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EAN : 9782226451989
Éditeur : Albin Michel (28/04/2021)
3.83/5   26 notes
Résumé :
John Dominic Blaxton, éditeur de poésie prometteur, a perdu sa femme enceinte dans l’attentat nucléaire qui a rasé la ville de Pittsburgh. Reconverti en enquêteur pour les assurances, il parcourt inlassablement l’Archive, cette recréation virtuelle de la cité via tous les documents, enregistrements publics et privés qui n’ont pas été corrompus par l’explosion. Un jour, il découvre le corps d’une disparue, Hannah Massey, à moitié enfoui dans la boue d’un parc public.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Cancie
  03 juin 2021
Après Terminus, Demain et le jour d'après est le deuxième roman de Tom Sweterlitsch traduit en français, bien qu'écrit avant.
Pittsburgh a été rasée lors d'une explosion nucléaire terroriste, il y a dix ans, « cinq cent mille existences annihilées dans un éclair blanc aveuglant ». John Dominic Blaxton, éditeur de poésie et poète lui-même « Ç'avait toujours été ma véritable passion, publier les poèmes des autres – diriger une collection de poésie. » a perdu dans la catastrophe sa femme Theresa qui devait accoucher prochainement d'une petite fille. Lui-même était en déplacement ce jour-là. Il lui est impossible comme pour tous les survivants d'oublier ce jour fatidique. Il s'est reconverti en enquêteur pour la Cie d'assurances State Farm. Lorsque les familles demandent à être indemnisées pour les proches qu'elles ont perdus, le cabinet lui demande de vérifier que le décès a bien été causé par la bombe.
Pour mener ses enquêtes, il a recours à l'Archive, un super programme virtuel qui permet de suivre la vie des habitants de Pittsburgh jusqu'au terrible instant et de choisir de voir et de revoir tel endroit à tel moment quand on veut. En effet, en réaction à cet attentat, les États-Unis se sont enfoncés dans un réflexe sécuritaire et ont développé la cybernétique, à savoir les implants électroniques que l'homme peut utiliser pour augmenter ses capacités, la place très importante donnée aux réseaux, aux IA et au hacking et c'est ainsi que Dominic comme tout un chacun dans ce monde pas très lointain est équipé d'un neurospam, un implant dans le crâne, connecté au cerveau et à maints réseaux, qui lui augmente vision et capacités et le submerge quasiment en permanence d'infos et de pubs où la violence et le porno sont les maîtres, symboles de la décadence américaine. Et bien sûr, selon le modèle, les performances peuvent varier !
Tom Sweterlitsch inscrit son roman dans un contexte très noir où l'homme a été broyé, déshumanisé par l'émergence brutale d'une technologie à la vitesse d'évolution exponentielle.
Il dépeint une société imaginaire organisée de telle façon qu'il est impossible de lui échapper, dont les dirigeants peuvent déployer une autorité totale sur des citoyens qui ne peuvent plus exercer leur libre arbitre.
Dominic, dépressif, se drogue depuis ce terrible choc et ne peut oublier sa femme. Il va sans cesse dans l'Archive, cette mémoire collective, pour la retrouver et retrouver les moments heureux passés ensemble. Il y va également pour ses enquêtes et c'est là qu'il découvre un jour, le corps d'un cadavre de femme qui dépasse de la boue et il va bientôt se retrouver face à des difficultés successives qui devraient l'empêcher de continuer et des gens haut-placés vont se charger de le faire renoncer. Mais cet homme, cette sorte de anti-héros, un être à la marge qui agit quasi comme un funambule poursuit son chemin envers et contre tout et va notamment se battre contre ce pouvoir dépourvu de toute éthique.
C'est pour cela que Demain et le jour d'après se classe à la fois comme thriller et Cyberpunk, classement que j'ai pu définir, grâce à l'excellent Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire d'Apophis.
C'est une enquête passionnante et de longue haleine menée de façon virtuelle dans un contexte dystopique, une société gangrenée où violence, atrocités, féminicides sont monnaie courante, que notre protagoniste Dominic tente de débrouiller.
