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ISBN : 225307022X
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/2017)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 537 notes)
Résumé :
« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. »

La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (127) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  12 août 2017
Superbe roman autobiographique de l'écrivaine hongroise, qui relate avec pudeur et émotion l'étrange relation, faite d'attraction et de répulsion, qui s'est créée entre elle et sa femme de ménage, l'énigmatique Emerence.
Tout repose sur la personnalité de cette femme très particulière, au passé complexe, dont elle ne livre que des bribes , différents en fonction de son interlocuteur, de telle sorte que chacun n'a qu'une compréhension partielle de sa vie , et de ce qu'elle est.
Elle ne passe pas inaperçue Emerence, et ne laisse personne indifférent. Elle sait construire un mystère autour d'elle, par les lacunes de son passé, mais aussi avec cette porte , close à tous sans exception, et dont les critères d'ouverture posthume sont très restrictifs.
Autant dire que la vie quotidienne n'est pas simplifiée par la présence de l'employée fantasque. L'écrivaine est loin de contrôler les événements. Pire, ses tentatives pour apprivoiser la vieille femme sont autant de camouflets en retour. D'autant que ce couple conflictuel est complété par un intrus à quatre pattes.
Regrets, remords, culpabilité, liés à la trahison nécessaire, colère, exaspération face à la pugnacité d'Emergence, admiration aussi, impossible à exprimer , toute une gamme de sentiments contradictoires que peut inspirer une telle personnalité sont déclinés avec justesse. Un kaléidoscope : c'est vraiment l'image que m'évoque Emerence, variable au fil du temps, et c'est cette image mouvante qui force l'admiration.
Ce qui frappe dans cette histoire qui semble relatée avec sincérité, c'est la qualité de l'écriture (une grosse frayeur cependant dans la première page, où trône une faute de syntaxe conséquente qui fait craindre pour la suite, mais qui se révèle heureusement isolée, et est vraisemblablement liée à la traduction). Belles constructions de phrases, lexique riche, allusions discrètes à, la situation politique de la Hongrie du début du vingtième siècle, tout concourt à une impression globale d'authenticité.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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jeunejane
  13 juillet 2017
Emerence est concierge d'un immeuble dans une ville de Hongrie. C'est une vieille dame très courageuse, toujours en train de travailler.
Elle parle avec beaucoup de monde dont un policier important mais jamais personne ne rentre chez elle.
"La porte" est fermée au sens propre comme au sens figuré.
Tout cela nous le savons par l'intermédiaire de sa patronne, une écrivaine qui nous raconte le personnage très particulier d'Emerence avec ses moments d'attirance et ses moments de répulsion ou de méfiance.
Emerence est une femme qui a beaucoup souffert dans son enfance, notamment lors d'un orage où elle a perdu des êtres chers.
L'auteure, Magda Szabo s'est inspirée d'une gouvernante qui travaillait dans sa maison pour dresser le portrait de cette étrange dame.
A plusieurs reprises, la voyant atteinte de névroses incontrôlables, je l'ai imaginée profitant des bons soins de Sigmund Freud car le récit se situe au début du vingtième siècle.
Un roman très bien écrit, qui fait froid dans le dos et qui m'a fait éprouver beaucoup d'empathie pour Emerence qui sait qu'elle est capable de maladresses et de violences et les répare comme elle peut, à sa façon.
Quand on a lu le livre et même avant la fin, on comprend le symbole que représente "la porte". Emerence ne veut pas qu'on rentre dans son monde intérieur plein de noeuds.
L'écriture est magnifique et ne souffre pas du tout de la traduction.
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joedi
  27 avril 2018
La narratrice et son mari sont écrivains, ils vivent dans un immeuble à appartements, à Budapest. La narratrice cherchant une femme de ménage, quelqu'un lui conseille Emerence, une concierge. Celle-ci, plus âgée, réserve sa réponse et, au bout d'une semaine accepte la place tout en posant ses conditions. Emerence a le don de souffler le chaud et le froid dans les relations qu'elle entretient avec les autres et, particulièrement, avec la narratrice. Emerence restera au service de la narratrice pendant plus de vingt ans. Emerence est très secrète, personne n'entre chez elle sauf, un jour, anticipant sa mort, elle ouvrira sa porte à la narratrice.
D'une très belle écriture, Magda Szabo offre au lecteur un roman intimiste et psychologique de qualité.
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Sachenka
  26 novembre 2017
