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Bernard Comment (Traducteur)
EAN : 9782070338412
128 pages
Éditeur : Gallimard (25/01/2007)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 29 notes)
Résumé :
« Le désir m'a souvent gagné de connaître les rêves d'artistes que j'ai aimés. Malheureusement, ceux dont je parle dans ce livre ne nous ont pas laissé les parcours nocturnes de leur esprit. La tentation d'y remédier est grande, en appelant la littérature à remplacer ce qui est perdu. Je me rends pourtant compte que ces récits de substitution, imaginés par un nostalgique de rêves ignorés, ne sont que de pauvres suppositions, de pâles illusions, d'improbables prothès... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Malaura
  17 mai 2012
Quelle ressemblance existe-il entre Ovide, Rabelais, Stevenson, Toulouse-Lautrec, Debussy, Pessoa ou Tchekhov ?
Soit, ils ont en commun d'être de célèbres artistes, fameux dans leur discipline ; soit, ils sont pareillement de géniaux créateurs, ayant laissé une empreinte profonde dans le limon du temps. Mais ils ont aussi ceci d'analogue de faire partie du livre « Rêves de rêves » de l'écrivain italien Antonio Tabucchi !
Dans ce plaisant petit ouvrage, l'illustre auteur de « Nocturne indien » ou de « Requiem », décédé dernièrement (le 25 mars 2012), s'est transformé en esprit des songes, arpentant la nuit au côté des artistes qu'il a aimés, pour nous en délivrer leurs rêves imaginés.
« Sous l'amandier de ta femme, lorsque la première lune d'août surgit de derrière la maison, tu pourras, si les dieux sourient, rêver les rêves d'un autre »…Mettant en pratique cette ancienne chanson chinoise citée en exergue, Antonio Tabucchi a tenté de remédier à notre état d'ignorance concernant les songes des grands artistes.
Animé depuis longtemps par le désir de découvrir ce qui se cache dans l'esprit au repos des créateurs, quand l'inconscient prend le pas sur le conscient, quand le sommeil s'empare des êtres et les soumet à de singulières visions, l'écrivain italien se fait ici l'égal du dieu Hypnos, s'inscrit en gardien attentif et admiratif de la nuit de ses personnages et, en « appelant la littérature à remplacer ce qui s'est perdu », les expose à un étrange rituel : le récit de leurs songes inventés par ses soins.
Cauchemar, vision, rêve créatif ou prémonitoire, les songes qui s'agitent sous le crâne de ces génies créateurs sont entièrement liés à leur Art, ils deviennent même pour bonne part principe même de leur création.
Une nuit, le « poète et courtisan » Ovide, l'auteur des « Métamorphoses », rêve qu'il se transforme en un grand papillon…
Rabelais, « écrivain et moine défroqué », une nuit de ventre creux, rêve d'un gigantesque festin en compagnie du seigneur Pantagruel, un géant avec qui il partage soupe d'orge, oies farcies, chapons à l'eau-de-vie, pintades au roquefort et autres filets de lièvre…
François Villon, quant à lui « poète et malfaiteur », entend du fond de son songe, une étrange ballade chantée par un lépreux et se perd dans un bois aux arbres duquel sont accrochés des pendus…
Et que dire de ce rêve prémonitoire et divin de le Caravage, « peintre et homme irascible », dans lequel le Christ lui intime de peindre « La vocation de Saint-Matthieu », l'un de ses chefs-d'oeuvre à venir…
Au fil d'historiettes ne comptant pas plus de trois / quatre pages, Stevenson accoste sur son île au trésor, Garcia Lorca chante des chansons gitanes, Pessoa rencontre son double obscur et poétique, Goya s'abîme dans de mystérieuses visions et Freud, « le découvreur de la symbolique onirique», couronne malicieusement le recueil en rêvant qu'il est Dora, la jeune femme dont il a interprété l'inconscient.
Alors, la création artistique prendrait-elle sa source au coeur de nos nuits et de nos songes?...
C'est en tous cas ce qu'Antonio Tabucchi s'emploie à suggérer dans ce petit recueil onirique et gracieux.
