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ISBN : 2811224386
Éditeur : Milady Littérature (07/07/2017)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 151 notes)
Résumé :
L'amour est leur seul crime.

Un roman d'amour qui vous hantera longtemps...

« Je refuse de laisser le monde extérieur nous condamner et détruire le plus beau jour de ma vie. Celui où j'ai embrassé le garçon qui hantait mes rêves depuis toujours. Sommes-nous condamnés à nous dissimuler derrière des portes closes et des rideaux tirés ? »

Il ne reste plus grand-chose de la famille Whitely. Le père a refait sa vie à l'autre b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (105) Voir plus Ajouter une critique
Ydamelc
  28 septembre 2017
Cette histoire est impensable...
Oui, mais elle est absolument splendide !
Elle est intolérable, malsaine...
L'amour est incontrôlable. Lorsqu'il est si passionnel, rien, ni personne ne peut aller contre !
Il est totalement immoral et interdit...
Evidemment, je ne peux imaginer qu'une telle histoire d'amour puisse exister, mais vraiment, là, l'auteure nous amène tellement merveilleusement bien à admettre l'inacceptable...
Ce roman dérangeant m'a bouleversée...
J'en suis encore sous le choc et je pense que je ne suis pas prête de l'oublier.
Nous avons affaire à des jeunes gens intelligents, responsables, matures, conscients que leur amour est impossible.
Mais l'Amour les a happé comme un véritable tsunami, dévastateur...
Ils sont tellement sublimes...
Impossible de ne pas avoir de compassion pour eux.
On a envie de les aider à assumer toutes leurs responsabilités et même de les cacher pour qu'ils puissent avoir leurs moments d'intimités et de réconforts, tous les deux.
J'ai terminé ce roman avec les larmes aux yeux....
Il n'y a pas de mots assez forts pour exprimer tout ce que j'ai pu ressentir tout au long de ma lecture.
C'est poignant, déchirant, percutant...
Bordel ! Cette romance m'a autant remuée les tripes qu'un thriller !
C'est quand même pas rien...
"L'amour est leur seul crime" et je vous invite à le découvrir.
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Marlene_lmedml
  03 août 2017
Un sujet tabou, deux personnages magistraux et un amour qui défie toutes les conventions. Une histoire magnifique qu'aucun mot ne serait à même de qualifier.
Maya et Lochan sont des adolescents hors du commun. Avec une mère alcoolique et totalement démissionnaire, ils élèvent à bout de bras leurs frères et soeurs. Ils sont les aînés d'une fratrie de cinq enfants, de cinq à treize ans… A leur âge, ils ont déjà plus de responsabilités que la plupart des adultes. Ils doivent mener de front leurs études et l'éducation de leur frères et soeurs, tout cela en gérant aussi les factures, et les tâches du quotidien. Autant vous dire que c'est très lourd pour des adolescents de seize et dix-sept ans. Entre Maya et Lochan, il y a toujours eu ce lien inexplicable, leur relation a toujours été différente de celle d'un frère et d'une soeur, il y a toujours eu ce petit plus entre eux, au-delà du lien fraternel et de l'amitié. Ils ont dû faire face à de nombreux problèmes dans leur vie, et la seule chose qui les a fait tenir, c'est qu'ils ont toujours été là l'un pour l'autre. le contexte de leur histoire a fait que l'amour est née entre eux, ils sont tombés amoureux parce qu'ils n'ont jamais eu la sensation d'être frère et soeur. Lochan se sent incompris du monde extérieur, il n'y a que Maya pour le comprendre, et ses sentiments pour elle sont dévastateurs. Si intenses que ça en devient douloureux d'admettre qu'ils n'ont pas le droit de s'aimer de cette façon. Mais pourquoi ? Qui dicte les règles qui régissent l'amour ? La raison a-t-elle sa place dans ce cas de figure ? Pourquoi s'aimer devient-il un crime contre nature ?
Ecrire cette chronique s'avère être un déchirement, car je revis intensément l'histoire de Maya et Lochan. Aussi parce que j'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas par quoi commencer pour vous livrer un avis cohérent et clair.
