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EAN : 9791022610247
Éditeur : Editions Métailié (12/03/2020)
3.22/5   27 notes
Résumé :
Magistral premier roman indien où le paysage, la terre, la mer, les montagnes et les personnages principaux (deux jeunes mariés, un yéti mélancolique, un géologue, une tortue…) semblent inventer un genre en soi : la fiction de la nature.

Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d’une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu’elle contient de l’océan Indien à l’Himalaya. Peut-être le premier roman où la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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viou1108
  12 mars 2020
Voici un roman à l'écriture luxuriante, bien difficile à résumer et à cerner. Commençons par le plus facile : ce livre est composé de quatre parties, reliées entre elles par le biais de certains personnages qui passent de l'une à l'autre. Dans la première partie, nous sommes dans les îles Andaman, juste après l'indépendance de l'Inde. Girija Prasad, fonctionnaire du gouvernement, vient de s'y installer avec sa jeune épouse, Chanda Devi, et leur domestique Mary. Lui, le scientifique cartésien passionné de phénomènes géologiques, est transi d'amour pour sa femme, qui a l'habitude de parler aux fantômes et aux arbres et de prédire les catastrophes naturelles. Ces deux pôles humains auront bien du mal à s'apprivoiser et à se rejoindre dans l'unité d'un couple, mais tous deux sont opiniâtres.
Dans une deuxième partie, nous arrivons en Birmanie avec Mary. Elle a fait le voyage depuis les Andaman à la demande de Thapa, un ami de son fils Platon. Ce dernier est emprisonné dans les geôles effroyables de la junte birmane en raison de son activisme politique. Mary attend et espère sa libération pour enfin revoir ce fils qu'elle a dû abandonner quelques mois après sa naissance.
La troisième partie nous emmène à Katmandou, sur les traces d'un Thapa vieillissant, devenu trafiquant d'opium, et qui se prend d'un amour paternel pour Bebo, une jeune strip-teaseuse qui a l'âge d'être sa petite-fille.
Enfin, on arrive dans un village perdu de l'Himalaya, en bordure du Cachemire, à une altitude proche de l'inhumanité. Un village dans lequel Thapa est passé à plusieurs reprises et où aboutira, par hasard, le petit-fils géologue de Girija Prasad et Chanda Devi. On y parlera de la quête d'amour d'un vieillard de plus de 80 ans, et d'une nouvelle montagne qui pourrait bien dépasser l'Everest.
Le point commun de ces quatre parties : la (re)naissance d'un amour, entre un homme et une femme, une mère et son fils, un grand-père et une petite-fille d'adoption, un homme et une femme à nouveau. Avec en parallèle, la géologie, la tectonique des plaques, les tremblements de terre et les tsunamis avec leur puissance destructrice et créatrice qui engloutit des montagnes et fait surgir des îles. D'un côté l'éclatement de la Pangée originelle qui a séparé les continents, de l'autre des humains qui cherchent à se réunir. Et au milieu, des lignes de faille, des îles, une vallée de perdition et un désert de neige.
Je n'ai malheureusement pas réussi à percevoir grand-chose de plus de ce roman, que j'ai eu du mal à terminer. Il ne m'a pas touchée, ni ses personnages, ni leurs histoires, ni son style. Malgré quelques éclairs de beauté limpide et de pure tendresse, il y a trop de ramifications secondaires, de contes, d'onirisme, dont je n'ai pas compris le sens. Cette prose est pour moi trop éclatée, répétitive, peu claire et peu fluide, manque de cohésion, et surtout je me demande encore où l'auteure voulait en venir… Mais que cela ne vous empêche pas de vous faire votre propre idée.
En partenariat avec les Editions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Stelphique
  07 avril 2020
Ce que j'ai ressenti:
*Se rattacher aux âmes.
Un roman polyphonique ambitieux, poétique et onirique qui m'aura littéralement enchantée. Même s'il m'a fallu dériver aussi pour saisir toutes les nuances et les intentions de l'auteure, je me suis rattachée au pouvoir des mots. Et c'était magnifique. Certains passages m'ont bouleversée, d'autres moins, je dois l'avouer, parce que justement cette lecture possède plusieurs voix et que certaines vibrent plus que d'autres en nous. Il y a des âmes qui restent, des fantômes qui parlent et des poètes qui laissent des mots résistances. Plusieurs voix se succèdent, se répondent parfois, s'ignorent aussi, se retrouvent et se perdent. Elles dérivent…Il nous faut les entendre parce que chacune parle d'une souffrance particulière que ce soit le deuil, l'abandon, l'exil, la violence conjugale, la peur ou la folie. Alors on se rattache à leurs mots pour comprendre leurs histoires…
"La vie est plus que la somme de ses souffles et de ses tremblements."