C'est lui, qui par son côté un peu inadapté, poète, un peu fou, d'homme à la marge, qui n'a plus rien à perdre apporte une dimension humaine et cependant tragique à cet ouvrage dans lequel le deuil, l'absence, le ressenti et le poids de la culpabilité des survivants mais aussi les dangers que peuvent présenter les nouvelles technologies entre les mains de dirigeants peu scrupuleux sont particulièrement bien analysés.
J'ai cependant eu du mal à m'immiscer dans cette ambiance grotesque d'images et de sons que j'avais l'impression de recevoir directement sans connaître leur provenance, voulant comme Dominic, m'en débarrasser sans y parvenir.
Difficile tout de même de plonger dans ce monde effrayant et impitoyable pour les femmes surtout, dans lequel je ne voudrais à aucun prix vivre.
Je remercie Albin Michel Imaginaire pour m'avoir permis de découvrir ce genre littéraire.
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JustAWord
  01 mai 2021
En France, Tom Sweterlitsch avait beaucoup fait parler de lui avec son roman Terminus, pur récit de science-fiction temporelle d'une noirceur glaçante et d'une précision machiavélique.
Aujourd'hui, c'est en remontant le temps que les éditions Albin Michel Imaginaire poursuivent la traduction de l'américain avec Demain et le jour d'après, premier roman de Tom Sweterlitsch dans la langue de Shakespeare et qui annonce déjà nombre des qualités de Terminus.
Achetez, vendez, baisez
Quelque part, tout a déraillé.
Le lecteur pénètre dans Demain et le jour d'après à tâtons, à travers les yeux de John Dominic Blaxton, éditeur de poésie hantée par la mort de sa femme Theresa Marie.
Le 21 octobre d'un futur proche, la ville de Pittsburgh aux États-Unis a été rayée de la carte. Un terroriste musulman a fait sauter une bombe nucléaire en plein milieu de la ville. Les conséquences en ont été terribles.
Et d'une manière bien pire encore que les centaines de milliers de morts causées par l'explosion elle-même.
Car à partir de là, les États-Unis se sont enfoncés dans un réflexe sécuritaire extrême encore renforcé par un capitalisme galopant dopé à la technologie neuronale appelée neurospam.
Connecté à votre cerveau, le neurospam « augmente » votre vision et vos capacités. Augmentant de fait la capacité intrusive de toutes sortes de publicités, applications et autres racolages en ligne que l'on connaît à notre époque. Car même si Demain et le jour d'après ne tourne pas directement autour de cette problématique, c'est bien l'univers de matraquage publicitaire incessant qui frappe au premier abord dans le roman de Tom Sweterlitsch.
John Dominic est sans cesse assailli par toutes sortes de pubs pour des produits, des shows, des pornos, des émissions de télé-réalités de l'extrême, des promos, des taxis… le monde est devenu un véritable paradis du spam.
Pire encore, cette libéralisation directement injectée dans le cerveau des gens s'est accouplée avec une montée galopante de l'extrémisme avec des émissions de télé-réalité toujours plus écoeurantes de violences et de voyeurisme qui filment tantôt les concours de suicides tantôt des sex-tapes de victimes d'homicides.
Les deux mamelles de la décadence américaine sont là : le sexe et la violence.
Il semble presque déplacé, et sacrément ironique, qu'au milieu de cet océan d'ordures surnage le personnage de John Dominic et son amour de la poésie. Comme un contre-poids à l'abjection, Tom Sweterlitsch fait de son personnage principal un éditeur de poésie et un amateur d'art, un gars délicat et sensible jeté dans un monde qui ne fait que lui gicler immondice sur immondice dès qu'il s'aventure à l'extérieur ou qu'il se connecte à la toile.
Dans ce brouhaha incessant, notre héros en perdition travaille pour une firme d'assurances chargée d'enquêter sur les morts de Pittsburgh pour déterminer si oui ou non les indemnités sont légitimes.
