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EAN : 9782709660587
300 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (10/04/2019)
3.35/5   10 notes
Résumé :
Résumé
Raison et sentiments… Pour Juliet, la quarantaine, mère de trois enfants, mariée depuis vingt-trois ans à François, cet éternel dilemme aurait pu rester d’ordre purement littéraire. Mais sa rencontre avec Jeremy, un photographe libre de toute attache familiale, va la mettre face à ses contradictions. Que s’est-il passé pour qu’elle succombe ainsi à l’adultère, elle qui se croyait comblée par sa vie conjugale ? Et qui choisir quand l’adultère ne surgit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
michelblaise
  16 avril 2019
#LaFemmeQuiLisaitDesRomansAnglais #NetGalleyFrance
"Cherchez le, sentez le avec vos mains, ne réfléchissez pas,…soyez plus sage que votre tête"… (Matt Damon, la légende de Bagger Vance).

Adultère - sentiments

Mariés depuis 25 ans, Juliet et François forment un couple comblé. Elle – quarante-cinq, professeur et sociologue à Paris, est éprise de littérature anglaise, celle dont les auteurs racontent la vie d'héroïnes amoureuses, tourmentées, malmenées, violentées. Ces personnages l'instruisent, pallient les carences de "l'éducation sentimentale" d'une mère disparue trop tôt. Lui - est un époux aimant. Ils ont trois enfants. Un parcours et une perspective idéales, à priori…
Depuis sa rencontre avec Jérémy, devenu son amant au mois de mai 2015 – « photographe - reporter », célibataire et libre de toute attache familiale – Juliet doit affronter, durant huit mois d'amours clandestines, un dilemme : sauver son mariage ou quitter son époux et partir avec Jérémy. La raison ou la passion ? Tel est le choix que Juliet va devoir faire en se replongeant dans les intrigues de ses héroïnes préférées des romans anglais quand elle était enfant, en s'identifiant à elles, et dans le « petit cahier » laissé par sa mère, « son seul héritage ». Car, sa psychiatre, le docteur Barel, ne lui est pas d'un grand secours.
Au mois de janvier 2016, Jérémy, las de l'indécision de Juliet, part définitivement pour Beyrouth et met un terme à leur liaison. Juliet, désemparée, avoue tout alors à François. Elle jure que "tout est terminé". François pardonne. Juliet ment, elle pense toujours à Jérémy...
Six mois après, un matin du mois juin 2016, Juliet est assisse à proximité du jardin du Luxembourg : dans une heure, elle a rendez-vous avec celui qu'elle a enfin choisi…
Juliet est-elle enfin délivrée de son dilemme ? Pas si sûr…
Sylvia Tabet est écrivain et peintre. "La femme qui lisait des romans anglais", publié aux Editions JC Lattès / le Masque, est son cinquième roman (1). Les romans d'apprentissage - "une bonne éducation" (Éditions Dialogues, 2013) - de même les récits intimistes – "je n'ai pas vu tes yeux" (Hachette, 2002), "les patientes", (La Découverte, 2010), "l'atelier rouge" (Éditions Dialogues, 2010), - sont les genres privilégiés par Sylvia Tabet pour évoquer certaines questions sociales sur la condition des femmes, la maladie, le sentiment amoureux, mais aussi l'art, la culture, l'éducation…
Il y a des livres qui font l'actualité - dont certains nous régalent, d'autres moins. Et puis, il y a les livres plus discrets ; ils n'en sont pas moins meilleurs, loin s'en faut. "La femme qui lisait des romans anglais" fait partie de ceux-là. Avec l'atelier Rouge", également construit sur le monde de l'identification du « héros – narrateur » (Romain Gary) à des personnages du monde artistique (les peintres russes Nicolas de Staël et Mark Rothko), Sylvia Tabet nous offre, une fois encore, un petit bijou, en nous conviant à une belle promenade dans la grande bibliothèque de littéraire anglaise.
