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Pierre Leyris (Traducteur)
ISBN : 222889611X
Éditeur : Payot et Rivages (05/09/2002)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 19 notes)
Résumé :

Présenté par Pierre Leyris. "J'ai rencontré John Synge pour la première fois pendant l'automne de 1896, alors que j'avais trente et un ans et lui vingt-quatre." (…) Quelqu'un dont j'oublie le nom m'annonça qu'il y avait un Irlandais pauvre sous les toits de l'hôtel et nous présenta l'un à l'autre. Synge était venu récemment d'Italie, il avait joué du violon pour les paysans de la Forêt Noire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
maevedefrance
  01 juin 2012
Ce n'est pas sans quelque appréhension que j'ai ouvert ce livre : John Millington Synge est un tel "monument" de la littérature irlandaise que cela avait quelque chose d'effrayant de l'aborder ainsi en novice ! Parce que je ne suis pas une bête de course pour une lecture en VO, je me suis procurée l'édition française, admirablement traduite par Pierre Leyris.
Les iles Aran (Aran Island) a été publié en 1907 et Synge y relate ses quatre voyages entre 1898 et 1905. Il est parti s'aérer l'esprit là-bas, sur les conseils de Yeats, qu'il a rencontré à Paris, pour lutter contre la mélancolie qui le ronge. Il laisse donc tout derrière lui, les amours malheureuses, les querelles littéraires, il s'en va.
Il ne s'attarde pas trop sur Inishmore, qu'il juge plutôt défigurée par le tourisme (rappelez-vous, nous sommes en 1898, que dirait Synge aujourd'hui ?). Il réside surtout sur l'île du milieu, (Inis Meain, en gaélique, Inishmaan, en anglais), mais visite aussi l'île du sud, Inisheer (ou Inis Oirr, en gaélique).
"Dans les pages qui suivent, je donne un compte-rendu direct de la vie que j'ai menée dans ces îles et de ce que j'y ai rencontré, sans rien inventer ni rien changer d'essentiel", écrit-il en introduction de son récit de voyage. Et c'est bien cette fraîcheur, cette manière de dire les choses sans embages qui m'a séduite.
Synge parvient à embarquer le lecteur avec lui et à lui faire vivre sa vie là-bas. J'ai été bluffée par son écriture très simple et ce regard d'anthropologue à qui rien n'échappe. Il y a un peu de naïveté parfois : il trouve des différences entre les femmes de ces trois îles, dans la forme de leur visage par exemple...
Il n'a aucun a priori, il parvient à approfondir son gaélique, à participer aux fêtes où l'on danse jusqu'à n'en plus pouvoir sur le Noir Coquin. Il teste la poteen (alcool clandestin). Il vadrouille en pampooties, sandales locales, il embarque à bord des coracles (barques des îles Aran qui servent à tout : transporter du bétail, de la tourbe, ou les habitants). Il admire les tenues des femmes, vêtues de jupons rouge foncé, dans ces îles noyées de brouillard - mais parfois aussi arrassées par le soleil. Il n'y a pas un arbre ici : un arbre, pour les îliens d'Aran, c'est un buisson ! Synge est saisi par la rudesse de la vie ici, mais aussi admiratif de la simplicité des habitants qui pourtant savent faire beaucoup plus que les habitants du "continent" : pêcher, naviguer sur cet océan atlantique souvent agité, jardiner sur ces terres arides, bricoler, faire de la soude avec le varech, s'occuper des bêtes, parler deux langues (gaélique mais aussi anglais) et... raconter des histoires !
Captivée, j'ai écouté avec lui les récits de vieilles personnes sur les fairies (traduite par le mot "fées", mais le traducteur précise qu"'il faut se souvenir qu'en Irlande, fairy désigne très souvent des petits êtres masculins, des sortes de lutins") qui sont des êtres malfaisants. Elles sont omniprésentes parmi les habitants, ils vivent avec elles et les craignent.
Ils montrent à Synge leurs repères : "Vous voyez cette paroi rocheuse toute droite ? (...). C'est là que les fées jouent à la balle pendant la nuit, et on peut voir les marques de leurs talons quand on vient le matin, et trois pierres qu'elles ont pour marquer la limite, et une autre grosse pierre sur laquelle elles font rebondir la balle. C'est bien souvent que les gars ont enlevé les trois pierres, mais elles sont toujours revenues là le matin".