C'est ici que John Dominic tombe sur un os.
Reposer en paix
L'os en question, c'est Hannah et son cadavre qui dépasse de la boue au sein de l'Archive.
Pour que les survivants (et les autres) puissent se souvenir de Pittsburgh, s'y balader, s'y retrouver, les autorités ont construit l'Archive, un super-programme virtuel à la Matrix qui émule la ville de Pittsburgh jusqu'à sa terrible fin. John Dominc entretient un rapport complexe avec l'Archive, puisqu'il y passe tout son temps, à la fois pour son métier de consultant-enquêteur mais aussi (et surtout) pour revivre encore et encore les instants de sa vie passée avec sa femme, Theresa Marie.
Hannah, elle, est une des nombreuses victimes de Pittsburgh…enfin presque.
Il semble en effet que sa mort n'ait que peu à voir avec l'explosion de la bombe et que la personne qui l'a affreusement mutilé et tué soit encore en liberté. Pour se détourner de son obsession pour la disparue, et aussi pour se racheter après quelques menus problèmes de drogues, John Dominic reçoit l'aide d'un nouveau thérapeute, Timothy, qui le conduit bientôt à Waverly, riche magnat des nouvelles technologies lui aussi à la recherche d'une autre victime de Pittsburgh : Albion. Demain et le jour d'après va donc nous entraîner dans une enquête qui a tout du thriller technologique mais avec une attache particulière sur un thème particulièrement sensible et difficile : le deuil.
Au-delà des découvertes et des retournements de situation, Tom Sweterlitsch se concentre sur son personnage principal et retrace son calvaire émotionnel.
C'est l'histoire d'un deuil impossible, non seulement parce que John Dominic ne parvient pas à laisser reposer en paix sa défunte femme mais parce que la technologie ne le lui permet pas. L'Archive, prouesse technologique et réalité derrière la réalité, devient un lieu de douleurs infinies, un lieu qui perpétue la souffrance alors qu'elle était censée permettre l'acceptation.
Dans son roman, Tom Sweterlitsch nous parle de ce que ressentent les survivants, du poids de la culpabilité d'être encore là, du remords de n'avoir pas pu effacer certains actes passés. C'est aussi l'occasion de se pencher sur l'influence de la technologie sur nos processus humains, de quelle façon cette technologie augmentique brouille nos perceptions et nos mécanismes de défense, de quelle façon l'équilibre bascule. La frontière entre reviviscence et addiction se floute, les limites entre les réalités s'estompent. Voilà bien un univers que n'aurait pas renié Philip K. Dick.
L'Amérique, en noir
Pour ce premier roman, Tom Sweterlitsch déploie déjà des trésors d'imagination pour ficeler une intrigue policière qui exploite toutes les capacités de son univers science-fictif. On retrouve déjà en germes nombre d'éléments qui feront le succès de Terminus : la technologie avancée qui brouille les cartes, le background noir et sans concession, la violence crue et graphique, le relent christique en décomposition…
Moins complexe que Terminus mais tout aussi passionnant, Demain et le jour d'après offre certainement davantage d'émotions à son lecteur et s'ancre dans le réel d'une façon largement différente.
En filigrane, c'est l'impunité des puissants qui est remis en cause, une impunité qui ne sera qu'à moitié levée dans un final où la Fashion Week permet toujours l'exécution de criminels par une présidente américaine devenue la parfaite synthèse des vices de son pays gangréné par la peur, la souffrance et la violence.
En un sens, Tom Sweterlitsch livre autant un récit sur l'individu et sa capacité à commettre les atrocités les plus terrifiantes qu'une étude sur l'influence de l'environnement sur la production même de ces individus ultra-violents.
Car les meurtres qui jalonnent Demain et le jour d'après ne détonnent pas particulièrement dans l'Amérique imaginée par Tom Sweterlitsch, une Amérique toujours bien hypocrite et qui s'étonne des monstruosités terrées en son sein quand elle lui offrent toutes les possibilités (et les raisons) de croître.
