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ISBN : 2253182036
Éditeur : Le Livre de Poche (07/03/2001)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Anton Strübell est un ancien cadre nazi vivant paisiblement, comme un riche aristocrate, sous la protection du gouvernement syrien. Son fils vient recueillir ces abominables mémoires pour les publier sur Internet, dit-il. D'abord peu critique, puisqu'élevé dans l'idéal du national-socialisme hitlérien,le fils va progressivement évoluer devant ce père sans remords, n'ayant jamais discuté les ordres, aussi terribles soient-ils, encore acquis à la cause nazie et visibl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
boulaycarine
  04 juillet 2013
Auteure d'une trentaine de romans, Maud Tabachnik explore les noirceurs de l'esprit humain à travers ses romans politiques et historiques. Paru aux Éditions du Masque en 1999, LA MÉMOIRE DU BOURREAU vient d'être réédité chez J'ai lu. Une couverture évocatrice associée à un titre percutant, pour une première fois marquante …

Anton Strübell, ancien commandant de camp SS vit paisiblement comme un riche aristocrate sous la protection du gouvernement syrien.
Son fils Gerhardt vient recueillir ses abominables souvenirs afin de les diffuser sur Internet. Anton Strübell raconte … Son idéal, son combat, ses espoirs mais aussi sa vie d'homme, sa femme et ses enfants.
Mais au fil des entretiens, Gerhardt supporte de plus en plus mal le passé de son père, empreint de mort, de violence et de cruauté.
Rapatrié en Allemagne suite à un problème de santé, Anton Strübell est sauvé par le Docteur Klein et devra affronter la mémoire de l'Histoire.

Maud Tabachnik plante le décor de manière originale en ouvrant son roman directement par un dialogue. Une conversation entre un père et son fils, quoi de plus banal ? le tête-à-tête prend une tournure nettement moins ordinaire lorsque le père est un des principaux chefs SS rescapés de la guerre.
Pour rédiger LA MÉMOIRE DU BOURREAU l'auteure s'est glissée dans la peau d'un tortionnaire. Un homme qui par soumission a volé, déporté, torturé et tué. Un nazi convaincu, qui avait pour mission de donner la chasse aux Juifs désignés comme les principaux responsables de la pitoyable situation de l'Allemagne. Un soldat prêt à donner sa vie pour le Führer, qui admettait que sacrifier « les fruits pourris d'une récolte » était une décision qui s'avérait nécessaire, puisqu'elle ne concernait que des sous-hommes, des déchets de cette humanité qu'il fallait sauver. Un homme persuadé que le national-socialisme était l'espoir et qui pensait au destin grandiose qui l'attendait grâce au Führer. Un homme prêt à tout recommencer …
“Nous étions persuadés que le Reich allait durer mille ans ; que notre race dominerait, et montrerait le chemin. Nous voulions pour nos enfants ce qu'il y avait de mieux. Chaque ennemi que nous terrassions était une marche qui nous hissait plus haut vers la victoire. Que valaient pour nous ces populations misérables, que nos chefs nous désignaient comme n'appartenant pas à l'humanité, et dont il fallait se défaire ? Nous voulions créer un homme nouveau, un monde nouveau. Nos chefs nous avaient persuadés que nous le pouvions. Eux, d'une Allemagne écrasée et humiliée, avaient fait l'élite des nations. Elle combattrait contre tous et elle vaincrait."
Élevé dans l'idéologie national-socialiste, son fils qu'il pensait acquis à ses idées va progressivement évoluer. Gerhardt prend peu à peu la mesure de la monstruosité des actes commis par son père et l'héritage paternel devient lourd à porter.
“Tu connais mes idées, c'est hélas toi qui me les as données. Mais t'entendre jour après jour, évoquer vos exploits guerriers, m'a fait comprendre que le mouvement nazi a été dirigé par des monstres. Des pervers fanatiques qui ont entraîné notre pays dans le chaos. Leur but n'était pas de créer une race nouvelle, il était d'écraser l'humanité."
En rédigeant son roman à la première personne du singulier, l'auteure donne une atmosphère particulière à ce récit, amplifiant de ce fait l'impact sur le lecteur. Ce roman noir historique illustrant un homme guidé par le devoir, portant un regard teinté d'émotion sur son passé et n'éprouvant aucun regret sur « ses exploits guerriers » ne peut laisser impassible.