Autant dire que ce livre est enchanteur à bien de titres et que c'est avec un pincement au coeur que je l'ai refermé ! Je ne peux que vous conseiller l'expérience de ce voyage fabuleux !
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dbacquet
  24 novembre 2013
Les îles Aran sont constituées de trois ilots au large de Galway, trois ilots quasi désertiques, battus par les vents et les pluies de l'Atlantique. On y trouve cependant des traces d'habitations très anciennes et il y eut d'importants monastères ; mais, quand John M. Synge y vint pour la première fois en 1898, ses habitants semblaient encore étrangers à l'histoire, à la civilisation européenne, vivant selon des rites ancestraux. La langue, a côté d'un anglais souvent rudimentaire, était le Gaëlique, que Synge avait étudié à Dublin. Au début si tout lui parut un peu étrange, dans un climat de si grande désolation, Synge fut vite séduit par ces habitants simples et habiles, tout à la fois paysans et pêcheurs, s'embarquant au péril de leurs vies sur de frêles barques, et qui savaient en dépit de la rudesse de leurs îles se montrer si souvent joviaux. En sorte qu'il y revint à plusieurs reprises et que ces séjours, après des années difficiles, semblent l'avoir régénéré. Il y devint un observateur attentif, écoutant au coin d'un feu les contes des vieillards, sur les fées et les fantômes. Il traduisit également quelques chansons et poèmes et rendit assez bien dans ces comptes rendus qui constituent ce livre le caractère envoûtant de ces iles
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veroherion
  05 janvier 2015
Voici un beau documentaire sur les îles Aran à la fin du 19ème siècle. J'ai eu peur d'être déçue par un style devenu obsolète mais pas du tout.
Les descriptions de paysages, le cri des fous de Bassan, les anecdotes, contes et chansons... Tout y est ! Synge parvient à nous faire habiter les iles et dès lors, elles nous habitent pour un bon moment. J'entends de chez moi les oiseaux de là-bas, je les vois voler, je sens cette brume qui emplit tout de grisaille me traverser, je vois les jeunes femmes en robe rouge filer la laine, j'entends les chants gaéliques des vieux conteurs et en suis toute tourneboulée...
Un très très bon moment de dépaysement et de rusticité comme je les aime !
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LaGeekosophe
  19 février 2018
J'avais envie de retrouver l'univers particulier de l'Irlande sauvage, à l'Ouest de l'île. J'ai donc choisi de lire ce récit de voyage de John Millington Synge, important dramaturge et poète. L'homme ne connaissait pas le Gaélique, Yeats lui conseilla de partie en voyage du côté des îles Aran pour apprendre les rudiments de l'Irlandais.
Dans un premier temps, Synge a une écriture d'une grande finesse et d'une extrême poésie qui parvient à capter l'existence à la fois rude et simple de l'Irlande rurale et insulaire de la fin du XIXe siècle. Scènes de pêche, enterrement, récits au coin du feu, l'auteur retranscrit ce qu'il a vécu avec minutie. Les paysages prennent toute leur ampleur grâce à un sens de l'image d'une grande sensibilité.
Dans ces îles, les légendes et les contes ont une importance particulière. Synge retranscrit des histoires entières racontées par les autochtones. La traditions des conteurs est très développée dans l'Irlande traditionnelle. Les Irlandais croient réellement à ce qu'ils appelle le Petit Peuple, les fée et les sorcières. Ces croyances ne sont pas en contradiction avec le catholicisme, également profondément ancré. L'écrivain a capté cette spécificité de la culture Irlandaise traditionnelle avec bienveillance et réalisme.
En somme, Les îles Aran a été un voyage dépaysant dans une Irlande sauvage et mystique. Entre les journées de pêche et les contes centenaires, c'est la lecture idéale si vous souhaitez en savoir plus sur la mentalité de l'Erin dans ce qu'elle a de plus traditionnel et typique.
Lien : https://lageekosophe.com/
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miriam
  09 septembre 2016
Synge est un conteur merveilleux. Ce récit de quatre séjours dans les îles d'Aran un peu avant 1900, un véritable chef d'oeuvre que je place sur mon étagère virtuelle au près de mes chers Fermore, Chatwyn et Durrell (l'étagère est virtuelle parce que je lis en anglais, en numérique, pour profiter des dictionnaires).