Demain et le jour d'après n'a pas à rougir de son statut de premier roman. Portrait d'une Amérique perdue dans une spirale de libéralisme carnassier et d'ultra-violence, l'oeuvre de Tom Sweterlitsch cogne dur et sec. Derrière la noirceur de son récit, le roman n'oublie pourtant pas l'affect et l'homme égaré dans la folie et la mélancolie, offrant à cette histoire un côté aussi poétique que tragique.
Lien : https://justaword.fr/demain-..
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Lenocherdeslivres
  13 mai 2021
Premier roman de Tom Sweterlitsch, auteur du très remarqué Terminus, Demain et le jour d'après nous plonge en pleine enquête numérique : dans une ville détruite par un attentat terroriste particulièrement violent, reconstituée de façon virtuelle comme un vaste mausolée, avec ses habitants errant, fantômes numériques, Dominic va tenter de démêler le faux du vrai, de trouver les coupables de disparitions ou de meurtres non résolus.
Un enquêteur « épave »
John Dominic Blaxton est le prototype du personnage complètement déglingué, qui va aller de mal en pis tout au long de l'enquête. Alcool et drogue, menaces, tabassages, enlèvement, toute la panoplie. le héros typique, ballotté d'une souffrance à une autre, pas toujours conscient de ce qui lui arrive. Ça, on l'a déjà vu et lu des centaines de fois. Alors, certes, celui-ci n'est pas détective, mais tout comme, puisqu'il enquête pour une compagnie privée, chargée de faire la lumière sur la disparition de femmes et d'hommes lors de la catastrophe qui a rasé la ville de Pittsburgh (une bombe nucléaire dans une valise) pour le compte des assurances (qui préfèrent payer le moins possible). Certes également, il est un ancien poète et éditeur de poésie, donc venant d'un autre milieu que les détectives des classiques policiers. Mais il leur ressemble beaucoup par sa déchéance et sa décrépitude : son épouse est mort lors de l'attentat et il ne s'en est pas remis. Il passe tout son temps dans l'Archive, la récréation virtuelle de la ville, à observer Thérésa, sa femme. Il vit avec son fantôme en quasi permanence. Et pour mieux y croire, il se drogue tant qu'il peut. Une épave humaine, donc.
Un monde autrement plus original
Ce qui fait la particularité et l'intérêt de ce roman de Tom Sweterlitsch, c'est le monde qu'il a inventé. On commence par cette idée de ville détruite par un attentat terroriste et totalement reconstituée de façon numérique (car le site est toujours en cours de nettoyage et hautement radioactif). En accédant à l'Archive, on peut se promener dans Pittsburgh avant la catastrophe. Grâce aux multiples caméras qui émaillent la ville et aux implants vidéos, des milliards de scènes ont été enregistrées et modélisées. Ainsi, avec le code de votre domicile, vous pouvez retourner dans votre appartement, revivre des moments vécus avec une personne décédée. C'est ce que Dominic passe son temps à faire, retournant avec sa défunte épouse encore et encore, enfermé dans un passé pixelisé.
La connexion est essentielle
Et pour s'immerger totalement dans ce passé reconstitué, il utilise une autre invention de Tom Sweterlitsch, aussi fascinante que terrifiante : le neurospam. C'est un réseau de fils connecté directement à votre cerveau qui vous permet de vous connecter directement aux réseaux sans passer par un smartphone ou autre medium. Bien sûr, cette invention est fascinante, car vous êtes pleinement immergés dans ce que vous visualisez. On peut donc vivre parfaitement une scène. Mais la façon dont l'auteur nous la dépeint fait plutôt peur : imaginez tous les spams qui pourrissent votre navigateur et insérez-les dans votre cerveau. le regard, sans cesse pollué par des publicités, des appels flattant vos instincts les plus bas, cernant vos réactions pour mieux vous proposer l'objet de vos fantasmes. Cela doit être rapidement infernal. Ou bien on s'habitue ? En tout cas, c'est un monde violent, qui agresse en permanence ses habitants avec des injonctions fortes : « ACHETEZ AMÉRICAIN !!! BAISEZ AMÉRICAIN !!! VENDEZ AMÉRICAIN !!! ». Cela rappelle un peu la trilogie de Jean Baret (deux tomes parus : BonheurTM et VieTM, aux éditions du Bélial') et sa publicité omniprésente, tout comme le sexe mercantile. Et, dans une autre mesure, Vigilance, de Robert Jackson Bennett (l'auteur des Maitres enlumineurs), toujours au Bélial', pour la présence abrutissante des médias et le peu de prix qu'ils attachent à la vie, simple variable d'ajustement dans l'obtention d'un programme plus efficace, plus rémunérateur.
