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ISBN : 2709658828
Éditeur : J.-C. Lattès (28/02/2018)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 20 notes)
Résumé :
C'est dans le Gaîté-Palace, un cinéma de banlieue laissé à l'abandon, que Mohamed, ébéniste au passage du Grand-Cerf, revisite sa vie, celle de ses parents et, surtout celle de son jeune frère, Lyes.Ses souvenirs se figent puis se glacent d'effroi lorsqu'Aïcha, la mère, décide de fêter les vingt ans de Lyes dans son village natal en Algérie, pendant les années barbares. Lyes ne fêtera jamais ses vingt ans. Le jour de son anniversaire, Mohamed et Lyes tombent dans un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  13 octobre 2018
Mohamed est un artiste ébeniste installé à Paris, passage du Grand-Cerf. Père et mère (des émigrés de la première heure... un père travaillant dur -et ne supportant pas sa «nouvelle colonisation»- dans une usine d'équarrissage de peaux et une mère passant son temps à dépenser l'argent amassé durement auprès des vendeurs de babioles) décédés. Il vit seul, célibataire, goûtant de temps au temps aux joies des amours passagères. Heureux en apparence mais malheureux comme pas possible. Car, il a eu deux vies... totalement contraires.
Une enfance et une jeunesse presque heureuses (à noter que sa maman vivait comme une malédiction d'avoir mis au monde un rejeton avec une tête à s'appeler Patrick... une tête de roumi et des yeux clairs), avec une scolarité en dents de scie, assez médiocre car plus porté sur l'art du travail sur bois... et, surtout, sur la jeune et belle Nelly (fille d'un «ancien d'Algérie» revenu en France «avec le dégoût de tous les Mohamed»), qu'il aimait et qui l‘aimait. Des pelles roulées à pleine bouche, en veux-tu en voilà ! En attendant bien plus et bien mieux quand ils seront grands... et, aussi, un jeune frère, Lyès, qu'il protège, le chouchou de maman, un «intello» qui a réussi sa scolarité les doigts dans le nez, bien plus porté sur la réflexion et le rêve que sur l'agir.
Un jour, c'est le départ en famille pour l'Algérie. Vacances d'été et visite au «bled». El Kseur... Cap Carbon... les joies de la mer... le retour tardif... la nuit... la panne de la voiture (le tacot du papa)... le drame... Tout va alors basculer. Ils avaient oublié que le pays était alors en pleine période de terrorisme.
le lecteur trouvera en lisant l'ouvrage un déroulé presque incroyable d'événements ainsi que les conséquences des faits survenus et qui bouleverseront les vies des uns et des autres, en Algérie et à Paris. D'autant que, bien plus tard, Mohamed va croiser, par hasard, Nelly sur les lieux mêmes de leurs premiers baisers (une salle de cinéma, of course !). Bien sûr, l'amour (de jeunesse) finira par triompher (ou presque). Mais la famille, elle, va subir un sort moins heureux... cassée par le terrorisme de la décennie noire qui, profitant des «bienfaits» de la loi d'amnistie de 1999, va se continuer, sous d'autres formes, dont le salafisme. Plus soft, pratiquant l'entrisme tous azimuts, et pernicieusement dangereux pour l'équilibre de la société.
C‘est pour cela que l'auteur (du roman) nous gratifie de passages consacrés à une description assez (sur-) réaliste (quelque peu déplacés à mon avis, car exagérés et se limitant aux propos et aux comportements «populaires» et «populistes» recueillis ou vus ça et là… à l'aéroport, à l'hôtel, en taxi, dans la rue...)... de la ville (Alger) et du pays, la «paix» retrouvée. Très compréhensible de la part d'un visiteur, simple passager venu d'un «autre monde» fait d'art et de libertés... d'un visiteur traumatisé par des «chocs» ayant mis à mal bien de ses certitudes.
Avis : Pour un conteur, c'est un conteur. Un très bon conteur même qui arrive à vous garder «scotché» à un récit à rebondissements, souvenirs d'enfance et de jeunesse, vie d'émigrés (en France), art, amour... et terrorisme mêlés... et beaucoup (un peu trop ?) d'Algérie. Se lit d'un trait.
