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Henri-Alexis Baatsch (Traducteur)
ISBN : 2020374757
Éditeur : Seuil (02/01/2000)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 235 notes)
Résumé :
À 60 ans, Conrad Lang vit aux crochets d'une riche famille qui l'a recueilli enfant et l'emploie aujourd'hui comme gardien. Un soir, il met accidentellement le feu à leur villa. Ce sont les premiers symptômes d'un mal mystérieux, qui va avoir d'autres conséquences troublantes. Au fur et à mesure que sa mémoire proche est engloutie, des souvenirs que certains espéraient enfouis à tout jamais resurgissent peu à peu ...

"Plus on devient vieux, plus le pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  05 décembre 2018
Les livres de cet auteur suisse allemand sont intéressants . Il y est souvent question d'identités perdues ou falsifiées , comme dans " Un ami parfait". L'étude sociologique s'associe ici à un aspect plus ou moins policier.
Ce qui m'a particulièrement intéressée , c'est tout ce qui est dit à propos de la maladie d'Alzheimer, dont souffre progressivement Koni, le personnage principal. Nous avons tous, malheureusement, un proche qui en est atteint. Les tests que subit Koni à l'hôpital sont exactement les mêmes que ceux qu'a faits une proche parente, je l'accompagnais. Et Koni connait les mêmes problèmes qu'elle au début : les autres malades sont plus atteints que lui, et il ne peut avoir une véritable conversation, ce qui le frustre et l'angoisse.
Cette terrible maladie prend un sens particulier dans ce roman car elle fait ressurgir chez Koni des souvenirs de la petite enfance. Et ces souvenirs qui affluent se révèlent dangereux pour les Koch, la famille de riches industriels qui l'a recueilli enfant, et dans l'ombre de laquelle il a vécu. Eux ne chanteront pas avec Yves Montand "Oh, Je voudrais tant que tu te souviennes"...ils souhaiteraient plutôt qu'il sombre dans l'oubli définitif!
J'ai beaucoup aimé la peinture sans concessions que l'auteur fait de la haute bourgeoisie suisse, basée sur les conventions et les apparences ô combien trompeuses, le suspens est bien entretenu.
Et surtout, j'ai trouvé le parcours de Koni émouvant, on compatit à la perte de mémoire inéluctable, qui l'entraîne vers le vide...
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viou1108
  30 mars 2013
Etrange relation que celle qui unit depuis son enfance Conrad Lang, 60 ans, à la riche famille Koch. Une maladresse de ce dernier, gardien de la villa crétoise de la famille, en causera l'incendie. Plutôt que d'être mis à la porte, ce qui aurait semblé normal après pareille faute, Conrad continue à être pris en charge par Elvira, matriarche du clan, et se retrouve nourri-logé-blanchi aux frais de celle-ci. Comme s'il fallait protéger Conrad, à moins que ce ne soit pour mieux le surveiller…
Conrad vit donc sa petite vie sans se soucier de rien. Mais la belle histoire s'assombrit lorsque ses troubles de la mémoire et du comportement deviennent plus fréquents et plus profonds, et s'arrête quand tombe le couperet du diagnostic : Alzheimer.
Conrad est interné à l'hôpital, où il dépérit. Simone, épouse du petit-fils d'Elvira, secouant la déprime où elle s'enfonce depuis son mariage, prend les choses en mains et forcera Elvira à accepter d'installer Conrad et toute une unité de soins dans une annexe de la villa.
Peu à peu, Conrad progresse, ses souvenirs les plus anciens lui reviennent, provoquant une joie authentique chez Simone et l'équipe de soins dévouée, et une inquiétude agitée chez Elvira…
J'ai acheté ce livre sur la foi de la 4ème de couverture et d'un macaron proclamant qu'il s'agissait d'un des 10 meilleurs romans des années 2000. J'ignore si c'est le cas, n'ayant pas lu toute la production littéraire de ces 10 dernières années . Mais j'ai trouvé la 4ème un brin excessive : « mal mystérieux », « tambour battant », « originalité redoutable »…Mouais…
J'ai néanmoins apprécié le livre, qui m'a marquée, parce que le souffle de cette épouvantable maladie rôde dans mon entourage. le cheminement de la maladie, ses phases, les conséquences sur l'entourage du malade, … tout cela fait l'objet d'une description précise, claire, implacablement médicale mais non dépourvue d'empathie, et sûrement pas ennuyeuse.
