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Annick Laurent (Traducteur)
ISBN : 2265077224
Éditeur : Fleuve Editions (25/09/2003)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 162 notes)
Résumé :


Kazayuki Asakawa déglutit, les yeux rivés sur l'écran de télévision. Au fond de lui-même, il sait que c'est vrai, que ce n'est ni une plaisanterie, ni une menace en l'air.
Il sait que les quatre adolescents, dont sa propre nièce, qui ont regardé ensemble la cassette vidéo avant lui sont morts. Juste au même moment.
S'il veut survivre, il lui faut comprendre d'où vient cette cassette, le sens de ces images énigmatiques et inquiétantes, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Gustave
  02 mai 2014
Etant bilingue Français-Japonais (j'ai des origines japonaises), j'ai eu la chance de lire ce roman en VO...J'avais encore dix-sept ans, un âge où même si l'on est pas loin de la majorité, on est encore très impressionnable. Personnellement, c'est le roman le plus horrifiant qu'il m'ait été donné de lire.

Le récit lui même me paraît suffisamment connu du grand public, qui, à défaut d'avoir lu le roman, a certainement vu le film: aussi je voudrais davantage axer ma critique sur l'arrière fond culturel et linguistique du Japon en matière de paranormal, très présents dans Ring.

Primo: Cette histoire est inspiré de faits réels.

Je vous rassure tout de suite: bien entendu, l'histoire de la cassette vidéo dont le visionnage suffit pour en mourir au bout d'une semaine est un pur produit de l'imagination de Koji Suzuki, encore qu'il est admis dans la culture populaire japonaise que les fantômes peuvent nuire aux vivants en se montrant via les supports audiovisuels, ce qui fera l'objet du second point.

le personnage de la mère de Sadako, ainsi que les pouvoirs de Sadako s'inspirent bien de la réalité: il s'agit d'une médium japonaise dont l'existence est historiquement attestée, Chizuko Mifune (御船千鶴子1886-1911).

Comme la mère de Sadako, Chizuko a commencé par connaître un succès fulgurant en tant que médium avant de connaître une chute tout aussi brutale, accusée de trucage au cours d'une démonstration publique: sa fin tragique, par suicide, est également similaire à celle de la mère de Sadako, à ceci près que Chizuko s'est donnée la mort par empoisonnement, là où dans Ring cela se termine par un plongeon dans le cratère du volcan Mihara-Yama, sur l'île d'Oshima, au large de Tokyo.

Pour en savoir plus sur ce premier point, voici l'extrait d'un documentaire sur Chizuko Mifune (malheureusement il n'est disponible qu'en japonais, cela étant dit tapez son nom sur Google et vous trouverez votre bonheur...)
https://www.youtube.com/watch?v=desKMPlwi3o

Deuzio:
L'idée même d'une cassette vidéo capable de tuer renvoie à une croyance, encore très ancrée parmi les Japonais ordinaires, de la capacité qu'ont les fantômes de se manifester via des supports audiovisuelles, voire de causer des nuisances de cette manière.


Il existe même des termes idiomatiques en japonais à ces phénomènes: les shinrei-shashin 心霊写真 (littéralement "photo-esprit") ou shinrei-douga心霊動画 ("vidéo-esprit"), et les moines et curés bouddhistes ou shintoistes japonais suivent une formation dans leur cursus de théologie pour exorciser de telles photos ou vidéos...

Certains de ces religieux sont même invités sur les plateaux télévisés dans des émissions qui seraient l'équivalent de notre Soirée de l'étrange, pour expertiser et exorciser publiquement des photos ou des vidéos envoyés par des téléspectateurs inquiets de tel ou tel détail visuel ou auditif qu'ils croient être la manifestation de quelque esprit malfaisant.
La différence notable de ces émissions japonaises sur le paranormal avec celles existant en France est que l'on y postule d'emblée que les fantômes existent...Et qu'il faut donc agir en conséquence (exorciser, entrer en contact avec l'esprit ou l'apaiser, etc.)

Si bien souvent les Français ne se rendent jamais à l'église et n'y vont que pour leur mariage ou lors des enterrements, on peut dire de la même manière de beaucoup de Japonais qui ne vont jamais au temple bouddhiste en temps normal s'y précipitent dès qu'il faut pratiquer un exorcisme d'une photo/vidéo supposée maudite...