Magda Szabo est une auteure hongroise que j'ai découverte récemment et tous ses romans que j'ai lus m'ont plu. Son plus connu, La porte, ne fait pas exception. Sur le coup, je ne l'ai pas trouvé exceptionnel mais, plus le temps passe – il continue à m'habiter plusieurs jours après ma lecture –, plus il me laisse une bonne impression. Je me rappelle que ce fut également le cas avec les autres romans de l'auteure. Quel talent !
Dans La porte, la narratrice est une écrivaine (un double de Szabo ?). Elle et son mari se cherchent une femme de ménage et on lui recommande la concierge d'un immeuble voisin. C'est alors qu'Emerence Szeredas fait son entrée dans leur vie. Et quelle entrée ! C'est que cette domestique travaille bien là où elle le veut et pour le prix qui lui convient. Très rapidement, la narratrice se rend compte que, l'entrevue, c'est l'autre qui la mène. « -Je ne lave pas le linge sale de n'importe qui, dit Emerence. » (p. 14) Un peu plus et ses services constituent une faveur…
Ainsi, La porte est un des plus beaux portraits qu'il m'ait été donné de lire. Et pourtant, on est loin des jeunes et jolies femmes de la littérature ! Vieille femme de ménage illetrée, mais encore en pleine possession de ses moyens, Emerence est forte de corps (j'adore la comparaison « telle une Walkyrie ») comme de tête, intransigeante et farouchement indépendante. Elle soulève les passions, dans un sens comme dans l'autre : ses employeurs sont satisfaits de ses services mais ses voisins détestent ses chats qui tuent les pigeons.
Mais Emerence est surtout secrète. À une ou deux exceptions, dont le lieutenant-colonnel et son neveu, personne n'a jamais franchi la porte de son appartement. Que peut-elle bien garder jalousement ? J'adore les mystères. Quoiqu'il en soi, la narratrice gagne peu à peu le respect, la confiance et l'estime de son employée. Mais parfois un pas en avant deux pas en arrière. Leur relation d'une durée de près de vingt ans est ponctuée par des confidences sans lendemain (le passé de la domestique est incroyable) et des malentendus déplorables.
C'est presque une relation amour-haine. La narratrice, forte de ses succès malgré les nombreuses rebuffades, essaie d'apprivoiser cette domestique qui ne laisse personne envahir son intimité. C'est fascinant de voir évoluer cette relation – du moins pendant un moment. Et que font les hommes pendant tout ce temps ? Très peu, ils restent en retrait. Comme dans d'autres romans de Magda Szabo, les femmes occupent le premier plan.
Toutefois, aussi intéressante que soit cette relation inusitée (le mot amitié me semble un peu fort) entre la narratrice et Emerence, je commençais à m'en lasser un tantinet. Surtout passé le deuxième tiers, je lui trouvais quelques longueurs. Puis, d'un coup, l'intrigue part dans tous les sens : Emerence tombe malade, un incendie se déclare, les voisins ne savent plus où donner de la tête, la narratrice est invitée à recevoir un prix en Grèce. Ouf ! Fort heureusement, la finale est venue tout ramasser et clore l'histoire comme elle le méritait. Bravo !
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ATOS
  07 mars 2017
A l'instant où je m'apprêtais à rédiger ce commentaire de lecture je jetai un dernier coup d'oeil à ma boite à courriels. Voyelles.. consommes, puis de touches en suspension, de syllabes en attente, à traiter, à classer, suppression, ….le livre reposait à ma gauche.
Et puis soudain ce poème de René Char. Venu des méandres d'une mémoire, d'une lecture.
Je dus le relire trois fois. Trois fois pour faire le lien avec le roman de Magda Sazabo , « la porte ».
Un texte c'est toujours une porte. Un poème est un texte. Porter son regard sur les mots c'est toujours donner passage. Donner passage c'est le rendre, c'est engager un témoignage de parole.
C'est se diriger au-delà. du lieu, des autres, et de soi.
Lecteurs, nous sommes des survivants. Nous sommes ce qui reste au présent, après que la dernière des pages ait été tournée.
Un livre c'est une vie. Même fugace, même courte, étrange, différente, ou même identique, un livre c'est une vie. Une vie de village, de labeur, une vie de chien, une vie de quartier, une vie de gamelles, de fichus, de trottoirs , d'escalier, de regards, de soupirs, et de bouts de ficelle.
De tous ces livres dans lesquels nous entrons et ressortons, nous en sommes les sur-vivants. . Est ce là notre commune présence dont parlait René Char ?
« tu es pressé d'écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s'il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir
celle qui t'es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d'elle tout n'est qu'agonie soumise fin grossière
si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t'inclinant
si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armes
tu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueur suave
quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
sans interruption
sans égarement
 