Cette fiction emprunte à la fois au genre intimiste et d'apprentissage, parfois. Elle n'est pas une romance, ni simplement une "intrigue amoureuse" avec son cortège de tribulations, même si l'auteur construit un "suspens" jusqu'à la révélation finale qui demeure l'enjeu de la fiction.
"Bientôt il la prendra dans ses bras…elle déposera une année d'errance passée à se demander à qui, de François ou de Jérémy, elle ne saurait finalement renoncer… Juliet se dit qu'elle se lèvera bientôt pour rejoindre l'homme qu'elle a enfin choisi…" (Prologue, paragraphe dernier).
Aussi, Sylvia Tabet, c'est ce que nous avons tout particulièrement aimé dans ce livre, ne donne pas plus de détails qu'il n'en faut des relations entre Juliet, François et Jérémy. Ceux-ci ne sont que prétexte à une réflexion "socio-littéraire" - plus particulièrement, mais pas seulement - à propos de la condition et de l'émancipation de la femme à la lumière de la question du mariage, de l'amour et du sentiment amoureux.
Ainsi, face aux contradictions de Juliet, qui ne relèvent plus maintenant de l'imagination procurée par les livres, mais qui s'invitent dans son quotidien - celle-ci doit-elle préserver sa famille et faire le choix entre son mariage, symbole de la raison et la durée, ou bien se déterminer en faveur de son amant et de la passion d'une relation récente et intense ?
Sylvia Tabet convoque alors les plus grands auteurs de la littérature anglaise - V. Woolf, J. Austen, T. Hardy, O. Wilde, C. Brontë... afin de permettre à Juliet de renouer avec ses anciennes héroïnes, de s'identifier celles qui la guideront pour prendre cette difficile décision.
Une ouvre fictionnelle qui traite de questions sociales sérieuses et actuelles avec tant de richesse, qui suscite autant la réflexion tout en éveillent les sens - " la femme qui lisait des romans anglais" est aussi un roman sensuel - tout en permettant de se distraire délicieusement du quotidien, est nécessairement un très bon livre.
Sylvia Tabet maîtrise magistralement l'art de l'écriture à telle enseigne que celle-ci - riche, soutenue, exigeante – magnifie toute la richesse du contenu romanesque. L'oeuvre de Sylvia Tabet, c'est ici que réside toute la force du récit, est sublimée par la rencontre, parfois la découverte, de nombreux auteurs et de leurs personnages avec leur cortège de malheurs sentimentaux et existentiels. L'auteur n'est pas tombé dans le piège de la digression et du « roman catalogue » consistant à décliner "des" oeuvres de la littérature anglaise. Tout est admirablement exploité au bénéfice du récit, de ses enjeux, et de son aventure.
Ainsi, lors d'une séance avec le docteur Barel, Juliet sort de son sac le livre de T. Hardy "les yeux bleus" et lit ce passage qui provoqua, quelques jours plus tôt, une crise d'angoisse aiguë dans le métro :
« Jeanne baisse les yeux sur son livre et se met à lire avec lenteur. Son ton, atterré ; une sentence qu'elle s'adresse à elle-même « les mesures de la vie devraient être prises suivant l'intensité d'une expérience plutôt que sa durée ». Silence ». (Chapitre 2).
C'est un très beau roman, riche, cultivé, intelligent, mais non moins captivant et distrayant, que nous offre Sylvia Tabet, une fois de plus. Je remercie bien vivement les Editions JC Lattès / le Masque et NetGalley de m'avoir permis de le découvrir.
1) Sylvia Tabet est également l'auteur de L'amour en partage : Plaidoyer pour une garde alternée, Hachette, 2004. Essai sur l'évolution des moeurs familiales en France par le prisme de la garde alternée. L'Amour en partage met en scène l'ensemble des enjeux et des acteurs politiques et sociaux, en dévoilant les intérêts particuliers des uns et des autres.
Lien : https://fureur-de-lire.blogs..
