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Jacques Pons (Éditeur scientifique)Émile Pons (Éditeur scientifique)Maurice Pons (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070365972
Éditeur : Gallimard (26/05/1976)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 539 notes)
Résumé :
Au cours d'un premier voyage, Gulliver échoue sur l'île de Lilliput, un monde de nains qui ne mesurent pas plus de six pouces de haut et passent leur temps à faire la guerre.
Grâce à sa courtoisie, Gulliver parvient à gagner leur confiance. Au cours de son deuxième voyage, il se retrouve, cette fois, chez les Brobdingnag, un peuple de géants où lui-même n'est qu'un nain. Et là encore, son intelligence ne sera pas de trop pour lui laissera vie sauve...
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
JacobBenayoune
  13 septembre 2016
"Les voyages de Gulliver" font partie de ces oeuvres universellement connues à l'instar de "Roméo et Juliette", de "Don Quichotte", Des "Mille et Une Nuits", qui ont subi l'effet négatif de leur renommée ; tout le monde les connait mais rares sont ceux qui les ont lues.
Qui ne connait les adaptations multiples de cette oeuvre ? et surtout celles de la première partie. Or le roman contient quatre parties et il est loin d'être un roman de jeunesse (ou pour enfants) et les quelques anecdotes loufoques et désopilantes ressemblent à celles qu'on retrouve chez Rabelais et que La Bruyère a vivement critiquées dans son fameux aphorisme.
Si "Don Quichotte" est souvent considéré comme une parodie du roman de la chevalerie, je crois que "Les voyages de Gulliver" sont aussi une parodie des récits de voyages. Mais cela ne se rapporte qu'à la forme et l'on trouve certains passages où le narrateur critique les auteurs de récits de voyages qui essaient de transformer leurs oeuvres en épopée glorifiante et ne cessent de mentionner qu'ils ont reçu les faveurs de tel grand souverain. le narrateur lui se veut honnête et franc avec ses lecteurs car non seulement il décrit en détails ce qu'il a vécu, mais il ne cache jamais les mésaventures dégradantes qu'il a subies lors de ses voyages. Il essaie d'expliquer de manière scientifique les événements et faits les plus incroyables. En somme, il nous présente son livre comme un récit de voyages véridique.
Swift utilise un procédé très connu et surtout très prisé par certains auteurs français du siècle des Lumières comme Voltaire et Montesquieu ; celui de l'étranger qui visite des sociétés qui lui sont inconnues et qui est frappé de stupeur devant l'extravagance de leurs moeurs ("Candide", "Micromégas", "Lettres persanes"…). Dans "Les Voyages de Gulliver", la surprise et la curiosité sont réciproques. de plus, Swift est plus direct dans la critique de son époque et de ses contemporains ; ce sont plus les choses que son héros raconte qui sont un sujet de dégoût et d'étonnement. Lui-même il est un objet de surprise : géant, nain minuscule, bête bien pensante.
L'une des caractéristiques essentielles de ce roman est son imaginaire extravagant. Et l'on peut constater l'admiration des lecteurs de cette époque devant cette oeuvre ingénieuse. Hélas ! cela peut paraître dépassé pour un lecteur du XXIe siècle habitué aux films de Spielberg, ou de G. Lucas, mais aussi aux films d'animation de Miyazaki. Mais parfois, il faut s'évader du siècle où l'on vit pour pouvoir apprécier certaines oeuvres immortelles comme le font certains auteurs contemporains pour écrire des romans dont l'action se situe dans des siècles révolus ("Mon nom est Rouge", "Le Nom de la rose", "Le Parfum"…). On doit vivre dans ces époques en lisant ces romans ; une vie dans la lecture.
Dans ce roman la tension monte en crescendo, et l'intensité des critiques et de la satire devient de plus en plus acerbe jusqu'à l'explosion finale. Cette évolution du roman est accompagnée par l'évolution du caractère du narrateur-héros. Gulliver devient misanthrope. Ce personnage qui est un peu bizarre car en même temps il s'efface devant les événements qu'il raconte et se veut neutre mais qui est au coeur de ces événements, et un centre d'intérêt pour ceux qui le rencontrent, mais aussi pour nous lecteurs. C'est un aventurier qui vit sous la tentation du mouvement (comme Ibn Battûta) et ne battra cette envie qu'après avoir goûté aux plaisirs d'une vie simple et pieuse dans la dernière partie (comme Ibn Battûta qui, en voyage, envia la vie simple et rustique d'un vieux pêcheur, et rêva de s'installer définitivement et de finir ses jours comme ce vieillard).