Imaginer les mémoires d'un officier SS, un exercice difficile que Maud Tabachnik a relevé haut la main. La Shoah vu sous l'angle d'un bourreau, plutôt inédit et carrément terrifiant.
Une première fois marquante qui annonce assurément d'autres rendez-vous avec Maud Tabachnik !


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BlackKat
  27 avril 2015
Gerhardt ne porte pas le même nom qu'Anton.
Anton ne porte même plus son véritable patronyme.
Et pour cause! C'est un ancien cadre nazi. Et, en cette qualité, obligé de se cacher.
Toutefois, il vit dans une relative tranquillité et opulence, en Syrie, bénéficiant de la complaisance du gouvernement.
Gerhardt pense réparer une injustice faite à certains soldats allemands de la seconde guerre mondiale en publiant les mémoires de son père.
Mais à remuer un passé jusque là endormi dans le silence paternel va se retourner contre lui. Les confessions assumées par le père vont ébranler le fils.
Et son regard sur son géniteur ne sera jamais plus le même...
Ce roman n'est pas un énième témoignage nazi.
Pas que...
Ce n'est pas seulement une expérience de vie déballée et exposée au monde anonyme. Ce sont des confidences d'un père à son fils. Et le jugement intime de celui-ci sur un homme, son père. Son père mais aussi un soldat, maillon actif des événements orchestrés par Adolph Hitler et ses plus proches émissaires.
Ce roman, en tant que "témoignage", permet de rétablir quelques vérités trop facilement et fréquemment occultées:
Tous les engagés sous les ordres des dirigeants nazis ne se sont pas contentés "d'obéir aux ordres". Encore longtemps après la fin du conflit mondial, l'idéal aryen et l'idéologie du national-socialisme des années 30-40 sont encore bien vivaces pour certains survivants. Certains pour ranimer la flamme, la transmettre aux jeunes générations et vouloir son retour sur le devant de la scène internationale.
Tous les nazis n'ont pas fait l'objet d'une traque systématique. A la condamnation publique et unanime d'après-guerre, on a trop souvent fermé les yeux sur les Etats et les grandes organisations mafieuses qui ont ouvert en grand leurs portes aux fuyards, ont exploité leurs connaissances, sciences et pratiques, ont profité de leur fortune ensanglantée, le tout dans un cocon d'hypocrisie et de culpabilité inexistante.
Ce roman fait donc une petite mise au point historique qui picote, dérange mais est ô combien véridique, sans être lourde dans l'histoire.
En qualité de "mémoires", le récit est glaçant. On pourrait légitimement penser qu'un soldat nazi, même cadre dans l'armée et pas un simple soldat sans trop d'éducation, au sortir de cette guerre, avec le recul de l'expérience, de la réflexion, de l'introspection, une sortie de l'endoctrinement de l'époque, serait à même de réaliser son auto-critique et d'éprouver une once de remords. Mais pas du tout. Aucun état d'âme, les croyances sont toujours là, aucun regret... si ce n'est la défaite.
Certains passages sont assez difficiles, pesants, tant par la description que le ton employé. Par le fait aussi que le père et le fils sont en tête à tête, créant ainsi un huis-clos oppressant. Mais le lecteur est ménagé par le rythme des enregistrements cassé par les pauses de la vie quotidienne de ces deux-là.
Ce vieil homme, si fier de son statut et de son parcours, froid et arrogant, va se retrouver face à ses fantômes quand un accident va le laisser impotent aux mains de soignants de couleur et d'un médecin survivant d'un camp de concentration. L'ironie de la situation est jouissive mais le sentiment de culpabilité d'Anton est bien trop fugace et tardif pour réellement toucher le lecteur.
Et je trouve également dommage que les déclarations dramatiques du père n'aient pas plus impacté sur le fils. Certes Gerhardt ne verra plus son père de la même manière, ne pourra plus le respecter mais l'auteur met en avant les privations hypocrites qu'Anton a fait pesé sur la famille plus que ses actes et crimes passés. L'exercice par Gerhardt d'une simple cupidité en guise de punition enlève toute moralité et rend stérile les révélations des faits de guerre, en fin de compte...
Toutefois l'histoire est un condensé d'émotions et de réflexions sur le devoir de vérité, de mémoire, d'héritage historique et familial.
Même si le destin reste toujours trop clément pour ce vieil homme...
A mon sens, cette histoire est trop courte. J'aurais aimé plus de profondeur dans certains aspects du sujet abordé... Mais une très bonne lecture tout de même...