Roman bien écrit, agréable à lire, même si pas toujours confortable (pour moi en tout cas), Small World est le récit d'un lourd secret de famille enfoui dans la mémoire de Conrad, qui remontera par bribes à la surface, paradoxalement à la « faveur » (oserais-je le dire) de la progression de la maladie d'Alzheimer, cette voleuse de souvenirs…Il fallait y penser…
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Shan_Ze
  09 janvier 2018
Conrad Lang, sexagénaire, travaille en tant que gardien pour la famille Koch. Il les connait depuis tout petit et a grandi avec le fils, Thomas Koch. Un jour, il met accidentellement le feu à la villa. Il sera relogé dans un appartement particulier par Elvira, la belle-mère de Thomas, mais les choses ne vont que s'empirer…
Ce livre est depuis un petit moment sur mes étagères, attirée par l'étiquette 10 romans à lire absolument (Points, 2000-2011), par la couverture étonnante et par l'auteur dont j'avais entendu beaucoup de bien. Finalement, c'est une bonne découverte ! le début n'a pas été facile, le temps de situer les personnages, de comprendre que Koni était le diminutif de Conrad (j'étais pas en forme, fin d'année, tout ça…), qu'Elvira paraissait suspecte… J'ai beaucoup aimé l'humour de l'auteur, très discret qui donne juste assez de pep's au récit pour qu'il soit agréable. Pourtant, le sujet n'est pas évident, la perte de mémoire chez les malades d'Alzheimer, l'oubli des proches peuvent être douloureux à lire. Mais Martin Suter l'oppose aux souvenirs du lointain passé qui remontent, qui semblent mettre mal à l'aise Elvira. Je me demanderai s'il y avait une explication plus rationnelle à l'exclamation Small World (qui donne le titre du roman) de Conrad ? Bref, j'ai beaucoup aimé ce livre, même si j'ai trouvé quelques longueurs. Je relirai Martin Suter !
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joedi
  01 septembre 2013
Thomas Koch et Conrad Lang ont été élevés ensemble par Elvira, veuve de Wilhem Koch, riche entrepreneur. Conrad a toujours vécut dans l'ombre de Thomas.
À l'âge de 60 ans, gardien d'une villa de la famille Koch, à la montagne, il y met le feu accidentellement.
Revenu en Suisse au lieu de résidence de la famille Koch, Elvira le fait installer dans un appartement et subvient à tous ses besoins. Toute sa vie, il vivra aux crochets de la riche famille. Devenu sénile et probablement atteint de la malade d'Alzheimer, l'épouse du petit-fils d'Elvira va veiller à son bien être et le fera bénéficier d'un traitement expérimental.
Martin Suter ajoute à une histoire qui pourrait être banale des dénouements dignes d'un roman policier.
L'histoire de Koni, nom affectueux de Conrad, est admirablement contée par Martin Suter qui aborde ici le sujet grave de la maladie d'Alzheimer avec beaucoup de sentiments et sans pathos. « Je n'ai rien oublié », titre bien nommé pour ce roman, est le second livre de Martin Suter que je lis, le premier lu étant « le cuisinier », il sera suivi d'autres d'un auteur que j'apprécie !
« Je n'ai rien oublié » - Small world – a été adapté au cinéma par Bruno Chiche interprétés par les acteurs Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Françoise Fabian, Niels Arestrup et Nathalie Baye.
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le_Bison
  19 février 2012
Lorsque Conrad Lang souffre des premiers symptômes, tout son entourage semble persuadé que ces troubles ne sont dus qu'à la sénilité et à son fort penchant pour l'alcool. D'ailleurs au début, ses légères étourderies prêtes à sourire, et Conrad est même le premier à en plaisanter, à s'en amuser... jusqu'au jour où au coin de sa rue, il est incapable de rentrer chez lui... jusqu'au jour où il ne reconnaît même plus la femme qui partage ses repas et son lit... jusqu'au jour où des souvenirs de sa petite enfance ressurgissent de sa mémoire pour troubler la tranquillité de la famille Koch...