Et l'enquête dans tout ça ?
Et oui, Demain et le jour d'après est, après tout, un polar. Futuriste pour le décor, certes, mais classique dans con contenu. Un tueur cinglé, une famille puissante, un gros soupçon de religion bien cramée et vous avez l'essentiel. Je ne dis pas que l'intrigue est creuse, loin de là. le narrateur va mettre du temps à dérouler le fil des meurtres et, en tant que lecteur, je ne me suis pas ennuyé du tout. Je dis juste que ce n'est pas le principal intérêt de ce roman, qui m'a davantage intéressé pour son univers, sa construction, sa densité.
Lire Demain et le jour d'après a donc été pour moi un bon moment, distrayant, violent souvent, mais stimulant, car suffisamment riche et étoffé pour que je sois totalement immergé dans l'histoire. Et cela, sans neurospam !
Merci aux éditions Albin Michel Imaginaire pour ce SP numérique.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Melieetleslivres
  28 avril 2021
J'avais lu le premier livre de Tom Sweterlitsch, Terminus, sorti en mai 2019, et il m'avait marquée. Parce que l'illustration de couverture, d'Aurélien Police m'avait agressée. Visuellement parlant, sexuellement parlant, il y avait une "double vision" possible. La chronique de Terminus ici : https://melieetleslivres.wordpress.com/2019/05/16/terminus-tom-sweterlitsch/ le monde construit par Sweterlitsch m'avait marquée aussi : j'ai fait la connaissance avec la mousse quantique, par exemple. J'avais déjà lu des romans de fantasy et d'anticipation, mais là, c'était du nouveau. Et finalement j'ai aimé. Surtout le côté horrifique et le suspense.
Pour "Demain et le jour d'après", Sweterlitsch immerge le lecteur dans un monde très différent. Nous sommes dans un futur proche, les humains n'ont plus de téléphone, plus d'écrans, d'ordinateurs ou même de télévision. Ils ont un neurospam, un implant dans le crâne, qui est branché sur leurs cinq sens, les démultipliant en puissance, ainsi que des lentilles rétiniennes. le neurospam est constamment connecté, à certains réseaux publics, ou privés. Ainsi des images sont projetées devant la personne, des publicités d'abord, qui aparaissent presque en hologramme, tant la vision est augmentée. Des recherches à faire ? On trouve dans le neurospam. Des films, concerts , évènements, on demande au neurospam. On le consulte. Et le nombre d'alertes info, de faits divers, la pub, chaque américain est presque submergé.Ce type de monde est la cybernétique, et on peut même le qualifier de cyberpunk, tant l'ambiance est pesante et noire.
L'histoire : Il y a dix ans, Dominic Blaxton, un éditeur de poésie, poète lui-même, était en train de mettre en place un codage pour éditer les livres de poésie au format numérique et une bombe nucléaire a rasé la ville de Pittsburg où il vivait. Ce 21 octobre-là. Sa femme, enceinte de huit mois a été transformée en cendres en un instant, comme les 500 000 autres habitants de cette ville. Mais Dominic était en déplacement. L'horreur absolue pour lui, et pour des centaines de milliers de proches des victimes parties en poussière.
