annonciateur de bonnes ou mauvaises nouvelles ; en effet, ces signes prennent une grand place dans chaque biographie, pour annoncer la naissance puis la mort de chaque empereur.
D'ailleurs, les biographies sont construites exactement sur le même schéma : Suétone ne suit pas une trame chronologique mais une succession de thématiques écrites toujours dans le même ordre : description des origines familiales, carrière avant l'ascension au pouvoir, actions publiques, vie privée, apparence physique, mort, divers prodiges.

En bref :
Les + : une mine de renseignements sur la vie des Romains ; des détails croustillants sur les moeurs supposées des empereurs
Les - : des portraits orientés ; une certaine complaisance pour des détails d'un goût douteux ; quelques longueurs
Lien : https://parthenia27.blogspot..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   28 novembre 2013
(En parlant de César débarquant en Afrique) :
Bien plus, étant tombé en sortant de son vaisseau, il tourna dans un sens favorable ce présage et s'écria: "Afrique ! je te tiens".

('Prolapsus etiam in egressu nauis uerso ad melius omine: "Teneo te," inquit, "Africa.")
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gillgill   25 février 2012
La critique contemporaine a reconquis Suétone. Au lecteur moderne, accoutumée à une histoire bâtie sur les réalités quotidiennes et aux dimensions de l'humain, cet historien latin prodigue ses anecdotes tantôt dérisoires, tantôt tragiques. Aux curieux comme aux spécialistes de l'Antiquité, le biographe découvre, par une approche très documentée, piquante autant que vraie, les premiers maîtres de Rome.
On ne s'y trompera pas : le regard de Suétone n'est jamais aussi naïf qu'il y parait. Au fil des portraits, à travers les réussites et les échecs des Césars, se constitue peu à peu, l'image du prince idéal, rêvée par Suétone et qu'il propose (hommage ou reproche voilé ?) à l'empereur Hadrien....
(extrait de la quatrième de couverture de l'édition de poche traduite et commentée par Pierre Klossowski en 1990)
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oranoran   18 mai 2017
I Caligula avait la taille haute, le teint livide, le corps mal disproportionné, le cou et les jambes tout à fait grêles, les yeux enfoncés et les temps creuses, le front large et mal conformé, les cheveux rares, le sommet de la tête chauve, le reste du corps velu ; aussi lorsqu’il passait, était-ce un crime capital de regarder au loin et de haut ou tout simplement de prononcer le mot chèvre pour quelque raison que ce fut. Quant à son visage, naturellement affreux et repoussant, il s’efforçait de le rendre plus horrible encore, en étudiant devant son miroir tous les jeux de physionomie capables d’inspirer la terreur et l’effroi.
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DavalianDavalian   01 mai 2013
Jusqu'ici j'ai parlé d'un prince ; désormais ce que j'ai à rapporter est d'un monstre.
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oranoran   18 mai 2017
LXXIX - Auguste était d’une rare beauté, qui garda son charme tout le long de sa vie (…) Ses yeux étaient vifs et brillants ; il voulait même faire croire qu’il y avait dans son regard comme une autorité divine et, quand il le fixait sur quelqu’un, il aimait à lui voir baisser la tête, comme ébloui par le soleil. (…) ses dents étaient écartées, petites et irrégulières ;ses cheveux légèrement bouclés et tirant sur le blond ; ses sourcils joints, ses oreilles moyennes ; son nez bombé du haut et recourbé par le bas ; son teint, entre le brun et le blanc, sa taille était petite, cependant Julius Marathus, son affranchi et archiviste rapporte qu’elle atteignait cinq pieds neuf pouces (1m70)
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