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Mhfasquel
  24 avril 2019
Un livre-écrin, écrin de la littérature anglaise, un beau cadeau pour la professeure de littérature américaine (et anglaise) que je suis ! Un livre qui sonne juste, qui donne à voir, sans filtre, sans fards, les aléas d'une femme, d'une femme amoureuse de deux hommes, son mari et un bel inconnu, séduisant, fascinant, qui va faire basculer son monde intérieur. Juliet, meurtrie par la vie (perte de ses parents alors qu'elle est encore très jeune) s'accroche au seul legs de sa mère : un livret d'extraits littéraires anglais sur l'amour et le mariage….
Ce texte très fort fait alterner les réflexions de Juliet et des citations qui la nourrissent et l'aident à avancer. Entre analepses et prolepses, entre flashbacks et présent, tout semble s'opposer, tout est compliqué pour Juliet qui a besoin de se retrouver.
Un très beau livre sur la féminité aussi, sur l'apport de la littérature dans nos vies, sur les choix que nous devons effectuer sans cesse, qui peuvent parfois nous déchirer intérieurement. Pline disait déjà dans l'antiquité : « N'écris pas ce que tu vis, mais écris pour avancer ». N'y a-t-il pas là, révélé, un des secrets de la littérature ?
Un livre-hommage aux livres que nous recommandons sans hésiter !
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univcattus
  27 avril 2019
Juliet est sociologue. A bientôt 45 ans, elle est mariée depuis vingt-cinq ans avec François et a tout pour être heureuse.
Et pourtant, l'équilibre conjugal est remis en cause suite à l'aveu de son adultère.
" Avoir parlé à son mari et avoué l'existence de Jérémy n'y a rien changé : pas plus que la faute, la confession n'efface la mémoire".
Juliet hésite entre son mari François, architecte et Jérémy, globe-trotter.
Jérémy éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps: la passion.
"L'amour avec François est peut-être mort. Mort, ainsi d'une espèce vaincue par un parasite. C'est donc pour cela que Jérémy est entré dans sa vie et alors ce n'est plus sur Jérémy que pleure Juliet, mais sur François".
Juliet mène une vie divisée. Elle aimerait pouvoir se couper en deux, aimer les deux hommes.
La culpabilité lui pèse en permanence. Elle doit faire un choix.
"A d'autres moments, elle se convainc que la passion est la preuve de la valeur supérieure des sentiments.Dès lors, il faudrait quitter François pour rejoindre Jérémy. Partir, assumer cette décision, la plus grave qu' elle ait jamais envisagée. Sa vie de femme mariée est désormais percluse de ce doute permanent qui la poursuit nuit et jour".
Choisir entre raison et sentiments. Mais devant l'incapacité de Juliet à se décider, Jérémy a fini par prendre le large.
Juliet recherche alors le réconfort dans la littérature anglaise. Elle se réfère sans cesse aux personnages des livres qu'elle aime pour régler ses propres situations et de ce fait, le récit est jalonné de nombreux extraits d'auteurs anglais. Elle imagine que sa vie pourrait être un roman et que par conséquent, toutes les réponses à ses questions existent déjà.
Les romans anglais explorent essentiellement les sentiments, la question sociale, notamment la vie des femmes et aussi la place qu'occupe la nature; les paysages anglais, supposés être le reflet de soi.
Juliet partage avec Virginia Woolf un deuil maternel trop précoce. Elle ne se sépare jamais d'un cahier de sa mère, plein de citations tirées de romans anglais.
"L'ensemble aurait la valeur d'une transmission maternelle. Un héritage. Aussi, ce cahier la guiderait à travers les méandres de l'amour, comme sa mère l'aurait fait si elle était encore près d'elle".
L'auteure aborde dans cet opus l'âme humaine, les doutes et le sens de la vie avec en toile de fond, les attentats de 2015 et le Brésil.
Un roman introspectif, où l'intériorité des personnages importe davantage que l'histoire.
Une réflexion sur l'usure de la vie de couple et l'évolution de l'amour dans le temps.
Les relations hommes et femmes dans ce qu'elles ont de plus humain: le désir de l'autre, l'adultère, la séduction, la quête du bonheur, de l'amour éternel.
