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Piotr Kaminski (Traducteur)
ISBN : 2213598533
Éditeur : Fayard (11/12/1996)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Recueil d'une soixantaine de poèmes, extraits de différents recueils publiés de 1957 à 1996.
*********
Edition bilingue franco-polonaise de 66 poèmes de Wisława Szymborska.
Les plus beaux poèmes de la lauréate du Prix Nobel de Littérature1996 - Wisława Szymborska - choisis et traduits par Piotr Kamiński.
"Les poèmes de Wisława Szymborska n'ont ni réponses simples ni consolations faciles. Ces vers ont par contre
... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
coquecigrue
  13 mai 2011
La poésie de Szymborska est un parfait oxymore, toute en gravité légère ou en grave légèreté. Philosophique, concise ou pléthorique, elle excelle dans l'art de faire changer notre angle de vue sur les choses. Elle cultive l'humour et l'autodérision. Je déplore juste que sa traduction française s'abîme parfois dans l'explication du texte au lieu de laisser la passerelle poétique telle que l'auteure l'avait imaginée, arriver (ou pas, tant pis) vers le lecteur.
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Plouzennec
  22 novembre 2017
Szymborska a une langue très personnelle, utilisant les clichés quotidiens, « les mots simples comme bonjour ». Mais elle fait sauter ces clichés des conversations banales dans le cerceau de feu de ses jonglages de langue. Car elle déconstruit grammaire et sémantique avec ardeur. On croit sans peine comprendre ses tournures, mais par ses jeux verbaux, elle trace des cercles d'ambiguïté autour d'elle. Sa poésie, régulière et rimée, contient bien des pièges où l'absurde se prélasse avec délectation. Tout semble élégant, des notes d'observation du monde, des croquis comme dentelles. Mais elle montre les limites des tensions et des mensonges de la langue et de la communication uotidienne. Et sous la surface de ses poèmes, souvent le sol se dérobe.
Lien : http://www.espritsnomades.co..
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47library
  19 décembre 2012
Je frappe à la porte de la pierre
- C'est moi, laisse-moi entrer.
- Je n'ai pas de porte, dit la pierre.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
coquecigruecoquecigrue   13 mai 2011
Oignon

L'oignon c'est pas pareil.
Il n'a pas d'intestins.
L'oignon n'est que lui-même
foncièrement oignonien.
Oignonesque dehors,
oignoniste jusqu'au coeur
il peut se regarder,
notre oignon, sans frayeur.

Nous : étranges et sauvages
à peine de peau couverts,
enfer tout enfermé,
anatomie ardente,
et l'oignon n'est qu'oignon,
sans serpentins viscères.
Nudité multitude,
toute en et caetera.

Entité souveraine
et chef-d'oeuvre fini.
L'un mène toujours à l'autre
le grand au plus petit,
celui-ci au prochain,
et puis à l'ultérieur.
C'est une fugue concentrique
L'écho plié en choeur.

L'oignon, ça s'applaudit :
le plus beau ventre sur terre
s'enveloppant lui-même
d'auréoles altières.
En nous : nerfs, graisses et veines
mucus et sécrétions.
On nous a refusé
l'abrutie perfection.
+ Lire la suite
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coquecigruecoquecigrue   13 mai 2011
Eloge de la mauvaise opinion de soi

Le busard n'a strictement rien à se reprocher.
Les scrupules sont étrangers à la panthère.
Les piranhas ne doutent jamais de leurs actions.
Le serpent à sonnettes s'approuve sans réserve.

Personne n'a jamais vu un chacal repenti.
La sauterelle, l'alligator, la trichine et le taon
vivent bien comme ils vivent, et en sont très contents.

Un coeur d'orque pèse bien cent kilogrammes
mais sous tout autre aspect demeure fort léger.

Quoi de plus animal que la conscience tranquille
sur la troisième planète du Soleil.
+ Lire la suite
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moraviamoravia   08 février 2014

Gare


Ma non-arrivée dans la ville X
a eu lieu ponctuellement.

Je t'avais averti
par une lettre non envoyée.


Tu n'es pas venu à temps
exactement comme prévu.

Le train est arrivé quai trois.
Beaucoup de gens sont descendus.

L'absence de ma personne
suivit la foule jusqu'à la sortie.

Quelques femmes m'ont remplacée
rapidement
dans cette marche rapide.