Tercio:
Les régions où se déroule une partie de l'intrigue, le département de Shizuoka et les environs du mont Fuji, sont connues des Japonais pour receler quantité de lieux hantés en tout genre, en particulier la péninsule d'Izu. A titre d'exemple, le tunnel d'Amagi (天城トンネル "Amagi-Tonnellu"), qui est associé traditionnellement au roman de Yasunari Kawabata, la Danseuse d'Izu, traîne également une réputation d'endroit grouillant d'apparitions effrayantes la nuit...

Dans les environs, la forêt d'Aokigahara (青木ケ原樹海, "Aokigahara-Jukai"), certainement plus connue des Français, ou encore le tunnel de Kotsubo (小坪トンネル "Kotsoubo-Tonnellu") et le Caveau des Samourais Suicidés (腹切りやぐら, "Hara-Kiri-Yagura") à Kamakura, ne sont pas en reste en termes de récits de fantômes...Koji Suzuki n'a eu qu'a se ramasser pour camper un cadre lugubre et glauque à souhait, d'autant qu'il connait bien la région, d'après ce qu'il dit dans son autobiographie (disponible uniquement en japonais). Un bon programme de voyage si vous allez au Japon ;-)

Ring s'inscrit donc dans une tradition d'essence religieuse, à savoir la croyance largement partagée par les Japonais, y compris les bouddhistes-shintoistes non-pratiquants, en l'existence des fantômes et de leur capacité à intervenir parmi les vivants, que ce soit pour leur nuire...ou les protéger (cas des Shugo-Rei 守護霊 ou Senzo-Rei先祖霊, protecteurs). Je vous conseillerais à cet égard un livre comme Kwaidan de Lafcadio Hearn, qui est une excellente introduction au Japon des fantômes...

