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EAN : 9782818043851
208 pages
P.O.L. (01/03/2018)
4.28/5   25 notes
Résumé :
Francis Tabouret exerce un curieux métier : il est convoyeur d'animaux à travers le monde...
En avion, en bateau, il veille au bon acheminement de chevaux, principalement, mais aussi de mou- tons, de vaches, de taureaux...
Le voyage dont il est question ici a eu lieu fin 2014, à bord du porte-conteneurs Le Fort Saint-Pierre et le texte raconte le quotidien du narrateur et celui des animaux dont il a la charge, de la nourriture à la santé. C'est une o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Traversée est un livre court (152 pages) mais ô combien dense ! Tout y est gigantesque et réduit, silence et vacarme, paroles intérieures et regards partagés. Avec Francis Tabouret, on part au large, on quitte le port de nos connaissances établies et, avec les 12 chevaux, les 8 taureaux et les 15 moutons qu'il convoie, on suit l'auteur dans son métier premier qui est steward équin, livreur, soigneur de bêtes qu'il accompagne dans les soutes des avions, partout dans le monde et à dix mille mètres d'altitude ou, comme cette fois-ci, sur un cargo qui rejoint les Antilles.
Francis Tabouret nous permet de rentrée avec lui dans le minuscule enclos, fait de conteneurs, au coeur d'un bateau d'où il faut lever les yeux pour imaginer un bout de ciel. C'est dans cette curieuse cour de ferme qu'il assure tous les jours les soins à ses compagnons de voyage. Mais il nous entraîne aussi dans l'immensité de ce porte-conteneurs. le gigantisme à l'état pur et la miniaturisation des espaces dévolus aux travailleurs de cette cité ! On y entend le bruit de la salle des machines, le silence du carré où les repas se prennent. On y croise bien des langues et les coutumes des marins de nationalités différentes. Et quand les regards sont portés sur le même horizon depuis une passerelle ou un poste de commande, on ne sait trop s'il y a connivence et partage et si c'est d'espérance ou de fatigue.
Le récit est à la fois centré sur le soin des animaux dans des conditions qu'on ne peut imaginer, mais aussi sur le quotidien des matelots qui travaillent dans des conditions ahurissantes, bien loin des méditations poétiques que nous pouvons formuler lorsque, d'un bord de mer, nous voyons partir des bateaux vers le large. Et c'est pourtant dans cet enfer que Francis Tabouret trouve le calme et la sérénité pour écrire. Traversée est un carnet de voyage, un carnet comme je n'en avais pas encore lu. Mystérieux, troublant, empli d'enseignements et de réflexions philosophiques transposables dans à terre.
Tous les amoureux de la mer et les rêveurs aux voyages devraient aimer. Tous les amis des animaux curieux de connaître comment ils sont convoyés aussi. Une belle très belle découverte.
Merci à Madame Lit dont le défi littéraire proposait ce mois de septembre de découvrir un Prix Senghor. Francis Tabouret a reçu ce prix Senghor du premier roman francophone et francophile en 2018 avec cet excellent récit.

Lien : https://frconstant.com
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Journal de bord d'un homme qui soigne des animaux sur l'océan. Embarqué sur un porte-conteneur à destination des Antilles, Francis Tabouret décrit sa traversée, rien de plus. Cela est assez. Il saisit la solitude des marins dans l'immensité – de l'océan ? non, du bateau – et montre le pont, les cabines et ces taureaux qui souffrent enfermés dans la chaleur des boîtes qui les transportent. Il transcrit de rares rencontres, des marins philippins qui chantent en espagnol des airs de karaoké, des ombres de passagers anciens et des moutons que le chaud décolle les uns des autres. Il raconte l'ennui de l'océan plat, le choc du port trop petit pour l'immense navire et l'impossibilité de débarquer d'un seul coup quand on s'est habitué au vide de l'Atlantique. Tout ce qu'il dit sembler couler – ou voler, ce dans quoi l'on baigne dans de si grands navires, c'est le ciel – comme le bateau sur l'océan, le réel est saisi dans les détails qui le rendent extraordinaire, cette tranquille traversée où il ne se passe rien se lit comme une aventure.