Pour être tout à fait honnête, j'ai été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles.
L'écriture est une vraie forme de liberté mais je me suis parfois perdue dans les nombreux extraits d'auteurs anglais.
Le point fort, c'est la plume de Sylvia Tabet, la beauté et la portée des phrases.
Le roman se termine sur une sorte de revirement de situation et m'a laissé un goût d'inachevé.
Un roman plutôt en demi-teinte.
Lien : http://leslecturesdeba.eklab..
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dacotine
  22 avril 2019
Le titre de ce roman n'est pas un artifice, il est informatif : non seulement Juliet l'héroïne lit mais vit au travers du prisme de la littérature anglaise.
« L'histoire de la littérature anglaise, métaphore des égarements du coeur. »
C'est même une mise en abyme :j'ai aimé ce côté roman anglais, l'héroïne évoque la condition féminine et ses questions existentielles : « le coeur : comment arracher l'organe qui bruisse du monde et de la perte. Comment ne plus être ce seul silence qui heurte la poitrine à couper la respiration. »
Juliet ,professeure de sociologie ,s'interroge sur sa vie notamment sa vie sentimentale, sur la légitimité de son choix : rester aux côtés de son mari, François au détriment de son amant, Jérémy, qu'elle a laissé partir. « Les sentiments. le problème de Juliet. »
Juliet se livre à une véritable introspection , tout le temps, en tout lieu et en toute circonstances et surtout elle trouve des parallèles dans les textes. Elle plonge souvent dans un carnet de citations héritées de sa mère, prétexte à la divagation dans les romans.
Le roman s'apparente donc à un précis de littérature où sont regroupées les oeuvres en fonction des époques, en fonction des styles , des thèmes ou encore de la sensibilité.
Faut-il donc aimer la littérature anglaise ou en tout cas l'avoir abordé un peu pour apprécier totalement l'ouvrage. Il reste en effet didactique. On redécouvre les grands romans, et les auteurs anglais.
#LaFemmeQuiLisaitDesRomansAnglais #NetGalleyFrance
Lien : http://passeuredelivres.over..
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brinvilliers
  28 mai 2019
Juliet vient d'avouer à son époux sa liaison avec Jéremy. L'étape est difficile mais Juliet ment lorsqu'il lui dit que tout est finit, car Juliet ne peut pas oublier Jéremy.
Son seul refuge la littérature anglaise où elle s'identifie aux héroïnes.
Après un début relativement intéressant l'intérêt s'estompe, car trop répétitif.
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critiques presse (1)
LaCroix   14 juin 2019
Revisitant la littérature anglaise, Sylvia Tabet explore la figure du triangle amoureux, cherchant dans les romans un irréel comme aide au réel.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
brinvilliersbrinvilliers   22 mai 2019
- N'en parle pas aux enfants, je t'en prie. Ce n'est pas la peine de leur faire du mal, puisque c'est du passé. Je te jure que c'est du passé. Sinon je ne t'en parlerais pas...
Françoisne répondit rien, il fit simplement la seule chose dont il avait besoin à cet instant, garder Juliet contre lui pour que jamais elle ne s'en aille.
Julier mentait. Elle pensait encore à Jérémy.
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dacotinedacotine   22 avril 2019
le coeur : comment arracher l'organe qui bruisse du monde et de la perte. Comment ne plus être ce seul silence qui heurte la poitrine à couper la respiration.
Commenter  J’apprécie          20
michelblaisemichelblaise   30 avril 2019
les mesures de la vie devraient être prises suivant l'intensité d'une expérience plutôt que sa durée
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dacotinedacotine   22 avril 2019
L'histoire de la littérature anglaise, métaphore des égarements du coeur.
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Videos de Sylvia Tabet (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvia Tabet

Sylvia Tabet, Dialogues littéraires
http://www.librairiedialogues.fr/livre/4140764-une-bonne-education-sylvia-tabet-editions-dialogues Sylvia Tabet nous parle de son livre Une bonne éducation (éditions Dialogues) dans l'émission...
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