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EAN : 9791097417512
Éditeur : Viviane Hamy (16/01/2020)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 33 notes)
Résumé :
«  Pas d’erreur, cette fille était de la race des vaincus. Elle ne tenterait rien. En bonne intello, elle se contenterait d’analyser. Et tu en arriveras à la conclusion que mon père n’a aucune raison de te vouloir du mal. Une déduction erronée. Le souci avec lui, c’est qu’il n’a jamais été maître des émotions étranges qui chevauchent dans les méandres de son esprit. Il est comme un demi-dieu, capable du pire comme du meilleur. Un être absurde et merveilleux, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  20 mars 2020
Livre lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de mars 2020. Un grand merci à Babelio et aux éditions Viviane Hamy.
Une femme de rêve est le quatrième roman de Dominique Sylvain que je lis. Il s'avère à la fois proche et très différent des autres. J'y ai retrouvé une intrigue prenante sur fond d'évasion spectaculaire d'un roi du braquage. Une évasion qui n'est pas sans rappeler un fait divers similaire de ces dernières années en France. Cet homme dangereux forme le point de rencontre de récits concernant d'autres personnes.
Et une partie du roman, dont chaque chapitre s'intitule "L'Élue" se déroule dans un lieu totalement à part avec une jeune femme amnésique qui déambule dans ses rues à la recherche de sa propre identité. Ambiance très spéciale qu'on ne trouve pas couramment dans les romans policiers.
Cette partie-là a eu plus de mal à me convaincre. Finalement j'ai opté pour lire et laisser venir. Des quatre romans de l'auteure lus, Une femme de rêve ne sera sans doute pas mon préféré. Pour autant, je ne m'y suis pas ennuyée et j'ai apprécié la plupart des personnages de l'histoire. Dans chacun ou presque brûle une souffrance intérieure palpable sans jouer néanmoins sur le pathos. Ça les rend éminemment plus humains.
J'ai commencé ce livre en même temps que le confinement strict pour cause de crise de coronavirus. Aussi profité-je de ce billet pour souhaiter à toutes et tous courage et résilience pour les temps à venir. Prenez soin de vous et de vos proches (ou moins proches). J'espère que les livres, nos si puissants alliés, vous aideront eux aussi à surmonter cette période éprouvante. Portez-vous le mieux possible!
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hcdahlem
  23 juillet 2020
Cavale sanglante
Dominique Sylvain a imaginé un meurtrier froid et déterminé qui, après avoir réussi une évasion spectaculaire, décide de régler ses comptes. Mais le polar classique va alors voler en éclats.
La scène est glaçante et donne d'emblée le ton. Ici, pas de sentiment, pas de fioritures. le meurtre est une question de technique, prémédité consciencieusement: «Le projectile 9 mm traverse la boîte crânienne d'une femme et va se ficher dans une carrosserie de voiture. La victime a quarante-deux ans, elle est commandant de police. Son gilet pare-balles ne lui a servi à rien.» Malgré l'arrestation de Karmia, le meurtrier, Schrödinger reste profondément marqué par la vision de sa coéquipière s'effondrant «payant pour tous les autres», pour reprendre les paroles de Karmia, son assassin qui ronge son frein en prison. Et qui va réussir une spectaculaire évasion commanditée par sa fille Nico. Cette dernière va réussir à faire atterrir un hélicoptère au sein de l'établissement pénitentiaire où son père l'attend en compagnie d'Adèle qu'il a pris en otage. le trio va réussir à déjouer les mailles du filet mis en place pour le retrouver. Il y a pourtant urgence, à en juger par la carrière de ce criminel: «Le gars avait commencé sa carrière dans le style gentleman braqueur; au fil des années, l'ambiance s'était gâtée. Fric, fiesta, défonce, alcool, un mélange létal sur le terreau d'une enfance catastrophique. le type avait définitivement implosé au milieu des années 2000. le jour où il avait reçu une balle en pleine poire lors d'une fusillade avec la police. le début d'une lente descente aux Enfers. Qui s'était soldée par un dernier braquo cataclysmique. Une boucherie.»
