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Margot Carlier (Traducteur)
ISBN : 2742780688
Éditeur : Actes Sud (04/11/2008)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Gottland, c'est ainsi que le brillant journaliste polonais Mariusz Szczygiel nomme la République tchèque, en jouant avec le nom d'une vedette de la chanson. Sur ses voisins, qu'il chérit et dont il parle la langue, il signe un livre érudit et magistralement composé où l'on trouve des personnages et des histoires insolites : l'édification du plus grand monument de Staline au monde ; l'ascension et la chute d'une star du cinéma tchèque dont Goebbels était tombé éperdu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  15 février 2018
"C'est une histoire vraie, plus ou moins"
(Kurt Vonnegut, Abbatoir 5)
le titre "Gottland" peut paraître mystérieux...cela vous évoque, sans doute, une sorte de royaume belliqueux vaguement germanique.
Et pourtant - n'importe quel Tchèque s'amusera de cette appellation - "mais oui, le Gottland, c'est chez nous !".
Un peu ironique, certes, néanmoins vrai - avec QUI le peuple tchèque a traversé toutes ces années, tous ces régimes politiques, les joies et les misères ? ....Avec le grand crooner national - le seul, l'unique, Karel Gott !
Gott , autant que je sache, était toujours là - à 80 balais il nous a sorti une reprise de "Forever Young" - et je pense qu'il sera là pour toujours....
Les Tchèques ont une légende selon laquelle, quand la nation sera en péril, les chevaliers endormis dans la montagne de Blanik sortiront pour sauver le royaume. Qui sera à la tête de cette armée ? Je ne vois qu'une personne...déjà, les rebelles hussites faisaient fuir leurs ennemis avec le chant...!
J'étais curieuse ce que le tchècophile polonais, le reporteur Mariusz Szczygiel, pourrait bien raconter sur les Tchèques.
C'est un livre de non-fiction, composé de récits courts, épisodes de l'histoire, anecdotes... Szczygiel n'essaye pas de développer les mythes, mais plutôt d'aborder l'âme tchèque avec l'intelligence et humour, sans inventer ou déformer les faits. Il cherche les témoins vivants, fouille dans les archives, et arrive à présenter une galerie de personnages et les événements qui illustrent bien telle-quelle époque.
Attention, ceci n'est pas un livre pour les "débutants" qui veulent apprendre plus sur les faits historiques; ni un guide touristique. le but de ce livre est est de montrer comment cette petite nation au coeur d'Europe a su gérer les changement historiques et politiques - avec quelle soumission et résilience apparente, tout en grattant sous la surface avec rage. Et avec humour, aussi...
Vous avez une histoire de royaume de chaussures Bata - une mini-Amérique transportée dans la ville de Zlin - forgée, tout compte fait, sur le même modèle que celui des communistes (travail à la chaîne, endoctrinement, mode de vie quasi puritain ), mais démantelé et confisqué en 48 par le gouvernement communiste de Gottwald (un autre Gottland, en somme...)
Vous avez une histoire de la belle et naïve actrice Lida Baarova, maîtresse de Goebbels, accusée de la collaboration.
Une histoire de la statue géante de Staline, érigée et détruite sur les hauteurs de Prague.
du groupe punk le plus subversif de toute l'Europe centrale, The Plastic People of the Universe, dont le procès était à l'origine de la Charte 77, instiguée par Vaclav Havel.
Des écrivains et des réalisateurs interdits, tolérés, et ceux qui retournaient leur veste, soit par ruse, soit par lâcheté.
Les histoires incroyables....
Les Tchèques avaient un mot pour tout ça - "kafkarna" - une période absurde à la Kafka; "on sait bien que ça ne va pas, mais on n'en parle pas..."
Alors, sont-ils vraiment une nation de "brave soldat Chveik", un personnage en apparence soumis, mais qui, à la fin, n'en fait qu'à sa tête ? Chveik, sous sa "bêtise", n'est-il pas un rebelle ? Il veut seulement survivre...
Tandis que Jan Hus ou Jan Palach n'ont pas survécu. Et bien d'autres...
Bon, c'est le moment de révéler la terrible vérité.
Que le ciel s'ouvre et la foudre de Dieu me terrasse, mais....je n'aime PAS les chansons de Karel Gott !
....il ne se passe rien ! C'est peut-être parce que (selon l'auteur) les Tchèques sont la nation la plus athée qui soit. Ou parce que Gott (avec son sourire radieux et ses(?) dents éclatantes de blancheur) est un être miséricordieux.
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Nikoz
  30 août 2017
Très courtes touches, couches, successives, qui désignent, qui dessinent le voisin, le lointain, le souffrant sous le joug.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   31 janvier 2018
(Concernant la statue géante de Staline à Prague)