S'il ne fait pas partie des livres majeurs de l'auteur italien, ce bref ouvrage, concocté par « un nostalgique de rêves ignorés », est cependant suffisamment divertissant et spirituel pour en offrir une lecture récréative permettant de saisir les symboles, les éléments et les circonstances qui ont amenés à créer tous les personnages évoqués, qu'une adroite et brève biographie en fin d'ouvrage vient, de plus, subtilement éclairer.
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zorazur
  10 août 2012
Un peu facile, finalement... D'ailleurs j'ai arrêté avant la fin. Tabucchi nous a habitué à autre chose, et finalement ce type de tableau grandiose, lyrique, plein de belles images et de descriptions envolées a un coté lassant.
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MarieKey
  24 mai 2016
Comme l'indique très judicieusement le titre, ce recueil est composé de rêves. Les rêves que Tabucchi a imaginés afin de créer de très courtes nouvelles sous forme de biographies fictives de certains des plus grands noms de la peinture et de la littérature.
La façon dont l'auteur se centre sur des détails qui semblent anodins et les utilise pour donner un sens à la vie de ses personnages est fascinant.
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aureliestrega
  29 décembre 2014
Et dire que j'avais un mal fou à le lire! J'ai détesté car trop tordu et finalement avec le recul c'est çà qui me plait chez lui et cette oeuvre est différente. Imaginez les rêve de Dédale, du Caravage...
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petitjeanramoin
  01 octobre 2018
Un kaléidoscope de rêves qu'auraient pu faire les artistes préférés de l'auteur ...une approche originale qui s'inspire de la réalité ou de l'imagination...on passe de l'un à l'autre avec empressement
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PartempsPartemps   02 octobre 2020
Une nuit des premiers jours de décembre 1827, dans la belle ville de Pise, via della Faggiola, dormant entre deux matelas pour se protéger du froid qui étreignait la ville, Giacomo Leopardi, poète et lunatique, fit un rêve. Il rêva qu’il se trouvait dans un désert, et qu’il était berger. Mais au lieu d’avoir un troupeau qui le suivait, il était commodément assis dans une calèche traînée par quatre brebis d’une éclatante blancheur, et ces quatre brebis étaient son troupeau.
Le désert, et les collines qui le bordaient, étaient d’un très fin sable d’argent qui brillait comme la lumière des lucioles. C’était la nuit mais il ne faisait pas froid, au contraire, cela semblait une belle nuit d’arrière-printemps, de sorte que Leopardi enleva la cape dont il était couvert et la posa sur l’accoudoir de la calèche.
Où m’emmenez-vous, mes chères petites brebis ? demanda-t-il.
Nous t’emmenons en promenade, répondirent les quatre brebis, nous sommes des petites brebis vagabondes [...]
Ils arrivèrent au fond du désert et contournèrent la colline, au pied de laquelle se trouvait une boutique. C’était une belle pâtisserie tout en cristal, qui étincelait d’une lumière d’argent. Léopardi regarda la vitrine, indécis quant à son choix. Au premier rang, il y avait les tartes, de toutes les couleurs et de toutes les dimensions : tartes vertes à la pistache, tartes vermeilles à la framboise, tartes jaunes au citron, tartes roses à la fraise. Puis il y avait les massepains, aux formes drôles et appétissantes : modelés en pomme et en orange, modelés en cerise, ou en forme d’animaux. Enfin venaient les sabayons, crémeux et denses, avec une amande par-dessus. Leopardi appela le pâtissier et acheta trois gâteaux : une tourte aux fraises, un massepain et un sabayon. Le pâtissier, un petit homme tout en argent, avec des cheveux d’une blancheur éclatante et des yeux bleus, lui donna les gâteaux et comme cadeau une boîte de chocolats. Leopardi remonta dans la calèche, et tandis que les brebis se mettaient de nouveau en chemin, il commença de déguster les choses exquises qu’il avait achetées. La route avait pris de la pente, à présent elle grimpait sur la colline. Et, comme c’était étrange, ce terrain-là aussi brillait, il était translucide et envoyait une lueur d’argent. Les brebis s’arrêtèrent devant une petite maison qui étincelait dans la nuit. Leopardi, comprenant qu’il était arrivé, descendit à terre, il prit la boîte de chocolats et entra dans la maison. A l’intérieur une jeune fille était assise sur une chaise brodait au tambour.