Si Nico ne comprend pas trop pourquoi il faut s'encombrer d'un otage, elle a appris à obéir sans discuter. Y compris quand son père décide d'une étape supplémentaire avant de rejoindre Marseille où un bateau les attend pour gagner le Brésil où s'est installée sa mère.
Karmia prend la direction de la Lorraine, car il veut revoir une dernière fois Laurence avec qui il a eu une brève mais intense liaison. Cette dernière vit dans une forêt isolée pour y exister son métier. «Elle était devenue audio-naturaliste. Un mot compliqué pour dire qu'elle enregistrait les sons de la nature.» Des sons qu'elle vendait notamment au cinéma. Elle avait aussi collaboré à plusieurs ouvrages avec le photographe animalier Yannick Schneider avec lequel elle partageait désormais sa vie. Autant dire que l'arrivée de Karmia n'est pas vraiment de nature à la réjouir.
Et alors que l'enquête progresse doucement – Schrödinger ayant repris du service – et que les mailles du filet se resserrent, Adèle essaie de se rapprocher de Nico. Car après l'avoir crue «aussi dérangée que son père», elle s'est rendue compte que «c'était surtout une gamine meurtrie et déboussolée» et qu'elle pourrait peut-être s'en faire une alliée. C'est alors que les événements vont s'emballer. Quand la police arrive sur place, elle découvre un corps dans un champ, une ferme en flammes et des protagonistes qui se sont évaporés. Et ce n'est pas le SDF «au regard ravagé» qui erre par-là qui pourra leur être d'un grand secours.
Dominique Sylvain, qui a plus d'un tour dans son sac, va alors faire exploser le roman noir pour nous entraîner dans une nouvelle dimension, celle de ces liens invisibles qui se tissent entre les esprits, celle de ces expériences qui vont au-delà de l'entendement et qui fascinent autant qu'elles interrogent. Et c'est ce qui donne à ce roman à nul autre pareil cette dose de mystère qui font les grandes oeuvres!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Bazart
  02 avril 2020
Charles Karmia, braqueur de banques chevronné et particulièrement violent, vient de s'évader de sa prison, aidé dans son entreprise par sa fille Nico, experte en informatique.
Une folle cavale commence pour Karmia- qui a pris en otage, Adèle une intervenante (en cinéma) de prison-; notamment suivi par un certain Schroedeberg, ancien policier responsable de sa dernière arrestation et qui veut absolument retrouver sa trace.
On aime beaucoup la romancière Dominique Sylvain, encore plus depuis qu'on avait passé un long moment avec elle lors d'un récent Quais du Polar, car on avait le sentiment d'avoir quelques clés de son univers particulièrement mystérieux et poétique qu'elle façonne depuis déjà dix huit romans.
Une femme de rêve, son dernier roman en date- qu'elle aurait du venir défendre à quais du Polar avant la crise du Covid 19- est sans doute un de ses plus réussis, les plus originaux et les plus aboutis.
Et pourtant, on avait déja dit la même chose du précédent Les infidèles . C'est dire si cette romancière est en forme!
Ce braqueur impulsif - dont la référence à Rédoine Faid est évidente- va en profiter pour régler ses comptes avec les fantômes de son passé et notamment Laurence une femme qu'il a énormément aimé et qui vit maintenant dans la forêt.
Dominique Sylvain mélange les genres et joue avec les codes du roman noir avec une dimension sensuelle comme elle sait si bien l'insuffler, et apporte même une touche de fantastique de d'onirisme à travers les pensées d'une plongée dans les pensées d'une femme qui flirte avec l'occulte et l'action débridée.
Plus que par les coupables, Dominique Sylvain s'intéresse surtout à toutes les victimes potentielles et déconstruit son récit autour de ce postulat singulier et somme toute assez rare dans les polars actuels.
Une femme de rêve est porté par des personnages aussi ambigus que difficilement saisissables, et une intrigue résolument contemporaine qui parle aussi des problèmes écologiques et de mondialisation et dévoile des secrets longtemps enfouis.
Dynamitant les codes du roman noir grâce à de la poésie et du fantastique, Dominique Sylvain donne à son nouveau cru une saveur particulière!
