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Thierry Gillyboeuf (Traducteur)
EAN : 9782844853653
63 pages
Éditeur : Allia (23/09/2010)
3.38/5   12 notes
Résumé :
Le narrateur, un vieil homme de 70 ans, vit aux côtés de sa femme Augusta. Or, sentant approcher le crépuscule de sa vie, il développe une hypocondrie, qui s’avère chronique. Sur les conseils de son neveu et médecin Carlo, il commence alors, et secrètement, à payer les services amoureux de jeunes femmes, qui égrènent les prénoms allégoriques, de Felicita à Amphore. L’homme espère déjouer ainsi de les pièges de “Mère Nature” et se convaincre qu’il peut encore embrass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Erik35
  10 mai 2017
J'AI LA RATE QUI S'DILATE (ETC).
Vieil homme de soixante-dix années révolues, s'encroûtant en sa retraite relativement dorée, retiré des affaires depuis huit ans, notre narrateur, bien entendu triestin (NB : comme son créateur), est un insupportable hypocondriaque à la recherche d'un ersatz de vie éternelle. Vivant à côté, bien plus qu'aux côtés, de son épouse Augusta, pauvre femme préférant d'évidence ses animaux de compagnie à la compagnie de son mari et à ses besoins impérieux, ce dernier s'essaie à toutes les médications afin de préserver sa santé. Il a tout d'abord soucis de sa tension - la seule chose qui parvienne momentanément à le faire taire - contre laquelle il lutte sans relâche, mais à sa manière. Car l'homme passe nombre de compromis avec ce qui le dérange. Ainsi, après en avoir discuté avec son neveu Carlos, qui a fait sa médecine, s'entend-il conseiller de maigrir substantiellement, de faire de l'exercice et d'arrêter de fumer. Mais la cigarette est l'un de ces menus plaisirs contre lequel il est malaisé de lutter. Aussi pratique-t-il, un peu, l'exercice, beaucoup le régime mais pas du tout l'arrêt du tabac. Pire ! Il décide de lui-même que c'est grâce à l'herbe à Nicot qu'il parvient drastiquement à perdre du poids - le tabac étant un coupe-faim connu - et décide ainsi de lui-même que dans son cas précis, fumer est une bonne chose.
Pratiquant avec un art qui n'appartient qu'à lui l'auto-médication préventive, adoptant définitivement les théories d'Anhemann, l'inventeur de l'homéopathie, il décide tout aussi bien que le coeur n'est qu'un «organe secondaire» tandis que Mère Nature saurait préserver indéfiniment ceux dont la capacité reproductrice serait encore vive. Ainsi va-t-il s'astreindre - ce malheureux homme ! - à fréquenter des gourgandines aux noms très évocateurs. C'est ainsi qu'il rencontrera une "Amphore" avant de découvrir une jeune fille de seulement vingt-quatre années, de surcroît vendeuse de cigarettes - pour joindre l'utile à l'agréable ? - et répondant au prénom rien moins que programmatique de "Félicita". Pratiquant ainsi la sexualité comme on entre dans une pharmacie, tout en trouvant-là matière à déculpabiliser à l'égard de sa "régulière", notre vieil obsédé va rapidement prendre pour argent comptant (la belle n'hésite d'ailleurs pas à lui en demander tant et plus) cette fausse idylle et penser être sur le point de s'amouracher. À son âge... Hélas, ou tant mieux pour notre histoire et la morale bien particulière de celle-ci, notre débauché décati va se retrouver face à un second misérable vieux vicieux, par ailleurs de ses connaissances, dans la situation exactement identique à la sienne, c'est à dire refusant vainement d'admettre l'âge qui avance et la proximité incontournable de la mort prochaine. Notre narrateur va, malgré tout, entendre pour partie la leçon et décider de ne désormais plus s'en tenir qu'à sa petite faiblesse, sa paresse : la cigarette.
Quant à sa prétention intime à se prendre encore malgré tout pour ce qu'il n'est plus - un homme bien conservé, portant beau, donnant le change sur son âge et d'un abord engageant - celle-ci va en prendre un sérieux coup après qu'une vieille duègne lui aura asséné du "Vieux satyre", après qu'il eut regardé avec un peu trop d'insistance la jeunesse accompagnée par la mégère.
Indéniablement, on ne cesse de sourire à la lecture de ce petit chef d'oeuvre d'humour acide et noir. Car le portrait que dresse Aron Hector Schmitz, alias Italo Svevo dans ce court texte intitulé Ma paresse est aussi réjouissant qu'il est cynique, et si nous avons tous en mémoire tel ou tel vieillard refusant catégoriquement d'admettre qu'il vieillit, nul ne peut cependant s'empêcher que ce pourrait fort bien être soi-même, cette vieille ganache-là ! Gardons-nous, dès lors, de trop vite juger : seul le temps et une certaine sagesse permettront d'éviter les écueils aussi prétentieusement naïfs que dérisoire de ce "caractère", comme l'on aurait écrit du temps de la Bruyère, si bien portraituré par cet auteur italien dont on estime aujourd'hui qu'il fut à l'origine du renouveau des lettres italiennes modernes.