Les idées et la critique qu'on trouve dans ce roman ne pouvaient être exprimé ni nous atteindre après tant de siècles que grâce à la forme du roman. Exprimées dans un essai ou un pamphlet, elles auraient tombées dans l'oubli et devenues une simple oeuvre de circonstance. Doit-on connaitre les événements qui se passaient à l'époque de Swift pour apprécier ce roman et pouvoir le comprendre ? Pas du tout (il existe en tout cas un texte très pertinent du grand écrivain Walter Scott qui met en parallèle les événements et personnages avec les faits historiques et les contemporains de Swift). Ce roman comme tous les grands chefs-d'oeuvre du genre ne se résume pas à une époque spécifique ou une région. Il s'inscrit dans l'universel. Les caractères décrits existent toujours dans tous les domaines (politiciens, médecins, avocats …), les problèmes et faits sociaux présentés sont d'actualité. Et la bêtise humaine ne date pas d'aujourd'hui.
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Zebra
  17 septembre 2012
Les Voyages de Gulliver (en anglais Gulliver's Travels) est un roman satirique écrit par Jonathan Swift en 1721. Écrit à la première personne (Gulliver et Swift ne font qu'un), divisé en quatre parties (à savoir, autant de parties que de voyages entrepris par Gulliver) et constitué de récits détaillés, ce roman, écrit après le krach de 1720, pourrait avoir été l'occasion pour Swift de moquer les travers de la société anglaise à laquelle il appartenait. La bande dessinée illustrée par Giu-Pin et adaptée par Saulla Dello Strologo se veut être un résumé fidèle et court de ce roman. Transporté à Lilliput, le lecteur découvre une société bien plus avancée que l'Angleterre de l'époque, révélation atténuée par le fait que cette supériorité n'empêche pas les peuples de Lilliput de céder à leurs instincts primitifs et de passer leur temps à se faire la guerre. Ensuite, dans le voyage à Brobdingnag, ce sont les travers des institutions anglaises que découvre le lecteur. Puis, à l'occasion du voyage à Laputa, ce sont les abus de la philosophie ou de la science qui sont dénoncés, en ce sens qu'ils conduisent les hommes à perdre tout sens commun et à courir à leur ruine. Enfin, dans le voyage à Houyhnhnms, c'est la question de la différence entre l'être humain et l'animal (en l'occurrence, le cheval) qui est posée par Gulliver avec, en corollaire, l'éventualité de devoir ressentir de la honte d'être un être humain.
Au fil des quatre récits, le lecteur va de surprise en surprise : on lui suggère sur le ton de la plaisanterie que les problèmes irlandais de famine et de surpeuplement pourraient être facilement résolus en faisant en sorte que les bébés de sujets irlandais pauvres soient vendus comme des friandises à des citoyens plus fortunés, on l'assène de propos caustiques et d'attaques constantes à l'encontre des défauts des sociétés britannique et européenne, on le porte à la rêverie avec la description de pays imaginaires, on mêle l'acidité, l'absurdité et la folie (qui pourrait être la conséquence d'un incident ayant affecté les capacités mentales de Swift), on dénonce les travers de l'époque (par exemple, le colonialisme) dans un style vif et précis constellé de perceptions naïves et crédules.