Synge a séjourné à Inishmaan pour pratiquer et améliorer son Gaélique appris à Dublin. Ce n'est donc pas un touriste ordinaire mais un linguiste qui a eu pour professeurs les meilleurs conteurs des îles. Poète, il a su transcrire les récits, les histoires des fées (qui ne sont pas forcément des femmes, et qui peuvent être malveillantes).
Synge observe la vie simple sur ces îles, décrit les paysages, les costumes, la transhumance des bovins et des chevaux sur les curaghs. Fêtes et danses mais aussi naufrages et deuils. La vie est souvent à la merci des vents de l'Atlantique comme ces portes qu'on ouvre pour aérer et éclairer les maisons tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ou comme ce médecin qui pourra venir sauver une femme ou un enfant malade, ou qui sera retenu de l'autre côté de l'océan par la tempête...
Synge a su créer des rapports d'amitié avec les habitants, susciter aussi leur curiosité. Pour que l'échange soit équitable il n'a pas oublié des photographies et son violon, ni les journaux qui donneront des nouvelles de la guerre de Cuba, il y a tant d'émigrés irlandais aux Etats Unis!
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LaGeekosopheLaGeekosophe   16 février 2018
En cette île le continuel va-et-vient de la misère d'hier soir à la splendeur d'aujourd'hui semble créer une affinité entre les états d'âme de ces gens et ceux qui sont présents chez les artistes, tour à tour dans l'extase et l'abattement, ou dans certaines formes d'aliénation.
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veroherionveroherion   05 janvier 2015
Sur ces rochers où ne se développe aucune vie végétale ni animale,toutes les saisons sont les mêmes et cette journée de juin est si pleine d'automne que je tends l'oreille inconsciemment au bruissement des feuilles mortes.
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pchionpchion   11 février 2019
Plus tard, j'eus un long entretien avec un jeune homme qui est curieux de la vie moderne, et je lui expliquai une manœuvre de Bourse compliquée pour accaparer une marchandise, stratagème dont j'avais entendu parler récemment. Lorsque je fus parvenu à lui faire comprendre, il se récria de plaisir et d'amusement.
"Eh bien, dit-il quand ils se fut apaisé, c'est-il pas grande merveille de penser que ces richards sont aussi brigands que nous ?"
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pchionpchion   11 février 2019
John M. Synge a effectué plusieurs séjours sur les îles d'Aran, en suivant les conseils de son ami William Butler Yeats. Nous sommes à la fin du XIXème siècle et les îles d'Aran, à l'Ouest du Connemara, en Irlande, semblent à l'écart de la vague de changements qui surviennent sur le continent. Peu à peu, l'auteur apprend à mieux connaître les insulaires, leur langue et leurs traditions et chaque nouveau voyage est l'occasion de rencontres et de découvertes singulières. Le portrait qu'il dresse d'Aran est passionnant et la fragmentation chronologique de son récit, en fonction des différents séjours, ne pose aucun bien problème, bien au contraire. J'ai apprécié le contenu humain et géographique de ce livre. Cela m'a donné envie de relire "Journal d'Aran et d'autres lieux" de Nicolas Bouvier, pour repérer les similitudes et les nouveautés. Cela m'a donné envie aussi de retourner dans cette partie magnifique de l'Irlande, sachant bien sûr que ce que je verrai ne sera en aucun cas conforme aux descriptions des deux hommes, sauf bien entendu les paysages, ceux au moins qui n'ont pas été dégradés par la présence de plus en plus pesante des touristes.
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LaGeekosopheLaGeekosophe   17 février 2018
Quand le soleil disparut, telle une pastille d'or flamboyant dans la mer, le froid devint intense. Alors les hommes se mirent à parler entre eux; et, perdant le fil, je restai, parti en songe, à regarder la mer d'huile pâle autour de nous et les falaises basses de l'île qui s'élevaient en pente passé le village, avec sa couronne de fumée vers la silhouette de Dun Conor.
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Video de John Millington Synge (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Millington Synge
Le baladin du monde occidental.
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