L'une d'elle a été accueillie
par quelqu'un qui m'était inconnu,
mais elle l'avait reconnu
immédiatement.

Ils ont vite échangé
un baiser qui n'était pas le nôtre
Suite à quoi on a égaré
une valise qui n'était pas la mienne.

La gare de la ville X
a réussi l'examen
de l'existence objective.

Le tout bien planté à sa place.
Les détails se mouvant dans l'ordre
sur des rails désignés à l'avance.

Même le rendez-vous
avait bien eu lieu.

Sans que puisse l'atteindre
Notre présence.

Au paradis perdu
de la probabilité.
Ailleurs. Ailleurs.
Quelle musique dans ce mot.
+ Lire la suite
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HardivillerHardiviller   01 avril 2015
Quand je prononce le mot AVENIR ,
Sa première syllabe appartient déjà au passé .
Quand je prononce le mot SILENCE ,
Je le détruit .
Quand je prononce le mot RIEN ,
Je crée une chose qui ne tiendrait dans aucun néant .
Commenter  J’apprécie          120
PlouzennecPlouzennec   22 novembre 2017
Une voix dans la discussion sur la pornographie

Il n’est pas de débauche pire que la pensée.
C’est une sale graine qui sème à tout vent,
sur nos plates-bandes faites pour des marguerites.

Il n’y a rien de sacré pour ces coquins qui pensent.
Désignations osées des choses par leur nom,
licencieuses analyses, grivoises synthèses,
chasse dévergondée aux faits tout nus,
tripatouillage obscène des sujets délicats,
le frai des opinions, voilà ce qui les allume.

En plein jour, ou alors sous le couvert de la nuit,
accouplements, triolismes, ou alors tous en rond.
Peu leur importe l’âge et le sexe des partenaires.
Leurs yeux brillent, leurs joues s’enflamment.
L’ami entraîne l’ami dans la déchéance.
Filles indignes pourrissent leur propre père.
La petite sœur jetée dans le stupre par son frère.

Ils affectionnent d’autres fruits
de l’arbre des connaissances interdites,
que les fesses roses qu’on voit dans les magazines,
toute cette pornographie simplette, en fin de compte.
Les livres qui les excitent ne sont guère illustrés,
et pour toute distraction n’arborent que ces phrases
très spéciales, marquées à l’ongle, ou au crayon.

Pure horreur! Dans quelles positions,
avec quelle simplicité scabreuse,
un esprit parvient à en féconder un autre !
Jusqu’au Kamasutra qui ignore ces postures.

Lors de ces saillies le thé seul est en chaleur.
On reste sur sa chaise, en remuant les lèvres.
On ne croise jamais que ces deux jambes à soi.
De cette manière un pied touche le sol
tandis que l’autre ballotte librement dans l’air.
De temps à autre seulement
quelqu’un se lève et va à la fenêtre
et, par un trou dans le rideau
mate la rue
+ Lire la suite
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Videos de Wislawa Szymborska (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wislawa Szymborska
Wisława Szymborska – Remerciements. lu par Laurent Keller
Remerciements
Je dois beaucoup à ceux dont je ne suis pas amoureuse.
Le soulagement d’apprendre que d’autres ils sont plus proches
La joie de ne pas être le loup de leurs agneaux.
La paix vient avec eux, et la liberté, choses que l’amour ne saurait donner, ni prendre au demeurant.
Je ne les attends pas de la porte à la fenêtre. Patiente tel un cadran solaire, prête à comprendre ce que l’amour ne saurait comprendre, à pardonner ce que l’amour ne pardonnerait jamais.
D’une lettre à une rencontre s’étale non pas l’éternité, mais quelques jours tout bêtes, ou quelques semaines.
Avec eux les voyages sont réussis, les concerts bien entendus, les cathédrales bien visitées, et les paysages bien distincts, et lorsque des terres et des océans nous séparent, il s’agit d’océans et de terres bien connus de la géographie.
C’est à eux que je dois de vivre en trois solides dimensions dans un espace non lyrique, et non rhétorique doté d’un horizon réel, mobile, comme il se doit.
Ah ils ignorent sans doute combien ils m’apportent dans leurs mains vides.
« Je ne leur dois rien du tout » dirait l’amour à ce sujet ouvert. (Radio Grille Ouverte, Poésie en ballade, Diffusé le 15/11/2016)
+ Lire la suite
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