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8 chevaux, 15 moutons, 8 taureaux : ce sont les compagnons de la traversée à laquelle nous convie Francis Tabouret dans son premier récit publié aux Editions POL. Convoyeur d'animaux sur un porte-conteneurs, il s'occupe de les soigner et de les nourrir de Rouen aux Antilles, partageant son temps entre ces gestes répétitifs et l'observation du quotidien de cette machine mouvante. 🐑 🐎 🐂 🚢

Journal de l'expérience d'un détachement du monde, Traversée donne à sentir le pouls des bêtes, le balancement du navire et la solitude des hommes, dans un voyage physique et poétique au plus près de la houle.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Un roman au thème très original, un choix hardi car-me semble-t-il- le sujet est difficile à traiter. Ce livre se démarque de toute la production littéraire française contemporaine.
On se laisse peu à peu(pas immédiatement, en ce qui me concerne) envoûter.
Superbe écriture.
Ce livre est un poème(à la mer, au voyage ,à la solitude, aux animaux, etc.)
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Banals, extraordinaires et subtilement poétiques, treize jours d'Atlantique en porte-containers, avec quelques chevaux, taureaux et moutons.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/03/21/note-de-lecture-traversee-francis-tabouret/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (2)
LeMonde
29 juin 2018
« Traversée » raconte celle d’un porte-conteneurs de Rouen aux Antilles. Sans incident. Mais son auteur, Francis Tabouret, convoyeur d’animaux, en fait une ode.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix
30 mars 2018
Beauté, poésie et simplicité sont au cœur de ce premier livre vibrant, récit de la transatlantique en cargo d’un soigneur avec ses chevaux, taureaux et moutons.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Je me suis levé et nous avions quitté le port. Tout, dans la cabine, vibrait au rythme lent de la machine : les placards, les portes, les corps. Cinq étages plus bas, comme réfugiés entre les piles de containers, au centre du bateau, les taureaux étaient immobiles, statues de poils et de cornes, figées de réflexion, enveloppes impassibles. Les moutons, en petite assemblée, mâchaient du foin autant parce que la faim les tiraillait que pour se donner une contenance. Les chevaux, eux, avaient les yeux alertes, les oreilles mobiles : ils étaient tout à fait éveillés.
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Un jour de ce métier, un homme m’a dit : « Aux Antilles, tu ne peux pas aller en avion. » Il m’a dit que les lignes avaient été fermées, qu’il n’y avait plus de ces avions de marchandises qu’on appelle cargos, que le fret était maintenant chargé sous les passagers et que les chevaux, qui ne rentrent pas là-dessous, avaient dû reprendre la mer pour traverser l’Atlantique. Il m’a dit : « Les chevaux embarquent et traversent sur des porte-containers. »
Trois mois plus tard, j’étais sur un bateau avec douze chevaux : on naviguait sur l’océan et vers la Guadeloupe. J’avais embarqué pour le très grand large et pour le temps long. Pour l’Atlantique, les vagues, les terres lointaines, parce que l’immensité des océans sur les cartes du monde. Treize jours d’eau. J’étais au Havre, je me suis retrouvé à Pointe-à-Pitre. Mes souvenirs de traversée sont assez flous : la ligne d’horizon, le tain des vitres de la passerelle, la chaleur et le bruit des machines, le vent, le lent roulis du bateau qui si souvent est torpeur, l’envie parfois furieuse de tempêtes, le regard des bêtes… mais d’événements, d’un lendemain qui serait différent d’une veille, je ne me rappelle pas. Je crois que j’étais hébété, d’eau et d’horizon. Le bateau va de jour comme de nuit et il pourrait continuer de naviguer pendant des semaines sans qu’à bord on s’étonne de ne jamais rien rencontrer. En mer, le seul qui se noie vraiment c’est le temps. J’ai débarqué ne sachant plus combien de jours j’avais été en mer.