On va commencer par évoquer le thème tabou, oui l'inceste est au centre de cette histoire, pour apprécier l'amour de Maya et Lochan à sa juste valeur, il faut absolument une ouverture d'esprit sans limite. Quoi qu'il arrive c'est un sujet qui fait réagir. J'entends tous les sons de cloche, de ceux qui vont crier au scandale, à ceux qui vont directement condamner ces deux jeunes gens. Certains n'auront même pas envie de lire ce livre en découvrant le résumé, et je comprends tout à fait. Cependant, et sans cautionner l'inceste, j'aimerai que les personnes prompts à juger découvre ce roman. Car ici tout est une question de contexte. Maya et Lochan n'ont que treize mois d'écart, et ils ont toujours été très proches l'un de l'autre. L'amour fraternel à évolué vers une amitié indéfectible pour devenir un amour impossible, douloureux et pourtant si fort, sincère et puissant.
Ce roman m'a bouleversée, et je ne suis pas la seule bien entendu. A la lecture de ce roman, je me suis émerveillée par la force de caractère de nos deux héros. Élever des enfants, c'est déjà quelque chose de très difficile étant adulte, mais je n'imagine même pas ce que Maya et Lochan ont dû endurer pour protéger leur famille, le sacrifice qu'ils ont fait pour que personne ne s'aperçoive que leur mère n'était plus du tout dans le coup. Cette mère que j'ai détesté d'une telle force, c'est inimaginable de faire cela à ses propres enfants, j'ai trouvé cette femme égoïste, immature et cruelle. C'est elle qui mérite d'être condamnée à vivre sans amour. Son attitude m'a révoltée, m'a révulsée et quelque part cela a renforcé les émotions que j'ai ressenti. Maya, notre héroïne est déjà une adulte posée et réfléchie. Elle arrive à prendre sur elle, à vivre sa vie à bout de force, et son amour pour Lochan lui donne l'énergie qui lui faut pour survivre. Maya est celle qui tempère toute la tribu, elle est douce et patiente, elle règle les conflits et apaise toutes les tensions. J'ai adoré son personnage, c'est une jeune femme forte, qui ne craque pas facilement malgré tout ce qu'elle endure. Elle a vraiment la tête sur les épaules. Lochan, qui est mon gros coup de coeur en ce qui concerne les personnages, m'a éblouie ! Lochan est différent, atteint d'une grande timidité et d'une phobie sociale qui régie ses relations extérieures à son cocon familial, est juste trop attachant. C'est un jeune homme plein de bonté, avec un coeur pur et bon. J'ai souffert en même temps que lui, déchirée par ses sentiments et sa façon de voir le monde. Lochan est un jeune homme fragile, terriblement mal dans sa peau. Sa souffrance est palpable à chaque seconde de ce roman, on survit avec lui. J'aurai voulu être une épaule de plus pour lui, lui dire qu'il n'était pas anormal ! Que son mal être était légitime mais qu'il n'avait pas à avoir honte de lui. Je crois que j'ai rarement été aussi fusionnelle avec un personnage de roman, car pour moi Lochan était réel, l'auteure a réussi à en faire une personne à part entière. Avec une personnalité complexe et tourmentée. Elle a réussi un tour de force en mettant des mots sur le mal-être de Lochan. Les personnages secondaires se composent de Kit, treize ans, un ado en colère, toujours dans l'agressivité et dans la confrontation avec Lochan, qui a pris le rôle de chef de famille. Kit est un sacré numéro, ils ne ménagera pas ses frères et soeurs, et pourtant son attitude traduit clairement un mal-être chez lui aussi. Comment se construire sereinement lorsque l'on a plus de père, et qu'une alcoolique absente tient le rôle hypothétique de la mère ? Impossible, me direz-vous ! Les deux plus petits frères et soeurs apportent eux aussi leur lot d'émotions. Entre souffrance et tendresse, tension et incompréhension, Maya et Lochan vont devoir assumer un rôle pesant. Et leur amour est la seule chose qui les empêche de sombrer.