Il n'est guère douteux que cela est en lien profond avec la religion Shintô, qui professe un polythéisme pour le moins extensif...A tel point que pour parler des dieux Shintô, il existe une expression traduisible littéralement par "les Huit Millions de Dieux", Yao-Yorozu-No-Kami 八百万の神. Pour clore l'histoire, un des moyens employés par les prêtres Shintoistes pour exorciser un fantôme récalcitrant à leurs prières est tout simplement...de le diviniser (si, si, je vous jure que ça se fait: et ça marche!).
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kuroineko
  22 décembre 2018
J'ai découvert Ring en film avant de découvrir qu'il était adapté du roman de Suzuki Kôji. J'avais déjà bien flippé devant l'adaptation; j'avais envie de découvrir l'oeuvre originale.
En fait, le livre est assez différent du film. Bien sûr, on part de la cassette vidéo porteuse de malédiction : si on a le malheur de la regarder, on mourra sept jours plus tard. La description de ce qui figure sur la vidéo est déjà terrifiante en soi. le Japon est très fort côté histoires de fantômes et de démons... Ring renvoie aux légendes du passé. Je pense en particulier au démon yūrei, qui ne peut trouver le repos, attaché à se venger mû par un immense ressentiment (cf. Jū-on, qui a donné The Grudge, qui est pas mal aussi dans la catégorie rancune tenace d'outre-tombe).
Ici le journaliste Hasakawa visionne la cassette pour enquêter sur la mort de quatre adolescents. le décompte des sept jours se met en branle, avec toute l'angoisse que cela suppose. Il va se faire aider d'un ami, prof de philo, pour décortiquer le film et remonter à son créateur, source de la malédiction. La peur est au centre du roman et révèle son caractère multiforme, d'où l'attraction qu'elle exerce sur le lecteur car la peur, chacun d'entre nous l'a un jour ressentie, quelque forme qu'elle ait pris.
L'enquête conduit à des incidences élargies, par rapport à l'adaptation de Nakata Hideo. L'épée de Damoclès au-dessus de la tête de Hasakawa donne le tempo de l'intrigue. Néanmoins, Suzuki Kôji n'en rajoute pas, côté effets. Son horreur reste sobre et d'autant plus efficace. le style lui-même est froid, distancié, presque clinique. Il est pourtant difficile d'échapper à la tension et à l'angoisse qui émanent des quelques 300 pages du livre.
En plus de l'histoire principale, le contexte apporte un angle de vue sur le quotidien au Japon. Et puis survient le point d'orgue: Sadako. Trois syllabes qui claquent comme une menace absolue dans les recoins noirs et sinistres de l'archipel. Personnage qui poursuit quiconque a lu ou vu Ring, avec son visuel très particulier (oui, oui, même par écrit).
Avis aux amateurs du genre, voilà qui change de l'horreur à l'anglo-saxonne. On se mate une vidéo ce soir?
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Windvaan
  30 septembre 2017
Comme bon nombre de personnes, j'avais vu le film et je m'attendais à ce que le livre me fera frissonner autant que de la -comparée au texte- libre adaptation cinématographique. Ça n'a pas été le cas.
Le suspense est bien là, puisque le récit est construit comme un thriller dans lequel un journaliste au nom d'Asakawa, avec l'aide d'un ami (prof' de philo), va essayer de chercher les raisons d'une malédiction afin d'empêcher leurs morts imminentes.
Si le film est un concentré d'horreur psychologique, le livre se focalise plutôt sur l'enquête, les réflexions et le cheminement du journaliste dans le but de trouver (à temps !) la personne responsable de la cassette vidéo qui a tout déclenché.
Je n'ai eu aucun mal à suivre, ni à adhérer, à la façon de penser d'Asakawa. Par contre, je n'ai guère ressenti de l'empathie pour l'homme qu'il est (surtout dans les relations avec sa femme), ni pour sa personnalité que je ne suis pas réellement arrivée à cerner. C'est peut-être dû au style d'écriture de l'auteur, distant, clinique, presque froid.
Style qu'on oublie, quand, passé la bonne moitié de l'histoire, les événements s'enchaînent et qu'on commence (enfin) à éprouver la trouille d'Asakawa face à la mort. le suspense est alors à son comble.
Et ce n'est que dans les tout derniers chapitres que le surnaturel, de manière inattendue, refait surface et ouvre les yeux du lecteur sur l'étendue possible de cette malédiction.
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greg320i
  26 août 2013
Mourra , mourra pas ? Mourra,, Mourra pas ?? le glaçant de la situation va crescendo , le dos me hérisse tandis que le récit se tisse à vouloir me jouer un bien vilain tour ...
Je vous présente "Ring" : Un livre qui vous jappe ô - nez ! Un tournant dans l'horreur asiatique , un extatique auteur , sacrément audacieux .
Petit retour en arrière : Me voilà devant Ring, ce roman si puissant , étonnant , glaçant , qui donne l'effroi et la peur au pays du soleil levant .
N'ayant fort heureusement pas vu le film au cinéma , je me réjouit à découvrir le fil de l'histoire, le terrible secret engendré et la malédiction subit par le héros malmené dedans : Asakawa .
Oppressant , angoissant , se voulant horrifique ,son histoire nous fournit la trame assez vite : Un mal mystérieux décimant des malheureux adolescents , un démon hermaphrodite , une cassette maudite .
Pour sauver sa famille ainsi que lui-même Asakawa devra survivre à sa conjuration : avoir visionner le terrible message dont il est question de malédiction à qui le verra et qui tourne bien vite à être plus que cela :
Virus mortel , contagion mondiale : que le spectacle commence !
Exploration de l'horreur :
Jouant la carte en quatre parties pour le chapitrage, l'auteur nous tire un original et triomphal succès avec son Ring , bâtit sur la peur mais libre de saveur exotique avec les beaux paysage du Japon.
Noir , bizarre , rien n'est laissé au hasard : (1) Des découvertes macabres ( L'attaque cardiaque subite par les protagonistes) à l'exploration du lieu de vision de la cassette (2) le vrai tournant sera les sombres tourments qui vous prendrons et vous entrainerons dans le jeu sans fin du message maudit et subit par Asakawa et son ami Ryuji (3) Pour finalement mieux vous plonger , vous attachez et vous tirer dans le lieu cauchemardesque final : le tombeau de Sadako ! (4)