Le lecteur pourra très vite être gêné par l'absence d'émotion, par l'avalanche de faits, mais aussi par le côté obsessionnel voire insupportable des différents faits de navigation de Gulliver. La richesse des récits pourra être interprétée comme du verbiage, sans intérêt manifeste. Les idéaux de Gulliver paraîtront bien tièdes : des gens bons et raisonnables, dotés d'une forte personnalité, cohabitant au sein d'une société non aliénante et respectueuse de leurs droits ! Ayant poursuivi votre lecture à son terme, vous en sortirez peut-être avec l'impression d'avoir lu les voyages d'un anti-héros, simplet, méconnaissant le sens même de sa mission, ouvert sur le monde mais dans l'incapacité d'en modifier le cours. Cette crédulité et cette « errance », alliées à une sur-activité et à un manque évident de bon sens et d'ingéniosité, amoindrissent la force que met Swift à dénoncer les abus de son époque ! Quant à l'excès de simplicité avec lequel Swift décrit les traits de ses principaux personnages, le lecteur indulgent pourra le pardonner. La société anglaise est le terrain de jeu de ce roman satirique. Pour autant, l'Angleterre ne paraît pas être la patrie de Gulliver : il n'en parle jamais, que ce soit avec tendresse, nostalgie ou patriotisme, et chaque fois qu'il rentre au pays c'est pour le quitter au plus vite pour aller naviguer sur les mers ! Ces voyages sont une fenêtre sur la nature humaine mais Gulliver est un être solitaire, un misanthrope aigri, un asocial (il ne parle jamais de sa famille ou de ses amis anglais), dénué d'émotions, de passions, de rêves ou d'aspirations, impuissant devant les travers de la société et de la nature humaine qu'il décrie : ce vide est consternant. Faut-il y voir le produit d'une volonté délibérée de l'auteur (nous signifiant ainsi son dégoût de la condition humaine, l'homme n'étant au final –malgré la diversité des langues et des cultures-, ni complètement spirituel, ni mentalement transcendant) ou la marque de la folie ordinaire de Swift ?
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Myriam3
  17 septembre 2017
Les Voyages de Gulliver font bien sûr tout de suite penser à ce géant attaché sur le sable d'une plage par des centaines de Lilliputiens s'agitant autour de lui. Dans les livres, on le voit ensuite traverser la ville en l'enjambant, porter de minuscules hommes au creux de la main, se nourrir de boeufs entiers, un peu à la manière de Gargantua.
Dans ce livre, deux récits suivent le Voyage à Lilliput, et les lire tous les trois aboutit à une vraie morale profondément cynique.
Dans son Voyage à Brobdingnac, Gulliver, cette fois-ci, se retrouve confronté à un monde de géants. Impossible maintenant d'en imposer, de faire le fier; Gulliver doit au contraire apprendre l'humilité et accepter d'être en position d'infériorité. Mais surtout, difficile, quand on est minuscule et qu'on doit sans cesse crier pour se faire entendre, que ses gestes de colère ne sont que de mignonnes mimiques au regard de ces géants, de défendre son pays, sa nation contre les critiques indignées du roi de Brobdingnac, bien plus sage, noble et incorruptible que les souverains d'Europe.
Il faudra un troisième voyage à Gulliver pour se ranger définitivement du côté des autres et contre les aberrations de son peuple, ses mensonges, veuleries, cupidités et plus que tout sa violence et ses guerres.
Lors de ce troisième voyage, il rencontre les Houyhnhnms, peuple de chevaux civilisés qui élèvent des Yahous, équivalents sauvages des humains.
Tout, dans la nature de ces Houyhnhnms, est vertueux et révèle comme une loupe de quoi est faite la nature humaine, au point où Gulliver ne voudra plus rentrer chez lui et subir à nouveau cette civilisation qu'il a appris à mieux connaître lors de ses voyages.
Là où, dans les deux premiers récits, la critique est ironique et la narration prend le ton d'un faux documentaire, avec toute la fausse naïveté que ça engage, dans le dernier récit la critique est nettement plus virulente et plus du tout déguisée. Les humains, et en particulier les Européens, deviennent définitivement des Yahous, des bêtes, dont il utilisera d'ailleurs la peau et la graisse pour son voyage de retour comme on le ferait d'un animal. On se croirait d'ailleurs dans la Planète des Singes.
Les Voyages de Gulliver reflètent bien une époque, celle des grandes explorations et premières colonisations, et préfigure la plume ironique de Voltaire. Jonathan Swift propose bien un autre modèle de civilisation où les Houyhnhnms ne font pas de distinction entre l'éducation du mâle et de la femelle, partagent leurs terres et récoltes équitablement, cultivent la force, le courage, organisent des exercices de force et d'agilité et récompensent le meilleur et... tiens, finissent un jour par organiser une réunion pour décider si oui ou non ils doivent exterminer les Yahous qui peuplent leurs terres...
La voie vers une civilisation idéale est sans issue!