Dominic travaille désormais pour une entreprise d'enquêtes pour les assureurs : autant de morts, autant de familles à indemniser, mais certaines morts ne semblent pas dûes à la bombe, mais accidents, ou crimes, ou suicide, dans ce cas les assurances doivent mettre à part ces gens-là. . Son neurospam est connecté à une mémoire publique qui a restauré le Pittsburg d'avant la bombe, reconstituée d'images de caméras de sécurité, de mémoire rétinienne des survivants. Cette mémoire est appelée L'Archive. Les enquêteurs comme Dominic ont un accès spécial à cette mémoire publique, en plus de leurs propres souvenirs. Il retourne constamment voir sa femme dans le passé, la regarder, être près d'elle, par ses souvenirs recréés en réalité augmentée, mais aussi dans l'Archive. Pour être à ses côtés.
Depuis dix ans, il est en dépression, traité pour SSPT aussi, et il voit plusieurs thérapeutes. Il se drogue, aussi parfois. Il est au bout du rouleau.
Mais au cours d'une promenade virtuelle, où il sait que sa femme allait se promener, donc il s'en va la rencontrer, dans un passé mémoriel et pourtant si réel en apparence, il tombe sur le cadavre d'une femme, qui est à moitié déterré du lit boueux d'une rivière. Son boss lui demande d'enquêter sur elle, trouver son nom, comment elle a été tuée, quand, et par qui. C'est son boulot. Il la "file" dans le passé, par l'Archive, et visite ainsi des dizaines de boucles temporelles et spatiales. Mais cette fois ce travail, auquel il est habitué : trouver, résoudre, faire un rapport, se heurte à des difficultés successives, et cette course dans l'Archive à la recherche de personnes disparues devient très dangereuse, des gens haut placés le menacent.
Ce livre est foisonnant dans le "Worldbuilding", il est tellement étonnant (pour moi, au moins, qui ne suis pas une spécialiste férue de SFFF) que j'ai mis longtemps pour comprendre, pour visualiser le contexte présenté par l'auteur. Page 90 environ, l'intrigue a pu démarrer, à force de notes de lectures nombreuses pour m'y retrouver. C'est un thriller également, mais j'avoue m'y être sentie perdue parfois, l'intrigue allant un peu dans tous les sens, avant que j'aie eu le temps de tout comprendre. Je ne doute pas un seul instant que les amateurs adoreront, mais je mets un petit bémol personnel pour les complexités rencontrées.

Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Carolivra
  17 juin 2021
Demain et le jour d'après est un roman de science-fiction que j'ai dévoré d'une traite. John Dominic est au fond du trou. Sa femme enceinte a perdu la vie lors de la bombe nucléaire qui a ravagé Pittsburgh. Depuis ce jour-là, John Dominic boit et se drogue pour oublier. Il aime traîner dans l'Archive, cette recréation virtuelle de sa vie d'avant, afin de revoir sa femme. Enquêteur pour une compagnie d'assurances, il découvre un jour, dans cette fameuse Archive, le corps d'une jeune femme. A-t-elle été assassinée? Et par qui? John Dominic ne sait pas dans quel piège il a mis les pieds…
Qui dit roman de SF dit technologie. Dans cette société, les êtres humains sont équipés d'une puce placée sous le crâne qui leur permet d'être abreuvé d'informations en permanence. Pubs, spams, CV, connaissances, tout apparaît en un instant à celui qui se connecte. La société est hyper-sexualisée et violente. Il n'est pas rare de voir en direct des exécutions ou la dernière sex-tape de la présidente… Ces infos parasitent le héros mais aussi le texte. Il faut donc s'y faire mais une fois le pli pris, j'ai trouvé que cette idée était vraiment géniale.
Les cent premières pages m'ont paru un peu longuette car le personnage de John est au fond du trou. Il se morfond et explore sans cesse l'Archive afin de revoir sa femme en virtuel. On sent son amour profond pour celle qui portait leur enfant. Il faut donc s'accrocher un peu jusqu'au moment où le thriller prend le dessus. J'ai été alors happée par cette enquête complètement délirante et violente. John Dominic a mis le doigt sur un terrible enjeu alors même qu'il enquêtait sur l'assassinat d'une jeune femme. C'était tout simplement passionnant et j'ai eu du mal à lâcher mon bouquin. Âme sensible s'abstenir.