« Un Ami Parfait » du même Martin Suter s'intéressait déjà à la notion de perte de mémoire. « Small World », son premier roman, traite également de l'amnésie à travers cette « drôle » de maladie qu'est l'Alzheimer. Il me fait découvrir ce qu'il y a de plus terrible : l'incapacité des proches à aider le malade. Doit-on se réjouir de mettre un nom scientifique sur ces « anodins oublis », ces petites étourderies ? Cette maladie, passée longtemps inaperçue, me donne un sentiment d'impuissance. Il me semble difficile d'observer une personne que l'on aime, que l'on estime, sombrer dans un monde différent, un monde où vous êtes absent, où vous n'existez même plus.
L'histoire de Conrad est touchante, elle montre petit à petit la dégénérescence de ses souvenirs récents, en même temps que la récupération de quelques bribes de mémoires enfantines. Ces souvenirs pourraient-ils ébranler la réputation de la plus haute bourgeoisie suisse ? Études médicales et expérimentations pharmacologiques, découragements et espoirs ponctuent la nouvelle vie de Conrad avec, en prime, une critique acerbe de la société bourgeoise suisse et avec un soupçon de machination et de thriller familial !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   19 février 2012
- Je me souviens de notre teckel Fritz qui était un jour étendu mort au beau milieu de l’allée du jardin. A cette époque je devais avoir environ six ans.
- Est-ce qu’il est possible de se souvenir de choses encore antérieures ?
- Au moment de la naissance, le système nerveux central n’est pas encore complètement formé. Dans les deux premières années de la vie, la mémoire des petits enfants ne peut encore rien engranger. Il lui faut d’abord apprendre à apprendre et à demander à la mémoire de restituer.
- Cela veut dire que théoriquement on peut se souvenir d’évènements que l’on a vécus quand on avait trois ans ?
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YukoYuko   14 juillet 2010
- Je suis tombée sur le papier qui te permet de retrouver notre appartement et de te souvenir de mon nom.
- Où ? avait-il demandé.
- Dans le réfrigérateur.
Il rit. Mais comme cela, la glace était rompue. Il lui raconta tout. Tout ce dont il pouvait se souvenir. [...]
Rosemarie rit aussi. " - Peut-être devrais-tu consulter un médecin.
- Tu crois que c'est si sérieux que ça ?
- Rien que par précaution.
Ils continuèrent leur chemin dans la chaude odeur des chevaux. Lorsque ce cliquetis se fut évanoui, Conrad dit "C'était bien que je puisse parler pour une fois aussi ouvertement avec quelqu'un. Avec Rosemarie c'est impossible."
Rosemarie s'arrêta. "Mais je suis Rosemarie."
Pendant une fraction de seconde elle pensa qu'il allait perdre contenance. Puis il s'exclaffa : "Je t'ai eue !
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Shan_ZeShan_Ze   22 décembre 2017
- Un triste adieu.
- Mais n'est-ce pas aussi une délivrance ?
Il réfléchit.
- Quand celui qui avait été condamné à vie quitte la prison, c'est aussi un adieu.
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SurineurSurineur   24 mars 2017
- Mais tu connais ça aussi ! Tu vas à la cuisine, parce que tu as oublié la louche, et puis te voilà dans la cuisine et tu ne sais plus ce que tu voulais y faire.
Rosemarie avait pris le bras de Conrad.
- C'est comme ça, poursuivit Conrad, mais en exagéré. Tu es dans la chambre, avec la louche à la main et tu ne sais pas ce que tu viens faire là avec cette louche. Alors tu retournes dans le séjour, dans la salle de bains, dans la cuisine, dans la salle à manger, et tu n'arrives toujours pas à retrouver ce que tu voulais faire avec la louche.
- Et pour tu finis la caches dans l'armoire à linge, compléta Rosemarie.
- Tu connais ça aussi ?
- C'est là que je l'ai retrouvée.
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emi13emi13   08 septembre 2013


- Je suis tombée sur le papier qui te permet de retrouver notre appartement et de te souvenir de mon nom.
- Où ? avait-il demandé.
- Dans le réfrigérateur.
Il rit. Mais comme cela, la glace était rompue. Il lui raconta tout. Tout ce dont il pouvait se souvenir. [...]
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Martin Suter parle de Montecristo .Martin Suter parle de son roman Montecristo, thriller remarquablement documenté sur le monde banacaire suisse. Entretien réalisé par Dominique Conil et Sophie Dufau.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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