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Citations sur Le Pianiste (83)

Luniver
Luniver   02 juillet 2013
D'une voix indignée, empreinte d'amertune, [le dentiste] s'est exclamé :
« C'est une honte pour nous tous ! Nous les laissons nous conduire à la tuerie comme des moutons à l'abattoir ! Si nous attaquions les Allemands, le demi-million que nous sommes, nous pourrions nous libérer du ghetto, ou en tout cas mourir dignement au lieu de laisser une page aussi honteuse dans l'Histoire ! »
Père l'écoutait, d'un air assez embarrassé mais avec un sourire compréhensif. Réprimant un imperceptible mouvement de lassitude, il a remarqué :
« Comment êtes-vous si sûr qu'ils nous envoient à la mort ? »
En se tordant les mains, le dentiste a répliqué avec nervosité :
« Je n'en suis pas absolument certain, évidemment ! Comment le pourrais-je ? Vous croyez peut-être qu'ils nous le diraient ? Mais il y a quatre-vingt-dix chances sur cent qu'ils ont l'intention de tous nous liquider, croyez-moi ! »
Père a eu de nouveau un sourire, comme si cette réponse venait le confirmer dans ses convictions.
« Regardez ! lui a-t-il demandé en désignant d'un geste l'esplanade : nous ne sommes pas des héros, nous, mais des gens tout ce qu'il y a d'ordinaire ! Et c'est pourquoi nous préférons prendre le risque de garder l'espoir même dans ces dix pour cent de chances que nous avons de survivre. »
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Luniver
Luniver   30 juin 2013
À la porte du studio, un vieux pianiste qui travaillait lui aussi pour la radio m'a attrapé le bras. Cher professeur Ursztein... Alors que le commun des mortels calcule en jours et en heures, son unité de mesure personnelle était la décennie de carrière d'accompagnateur. Ainsi, quand il cherchait à situer quelque événement dans le passé, il commençait invariablement par un : « Attendez voir... Oui, à l'époque, j'accompagnais un tel ou une telle. » Et une fois après avoir retrouvé de cette manière la période concernée et l'avoir localisée dans le temps, de même qu'une borne marque la distance au bord de la route, il laissait sa mémoire revenir au reste de ses souvenirs, évidemment moins importants que ce repère. Là, il semblait désorienté, abasourdi : comment mener cette guerre sans accompagnement au piano ? De quoi aurait-elle l'air ?
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Luniver
Luniver   01 juillet 2013
À un moment, un garçon est arrivé vers nous en se frayant un chemin dans la foule. Il avait une boîte de bonbons accrochée au cou par une ficelle et les proposait à un prix absurde, quand bien même on se demandait ce qu'il pensait faire de tout cet argent par la suite... En réunissant nos dernières petites pièces, nous n'avons pu lui acheter qu'un seul caramel à la crème. Père l'a découpé en six parts avec son couteau de poche. C'est le dernier repas que nous avons pris tous ensemble.
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enjie77
enjie77   14 avril 2020
Toute guerre fait émerger au sein des minorités nationales une fraction trop lâche pour se battre ouvertement, trop inconsistante pour jouer un quelconque rôle politique, mais assez veule pour se transformer en bourreaux stipendiés par l'une ou l'autre des puissances du conflit. Au cours de celle-ci, ce sont les fascistes ukrainiens et lituaniens qui ont occupé cette place.
Roman Kramsztyk a été l'un des premiers à tomber sous leurs balles lorsqu'ils ont commencé à prêter la main à l'opération de juillet. Son immeuble encerclé, il n'a pas voulu descendre dans la cour au coup de sifflet, préférant mourir chez lui, entouré de ses tableaux, quand ils ont écumé les étages!
C'est aussi à ce moment que Kon et Heller, ces deux magnats juifs qui collaboraient avec la Gestapo, ont été liquidés. Par excès de confiance ou peut-être par ladrerie, ils ne graissaient la patte qu'à l'un des deux commandants SS à Varsovie et ils ont eu la malchance d'être capturés par les hommes placés sous les ordres de l'autre. Les autorisations de complaisance que Kon et Heller leurs ont présentées n'ont fait qu'exciter encore plus leur haine puisqu'elles avaient été émises par l'unité SS rivale. Non contents de les abattre comme des chiens, ils ont fait venir deux tombereaux aux ordures et c'est ainsi, au milieu des immondices, que les deux nababs ont accompli leur dernier voyage jusqu'à la fosse commune.


page 110
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Nastie92
Nastie92   25 novembre 2016
Le mal, la férocité sont toujours tapis dans le cœur humain et il suffit qu'on les laisse se développer librement pour qu'ils se mettent à croître, à développer d'obscènes rameaux, à engendrer les idées monstrueuses qui finissent par rendre possible qu'on assassine Juifs et Polonais de cette manière.
(Extrait du journal du capitaine Wilm Hosenfeld)
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lenaknight
lenaknight   03 mars 2012
Elle était une énigme pour moi, et désormais elle le restera pour toujours.
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fred68piano
fred68piano   21 octobre 2013
D'autres tentaient d'en appeler à la conscience des passants, de les persuader :"On a tellement faim, tellement... On n'a rien mangé depuis des jours. Donnez-nous un quignon, rien qu'un quignon, ou si vous n'avez pas de pain au moins une pomme de terre, un oignon, juste de quoi tenir jusqu'à demain matin." Mais cet oignon, cette pomme de terre, rares étaient ceux qui les possédaient, et même dans ce cas ils n'arrivaient pas à les retrouver dans leur coeur pour les céder aux petits mendiants, parce que la guerre avait mué leur coeur en pierre.
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krzysvanco
krzysvanco   28 décembre 2020
“Tu vas voir, un beau jour tout ça va se terminer parce que ... Il a soulevé les bras, perplexe ... parce que ça n’a pas vraiment de sens, non ?”
Il s’exprimait avec une conviction à la fois burlesque et assez désespérée, comme si l’absurdité totale de ce qui nous arrivait était à elle seule la preuve que cela ne pouvait pas durer.
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Utopia
Utopia   26 septembre 2014
Quand j'ai posé mes doigts sur le clavier,j'ai senti qu'ils tremblaient. Habitué que j'avais été à gagner ma vie en plaquant des accords, je devais donc la sauver maintenant de la même manière !
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Bobby_The_Rasta_Lama
Bobby_The_Rasta_Lama   08 août 2017
Je ne sais toujours pas comment j'ai pu survivre à ces moments. Dans la chambre, chez mes amis, quelqu'un assis juste à côté de moi a été tué par un éclat d'obus. J'ai passé deux nuits et un jour avec dix autres personnes, debout dans un minuscule cabinet de toilette. Quelques semaines plus tard, alors que nous n'arrivions pas à y croire et que nous avions tenté de répéter l'expérience, nous avons constaté que nous ne pouvions y entrer qu'à huit, au grand maximum, même en nous serrant à la limite de l'étouffement. La peur panique de la mort expliquait seule cet exploit.
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