Avance, je t’attendais, dit la jeune fille. Elle se tourna, lui sourit,et Leopardi la reconnut. C’était Silvia. Sauf qu’à présent elle était tout en argent, elle avait les mêmes apparences qu’autrefois, mais elle était en argent.
Silvia, chère Silvia, dit Leopardi en lui prenant les mains, comme il est doux de te revoir, mais pourquoi es-tu tout en argent ?
Parce que je suis une sélénite, répondit Silvia, quand on meurt on arrive sur la lune et on devient ainsi.
Mais pourquoi suis-je ici moi aussi, demanda Leopardi, je suis peut-être mort ?
Celui qui est là n’est pas toi, dit Silvia, c’est seulement ton image, toi tu es encore sur la terre.
Et depuis ici on peut voir la terre ?, demanda Leopardi.
Silvia le conduisit à une fenêtre où se trouvait une lunette. Leopardi approcha l’œil de la lentille et vit aussitôt un palais. Il le reconnut : c’était son palais. Une fenêtre était encore éclairée, Leopardi regarda à l’intérieur et vit son père, en chemise de nuit, le pot de chambre à la main, qui s’en allait au lit. Il eut un coup de cœur et déplaça la lunette. Il vit une tour penchée sur un grand pré et, tout près, une rue tortueuse avec un immeuble où il y avait une faible lumière. Il s’efforça de regarder à l’intérieur de la fenêtre et vit une chambre modeste, avec une commode et une table sur laquelle était posé un cahier à côté duquel se consumait un bout de chandelle. Dans le lit il se vit lui-même, qui dormait entre deux matelas.
Je suis mort ?, demanda-t-il à Silvia.
Non, dit Silvia, tu es seulement en train de dormir, et tu rêves à la lune.
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brigetounbrigetoun   10 décembre 2009
A Tomes, sur la mer Noire, dans la nuit du seize janvier après Jésus-Christ, une nuit de gel et de bourrasque, Publius Ovidius Naso, poète et courtisan, rêva qu'il était devenu un poète aimé de l'empereur. Et, en tant que tel, par miracle des dieux, il s'était transformé en un grand papillon.
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TandaricaTandarica   10 avril 2015
Ai-je donc l'air si mauvais ?, pensa Maïakovski, et il sourit à la petite vieille. Puis il lui dit : n'ayez pas peur, je ne suis qu'un nuage et je ne demande rien d'autre que descendre de ce train.
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Vidéo de Antonio Tabucchi
Sostiene Pereira (IT) - Afirma Pereira (PT)
Com realização do italiano Roberto Faenza, Afirma Pereira é uma co-produção entre Portugal, França e Itália que adapta para cinema um dos romances de António Tabucchi.
Pereira é um jornalista português do Lisboa, nos anos 30, que no cinema foi interpretado pelo famoso actor italiano Marcello Mastroianni.
Joaquim de Almeida intrepreta o prestável e informado criado de mesa do café Orquídea que servia a Pereira as suas açucaradas limonadas e as oleosas omoletas e lhe sugeria, ao mesmo tempo, notícias impublicáveis.
Pereira é um ex-jornalista de pequenas notícias que, um dia, é promovido a responsável pela página cultural do vespertino O Lisboa e que, confrontado com as ideias de liberdade de dois jovens, acaba por alterar completamente a sua vida.
Nicolau Breyner é o pároco confidente. Teresa Madruga é a porteira delatora. Nicoletta Braschi (conhecida por A Vida é Bela de Roberto Benigni) e Daniel Auteuil (Dr. Cardoso) são outros actores de renome internacional que participam no filme.
O filme foi rodado em Portugal em locais tão diferentes como o Pavilhão de Exposições da Faculdade de Agronomia (em Lisboa), o Museu Castro Guimarães (em Cascais), a Casa do Alentejo (em Lisboa), o Jardim de S. Pedro de Alcântara e a Estação do Rossio.
A acção decorre no Verão quente de 1938, onde um gasto jornalista se rendia ao politicamente correcto para assim evitar cair nas malhas da Polícia inquisidora.
Pereira consegue recuperar a alegria de viver ao põr o coração à frente da realidade, ao deixar prevalecer a verdade sobre os ditames da PIDE, da censura e da propaganda.
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