Le roman se veut très psychologique, car c'est là que chaque lecteur y trouvera son compte, ou non… Il faut déjà passer au-dessus du fait que Maya et Lochan sont frères et soeurs mais qu'ils se désirent comme un homme et une femme à part entière. Leurs sentiments sont si vifs que c'est une lutte de chaque instant. Peser le pour et le contre, assumer cet amour que certains qualifie de « contre nature ». La notion d'amour est exploité à son paroxysme, Tabitha Suzuma confronte le lecteur à une relation si belle que cela nous fait oublier le côté incestueux de l'histoire. Et pourtant elle n'omet jamais de tourmenter nos héros avec les émotions qu'ils ressentent, Maya et Lochan vont se déchirer à cause de cet amour, ils vont en souffrir et en même temps prendre ce que cet amour leur offre de plus beau. L'espoir ! L'espoir qu'un jour ils puissent s'aimer sans culpabiliser. L'auteure est restée cohérente et crédible en mentionnant tous ce qui rend cet amour impossible. Tout ce que nos héros devront accepter pour vivre heureux ensemble.
Avec ce roman, je ne peux même parler de simple coup de coeur… Ce roman m'a détruite pour mieux me reconstruire, pour mieux percevoir la beauté de l'amour avec un grand A. Peu de personnes pourront se vanter d'avoir connu un amour aussi puissant que celui qui unit Lochan et Maya. La complexité des sentiments amoureux est sublimé par la plume de Tabitha Suzuma. Comment qualifier son style ? Si ce n'est qu'elle a su trouver les mots justes pour faire passer un message universel. L'amour sera toujours perçu différemment d'une personne à l'autre… Il y aura des gens pour pointer du doigt les personnes qui sortent des sentiers battus. Ce roman est le porte parole de la tolérance. Tabitha Suzuma a su nous retranscrire dans les moindres détails les tourments de Lochan, sa façon de se sentir différent, sa façon d'avoir peur du monde extérieur. C'est certainement ce qui m'a le plus touchée dans ce récit, c'est la personnalité du héros et la façon dont l'auteure l'a mis en scène. J'ai moi-même ressenti beaucoup d'amour pour Lochan.
Ce roman sera aussi perçu très différemment en fonction de l'histoire des lecteurs. Nos vies nous apportent une façon d'appréhender certains livres. Personnellement, ce roman a eu un effet cathartique sur moi, par ma propre histoire, étant issue d'un milieu familial dysfonctionnel, j'ai pu m'identifier dans certaines situations, ce qui a renforcé ma compréhensions des personnages, de leurs attitudes mais aussi de leurs émotions. D'autres éléments m'ont frappés, mais je ne peux en parler de peur de vous spoiler le dénouement de l'histoire.
On dit toujours que l'on ne choisit pas sa famille, ici c'est le parfait exemple pour démontrer que l'on ne naît pas toujours au bon endroit, on ne choisit pas sa place dans la vie et Lochan et Maya n'ont pas choisi d'être frères et soeurs, mais ils ont choisi de s'aimer, d'assumer cet amour véritable en allant au-delà de la morale, au-delà de la raison, car je vous l'ai déjà dit la raison n'a pas sa place dans une histoire d'amour. Leur histoire est unique, et c'est ce qui fait qu'il est impossible de s'opposer à leur amour.
J'ai lu ce roman d'une traite, et je savais qu'il me serait impossible de le lâcher avant de l'avoir terminé. Je suis passé par toutes les émotions, j'ai eu des frissons, j'ai ressenti parfois une certaine angoisse, une peur sourde qui pulsait dans mes tempes car j'avais peur pour eux, j'avais peur que l'on ne les laisse pas s'aimer. Mais ce qui mérite d'être mentionné c'est que JAMAIS au long de ce récit je n'ai ressenti du dégoût ou de gène par rapport à leur relation. Pourquoi j'ai trouvé leur relation magnifique et naturelle ? Parce que l'auteure a su mettre l'accent sur ce qui est important dans l'histoire. Elle a su aborder leur attirance avec des mots choisis avec tact et finesse. Leur amour ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe, non, leur relation se construit, petit à petit, les sentiments s'intensifient. Elle met en lumière la complexité de leur relation, l'impact psychologique que cela engendre sur leur vie familiale dysfonctionnelle. le parallèle entre l'anormalité de leur vie de famille et l'anormalité de leur relation amoureuse.