C'est donc le coeur serré et palpitant que l'on ressent toute la montée de tension et l'adrénaline de la petite question incessante qui tourmente sans cesse : mourra,, mourra pas ?
Suspense infernal dans cette spirale de supplice de 300 pages , préparez -vous à rester éveillez si vous l'osez cette nuit !
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Ambages
  16 février 2017
"Ce qu'il ressent juste à ce moment-là, est insupportable, car pour lui, quelqu'un s'est introduit dans tous ses organes sensitifs..."
Je cherchais un livre d'épouvante et je suis un peu déçue. Quatre étudiants regardent une cassette vidéo et meurent une semaine plus tard, panne de coeur. Un journaliste, allié familial d'une des victimes se lance dans l'enquête pour résoudre cette énigme et faire un bon papier. Il va être aidé par un ami d'enfance doté d'une capacité d'analyse supérieure à la moyenne. Tous deux vont essayer, après avoir regardé cette vidéo, de comprendre les images. Mais voilà, leur vie est suspendue à la résolution de l'énigme... leur temps est compté.
Ce livre n'est pas doté d'une plume particulièrement enlevée et ne glace pas le sang comme je l'espérais. J'ai eu l'impression d'une promenade agréable dans divers endroits du Japon, en compagnie d'hommes débonnaires à la recherche d'une femme splendide, dotée de pouvoirs surnaturels et d'une rare beauté, cherchant à reconstituer sa vie et peut-être même la retrouver.
Il s'agit du premier livre d'une trilogie mais je pensais qu'il était complètement autonome, ce qui n'est pas exact. Peut-être que la suite me donnera le virus de Koji Suzuki.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
greg320igreg320i   25 août 2013
- Eh oui , mais que sommes nous avant la naissance, et puis après la mort ? Mystère !
- Ce que nous sommes après la mort ? ... Mais si on est mort, c'est terminé , on ne devient rien du tout , non ?
- Tu as déjà été mort ?
- Non, répond Asakawa, qui prend un air étrangement solennel et hoche négativement la tête.
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TorellionTorellion   03 avril 2016
— Tu as entendu parler du big-bang ? Il y a vingt milliards d’années, l’Univers aurait été créé par une terrible explosion. La forme de l’Univers, depuis sa création jusqu’à nos jours, peut se démontrer mathématiquement. En utilisant les équations du calcul différentiel…, c’est vrai, on peut démontrer à l’aide du calcul différentiel la forme de l’Univers. Cette méthode permet très précisément connaître la forme qu’il avait il y a cent millions d’années, dix milliards d’années, ou une seconde et même un dixième de seconde après l’explosion. Mais on a beau remonter le temps de la façon la plus précise, jusqu’au moment zéro de l’explosion, on est incapable de savoir ce qui l’a déclenchée. Et encore une chose : que va devenir notre Univers ?… Y a-t-il eu un début, y aura-t-il une fin ? On n’en sait rien du tout. Nous connaissons seulement la période située au milieu. Tu ne trouves pas qu’il y a une similitude avec la vie ?
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salsifisalsifi   02 décembre 2012
Debout sur le pont du bateau, il regarde les crêtes des vagues avec un air de condamné à mort sur le point d'être exécuté. Le dernier jour de l'échéance a fini par arriver. Il est dix heures du matin, donc il ne lui reste plus que dix heures. Depuis le moment où il a visionné la cassette dans le chalet il s'est passé une semaine.
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AmbagesAmbages   14 février 2017
Quand on est convaincu de quelque chose, on voudrait souvent justifier les conclusions auxquelles on arrive, même si l'on doit pour cela dénaturer tous les faits dont on dispose. On utilise le même procédé dans une enquête criminelle. Si on est convaincu que quelqu'un est suspect, on finira toujours par trouver des preuves de sa culpabilité.
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AmbagesAmbages   14 février 2017
... Voyons, qu'est-ce que j'attends exactement ? Je n'ai pas peur ? Vraiment pas peur ? C'est peut-être une confrontation avec la mort que j'attends.
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Videos de Koji Suzuki (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Koji Suzuki
"Le Cercle : Rings" (2017), film d'horreur américain réalisé par F. Javier Gutiérrez, d'après l’œuvre de Kôji Suzuki. Bande-annonce VF.
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