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candlemas
  11 décembre 2017
Les Voyages de Gulliver, lus durant ma prime adolescence, ont laissé une marque profonde à la fois sur mon imaginaire et mes convictions. Ce récit de voyages imaginaire du XVIIIème siècle, comme dans le Candide de Voltaire ou les Lettres Persanes de Montesquieu, est avant tout un conte philosophique, et une satire sociale et politique de son temps.
Mais Dieu que la langue est belle et que le ton -so british- est libre ! Y compris dans les dimensions fantastiques, mêlées à la science fiction, le lecteur se trouve embarqué beaucoup plus loin, je trouve, que chez les pamphlétaires français. Merci à l'habeas corpus et au Bill of rights !
le voyage à lilliput n'a rien à voir avec Arthur et les minimoys -quelle hérésie que de réduire ce livre à un conte pour enfants ! -, et la petitesse des habitants n'est que prétexte à réflexion sur la vanité des soi-disants puissants, près à vous arracher les yeux pour une question de sens des oeufs à la coque. le contraste avec le monde des géants assoit encore un peu plus, toujours avec humour, la relativité des choses.
L'évocation de l'île de Laputa devrait, encore aujourd'hui, faire réfléchir les les soi-disants savants, enfermés dans leur tour d'ivoire et ignorant le monde réel qui les entoure. Suivent ensuite autant des réflexions réellement philosophiques -et pourtant pleines de légéreté, grâce à l'humour et l'inventivité de Swift- sur le sens de l'Histoire et sur la quête humaine de l'immortalité.
Enfin, le dernier voyage n'a rien à envier à La Planète des singes de Pierre Boulle. le rapport des humains aux soi-disants espèces animales inférieures qu'il pense dominer y est questionné à son tour.
En définitive, peut-être le classement parmi les Contes de fées sied-il parfaitement à ce livre : au-delà de l'imaginaire et du langage à la fois simple et raffiné du XVIIIème, le portrait de la société, et de l'humanité en général, y est cruel et sévère. Et peut-être le fait pour les adultes de l'avoir relégué -pour protéger leurs certitudes- au rang de conte pour enfants permet-il à ces derniers -qui le lisent- d'acquérir dès le plus jeune âge un esprit critique et lucide face aux préjugés, et une capacité à imaginer que... toute chose varie avec le temps et l'espace.
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Masa
  06 mai 2017
Les « Voyages de Gulliver » sont destinés, paraît-il, à la jeunesse. Ben, de vous à moi, après cette douloureuse lecture, je peux vous affirmer que si un gosse se prend l'envie de s'y essayer, il va haïr les livres toute sa vie.
Pourtant, j'étais plus qu'enthousiaste pour cet antique ouvrage, pardon l'ouvrage du grand siècle, puisqu'il a été écrit par Jonathan Switf en 1721. Ce qui me donnait l'eau à la bouche, c'était ce fameux voyage à Laputa, puisque ce texte a été l'inspiration de mon animé préféré du Sensei Hayao Miyazaki.
Les « Voyages de Gulliver » représentent quatre parties :
→ Voyage à Liliput
→ Voyage à Brobdingnag
→ Voyage à Laputa, Balnibarbi, Glubbdubdrib, Luggnagg et au Japon
→ Voyage chez les Houyhnhnms
La recette est la même. On commence par le départ dans un navire, à cela on rajoute un fait (naufrage, mutinerie, pirates,…), puis arrive la fameuse île. À partir de là, Gulliver va découvrir ses habitants, commencer à sympathiser, apprendre leur langue, décortiquer ses us et coutumes, puis il va quitter l'île pour retourner en Angleterre et là, il lui prend l'envie de refaire un voyage. Si on a lu le premier récit, on les a tous lus. C'est redondant.
Après le fond, la forme. L'écriture de Jonathan Switf est plate. Durant tout le livre, on a un monologue sans aucun dialogue. Les pages sont noircis jusque dans les moindres recoins. J'avoue que le premier voyage m'avait un peu fasciné. Je trouvais intéressant de voir l'auteur dominer tout un peuple de lilliputien. J'ai bien aimé certaines anecdotes comme la scène du feu. le problème, c'est qu'avec le deuxième récit, on reprend la même chose, sauf que cette fois-ci, c'est le narrateur qui se retrouve miniature. J'ai relativement apprécié cette seconde trame.