Reconnaissons au passage, le travail toujours si indispensable et original des éditions Allia, par l'entremise de l'excellente traduction de M. Thierry Gillyboeuf, dans cette petite collection aussi joliment construite que ridiculement peu onéreuse.
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ATOS
  06 août 2014
La vie c'est un drôle de tabac, on peut mettre tout le paquet dans une blague et ça vous file toujours entre les doigts.
L'art de la paresse serait il l'âge de l'équilibre ? le régime est l'allié de la vieillesse, et la cure... leur cousine germaine. Mais il faut un jour choisir entre modération et abstinence. « Les choses les plus simples sont trop compliquées ». Lorsque l'âge vient à passer, on choisit la paresse par sagesse et on repense longtemps à ses ivresses, ayant compris que si on peut médiciner la vie par le sexe mais on ne peut par amour badiner trop longtemps avec la mort.
Les volutes de Svevo, c'est léger, âcre et savoureux, piquant et âpre à la fois.
Astrid Shriqui Garain
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Altona
  17 mai 2012
Si cette nouvelle peut se lire indépendamment, les lecteurs de la conscience de Zeno retrouveront avec plaisir le personnage - et ses névroses - vingt ans plus tard.
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Olloix
  14 août 2016
Ma paresse ....ou le plaisir de l'auto dérision subtile.
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kam
  27 février 2012
fascinant le monde du troisième age,avec ses secrets, ses réflexions intime, la machine reproductrice de l'homme qui nous laisse espérer une vie éternelle.mais derrière ,le corps de la femme un espoir éternel.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Erik35Erik35   10 mai 2017
J’ai toujours été très entreprenant. L’opération exclue, j’ai voulu rouler Mère Nature en lui faisant croire que j’étais encore apte à la reproduction : j’ai donc pris une maîtresse. Cela a été la relation la plus calme que j’ai connue dans toute ma vie. Avant toute chose, cette liaison ne m’est pas apparue comme une faute ou comme une trahison vis-à-vis d’Augusta. C’était un sentiment bizarre : j’avais l’impression que cette décision de prendre une maîtresse équivalait à entrer dans une pharmacie.
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lanardlanard   15 avril 2016
Cette belle figure de rhétorique chère à Raulli: le corps du vieillard qui reste debout parce qu'il ne sait pas de quel côté tomber, m'obséda plusieurs jours. Certes, le vieux docteur, quand il parlait de "côté" voulait dire organe. Et cet équilibre avait lui aussi sa propre signification. Raulli devait savoir ce qu'il disait. Chez nous, les vieux, le terme de santé signifie sans doute un affaiblissement progressif et simultané de tous les organes. Mais si un seul d'entre eux reste en arrière, autrement dit s'il reste trop juvénile, attention! J'imagine alors que la collaboration peut se transformer en lutte et que les organes faibles peuvent être malmenés, avec les conséquences qu'on peut facilement imaginer pour l'économie générale. (...)
Et je retournai, pensif, à mon gramophone. Dans la Neuvième Symphonie, je retrouvai les organes qui collaborent et qui luttent. Qui collaborent dans les premiers temps, en particulier dans le scherzo où il n'est pas jusqu'aux timbales qui synthétisent en deux notes ce que tous les autres instruments murmurent. La joie du dernier mouvement m'apparut comme rébellion. Rude, d'une force violente aux hésitations et aux regrets brefs et légers. Ce n'est pas pour rien que la voix humaine, le son le moins raisonnable de toute la nature, intervient dans le dernier mouvement. C'est vrai que les autres fois, j'avais interprété autrement cette symphonie, voyant en elle la plus intense représentation d'un accord entre des forces divergentes au cœur desquelles la voix humaine finit par s'intégrer et se fondre. Mais ce jour là, la symphonie exécutée par le même enregistrement m'apparut telle que de viens de la décrire.
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Erik35Erik35   09 mai 2017
Il faut comprendre que Mère Nature est maniaque et qu'elle a la manie de la reproduction. Elle maintient un organisme en vie tant qu'elle peut espérer qu'il se reproduise. Ensuite de quoi elle le supprime et le fait de différentes façons, parce qu'elle a pour autre manie de demeurer mystérieuse. Il lui déplairait de révéler ses pensées en recourant toujours à la même maladie pour supprimer les vieux. Une maladie qui clarifie les raisons de notre mort, un cancer frappant toujours au même endroit.
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gavarneurgavarneur   24 mars 2016
Il faut comprendre que Mère Nature est une maniaque et qu'elle a la manie de la reproduction. Elle maintient un organisme en vie tant qu'elle peut espérer qu'il se reproduise. Ensuite de quoi elle le supprime et le fait de différentes façons, parce qu'elle a pour autre manie de demeurer mystérieuse.
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Erik35Erik35   09 mai 2017
Dans le fond, la santé est un état qui tient du miracle.
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