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TRIEB
  12 mai 2018
Mohamed est ébéniste au passage du Grand –Cerf à Paris .Il n'a pu résoudre l'énigme, la grande douleur de la disparition de son frère Lyes. Celle-ci est intervenue pendant les années de la guerre civile qui opposa les Islamistes du GIA à l'armée algérienne, causant la mort de plusieurs centaines de milliers d'Algériens .Le roman débute par la description d'une photo prise le 11 août 19993 au Cap Carbon, station balnéaire située sur la corniche kabyle .Mohamed a nourri, on l'apprend par la suite, de grands espoirs pour son frère, promis à une carrière brillante en préparant une grande école , un modèle d'intégration réussie …C'est leur mère, Aicha, qui a décidé de célébrer l'anniversaire de Lyes dans son village natal à Kseur . Vingt-cinq ans plus tard, Mohamed reçoit sur son compte Facebook un message d'une certaine Houria, dont on apprendra plus tard à la fin du roman, ; qu'elle a des liens de parenté avec Mohamed : il est son oncle .Pourtant, ce qui est décrit dans ce tendre roman, c'est le pouvoir de la nostalgie : celle de l'enfance de Mohamed à Gentilly, dont le cinéma le Gaîté-Palace est le coeur des souvenirs, des filmes vus avec Nelly, une amie de l'époque dont Mohamed est toujours resté très amoureux . Nous nous construisons avec nos souvenirs d'enfance, et ne pouvons nous permettre le luxe de les évacuer : « Longtemps, j'ai déserté mes souvenirs d'enfance parce que je les savais maussades comme un ciel de banlieue. Maintenant que Nelly m'est revenue, il me semble que ma petite vie ordinaire avait quelque chose d'insouciant de léger, d'heureux, presque. » Ce bonheur familial, Mohamed y a difficilement accès : il ne parvient pas à aimer sa mère qu'il appelle d'une manière froidement distanciée « la mère ».
On discerne aussi dans ce roman une chronique des rapports familiaux : le père de Mohamed, tanneur, s'épuise au travail. Souvent en conflit avec Aïcha, il s'irrite de ses achats excessifs, ce qui provoque la haine de Mohamed pour sa mère .Ce père souffre, aussi, du sort des travailleurs algériens : contraints de « gagner sa croûte par-delà les mers, chez les anciens maîtres (…) En quelques mois, mon père était passé du statut d'ancien colonisé à celui de nouvel immigré. » Ainsi, Takli Tadjer évoque-t-il en fait cette situation de la double culture, de la double appartenance qui impacte, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils le revendiquent ou non, « cette schizophrénie normale «, selon le juste mot de l'auteur .On ne dévoilera pas la fin du roman, si ce n'est pour indiquer qu'elle laisse la porte ouverte au principe de l'espérance
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Alalettre
  05 mars 2018
Coup de coeur pour un très bon bouquin. Et pas parce qu'Akli est un ami mais parce qu'il le vaut bien.
Sa vérité n'a pas attendu mon aurore, j'ai terminé avec délectation son dernier roman dans la nuit. C'est d'ailleurs toujours un peu son truc, il prend son lecteur par la main et ne la lâche plus. Une insistance qui n'a rien de déplacé puisqu'elle nous donne le plaisir de voir du pays. Ou de ses pays, plus exactement. Alger me manque. Je ne la reconnaîtrais pas.
Une autre habitude que l'on prend à lire (ou à relire) Akli Tadjer: cette confirmation si besoin était que l'art du récit ne s'accommode jamais des pesanteurs du style, lourdement vêtu de vains effets. Ça semble d'ailleurs si naturel chez lui cette manière de mettre à nu les mots. La narration est limpide, le sentiment précis, la vérité juste et fragile, même si l'auteur trouve toujours les chemins les plus poétiques pour nous y conduire, de surprises en surprises.
L'histoire… Et quelle histoire partagée entre les deux rives de notre Méditerranée, quels rebondissements entre violences et répits, avec ses parenthèses, ses accélérations, ses ruptures et ses destins mêlés. Ses reniements, ses silences, ses oublis, ses mensonges et, toujours, pour un temps, ses réconciliations. Comme une histoire de famille. Comme une histoire de roman, ou de « mentir-vrai » comme nommait Aragon le fondement du récit.
La « schizophrénie normale » de Tadjer qui fait obstinément le pont entre nos deux cultures algérienne et française fait tilt à chaque fois. Ses personnages écartelés, le brillant Lyes, modèle d'intégration qui chute dans l'extrême, Mohamed, ce rejeton dont les questionnements incessants soulignent une exigence morale bien souvent douloureuse, Houria la rebelle qui ne cherche qu'un vrai père, la Juliette de passage, la Nelly à jamais pour toujours.