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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lucia-lilas
  13 mai 2020
Ah, je suis embêtée, très très embêtée, parce que j'adore les polars de Dominique Sylvain : j'avais chroniqué, il y a deux ans, son avant-dernier roman : « Les Infidèles » dont certaines scènes m'avaient vraiment emballée et j'ai commencé « Une femme de rêve » en étant persuadée que j'allais me retrouver bien tranquille dans ma petite zone de confort, prête à déguster mon cocktail préféré… Si j'ai effectivement retrouvé dans ce roman policier ce qui fait la marque de fabrique de Dominique Sylvain à savoir une écriture vive, intense, tendue, un rythme soutenu, une dimension cinématographique évidente, un suspense puissant qui tient le lecteur en haleine, je dois tout de même avouer une petite déception… Il y a quelque chose qui ne prend pas…
Bon, le sujet d'abord : une jeune universitaire, Adèle Bouchard, donne régulièrement des cours d'analyse cinématographique à une poignée de prisonniers « des étudiants empêchés » : ils décortiquent les scènes de « Pierrot le fou », de « La grande illusion »… Tous les classiques y passent. Chaque participant apprécie ces séances d'analyse et écoute religieusement les propos de la jeune femme. Ces interventions font du bien à ces hommes qui ont sacrément besoin de se changer les idées et d'ouvrir leur horizon. 
Parmi eux, se trouve un redoutable as du braquage, multirécidiviste, qui n'hésitait pas à tuer celles et ceux qui se trouvaient sur son passage lorsqu'il se lançait à l'assaut d'une banque ou d'un fourgon. Ces victimes collatérales ne l'empêchaient pas de dormir en tout cas…
Bref, le dernier braquage s'étant particulièrement mal passé, Karmia, pour ne pas le nommer, s'est pris vingt-huit ans à l'ombre... autant dire la perpète.
D'ailleurs, dans la bagarre, un des flics a perdu son amie qui a reçu une balle dans la tête et se trouve depuis dans le coma. Il ne faudrait d'ailleurs pas que ce flic, un certain Schrödinger , mette la main sur ce Karmia car il n'hésiterait pas à le tuer de la pire façon, c'est certain…
En attendant, Karmia se tait, écoute la prof en se disant que ce sont bien là les paroles d'une intello qui ne connaît pas grand-chose à la vie. Peut-être a-t-il aussi quelques pensées pour sa fille, Nico, toujours prête à lui venir en aide quand c'est nécessaire...
Je n'en dirai pas plus, polar oblige… J'ai horreur qu'on me dévoile le quart de la moitié du début de l'intrigue, donc, je respecte… Évidemment, c'est un peu compliqué après pour chroniquer, mais ça devrait le faire quand même.
Bon, qu'est-ce qui fait que je suis un peu réservée sur ce roman ? J'ai eu le sentiment (ressenti tout personnel) qu'il embrassait peut-être un peu trop de personnages qui, de ce fait, n'étaient, à mon goût, pas suffisamment approfondis, incarnés ni vraiment « exploités » d'un point de vue romanesque… Ils relèvent, pour certains, de l'univers de la BD avec un petit côté caricatural, un léger manque de nuances, qui m'ont empêchée de m'y attacher réellement et de les trouver vraiment crédibles.
Et puis, pour certains, on a à peine le temps de faire connaissance avec que... pschitt, ils disparaissent (pour différentes raisons) et l'on reste un peu sur sa faim en se demandant finalement à quoi ils ont servi… Dommage...
(Qu'est-ce que j'avais aimé le couple des deux flics amoureux dans « Les Infidèles »… Eux, ils étaient sacrément incarnés !!! Mais ça, c'est une parenthèse...)
D'ailleurs, la profession un peu « hors normes » de certains personnages - un prof de ciné, une audio-naturaliste, un braconnier... - aurait pu être davantage exploitée... J'ai eu l'impression parfois d'un feu d'artifice prometteur dont les lumières retombaient en minces filaments à peine visibles...