▪️Se rattacher aux continents…
Il y a des lignes de failles, des creux qu'on caressent et des fissures qu'on explorent. Il y a des temps de solitude, de contemplation et d'abandon. L'autre voix puissante qui nous parle c'est la nature elle-même, elle incarne ce roman. Les paysages se succèdent, la mer laisse la place à la neige, les îles sont continents, les fissures descendent jusqu'au coeur du monde…Les perroquets sont îles, les scolopendres mordent, et les chèvres parlent et pendant ce temps, les plantes communiquent avec les esprits ouverts et sensibles. Ce livre, c'est la communion avec les vivants, faune et flore, et les rêves des tendres fous. C'est une lecture évasion puissante. J'en reviens forcément éblouie et plus attentive encore à la beauté qui nous entoure.
"Mettez tous les ingrédients de vos rêves dans cette bouteille et secouez vigoureusement."
▪️Et se fondre dans les fissures…
C'est un premier roman, et c'est une merveille. J'ai adoré la force évocatrice de la poésie qui fait vibrer ce roman. Dans les pulsions, on ressent une émotion. Dans les failles, on apprend les enseignements du vide. J'aurai du mal à décrire tous les sentiments qui me sont venus, je préfère en laisser dériver avec les âmes et les continents. J'aurai voulu vous dire que c'est un coup de coeur. Mais en fait, ce n'est pas ça, c'est des milliers de micro-fissures qui me restent, et j'imagine que dans une prochaine lecture, quand j'aurai plus de sagesse peut-être, il me viendra ce raz-de-marée qui saura tout emporter…
"-Vous n'êtes ni un gazhal, ni un poème, ni une chanson, l'entendit-elle dire. Vous n'en êtes pas non plus la muse. Je vous connais. Vous êtes une poétesse."
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blandine5674
  13 décembre 2020
Ce roman se refuse à mon esprit cartésien. Une jeune mariée, tirée au sort par un lancé de fleurs, part vivre avec son mari sur une île peuplée d'escargots et d'hommes nus. Elle sent les catastrophes arriver et pousse son mari a être végétarien. À la page 60, il y a déjà eu un homme bouffé par un requin, un suicide par pendaison, un couple qui gravit un escalier et va se jeter dans la mer où le banquet gît au fond de l'océan et revient à la nage avec des vêtements secs. Elle parle aux fantômes qui la comprennent mieux que moi.
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ChtiBaboun
  26 avril 2021
Voila un premier roman au souffle incroyable. le titre du roman , déjà, nous dit que nous partons pour une aventure de l'âme et de l'esprit . Dérive des âmes et des continents portent on ne peut mieux son titre. Il faut accepter de dériver, de se laisser aller à ces spiritualités d'Asie et d'Inde. Il faut accepter de quitter le rationnel, il faut accepter de ne pas tout comprendre . Laisser dériver..... C'est un immense plaisir.
Deux jeunes mariés s'installent dans les Iles Andaman , entre Inde et Birmanie. Ils savent qu'ils se sont aimés dans une autre vie. Lui ,Girija Prasad est scientifique fasciné par les volcans et les éléments naturels . Elle, Chanta Devi est un peu sorcière, parle aux arbres, prévoit les tremblements de terre.
Dans ce roman la dérive n'atteint pas que les âmes, elle atteint aussi ce sous continent indien qui , il y a des millions d'années est venu se fracasser sur la chaine himalayenne. de ce fracas géologique, il reste des plaques de subduction et des failles qui courent entre les iles Andaman et l'Irrawady en Birmanie. ces failles et ces plaques qui font remonter à la surface une nature intemporelle datant des prémices de l'univers : pierres , fossiles, minéraux, arbres mais encore fantômes, âmes.