Toute vérité est bonne à lire, jugez-en par vous-même.
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bina
  22 décembre 2018
Le narrateur, Mohammed, vend la maison de ses parents. A cette occasion, les souvenirs remontent, accompagnés d'une enveloppe de photos. Son père, ouvrier dans une tannerie, a quitté l'Algérie colonisée pour venir être exploité en France. Qui n'a d'yeux que pour Lyès le fils ainé, Nelly, Ines, les amis…
Et puis, dans les années 90, Lyes allait avoir 20 ans. Mais il ne fêtera jamais son anniversaire….Mohammed reste hanté par les souvenirs de ce qui leur arrivera ce jour-là, à lui et à son frère. Il y a un avant, et un après. Il faut se reconstruire, laisser le temps faire son oeuvre, mais la faille est toujours là, sous la carapace.
Le temps, il en est souvent question, des souvenirs, de la mémoire, du travail pour oublier ou pardonner. Mais le temps n'efface pas la douleur et la culpabilité.
Vingt cinq ans plus tard, les souvenirs ressurgissent avec d'autant plus de force que des indices le mettent en contact avec un(e) inconnu/e semblant les connaitre, lui et son frère…
Que va-t-il retrouver sur les traces de son passé ?
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Jeneen
  24 mars 2018
Coup de coeur pour ce petit livre d'Akli Tadjer, dont j'avais beaucoup aimé déjà "les thermes du paradis".
L'écriture est un des atouts de cet auteur : il parle avec des mots choisis, précis, qui nous touchent parce-qu'il y ajoute une tendresse et une poésie, qui rendent émouvants les événements racontés, même simples, même terribles.
Ici, l'histoire est poignante, les personnages et surtout leur évolution, dans des directions si différentes et inattendues, prend aux tripes. Je ne connais pas l'Algérie mais je me souviens de tout ce qu'en disait un ami qui en était originaire, et j'ai retrouvé dans ce livre ces discussions animées, et cette envie d'aller de l'avant mêlée de nostalgie, d'incompréhension et d'amour.
J'ai adoré l'ambiance de ce livre, sobrement rendue, très très touchante, cette écriture sans fioriture mais belle, ces personnages inoubliables.
A lire absolument.
Merci aux editions JCLattès et à NetGalley pour cette belle lecture.
#LaVéritéattendraL'aurore #NetGalleyFrance
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
nathalie02nathalie02   01 mars 2019
Je n'ai jamais aimé l'idée de racines. Elle me renvoie à l'arbre figé dans sa terre, qui ne voit pas plus loin que le bout de ses branches. Moi, j'aime le mouvement, j'aime, comme Geppetto, transformer le bois pour lui donner une âme et créer des objets qui voyageront à travers le monde et me survivront. J'aime être d'ici et de France. J'aime ma double identité. j'aime ma schizophrénie normale.
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TRIEBTRIEB   12 mai 2018
Longtemps, j’ai déserté mes souvenirs d’enfance parce que je les savais maussades comme un ciel de banlieue. Maintenant que Nelly m’est revenue, il me semble que ma petite vie ordinaire avait quelque chose d'insouciant de léger, d’heureux, presque.
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dido600dido600   13 octobre 2018
«Ce n'est ni tout à fait l'Orient, ni tout à fait l'Occident, c'est l'Algérie: un puzzle auquel il manquerait des pièces»
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dido600dido600   13 octobre 2018
«Les objets ont une âme, et (que) c'est un peu de nous-même que nous abandonnons lorsque nous les laissons agoniser sous les toiles d'araignées de nos greniers»
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nathalie02nathalie02   01 mars 2019
Elle se souvient qu'à l'école on lui avait appris les noms des résistantes ayant participé à la guerre de libération. On disait qu'elles étaient les vrais hommes de ce pays. Aujourd'hui, à la télé, leurs petites-filles participent à des concours de plonge. Quelle régression.
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Videos de Akli Tadjer (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Akli Tadjer

Rencontre avec Akli Tadjer au Furet de Lille - 19/01/2012
Akli TADJER « La meilleure façon de s'aimer » Ed. Jean-Claude Lattès L'auteur parisien revient vers son public, après Le Porteur de cartable, avec La meilleure façon de s'aimer. Akli Tadjer mélange encore une fois l'humour et la tendresse pour nous servir une histoire poignante, celle de Fatima et de Saïd, son fils, jeune parisien vif et malicieux, qui n'ont jamais su se dire « Je t'aime ».
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