Il m'a semblé aussi que l'intrigue s'effilochait doucement et que l'on finissait par se disperser, par se perdre dans des espaces, des situations, dont on ne tirait finalement pas suffisamment parti…
Un peu de la même façon, sont abordés de nombreux sujets d'actualité (écologie, bitcoins, réseaux sociaux...) mais leur traitement reste assez superficiel voire artificiel et sans lien profond avec l'intrigue ... Tout m'a semblé un peu épars, disparate, sans unité profonde ni vraie cohérence… le propos, le sujet même du roman, aurait peut-être gagné en puissance en étant plus recentré, plus cadré.
Enfin, les chapitres intitulés « L'élue » (il s'agit de chapitres -avec changement de typographie- un peu mystérieux, qui évoquent l'errance poétique et onirique d'une femme amnésique en quête de son identité mais l'on ne sait pas qui parle) bref, ces passages ne m'ont pas convaincue : je les ai trouvés trop nombreux, trop longs, trop détaillés… Sans doute faudrait-il, pour en apprécier pleinement le contenu, les relire une fois que l'on sait qui est la narratrice afin d'en tirer parti et mieux les comprendre... 
Un peu déçue donc par ce roman. Bien entendu, ce n'est que mon très petit avis et je sais que certains chroniqueurs ont parlé de ce roman en des termes très flatteurs…
Le mieux, c'est que vous le lisiez pour vous faire votre propre idée… On en rediscute après ?
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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sophronie
  12 avril 2020
D'un côté Schrodinger, l'ex flic anéanti après une tentative d'arrestation lors d'un braquage du braqueur Karmia. C'est Séverine, sa coéquipière qui a failli y rester. Elle est dans le coma depuis cet incident en janvier 2017. On est en mars 2018. Depuis Karmia le multirécidiviste est en prison.
Adèle est professeur de cinéma. Elle donne justement des cours à des prisonniers tels que Karmia. C'est durant un cours d'Adèle que Karmia s'évade par hélicoptère avec la complicité d'une jeune femme. Il prend Adèle en otage.
Un autre personnage, l'élue, figure en aparté de l'histoire principale tout le long du roman. Une jeune femme qui n'arrive pas à se souvenir de qui elle, ne voit pas son reflet, semble être seule dans un no man's land.
On devine aussi au fur et à mesure Laurence qui a vécu avec Karmia 8 ans auparavant.
On le comprend Shrodinger va poursuivre Karmia malgré son statut d'ex flic. Karmia entraîne Adèle et Nico, la jeune femme près d'un campement de gitan. Ces gitans sont la deuxième famille de Nico, qui est en fait la fille de Karmia. Les multiples cavales et condamnations de Karmia ont laissé Nico sous la protection de cette famille d'adoption puisque la mère de Nico est partie au Brésil depuis belel lurette.
C'est une course poursuite qui commence, un mauvais road-trip. Karmia veut se venger semble t-il de ceux qui l'ont trahi, blessés aussi.
Sur la liste figure sa propre mère, l'indic qui l'a balancé, Laurence qui l'a quitté pour un autre.
Schrodinger, en plein post traumatisme va tenter d'arrêter cette cavale et ses victime collatérales. le projet de Nico est de partir au Brésil rejoindre sa mère avec son père, par l'océan. Elle gère la fortune de son père en la plaçant dans des bitcoins.
Mais rien ne va se passer comme prévu. Nico va s'avérer plus intelligente et fine que son père. Karmia finit sa course en plein bois, blessé à mort par un ermite qui a sauvé Laurence.
Que vont devenir, Laurence, Adèle, Nico ?
Schrodinger va t-il enrayer la machine infernale qui semble vouloir atteindre la chambre d'hôpital où est soignée Séverine, dont on devine qu'il est fou amoureux ?
La force de ce roman réside dans l'alternance entre l'histoire au présent et un futur proche où navigue ce personnage féminin qui est entre deux mondes. Les deux histoires se rejoignent au fur et à mesure. Plusieurs femmes pourraient être cette élue. Je m'y trompée moi-même.
C'est aussi l'histoire d'une rédemption. Mais aussi d'une jeune femme qui s'est construite seule avec des convictions altruistes malgré la violence.