Dans cette grande région entre Inde, Birmanie , Sri Lanka , Népal et Pakistan , les hommes vivent depuis des millénaires au rythme de la furie de la nature : Tsunami, tremblement de terre , mousson , violence de la montagne. Face à ce déferlement de la nature , les hommes ont opté pour des spiritualités : hindouisme, bouddhisme qui prônent la réincarnation.
C'est cette dérive dans laquelle va nous entrainer Subhangi Swarup.
Je me suis laisser prendre dans les filets de cette dérive. Un lâcher prise où nature et spiritualité font trembler la terre de l'Océan Indien à l'Himalaya.
J'ai été fortement touché par Dérive des âmes et des continents , car j'y ai retrouvé le miroir de ce que j'ai pu vivre et ressentir en découvrant ces pays.
Je suis aller en Inde du Sud dans des villages et sur des plages qui ont été dévasté par le tsunami de 2004. J'étais sur place une semaine avant le tsunami
Je suis allé deux fois au Népal en 2016 et 2018 suite au tremblement de terre d'Avril 2015. J'ai fait un trek dans le Langtang, région fortement touchée où Langtang Village a été rayé de la carte ( 275 morts)
En Octobre 2016 la région de Bagan , au bord de l'Irrawady était victime elle aussi d'un tremblement de terre. 6 mois avant , je déambulais au milieu des milliers de temples de Bagan.
Que ce soit en Inde , en Birmanie ou au Népal , j'ai été marqué et emplit de cette spiritualité quelle soit hindouiste, bouddhiste ou animiste.
Participer au coucher de Vishnu à Thanjavur ( Inde) , participer à une Kora autour du stupa de Bodnath ( Népal) vous entraine dans cette évanescence et cette réalité infinie de l'âme.
La dérive des âmes et des continents est une réalité .
De la même façon que l'on revient changé de ces contrées , ce roman change notre façon de regarder les paysages , la montagne , la forêts, les hommes et ces âmes qui tous dérivent depuis des millènaires.


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cici899
  16 mars 2020
A l'heure ou j'écris, il me reste deux jours pour poster ma critique, et j'en suis à la page 149/359.
Soyons claire, je ne terminerai pas ce livre à temps…
Comment en suis-je arrivée là ?
Lors de la masse critique de janvier (oui, les livres prennent toujours leur temps pour arriver chez moi), j'ai sélectionné ce livre parce que j'ai flashé sur la couverture. Telle qu'elle est présentée sur Babelio, je la trouve magnifique avec l'harmonie du rose et de l'azure, les vagues stylisées et les animaux qui montrent le chemin. L'ensemble symbolisant assez bien le style hindou.
Grosse déception à la découverte du livre, la couverture n'a conservé que quelques uns des ses animaux, elle nous propose un dégradé de bleus et s'oriente plutôt vers un style japonisant. Je trouve également que le titre en rouge est assez agressif par rapport à l'ensemble beaucoup plus neutre de cette couverture.
Le résumé avait achevé de me convaincre par son coté complètement décalé. Volcans lilliputiens, fantômes désabusés, yéti mélancolique, etc., j'étais curieuse de découvrir quel était le lien entre tout cela.
Il ne s'agit pourtant d'une comédie légère, bien au contraire. Je suis d'ailleurs totalement incapable de définir un style pour ce récit.
D'après ce que j'ai pu comprendre, l'histoire se découpe en quatre parties, chacune suivant la vie d'un/quelques personnage(s). Je peux supposer qu'elles sont toutes liées mais je n'en suis pas encore à un stade assez avancé que pour le confirmer.
Je trouve que le style d'écriture de l'auteur est assez difficile à lire. J'ai besoin de calme pour pouvoir avancer dans ce récit, hors je lis le plus souvent dans le train. Et je dois dire que si le train est un peu trop bruyant, je ne comprend littéralement rien au texte.
Dans la première partie, l'auteur nomme toujours le nom et le prénom de ses personnages. Je trouve que cela met une distance dans notre relation avec les héros. On reste spectateurs de leur vie, de leurs réflexions.
Malgré la difficulté, il y a un petit quelque chose que je ne m'explique pas qui me pousse à poursuivre ma lecture. Au fil des pages, certaines réflexions se démarquent et trouvent un échos en moi.
Une pioche très surprenante pour cette masse critique.