Ce récit est dur et percutant. J'ai dû souffler à certains passages, reprendre mon souffle pour poursuivre et arriver au dénouement de l'histoire pour finir le visage inondé de larmes, secouer par de gros sanglots… J'ai pleuré de tristesse, mais aussi de rage, de haine envers cette société qui condamne tout et n'importe quoi. Je ne fais pas campagne pour légaliser les relations incestueuses, je fais campagne contre toutes les personnes qui se permettent de juger les autres, de démolir et de pointer du doigt un amour qui ne serait pas « normal ». A l'image de toutes ces personnes homophobes… le thème est vraiment abordé de manière intelligente, quoi qu'il arrive ce roman fera réagir, en bien ou en mal, mais l'important c'est que l'on en parle, non ? le récit alterne les points de vue de Maya et Lochan, les chapitres défilent à une vitesse, l'ambiance du roman est très émouvante, parfois très intense et la plume de l'auteure est addictive au possible car d'une qualité hors normes. J'ai eu le vertige avec ce livre, le coeur serré et je me suis sentie « vivante ».
En bref, et parce que si je ne m'arrête pas je continuerai encore et encore de vous parler de ce roman, je dois vous dire que l'histoire d'amour de Maya et Lochan est magnifique dans tout ce qu'elle représente. Sachez qu'ici le contexte fait toute l'histoire, que nos héros sont magistraux. La mise en scène de Tabitha Suzuma est déchirante, percutante, ce roman m'a pris aux tripes, cette histoire m'a détruite de mille façons pour me reconstruire avec le message qu'il transmet. Psychologiquement intense et servi par une plume d'une justesse implacable, ce roman fera couler de l'encre. Maya et Lochan n'avaient pas le droit de s'aimer, et pourtant ils l'ont fait pour apercevoir un peu d'espoir et de bonheur dans leur vie si difficile. L'auteure a su faire entrer la lumière dans leurs ténèbres. Maya et Lochan ont laissés leur marque en moi, je ne les oublierai jamais. J'en ressors d'ailleurs enrichie, avec cette sensation de grandeur car j'ai perçu la beauté de l'amour quand bien même il serait considéré comme « interdit ».
Je ne peux que vous conseiller ce chef-d'oeuvre ! Tabitha Suzuma nous livre là une pépite et je la félicite d'avoir écrit cette merveilleuse histoire !
Lien : https://lmedml.com/2017/08/0..
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Neneve
  05 janvier 2018
Énorme coup de coeur pour ce livre à la fois tendre et dur, captivant mais dérangeant, addictif mais déstabilisant, lumineux mais noir, tellement vrai mais moralement impossible, passionnant mais questionnant... Vous l'aurez compris, le lecteur ne sort pas indemne de cette lecture déroutante et déchirante. J'ai le coeur grafigné, meurtri, mon sens moral en a pris un coup, mes valeurs ont été ébranlées et j'ai juste envie d'appeler ma mère pour lui dire à quel point elle est merveilleuse !!!
C'est que la vie n'a pas épargnée les deux voix de ce roman : Maya et Lochan, soeur et frère de 16 et 17 ans. Avec un père qui s'est fait la malle pour fuir en Australie avec sa nouvelle femme et leurs enfants, il laisse seule la mère avec 5 enfants. Elle, cette mère incompétente, n'essaie même pas de faire de son mieux, s'oubliant dans l'alcool et dans les relations toxiques, qui partira elle aussi avec Dave, ce nouvel amoureux et ses enfants, laissant les siens se faire élever par Maya et Lochan... Ensemble, ils essaieront d'offrir le mieux à Kitt, en pleine crise d'adolescent, Willa et Tiffin, encore plein d'amour pour ces adultes en fuite que sont leurs parents... J'ai été révolté par la non-responsabilité de ces adultes qui mettent au monde des enfants pour leur offrir que le pire de l'Humain, l'indifférence, l'absence, le vide, le creux...