Un beau roman, bien construit, haletant, qui met bien en valeur les femmes.















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critiques presse (1)
Liberation   17 janvier 2020
Dominique Sylvain nous livre un super polar au rythme trépidant et à l’écriture parfaitement maîtrisée. Quelques passages oniriques dont on ne sait s’ils sont indispensables ou pas mais on finit par y prendre plaisir.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   23 juillet 2020
Le corps d’Adèle Bouchard avait été retrouvé dans un champ. La jeune femme s’était brisé la nuque, probablement en tentant de fuir. Laurence Schneider était introuvable, et son mari, actuellement aux États-Unis, n’avait aucune nouvelle. La ferme des Schneider avait été presque entièrement détruite par les flammes. Un incendie volontaire. On avait trouvé des bidons de diesel à moitié calcinés. Le véhicule de Laurence, un 4x4 rouge qu’elle utilisait quotidiennement, avait disparu. La gendarmerie avait utilisé un hélicoptère pour survoler les bois sans succès. Et personne n’évoquait l’existence de la fille de Karmia. Il alla s’asseoir près de l’église et réfléchit. Lui, il avait une trace de cette fille. Elle dormait dans son portable. Karmia était passé à travers les mailles du filet. Mais tout ça n’expliquait pas ce qu’avait fabriqué sa fille en pleine forêt, fusil en main, en compagnie d’un SDF au regard ravagé. p. 192
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hcdahlemhcdahlem   23 juillet 2020
INCIPIT
Prologue
Vendredi 6 janvier 2017
Le tireur vise sa cible avec son pistolet semi-automatique MAC modèle 1950.
À 14 h 22 mn et 15 s, son doigt appuie sur la détente, et le temps se dilate.
La barrette fait basculer la gâchette qui comprime son ressort. Le chien libé ré pivote vers l’avant, poussé par la bielle sous l’action du ressort de percussion.
Il frappe le talon du percuteur, qui à son tour comprime le ressort, fait saillie dans la cuvette de tir et percute l’amorce. Le bloc culasse abaisse la tête du séparateur qui comprime à son tour le ressort.
Le talon du séparateur touche la barrette qui perd contact avec le talon de la gâchette. L’échappement se produit.
La balle, qui pèse huit grammes, est propulsée vers la cible à une vitesse de trois cent soixante mètres par seconde. L’énergie cinétique déployée à la bouche du canon est de cinq cents joules.
Le projectile 9 mm traverse la boîte crânienne d’une femme et va se ficher dans une carrosserie de voiture. La victime a quarante-deux ans, elle est commandant de police. Son gilet pare-balles ne lui a servi à rien.
L’homme qui a assisté à cette scène ne vit pas dans le même espace-temps que cette balle. Son temps n’est pas amorti. Et son présent prend immédiatement les couleurs d’un cauchemar. Il a vu la femme s’effondrer et le léger nuage rouge jaillir de sa tête.
Il tombe à genoux. Contrairement à sa partenaire, aucune balle n’a traversé son corps. Pourtant, même s’il l’ignore encore, il est blessé . Son cerveau, incapable d’accepter ce qui vient de se produire, est passé en mode protection. Il s’effondre parce que c’est le coût à payer pour sa survie. Comment supporter la réalité lorsqu’elle est devenue inacceptable? En s’écartant d’elle.

L’envol
Jeudi 15 mars 2018
Faire croupir ces hommes à deux pas du Paradis. C’était cela, le projet.
Depuis qu’elle avait débuté ses cours à Mauvoiry, cette évidence frappait pour la première fois Adèle Bouchard. Construire cette prison au-delà d’une avenue bordée de jardins, dans une ancienne abbaye calée entre une collégiale néogothique et un prieuré royal ne pouvait être que l’idée d’un sadique. L’effet é tait renforcé par la précocité du printemps. Le ciel turquoise jouait avec un troupeau de nuages nacré s, la brise chahutait des parfums de fleurs, l’air é tait caressant.
Une beauté inaccessible. Surtout pour ceux qui en avaient pris pour cher.