*Challenge auteure sfff 2020
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critiques presse (1)
LeSoir   15 juin 2020
« Dérive des âmes et des continents », premier roman de Shubhangi Swarup, répercute sur les personnages les mouvements du sol.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   15 mars 2020
– Papa, tu m’as trouvée où? […] Pourquoi est-ce que tu m’as ramenée à la maison?
Pour l’apaiser, Girija Prasad tissera une histoire à partir des braises du crépuscule.
– C’était une plage exactement comme celle-ci, par une soirée exactement comme celle-ci, quand ta mère et moi avons trouvé une bouteille vide, à moitié enfouie dans le sable. Quand nous l’avons ouverte, nous avons trouvé un mot à l’intérieur: Mettez tous les ingrédients de vos rêves dans cette bouteille et secouez vigoureusement. C’est ce que nous avons fait. En utilisant un prisme, j’ai piégé la lumière du soleil dans la bouteille. Je l’ai fermée avec un bouchon et secouée vigoureusement pendant des heures. Puis ta mère l’a ouverte. Elle a pris une grande inspiration et soufflé dedans. Ca a été ton premier souffle.
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Olivia-AOlivia-A   14 avril 2020
Jadis un continent fier, la Birmanie a été écrasée entre l'Inde et l'Asie. L'Inde l'a poussée au nord dans sa dérive, l'Asie l'a comprimée à l'est par défi. Un oeil qui pleure est tout ce qui reste du visage, enfoui sous les décombres. Les contours aquilins de la Birmanie ont été sculptés en sommets et gorges invincibles. Son teint s'est dégradé pour se transformer en une jungle humide et un désert aride. Le désespoir était évident dans les plateaux vallonnés et les îles tropicales, rappel de la beauté d'autrefois. Des lignes de faille courent tout le long du pays, des côtes jusqu'au coeur - la plus grande sous la forme de l'impressionnante faille de l'Irrawaddy le long de l'épine dorsale de la Birmanie, laquelle relie les îles en dessous et l'Himalaya au-dessus. Si forte qu'ait pu être la pression, la Birmanie n'a jamais pu former un tout avec les masses qui l'entourent. Elle n'a pu que s'effriter.
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TaraxacumTaraxacum   18 février 2020
Un silence larvaire précède l'aube. C'est une pause délicieuse, une réflexion remplie d'espoir et d'angoisse. Dehors, cachés parmi les gloussements et les sifflements, les croassements et les jacassements, s'élèvent les chants des disparus. L'épopée de l'évolution, racontée par des bardes depuis longtemps partis. Ô, abandonner cette coquille labyrinthique et changer de peau. Être nu et vulnérable. Libre de nager, de courir et de voler sans inhibition. Disparaître sans laisser de trace pour réapparaître sous la forme d'un chant nuptial, à la façon dont le soleil se couche à l'ouest et se lève à l'est....
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Olivia-AOlivia-A   15 avril 2020
- Tous les musulmans sont pakistanais. Tous les communistes sont chinois. Tous les bouddhistes sont tibétains. Mais une seule chose unit tous les Indiens : la paresse. Quant aux Bangladais, je ne sais pas. J'ai perdu contact avec le monde extérieur pendant la naissance de celui-ci. Ils étaient musulmans, c'est pour ça qu'ils formaient le Pakistan oriental. Mais après ils se sont aussi revendiqués comme Bengalis... J'ai cinq orteils à chaque pied. Ils sont tous différents. Que se passerait-il si mon petit orteil se mettait à se battre avec le gros à propos de leurs différences ? Et s'ils se liguaient contre moi et affirmaient qu'aucun d'eux ne m'appartient car ce sont tous des orteils différents, et que moi je ne suis même pas un orteil ? Je deviendrais un lépreux !
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TaraxacumTaraxacum   17 février 2020
-Comment peux-tu dormir ? demande-t-elle. Tu as égorgé cette innocente créature, haché sa chair, tu l'as fait frire avec des oignons et de l'ail, et après tu l'as mangée. Et tu as laissé son âme tourmentée hanter notre maison!
Si l'âme de tous les différents animaux qu'il avait consommé revenait le hanter, sa maison serait un mélange de zoo et d'étable, ne leur laissant aucune place pour circuler, et encore moins pour dormir. Mais, de nature conciliante, Girija Prasad ne peut dire une chose pareille.
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