Maya et Lochan, déjà épuisés par la vie, tiennent à bout de bras cette famille dysfonctionnelle... adultes avant l'âge, responsables d'offrir tout le soutien et l'amour en remplacement, tiendront le coup... goûte que goûte... en ne s'épargnant pas... Heureusement qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre, se tenir la main, s'entraider, s'appuyer, corps et âmes, comme deux rocs solides, des phares dans le brouillard qu'est la famille Whitely... Mais cette symbiose et cette proximité de coeur dépasse certaines limites... Ils s'aimeront beaucoup plus que d'un amour fraternel...
On peut être choqué par cette relation... et avec raisons. Tous et chacun s'entendent pour dire qu'il y a quelque chose de malsain dans cette relation... Mais Suzuma traite ce sujet délicat avec respect et tendresse... Et puis la trame narrative de ce roman nous fait comprendre à quel point, lorsque nous sommes bien nés, on ne peut pas saisir les circonstances qui mènent à cet amour interdit. Quand tout ce que tu as au monde est ton frère, qui est à la fois ton allié, ta bouée de sauvetage, ton père de substitution, ton meilleur ami, ta lumière au bout du tunnel... comment ne pas devenir mêlée devant tout cet amour que tu lui portes... Et puis, il y a la construction des personnages, leur psychologie, leurs forces, leurs faiblesses, leurs travers et tout ce poids de la vie qu'ils portent qui te font te remettre en question... et qui chamboulent tes convictions, des idées reçues.... et qui font passer outre ce préjugé que tu avais au départ sur cette relation...
Bref, j'ai eu le coeur déchiré par ce roman, et surtout par cette fin si bouleversante ! J'en ai pris un coup dans la gueule et dans la tête tellement ce livre nous retourne ! Il me hantera longtemps encore, j'en suis bien convaincu... Si je peux vous donner un conseil sur cette lecture, c'est de l'aborder sans préjugé négatif sur le sujet, et de simplement vous laisser porter par la beauté de ces personnages que sont Maya et Lochan...
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Khalya
  12 février 2018
Je crois que l'émotion qui m'a le plus envahie dans ce livre est la colère.
Colère contre la mère de Lochan et Maya qui en plus d'être alcoolique, se désintéresse totalement de son rôle de mère et abandonne à leur sort non seulement ses deux aînés mais aussi les trois petits, dont la plus jeune qui n'a que 5 ans.
L'amour qui se développe entre Lochan et Maya ne m'a pas plus choquée que ça parce qu'ils n'ont jamais eu de vrais rapports fraternels. Tous jeunes, ils ont été obligés de se poser en couple parental pour pallier l'absence de leur père et l'indifférence de leur mère. Dans la mesure où les circonstances les obligent à vivre comme un couple, était-il vraiment étonnant qu'ils en viennent à voir leurs sentiments évoluer ?
Mais la plus grosse colère que j'ai ressentie a été contre le gouvernement.
En effet, en France l'inceste, dans le cadre d'une agression sexuelle, est constitutif de circonstances aggravantes, si les membres d'une même famille ne peuvent pas se marier, en revanche, on fiche la paix aux gens et l'inceste consenti n'est pas sanctionné.
Mais l'histoire se passe en Angleterre. Et là, l'inceste consenti est sanctionné comme un acte criminel et passible d'une peine de prison.
Un peu comme l'homosexualité, il n'y a pas si longtemps que ça (et encore dans certains pays). Or l'inceste, s'il a ici lieu entre frère et soeur, pourrait avoir lieu entre un oncle et sa nièce, sensiblement du même âge, et qui ne se rencontre qu'une fois adultes.