Elle échangea quelques mots avec les gens de l’accueil, leur abandonna son portable et sa carte d’identité , puis franchit le sas à détecteur de métaux. Chaperonnée par un gardien, elle traversa la cour d’honneur sous les sifflets fusant des cellules.
Les détenus la saluaient à leur manière. Et plus par tradition que par conviction. Pas de propos salaces ou d’insultes, elle faisait ce qu’il fallait pour cela; maquillage et dé colleté bannis, chignon serré , manches longues et baskets noires de rigueur.
Vite, le bâtiment abritant le gymnase et les salles de cours, et après cette première frontière franchir les deux portes aux lourds barreaux. Les verrous grincèrent. Salpêtre, désinfectant, relents de cantine, sueur : la chaleur et le manque d’aération amplifiaient les odeurs. Avec sa peinture écaillée et son éclairage aux néons, le lieu faisait penser à Shutter Island de Scorsese. Un décor entre cauchemar et ré alité, un huis clos aux couleurs de l’Enfer. Comme prévu par le règlement, le gardien lui tendit le talkie-walkie afin de donner l’alerte en cas de besoin. Elle ne s’était jamais sentie menacée. Ou alors par leur enthousiasme. Chaque jeudi matin, il s’agissait de tenir trois heures devant son public le plus exigeant. C’était bien le problème avec ces chers taulards. Ils n’étaient pas dispersés dans un amphi, non, ils lui faisaient face, pinailleurs, curieux comme des mômes pour compenser l’ennui des longues journées, prompts à dé border du sujet quand ils trouvaient l’occasion de parler famille, souvenirs, regrets. Selon l’appellation officielle, ils étaient ses «étudiants empêchés». Malgré ses longs allers-retours en métro et RER, elle ne regrettait rien, fière qu’elle é tait de s’inscrire dans une tradition humaniste, son université proposant depuis longtemps aux prisonniers d’Île-de-France la possibilité de poursuivre des études supérieures. Plus leur peine était lourde, plus ils avaient besoin d’elle. En préparant, en dépit de tout, une licence de lettres modernes, ils luttaient pour demeurer vivants.
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BazartBazart   31 mars 2020
Les yeux clairs de Karmia la fixaient. Elle soutint son regard. Il l’intéressait, ce type. Et ce n’etait pas parce qu’il avait l’âge d’etre son pere. Intelligent comme il l’etait, il aurait pu consacrer sa vie à autre chose que braquer des coffres et des fourgons en laissant des cadavres dans son sillage. Ce n’etait pas sa premiere incarcération, mais son dernier braquage s’etait soldé par un bain de sang, pour lequel il avait ecopé de vingt-huit ans. Autant dire que pour lui, le chemin s’arretait à Mauvoiry.
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sophroniesophronie   09 avril 2020
Le concert durerait un moment. Elle s'assit sur un tapis de mousse. Bientôt, elle eut le sentiment d'être au cœur d'une cathédrale de verdure embrasée par une prière dédiée à la beauté du monde.
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hcdahlemhcdahlem   23 juillet 2020
Son regard pétillait d’intelligence, et son vocabulaire était plutôt sophistiqué . Un sacré gâchis. Elle aurait pu faire de brillantes études. Adèle reprenait espoir. C’était comme si un minuscule ballon d’hélium s’était mis à gonfler sans prévenir entre ses poumons. C’était à la fois bon et douloureux. Nico était aussi une victime. Peut-être pouvait-elle s’en faire une alliée? p. 129
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Vidéo de Dominique Sylvain
Trois romans troublants, habités par la mort, au sommaire de ce Cercle polar. Mictlán : portrait saisissant d'un pays d'Amérique du sud en décomposition avancée. Une femme de rêve : à la recherche, non pas du coupable, mais de la victime, perdue entre la vie et la mort. Maître des eaux : traque mortelle d'un revenant décidé à se venger d'un village qui a détruit sa famille.
Mictlán de Sébastien Rutés (Gallimard) Une femme de rêve de Dominique Sylvain (Viviane Hamy) Maître des eaux de Patrick Coudreau (La manufacture de livres)
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