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union. ».
extrait de Commune présence, in Le Marteau sans maître (1934-1935)éditions Corti José

Je découvre une toute petite part de l'univers de Magda Szabo, un entre filet, un rai de lumière.
Et déjà cela suffit pour que s'imprime en moi l'image de cette femme Emerence, l'image de cet immeuble, de cette rue de Budapest, de ces habitants. C'est un talent que de rendre une histoire traversière, à travers temps, à travers porte, à travers chair, ...c'est un talent que Magda Szabo possède.
« La porte » c'est une histoire d'amour, d'amitié entre deux femmes, entre deux mondes.
Une histoire d'honneur, de fierté, de bonté, de paroles rudes et fortes.
C'est l'histoire d'un manque, d'une empreinte, celle de ce que le tumulte du monde pousse devant notre porte.
Ce que l'orage emporte, ce que l'hiver vous offre , ce qu'une âme vous donne.
C'est un roman comme un velours. Un velours auquel on tient.
Un velours au parfum qui vous entraîne doucement, tout au fond de votre coeur, là juste en face de chez vous. Un morceau de velours dans lequel est enveloppé tout ce qui vous tiendra pour le reste de votre route éveillé  : un jour, un matin, l'odeur d'un plat, un mot, un prénom, une pensée.
Juste en face , à dire vrai, ce n'est pas loin, c'est juste la porte à côté.
Mais encore faut-il prendre le temps, y songer, y penser, ouvrir votre porte et traverser.
J'ai infiniment aimé ce roman.
Ce livre a son secret. Je peux en témoigner .
Alors... ouvrez « la porte », et vous comprendrez.
Traduction du hongrois par Chantal Philippe.
Astrid Shriqui Garain


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critiques presse (2)
Telerama   08 février 2017
L'abrupte Magda Szabó scrute la relation qui tout ensemble unit et oppose une intellectuelle et sa vieille domestique, avec la Hongrie communiste en arrière-plan.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaCroix   27 janvier 2017
Tout oppose les deux femmes, même l’âge, et leur histoire se lira comme une ode à la beauté des relations humaines.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
OloutamOloutam   12 juin 2018
On sait parfois par intuition quelle fleur pourrait être quelqu'un, s'il était né fleur. Elle ne serait certainement pas une rose : la rose, étalage presque impudique de carmin, n'est pas une fleur innocente. J'ai tout de suite senti que ce n'était pas la fleur d'Emerence, et pourtant je ne savais encore rien d'elle, encore moins quelle fleur elle eût été.
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bilodohbilodoh   07 juin 2018
… la maudite souffrance primaire qui nous envahit devant un être aimé alors qu’il se trouve, redevenu poussière, dans un petit quelque chose en forme de vase, et qu’à cet instant il faudrait croire que ce qui est là est celui qui nous souriait.

(Points, p. 332)
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FortunaFortuna   06 juillet 2016
Je crois que nous jouissions pleinement de la vie, si un étranger venu chez nous pour la première fois, en voyant Emerence vaquer à la cuisine, l’avait prise pour ma tante ou ma marraine, je ne l’aurais pas détrompé, il était impossible d’expliquer la nature, l’intensité de notre relation, ou le fait qu’ Emerence était pour chacun de nous une nouvelle mère, bien qu’elle ne ressemblât à aucune des nôtres. La vieille femme ne nous harcelait pas de questions, nous ne lui en posions pas non plus, elle livrait ce qui lui semblait bon, mais en fait, elle parlait peu, comme une véritable mère dont le passé ne compte plus quand elle ne s’occupe de rien d’autre que de l’avenir de ses enfants.
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SachenkaSachenka   22 novembre 2017
Je rêve rarement. Quand cela se produit, je me réveille en sursaut, baignée de sueur. Alors je me rallonge, j'attends que mon coeur cesse de battre la chamade, puis je médite sur le pouvoir magique, irrésistible de la nuit. Dans mon enfance, dans ma jeunesse, je n'avais pas de rêves, ni de bons ni de mauvais. À présent, c'est l'âge qui charrie sans relâche les alluvions du passé en une masse de plus en plus compacte, horreur dense d'autant plus alarmante qu'elle est plus étouffante, plus tragique que ce que j'ai jamais vécu.
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FortunaFortuna   07 juillet 2016
Emerence, pour qui tout eût été possible malgré son âge, au moins quand les grands changements étaient intervenus, avait salué les mutations de l’histoire de remarques ironiques, et jeté à la face des éducateurs du peuple que personne n’avait à lui dicter quoi que ce soit, les sermons sont pour l’église, encore enfant, on l’avait enlevée de chez elle pour qu’elle fasse la cuisine, sans lui demander si elle le pourrait, elle servait à Budapest depuis l’âge de treize ans, que ses visiteurs retournent là d’où ils venaient, surtout qu’ils s’en aillent de son entrée, parce qu’elle vivait du travail de son corps, pas de sa bouche comme les propagandistes, et qu’elle n’avait pas de temps à perdre à écouter des sornettes.
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