Comment réagiriez-vous si on vous disait qui vous avez le droit d'aimer ? Si on décidait de vous envoyer en prison parce que, au nom de la morale (et la morale change d'une époque à l'autre, d'une société à l'autre), vous aimez quelqu'un « d'interdit » ?
Et surtout, où se situe la limite ?
Quand on torture et emprisonne les homosexuels, quand on emprisonne un couple qui s'aime mais qui a eu la malchance de naitre au sein d'une même famille, qu'est ce qui empêche d'aller plus loin ? Qu'est ce qui empêcherait les gouvernements de décider que dorénavant, ce sera à eux de former les couples et qu'il sera illégal de refuser le partenaire qu'on nous désignera ?
Il ne faut pas confondre protection et ingérence. Car quel mal font Lochan et Maya ? Ils s'aiment. Ils ont un besoin vital l'un de l'autre. A qui portent-ils préjudices ? A ceux qui ne supportent pas leur amour ? A une société hypocrite (l'amour entre cousin est légal, mais pas celui d'une tante par alliance et d'un neveu qui n'ont pourtant aucun liens de sang).
Ils essaient d'ailleurs de lutter contre cet amour qui les envahit, mais ce serait comme les amputer, les empêcher de respirer.
Autant je peux comprendre que ce soit un sujet tabou, qu'il mette mal à l'aise, qu'il dérange, autant l'immixtion de la loi m'est insupportable.
Si vous aimez les happy ends, passez votre chemin car dès le début, on se doute bien que l'histoire ne va pas bien se terminer. Pour autant, je ne m'attendais pas à ça. Pourtant, après coup, je me dis qu'en fait, il y avait de nombreux indices, mais peut-être que je n'ai pas voulu les voir.
Je ne pleure pas souvent en lisant un livre, mais celui-là m'a complètement bouleversée et j'ai été incapable d'enchaîner immédiatement sur un autre. Un vrai coup de coeur, aussi bien pour l'histoire que pour l'écriture de Tabitha Suzuma.
N'hésitez pas à dépasser vos préjugés pour lire cette histoire qui vous fera traverser un torrent d'émotions.
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Missnefer13500
  05 septembre 2017
C'est waouh ! Dès les première pages nous plongeons dans l'interdit, des le résumé l'on devine que cette lecture ne va pas être facile.
Un grand bravo à l'auteure pour avoir traité ce sujet délicat et tabou sur l'inceste consenti entre un frère et une soeur.
Elle chamboule nos valeurs et nos idées sur une question morale, la relation frère soeur est-elle obligatoirement perverse et dégoutante ?
Je ne crois pas que j'aurais pu me lancer dans la lecture de cet amour interdit s'il les protagonistes avaient été père/fille, ou mère fils, quoique je me souvient avoir lu le livre touchant de Toutes les femmes s'appellent Marie.
De plus dans cette histoire la relation entre les 2 personnages n'est pas forcée, ni violente. Pas d'agression physique, une histoire d'amour qui nait entre 2 jeune gens juste qu'ils sont biologiquement parents.
Des liens qui se tissent etre eux sont renforcés par une dynamique familiale anormale, ceci explique cela ?
Livrés à eux même deux ados portent sur leurs épaules des responsabilité qui devraient jamais incombé à des enfants qui assument ici le rôle de parents défaillants, un père qui les abandonnés pour vivre une autre vie et une mère alcoolique qui se soucie d'eux comme d'une guigne, dont le seul but dans la vie est de vivre une jeunesse perdue depuis l'arrivée de ses 4 enfants et son échec conjugal.
la mère donc passe son temps chez son compagnon, finance les besoins essentiels de la famille de manière contrainte et n'éprouve aucun amour filial, meme pour les plus jeunes, Willa et Tiff.
A vomir !
C'est donc en tant que parents de substitution que Lochan et Maya les ainés évoluent dans la société, mettant tout en oeuvre, protégeant une mère indigne, afin de survivre et éviter le démantèlement de la fratrie.
C'est pour les jeunes frères et la toute petite soeur qu'ils se battent bec et ongle pour leur tribu.