Enfin ! J'arrive à Laputa. Oh, Laputa, quel magnifique mot qui sonne harmonieusement bien aux oreilles. J'avoue que je suis un peu déçu que Laputa soit à l'origine d'un des Voyages de Gulliver. J'aurais préféré que ce soit le Sensei Hayao Miyazaki l'illustre inventeur. Et là, on se fout de moi. Seulement 23 pages pour cette île qui a donné « Le château dans le ciel » ! Ce qui représente, environ, que 5 % de l'ouvrage !
Bon, Laputa et les autres noms à déformer la mâchoire, ne sont qu'une succession d'îles flottantes dans le ciel, mais ce qui les différencie, ce sont les habitants. Chaque lopin de terre est dirigé par une classe spécifique (scientifiques, magiciens,…).
Encore plus court que Laputa, le voyage au Japon. À cette époque, le Japon commençait à se fermer à l'extérieur. Seuls les hollandais étaient encore autorisés à se balader dans une partie de l'archipel. Il faut dire que européens venaient imposer leur christianisme. le tout est étalé sur trois pages. C'est juste un prétexte pour préparer le voyage du retour vers l'Angleterre.
Ensuite, j'ai lâché peu à peu le livre, car tout m'a semblé sans intérêt.
Un récit qui ne peut plus être apprécié qu'à son époque. D'ailleurs, je n'ai pu lire les textes que d'un regard lointain, par les yeux d'un lecteur et non d'un analyste. Autres faits qui m'ont été insupportables à la lecture, ce fut notamment les unités de mesures restées à l'échelle anglaise (pouce, miles, pied, acre). Comme l'auteur aime s'éparpiller dans les descriptions trop détaillées, j'aurais préféré que le traducteur prenne l'initiative de convertir dans nos bonnes vieilles unités, ce qui m'aurait permis au moins de comprendre et mieux apprécier la vision de l'auteur. Et puis, il y a ces très nombreuses annotations qui ne revoient pas en bas de page, mais dans un épais dossier à la fin du livre. J'étais un peu frustré de couper ma lecture pour chercher ledit mot, tout en tournant les pages.
Si l'envie vous prend de voyager avec Gulliver, je vous conseille l'une des nombreuses adaptations cinématographiques (sous différents formats : film, téléfilm). J'ai même constaté qu'un film d'animation japonais s'en était librement inspiré pour donner « Les voyages de Gulliver dans l'espace » (Garibâ no uchû ryokô) réalisé par messieurs Masao Kuroda et Sanae Yamamoto en 1968.
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critiques presse (1)
Bibliobs   25 juillet 2013
La satire, selon Swift, est «un miroir dans lequel celui qui regarde aperçoit le visage de tout le monde à l’exception du sien propre». Et le lecteur de découvrir, avec Gulliver, la mesquinerie politique et guerrière des petits hommes, l’appétit de l'humanité pour la violence [...], ou encore l’irrationalité de nombre d’expériences qui revêtent pourtant les apparences de la science.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
MissMartyMissMarty   01 mai 2012
(Voyage à Laputa)

La connaissance que j’avais des mathématiques m’aida beaucoup à comprendre leur façon de parler et leurs métaphores, tirées la plupart des mathématiques et de la musique, car je suis un peu musicien. Toutes leurs idées n’étaient qu’en lignes et en figures, et leur galanterie même était toute géométrique. Si, par exemple, ils voulaient louer la beauté d’une jeune fille, ils disaient que ses dents blanches étaient de beaux et parfaits parallélogrammes, que ses sourcils étaient un arc charmant ou une belle portion de cercle, que ses yeux formaient une ellipse admirable, que sa gorge était décorée de deux globes asymptotes, et ainsi du reste. Le sinus, la tangente, la ligne courbe, le cône, le cylindre, l’ovale, la parabole, le diamètre, le rayon, le centre, le point, sont parmi eux des termes qui entrent dans le langage affectueux. Leurs maisons étaient fort mal bâties : c’est qu’en ce pays-là on méprise la géométrie pratique comme une chose vulgaire et mécanique. Je n’ai jamais vu de peuple si sot, si niais, si maladroit dans tout ce qui regarde les actions communes et la conduite de la vie. Ce sont, outre cela, les plus mauvais raisonneurs du monde, toujours prêts à contredire, si ce n’est lorsqu’ils pensent juste, ce qui leur arrive rarement, et alors ils se taisent ; ils ne savent ce que c’est qu’imagination, invention, portraits, et n’ont pas même de mots en leur langue qui expriment ces choses. Aussi tous leurs ouvrages, et même leurs poésies, semblent des théorèmes d’Euclide.