Aucun sculpteur n'a le droit de refuser son participation au concours organisé à cet effet. Dans un délai de neuf mois, cinquante-quatre artistes doivent présenter leur projets. Dieu merci, Ladislav Saloun est déjà mort ! disent les habitants de Prague à propos du sculpteur tchèque le plus réputé. Pour ne pas remporter le concours, Karel Pokorny, considéré comme son successeur, dessine le chef suprême avec les bras grands ouverts dans un geste amical, donnant ainsi à Staline un petit air de Jésus.

A présent, Otakar Svec façonne son modèle à la va-vite et - selon la rumeur - sous l'effet de deux bouteilles de vodka. C'est un honnête homme, aussi plagie t-il volontairement un projet d'avant-guerre représentant Miroslav Tyrs, un activiste bourgeois que le communistes n'apprécient guère.
Hélas, il gagne.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   13 février 2018
Les paroles de ... ont été à la fois interprétées comme une étourderie d'artiste et comme une attitude à la Chveik - donc une étourderie parfaitement consciente. Car le grand principe du brave soldat Chveik est de survivre. En février 2002, dans son édition de week-end, le journal tchèque "Mlada fronta dnes" lance une discussion sur le sujet : pourquoi les Tchèques n'aiment pas les héros ? "Il y a des siècles, cette nation était considérée comme une bande de radicaux armés. Alors pourquoi, aujourd'hui, Chveik est devenu notre symbole national ?" demande la rédaction et elle fournit elle-même la réponse : "Parce que nous savons parfaitement que l'héroïsme n'est possible qu'au cinéma. Et que personne ne vit dans le vide."


Nombre de chercheurs soutiennent : "Ce n'est certainement pas un clown inconscient."
Chveik - le philosophe de la condescendance rusée.
Mais aussi le parfait modèle de l'adaptation réussie.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   06 février 2018
L'homme qui doit liquider Staline - l'ingénieur Vladimir Krizek - reçoit de la part des autorités la recommandation la plus curieuse qu'il ait jamais entendue : "Il faut détruire le monument avec la plus grande dignité."

Il est interdit de bourrer d'explosifs la tête de Staline.
Personne n'a le droit de tirer sur la tête.
Aucun coup de feu ne doit être entendu.
Il est formellement interdit d'en parler, de photographier ou de filmer la destruction. Si quelqu'un le fait, il sera immédiatement arrêté.
L'entreprise de l'ingénieur Krizek est tétanisée par la peur.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   29 janvier 2018
Au lendemain de l'annexion de l'Autriche par le IIIe Reich, conscient du sort réservé à la Tchécoslovaquie, il se réveille avec une idée dans la tête. Bientôt, ce sera le "grand concert" des puissants. Même Varsovie estime que la Tchécoslovaquie est une création artificielle, condamnée à disparaître.
Dans son propre journal "Zlin", Jan Antonin Bata annonce l'idée qui lui est venue au réveil - transférer la Tchécoslovaquie en Amérique du Sud.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   29 janvier 2018
Deux représentants de Bata partent en Afrique du Nord pou évaluer le potentiel de vente. Ils envoient à Zlin deux télégrammes différents. Le premier écrit : "Personne ne porte de chaussures ici. Marché inexistant. Je rentre."
Le deuxième télégraphie : "Toute le monde est pieds nus. Perspective de vente énormes, envoyez vite les chaussures."
Les chaussure Bata conquièrent le monde, et la firme crée peu à peu sa propre mythologie.
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