« Demain et le jour d'après » est un excellent roman de SF qui met lumière de nombreux problèmes, peut-être futurs et possibles, de notre société: l'hyper-connectivité, le rapport aux réseaux sociaux, la sexualisation. Explorant la noirceur de l'âme humaine, Tom Sweterlitsch nous livre un roman haletant.
Lien : https://carolivre.wordpress...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AderuAderu   15 juin 2021
Ses yeux d'ordinaire elfiques abritent aujourd'hui un regard implorant, un regard de lâche. (177)
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CancieCancie   08 juin 2021
Le grand moment de la journée arrive vers dix heures, quand Brianna, une des infirmières, pousse le chariot du petit déjeuner à notre étage, « Bonjour », braille-t-elle dans chaque chambre, et son caquètement gras résonne dans les couloirs pendant toute la durée de sa ronde. Il lui manque les incisives inférieures, et la prothèse qui les remplace pendouille hors de sa bouche quand elle demande : « Crêpes ou omelette, chou ? J’ai appris très tôt que les crêpes sont le seul choix possible, les omelettes étant caoutchouteuses et d’un jaune banane tellement vif qu’on sent presque le goût du E102.
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Nicolas24Nicolas24   15 mai 2021
Au bout de quelques minutes, les flashs ne s’intéressent plus à Joanna Kriz que si elle est mutilée ou en train de baiser, ils l’ont réduite aux éléments sur lesquels le public va cliquer, aimer. J’actionne la sonnette et quitte le bus. Les flux sont saturés de Joanna Kriz. Hélant un taxi, je m’affale sur la banquette arrière : je veux seulement rentrer chez moi. Quelques minutes plus tard, les parents de la jeune morte signent un contrat avec Superstar du crime – éplorés mais prêts à saisir l’occasion de partager la beauté de leur fille avec le monde entier et de toucher des royalties. Le hashtag Kriz explose dans les flashs, des commentaires sur le physique de la victime – visage trop chevalin mais beaux nibards –, des notes attribuées à sa baisabilité d’après les photos prises sur la scène du crime. J’atteins mon appartement, hors de portée du wifi public. Tout y est silence et, pour le briser, je ne puis guère que pleurer.
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   18 avril 2021
La fin est arrivée très vite, cela au moins est vérifiable, et nul n’a souffert en dehors de ceux qui sont restés en vie. Cinq cent mille existences annihilées dans un éclair blanc aveuglant. Les ombres étirées, évoquant des traits de fusain, et la ville pareille à des cendres neigeuses qui, dans un souffle de vent, se dispersaient.
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JustAWordJustAWord   01 mai 2021
Il peut s'écouler des heures sans que je pense à elle puis elle envahit soudain irrésistiblement mes pensées, d'abord à travers le souvenir de ce que j'ai vu, mais il grandit rapidement et se change en besoin compulsif de la revoir encore et encore, un besoin plus fort que le manque de toutes les drogues dont j'ai usé : je charge et recharge ces traces d'Albion, je la contemple, je mémorise tout ce qui la concerne, le moindre détail - parfaite, tellement parfaite. Je la contemple jusqu'à ce que mon esprit pareil à un vieux chiffon, mes yeux si las qu'ils me semblent encore ouverts alors même qu'ils sont clos. Le reste de la vie d'Albion est une fosse que je remplis par les bords, come si je déterminais la forme d'un objet en étudiant l'ombre qu'il projette. Obsédé par ma recherche - ma vie est devenue Albion.
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Video de Tom Sweterlitsch (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Sweterlitsch
Prêts pour un thriller de science-fiction qui se joue du temps? Partez en 1997 aux côtés de Shannon Moss et affrontez le Terminus... ??Un roman de Tom Sweterlitsch, dès aujourd'hui en librairie : https://www.albin-michel.fr/ouvrages/terminus-9782226439932
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