Plusieurs d’entre eux, principalement ceux qui s’appliquent à l’astronomie, donnent dans l’astrologie judiciaire, quoiqu’ils n’osent l’avouer publiquement ; mais ce que je trouvai de plus surprenant, ce fut l’inclination qu’ils avaient pour la politique et leur curiosité pour les nouvelles ; ils parlaient incessamment d’affaires d’État, et portaient sans façon leur jugement sur tout ce qui se passait dans les cabinets des princes. J’ai souvent remarqué le même caractère dans nos mathématiciens d’Europe, sans avoir jamais pu trouver la moindre analogie entre les mathématiques et la politique, à moins que l’on ne suppose que, comme le plus petit cercle a autant de degrés que le plus grand, celui qui sait raisonner sur un cercle tracé sur le papier peut également raisonner sur la sphère du monde ; mais n’est-ce pas plutôt le défaut naturel de tous les hommes, qui se plaisent naturellement à parler et à raisonner sur ce qu’ils entendent le moins ?
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MahaDeeMahaDee   04 avril 2017
Mon père avait un petit bien dans le comté de Nottingham. J'étais le troisième de ses cinq fils. Il m'envoya à l'âge de quatorze ans au collège Emmanuel à Cambridge, où je demeurai trois années durant lesquelles je m'adonnai à l'étude avec une grande application. Mais la charge de mon entretien (je ne recevais pourtant de ma famille et qu'une très maigre pension) était trop lourde pour des gens de fortune modique : on me mit en apprentissage à Londres, auprès de Mr. James Bates, chirurgien éminent chez qui je demeurai quatre ans. Mon père m'envoyait de temps à autre de petites sommes d'argent que j'employais à l'étude de la navigation, et autres disciplines mathématiques, fort utiles à ceux qui songent à partir en voyage, car je prévoyais que telle devait être tôt ou tard ma destinée.
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ZebraZebra   16 septembre 2012
[...] Après deux mois passés à la maison, mon caractère vagabond me conduisit encore en mer à bord de l'Aventure. Là, une révolte de l'équipage m'obligea à descendre sur une terre inconnue. C'est avec une peur justifiée que je m'enfonçai à l'intérieur. Tout à coup, je vis de bizarres animaux couverts de poils qui leur arrivaient jusqu'aux hanches, et parfois jusqu'aux pieds. Dès qu'ils m'aperçurent, ils prirent la fuite, et je ne vis plus, à leur place, qu'une harde de poulains splendides. L'un d'eux me salua de la patte droite, puis s'entretint avec ses compagnons.
- Messieurs, leur dis-je, si vous êtes sorciers, vous me comprendrez. Je viens de très loin et demande l'hospitalité.
Le cheval me répondit par un hennissement où je perçus plusieurs fois le son : "Jahoo". Je le répétai. Alors, bondissant devant moi, les chevaux m'invitèrent à les suivre. [...]
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isajuliaisajulia   26 avril 2013
L’empereur voulut un jour me donner le divertissement de quelque spectacle, en quoi ces peuples surpassent toutes les nations que j’ai vues, soit pour l’adresse, soit pour la magnificence ; mais rien ne me divertit davantage que lorsque je vis des danseurs de corde voltiger sur un fil blanc bien mince, long de deux pieds onze pouces.
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Myriam3Myriam3   17 septembre 2017
"Hélas! dit-il, que la grandeur humaine est peu de chose, puisque de vils insectes peuvent avoir aussi de l'ambition avec des rangs et des distinctions. ils ont de petits lambeaux d'étoffe dont ils se parent, des trous, des équipages, des livrées, des titres, des charges, des occupations, des passions comme nous. Chez eux, on aime, on hait, on trompe, on trahit, comme ici." Voilà comment Sa Majesté philosophait à l'occasion quand je lui avais dit de l'Angleterre; moi, j'étais confus et indigné de voir ma patrie, la maîtresse des arts, la souveraine des mers, l'arbitre de l'Europe, traitée avec un pareil dédain.

Voyage à Brobdingnac
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