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Je suis convoyeur de chevaux : je voyage avec des chevaux dans les soutes d’avions de marchandises. Une sorte de steward équin, ou de livreur, soigneur de bêtes à dix mille mètres d’altitude. Les avions, la vitesse et les réacteurs, mais les oreilles qui se pointent quand on s’approche au fond des carlingues, les sabots qui grattent le sol de fer et d’air, le bruit des mâchoires, le poil qui colle à la main et dit la peur, les naseaux, les yeux inquiets ou joueurs, les crins. Le ciel et les nuages, mais du foin et de l’eau.
Métier aussi de l’étrangeté des kilomètres avalés, lundi Amsterdam, mardi Tokyo, mercredi Abu Dhabi. Métier du monde par sauts de puces. Puces volantes, envolées. Soigneur de bêtes volantes. Métier de tarmacs et de tampons sur les passeports, de frontières passées, de langues mélangées. Heures d’aéroports, d’avions, de soutes d’avions. Et, au bout des heures de vol, la pincée, le tout petit, l’instant, ce qui est vu par la fenêtre, d’un jour ou de quelques heures avant de rentrer, l’image volée d’une ville, d’un pays ou d’un continent : ramener dans ses yeux une ville d’immeubles au milieu des montagnes ou une autre toute de verre, une terre rouge, un casque de faucon ou un homme fuyant dans un bus, un air bon, un autre si chaud, quelques chèvres ou une vache, une nuit, la lumière de minarets, une étendue d’Argentine. Une image ici, une autre là. Métier de notes éparses, de petites impressions, du monde picoré.
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Les cartes marines, qui disent les fonds et les côtes (celle de mon couloir n'est là que pour l'ornement) ont leurs tiroirs à la passerelle. C'est la plus belle des bibliothèques. Les cartes des eaux du jour sont sur ce qui est comme une table à dessin avec ses crayons, ses compas, ses gommes et ses règles. Le Fort–Saint-Pierre navigue sur les cartes de l'United Kingdom Hydrographic Office publié « sous la Direction du contre-amiral N.R. Essenhigh.
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Je crois que les bateaux ne sont à quai que contraints, parce qu'il le faut bien et qu'ils sont d'une autre eau. Ils ne sont pas faits pour les quais, pour les rades, pour les bassins : toutes ces baies, ces anses, ces havres, qui portent le nom de ports - mais regardez donc un bateau manœuvrer–, tous sont trop petits pour eux. Des éléphants dans des poulaillers.
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Video de Francis Tabouret (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francis Tabouret
"Bienvenue aux éditions P.O.L", un film de Valérie Mréjen. Pour les 40 ans des éditions P.O.L, quelques un(e)s des auteurs et des autrices publié(e)s aux éditions P.O.L écrivent une carte postale et laissent un message aux éditions P.O.L. Avec par ordre d'apparition de la carte postale: Violaine Schwartz, Jean-Paul Hirsch, Lucie Rico, Emmanuel Lascoux, Jacques jouet, Philippe Michard, François Matton, Frédéric Boyer, Catherine Henri, Suzanne Doppelt, Lamia Zadié, Marianne Alphant, Suzanne Duval, Laure Gouraige, Emmanuel Carrère, Jean Rolin, Elisabeth Filhol, Célia Houdart, Nicolas Fargues, Nicolas Bouyssi, Louise Chennevière, Frédérique Berthet, Marie Darrieussecq, Jocelyne Desverchère, Jean Frémon, Kiko Herrero, Julie Wolkenstein, Emmanuelle Bayamack-Tam, Liliane Giraudon, Frédéric Forte, Pierric Bailly, Valère Novarina, Hélène Zimmer, Nicolas Combet, Christian Prigent, Patrice Robin,, Emmanuelle Salasc, Alice Roland, Shane Haddad, Mathieu Bermann, Arthur Dreyfus, legor Gran, Charles Pennequin, Atiq Rahimi, Anne Portugal, Patrick Lapeyre, Caroline Dubois, Ryad Girod, Valérie Mréjen / Dominique Fourcade, Marielle Hubert, Robert Bober, Pierre Patrolin, Olivier Bouillère, Martin Winckler, Jean-Luc Bayard, Anne Parian, Nathalie Azoulai, Julie Douard, Théo Casciani, Paul Fournel, Raymond Bellour, Christine Montalbetti, Francis Tabouret, Ryoko Sekiguchi,
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