Ils gèrent tout, leurs études, le quotidien de la maison, la scolarité des enfants, de leur éducation. Ils portent tout sur leurs frêles épaules sans aucune aide, tentant de de canaliser Kit le frère de 13 ans dans sa période rébellion.
Peut-être est-ce parce Tabitha Suzuma a tissé ce tableau en toile de fond que cette histoire d'amour n'est ni glauque, ni sordide et que le lecteur trouve un justificatif tolérable à cette anomalie relationnelle contraire à la morale et à la loi. La dynamique familiale étant faussée en tant que le lecteur je n'ai pas perçu les protagonistes comme des vrais frères et soeurs mais des partenaires, un couple qui s'épaule et se soutient pour le meilleur et pour le pire.
Lochan est brillant bien que a social. Tous les efforts de ses professeurs pour l'aider à évaluer dans le milieu scolaire sont vains. C'est seulement dans sa famille que Lochan est lui même. A l'extérieur , impossible pour lui de créer du lien, pas d'amis, pas de petite amie et pourtant, le jeune homme séduit les filles. Cette facette de sa personnalité joue beaucoup pour lui et fait que l'on s'attache à ce personnage torturé et que comme son prof d'anglais on aimerait beaucoup l'aider et l'on espère qu'il y parviendra.
Quant à Maya, elle a tout de la petite mère, de la jeune fille rêveuse qui croit et espère en une une vie de joie de bonheur, d'amour.
Le reste de la tribu est attachante, Tiff l'hyper actif, Willa le petit bout de 5 ans et Kit le rebelle vous touche tout au fond de votre âme. Certains diront que les portraits sont stéréotypés, mais moi je l'ai aimé énormément.
Question émotion, l'on avance dès les premières lignes , l'angoisse chevillée au corps. Comment cela va-t-il se terminer ?
Le lecteur sait immédiatement que le chemin sera douloureux, que c'est un livre qu'il aura du mal à lâcher avant d'en arriver à son terme.
Perso je me suis demandé s'il ne faudrait que je le pose afin d'évacuer le trop plein d'émotion ou si au contraire, je devais tout ingurgité pour que ça passe plus vite.
Bon les aléas de mon quotidien m'ont contrainte à faire un pause, mais une fois repris,je n'ai pas pu le refermer avant la fin.
Oui on se prend une sacré claque !
L'émotion vous noue la gorge. Les larmes sont proches ( parce que je ne pleure pas facilement) à chaque mot traduisant les sentiments de nos protagonistes qui nous narre cette aventure poignante à deux voix.
Oui Tabitha Suzuma maitrise les mots et le style, vous attache aux protagonistes, vous perturbe par les sentiments qu'elle vous fait ressentir, compassion, colère, haine envers la mère.
ce roman est une torture émotionnelle de la première ligne à la dernière. Une fois terminé il faut bien vite s'ancrer dans notre petite vie bien tranquille, mais ce n'est pas facile les images trop douloureuses vous submergement encore pendant des heures.
Oui cette histoire d'amour devrait être choquante puisque contraire à la morale, mais elle vous broie les tripes, c'est insoutenable.
J'admire le talent de l'auteure qui est parvenue à ce résultat. L'amour entre les héros nous submergent à chaque mot, à chaque questionnement de Lochan, à sa douloureuse introspection, à sa lutte quotidienne, aux choix et aux sacrifices qu'il va devoir faire en fonction de ses responsabilités envers les enfants. Ces même choix et décisions que va devoir suivre Maya. Un choix d'amour que devra faire la jeune fille également.
Oui on a beau se dire, ce n'est pas moral, c'est contraire à l'éthique, mais on perd bien toute raison face à l'amour qui unit ces deux êtres. Oui on voudrait qu'ils aient droit au bonheur.
Un coup de coeur énorme pour cette pépite litteraire dérangeante, comme j'en ai eue pour Avant toi par exemple, qui remet beaucoup de choses en questions.