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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dubruitdanslesoreilles
  11 juin 2013
Maud Tabachnik n'en est pas à son premier essai ! Une trentaine de romans à son actif et je n'en avais encore jamais lu un seul. J'ai profité de la réédition de « la Mémoire du Bourreau » (sortie en 1999 à l'origine) pour pallier à ce manque. Et je peux vous dire que j'ai été inspiré car ce livre est très bon.
Le sujet est difficile à aborder. Anton Strübell est un ancien officier SS qui vit aujourd'hui sous la protection du régime syrien. Il est riche, baigne dans l'allégresse sans crainte de représailles concernant son sulfureux passé. Il est ami avec des gens de pouvoir qui lui garantissent protection.
Son fils lui propose de l'interviewer et d'écrire un livre sur ses mémoires. Un livre avec des faits historiques bien sûr mais aussi sur la vie de l'ancien nazi. Il sera question de son évolution au sein du parti mais aussi de la rencontre avec sa femme, la mort d'un de ses enfants…
Maud Tabachnik a la bonne idée de mettre Strübell face à son fils ce qui donne au roman un élan dramatique et pose aussi la question de la transmission de ses propres valeurs à ses descendants. Il n'y a pas de compromis ni langue de bois. Ici le SS n'a aucun remord. Il désire ardemment, par le biais de ses mémoires, ressusciter l'idéologie nationale-socialiste de l'époque.
Le fils quant à lui, au fil du récit et des atrocités commises par Anton, remettra en question les décisions de son père.
La construction du livre est à couper le souffle. Vraiment, quelle maitrise. On oscille entre souvenirs, discussions entre père et fils, et récit présent à la première personne. le tout s'enchaîne en toute fluidité. du grand art.
On apprend beaucoup sur l'époque car Maud Tabachnik s'est très documentée. Certains passages sont très durs et, le fait qu'ils soient racontés par un vieil homme à son fils, ajoute encore plus d'ambiguïté à la nature humaine. le bourreau a dans ce livre visage humain et c'est peut-être ce qui le rend encore plus terrifiant.
Nous ne sommes pas en présence d'un thriller classique, je pencherais plutôt pour le roman noir historique. Une première pour moi.
Le sujet est brûlant, dramatique et profondément humain. La plume est incroyable. Enchanté de faire votre connaissance Mme Tabachnik.

Lien : http://dubruitdanslesoreille..
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fred200175
  08 septembre 2017
Aborder le thème de la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale sous le regard d'un ancien nazi, pas encore conscient de la gravité de la chose et toujours imprégné de l'idéologie nazie, plutôt original et casse-gueule comme angle d'attaque. Quand, en plus, il s'agit de faire écrire ses mémoires par son fils qui l'interviewe quotidiennement dans sa maison luxueuse en Syrie, on pourrait croire que cela relève de la propagande. Et bien non, bien au contraire. Je ne tiens pas à dévoiler la fin aux lecteurs potentiellement intéressé par cet ouvrage. Sachez simplement que j'ai fini par éprouver une espèce de pitié pour ce personnage qui a fini par être confronté au courage et à la clémence de ses anciens ennemis. Se retrouver confronté à ses propres démons quand on a commis l'irréparable, il n'y a rien de pire. A lire absolument donc!
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Bouboule15
  14 février 2016
Je trouve que ce livre pousse à réfléchir sur les motivations qu'avaient les SS. Sans jamais excuser ou justifier les actes qui ont été commis, il permet de réfléchir un peu plus loin, de pousser sa réflexion personnelle. L'air de rien, dans ce qui est le roman lui-même, le personnage est relativement attachant et le parallèle entre les deux générations et les deux époques est super intéressant. L'écriture de Maud TABACHNIK est égale à elle-même : géniale.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BlackKatBlackKat   02 avril 2015
C'est mal foutu, la vie. Quand enfin on a les moyens et le temps de prendre du plaisir, on ne digère plus, on ne peut plus faire l'amour, on n'arrive plus à dormir, alors que toute sa vie on a rêvé de rester au lit le matin. Enfin, il n'y a pas d'autre moyen de demeurer en vie que de vieillir.
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BlackKatBlackKat   04 avril 2015
Nous étions des soldats. Et un soldat, en temps de guerre, ça obéit ou ça meurt.
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BlackKatBlackKat   22 mars 2015
(...) notre patrie ne pouvait se permettre le luxe d'attendre. La misère et l'injustice étaient là, il fallait les combattre.
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