Je me suis interrogée sur ce que dit la loi, sur les relations humaines à l'aube de l'humanité, sur les couples incestueux à travers L Histoire, sur les conditions de vie et les dysfonctionnements de la cellule familiale, ce qui ici nous permet peut-être de cautionner cet amour impossible. Question crédibilité de l'intrigue, comment Lochan a-t-il peut avec son comportement antisocial, ses réactions excessives, avoir échappé aux services sociaux et des psychologues ? la réalité quotidienne nous confirme que c'est possible, tant on assiste à des drames quotidiens de maltraitance.
Pour conclure je dirais qu'il n'existe pas de mot assez fort pour traduire mon ressenti.
C'est puissant, poignant, douloureux, angoissant. Un coup de coeur émotionnel qui m'a retourné le cerveau et mon petit coeur
Chapeau Tabitha Suzuma. Coup de coeur pour la couverture qu'elle soit rouge ou noire comme aux USA
Lien : http://missneferlectures.ekl..
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
raggiodisoleraggiodisole   09 octobre 2017
Il me confie que son père est plus intéressé par ses affaires que par son fils unique et qu'il lui offre des cadeaux extravagants, comme une voiture, pour apaiser sa mauvaise conscience, car il passe la moitié de l' année à l'étranger. Oui, il est riche et gâté, et pourtant il est aussi négligé que nous. Le cadre est complètement différent, mais la même tristesse en résulte.
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WolkaiwWolkaiw   13 novembre 2017
Le dur et long chemin que fut ma vie jusqu'ici menait donc à ce moment. Je l'ai suivi aveuglément, en trébuchant, en m'éraflant, lasse, sans savoir où mes pas me conduisaient, sans même me rendre compte que chacun d'eux me rapprochait de la lumière, celle que l'on trouve au bout d'un long tunnel. Et maintenant que je l'ai atteinte, qu'elle m'enveloppe, je veux la graver dans mon souvenir pour y repenser comme le moment où ma nouvelle vie commença vraiment. Tout ce que j'ai désiré, ici, maintenant, est contenu dans cet instant. le rire, la joie, cet amour immense que nous partageons. C'est l'aube du bonheur. C'est maintenant que tout commence, me redis-je.
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AudreyPoupoupidouAudreyPoupoupidou   07 août 2017
Le dur et long chemin que fut ma vie jusqu'ici menait donc à ce moment. Je l'ai suivi aveuglément, en trébuchant, en m'éraflant, lasse, sans savoir où mes pas me conduisaient, sans même me rendre compte que chacun d'eux me rapprochait de la lumière, celle que l'on trouve au bout d'un long tunnel. Et maintenant que je l'ai atteinte, qu'elle m'enveloppe, je veux la graver dans mon souvenir pour y repenser comme le moment où ma nouvelle vie commença vraiment. Tout ce que j'ai désiré, ici, maintenant, est contenu dans cet instant. Le rire, le joie, cet amour immense que nous partageon. C'est l'aube du bonheur. c'est maintenant que tout commence.
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TariTari   08 octobre 2013
I always knew I loved him more than anyone else in the world – and not just in a brotherly way […] But I know it’s ridiculous, too stupid to even think about. We’re not like that. We’re not sick. We’re just a brother and sister who happened to be best friends. That’s the way it’s always been between us. I can’t lose that or I will not survive.

(J’ai toujours su que je l’aimais plus que n’importe qui au monde – et pas seulement comme un frère […] Mais je sais que c’est ridicule, trop stupide pour simplement y penser. Nous ne sommes pas comme ça. Nous ne sommes pas malades. Nous sommes juste un frère et une sœur qui, il se trouve, sont meilleurs amis. Ca a toujours été comme ça. Je ne peux pas perdre cette certitude ou je ne survivrai pas.)
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Dorcas_TabithaDorcas_Tabitha   15 novembre 2014
Family : the most important thing of all. My siblings may drive me crazy at times but they're my blood. They're my life. Without them I walk the planet alone.

Traduction
Famille : la chose la plus importante. Mes frères peuvent me rendre fou parfois, mais ils sont mon sang. Ils sont ma vie. Sans eux je parcours la planète seul.
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