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EAN : 9782266126182
320 pages
Éditeur : Pocket (16/01/2003)
4.02/5   52 notes
Résumé :
Paris, mars 1962. En cette fin de guerre d'Algérie, Omar dix ans, porteur de cartable de FLN, fait la collecte auprès des militants du réseau Turbigo, le petit monde pittoresque des immigrés du quartier des Halles. Tout est clair dans sa tête, jusqu'au jour où "l'ennemi", Raphaël, - même âge - rapatrié d'Algérie, "naufragé de l'histoire", débarque sur son palier.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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sur 52 notes
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carre
  09 mars 2012
La guerre d'Algérie vu de Paris et à hauteur d'enfant, sujet au combien difficile et sensible. Omar est porteur de cartable du FLN, il exécute ces missions avec l'innocence d'un môme de dix ans. Mais alors que le conflit est sur la voix de la paix, débarque Raphael un jeune rapatrié qui va loger dans le même immeuble qu'Omar. Et malgré le fossé qui les sépare, l'amitié va annuler les différences et aussi rapprocher les deux familles. Roman initiatique sur une période troublée et au combien douloureuse, Tadjer réussit un roman à la fois grave et plein de tendresse, ou la tolérance et le respect de l'autre sont la toile de fond du récit. Tadjer redonne vie aussi à une minorité montrée du doigt avec beaucoup d'humour et de charme. Bon moment de lecture.
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Fab_Le_Moine_Copiste
  24 avril 2016
le porteur de cartable est le 2ème livre que je lis d' Akli Tadjer. Après avoir aimé Les Thermes du Paradis, je voulais continuer à explorer l' univers de cet auteur. Malgré un titre que je trouvais peu incitatif, sans doute était-ce dû au thème de l'école qui implicitement me rebutait, je me suis lancée dans la lecture.
Et, une fois de plus, le style et l'univers, m'ont emportée. J'y ai retrouvé, ce que j'avais aimé dans Les Thermes : des trésors de drôlerie et d'humanité. Pourtant, l'auteur aborde des sujets graves comme la guerre d' Algérie, l'engagement politique et la corruption, le déracinement et la dépression, voire la folie qui peuvent en découler, la perte de la dignité. Sans doute est-ce dû au point de vue choisi, celui d'un enfant Omar Boulawane, d'origine algérienne vivant en France, ne connaissant rien de l' Algérie mais qui en a le goût grâce aux récits poétiques de son oncle Mohammed qui sait lui raconter les genêts fleurissant au mois de mai sur la Colline Oubliée. La candeur de son regard et ses réflexions sans concession sur les personnes qui l'environnent donnent toute sa saveur au roman. Ce militant précoce du FLN, aux côtés de son père, nous fait partager sa vie d'écolier pas toujours facile, avec cette guerre qui l'épuise, avec cet appartement de 32 m2, sans douche avec les toilettes à l'entresol et « où le soleil ne s'égare jamais », avec ce racisme ordinaire avec lequel il faut savoir composer, qui lui donnent le droit d'être malheureux. Aussi, l'arrivée de cet enfant Raphaël Sanchez, rapatrié d' Algérie, venant injustement occuper le spacieux appartement d'en face convoité par les Boulawane, devient l'ennemi juré. Bien que le directeur de l'école, incite tous les élèves à faire une place à ce naufragé de l' histoire dans leur coeur, pour Omar, c'est tout simplement impossible.
Mais heureusement, le philosophe J.J Rousseau et son enseignement saura, à la faveur d'un événement, indirectement les réunir malgré tout. Pour le grand bonheur du lecteur, ces deux-là sauront dépasser ce qui les sépare et nouer une belle amitié.
Et puis, pour illuminer l'existence d'Omar et lui faire oublier cette guerre qui dévaste tout, il y a Mme Ceylac, sa maîtresse aux yeux verts, qui sait tout sur tout mais qui parfois malmène son coeur, lui qui est « décidément trop fragile des émotions ». le poème qu' Omar lui écrit devrait figurer dans toutes les anthologies poétiques et la scène qui en découle est d'un humour irrésistible !
Chez Tadjer, même les personnages secondaires y ont leur place et sont dotés d'une vraie humanité. Bien sûr, les salauds restent des salauds et les arrivistes finissent toujours par arriver. Et les véritables héros ne sont pas ceux que l'on croit mais plutôt ceux ,désintéressés, qui paient de leur vie ou de leur liberté pour de nobles idéaux.
Ce beau roman évoque une page sombre et douloureuse de notre Histoire de France, à savoir la décolonisation de l' Algérie, en alternant humour et mélancolie, poésie et tendresse, candeur et réalisme.
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Moamettre
  29 janvier 2020
Lorsqu'un enfant se met à raconter, l'on est sûr qu'il ne peut y avoir ni parti pris ni idéologie. C'est le cas d'Omar dans le roman le porteur de cartable d'Akli Tadjer. L'enfant, élève à l'école primaire, et bien qu'il s'agisse de la guerre d'Algérie, nous fait rire par son regard sincère et innocent. Il est amoureux de son institutrice, se lie d'amitié avec un enfant pieds-noirs, ennemi de la cause qu'il sert en tant que ramasseur de cotisations pour la libération de l'Algérie, le pays de ses parents mais que lui n'a jamais vu. le franc parler d'Omar, le narrateur, devient aussitôt une remise en question de tant de manigances et d'attitudes critiquables que ce soit du côté des Européens d'Algérie, des Métropolitains ou du côté des Algériens indépendantistes, oeuvrant au sein du FLN. Par ailleurs, L'ingéniosité de l'intrigue confère à la tragédie que fut la guerre d'Algérie, un caractère humain et ce grâce à l'humour et aussi à l'amitié sincère qui lie les deux enfants/personnages.
Rire est le propre de l'Homme disait Rabelais, et Akli Tadjer rend possible ce rire malgré la noirceur de la guerre.
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psambou
  09 novembre 2014
Les quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie. Omar a 10 ans. Il vit à Paris. Pour le réseau du FLN auquel appartient son père, il est le porteur de cartable avec pour responsabilité de pointer dans le quartier ceux qui soutiennent la révolution avec leur cotisation.
Mais parallèlement à L Histoire avec un grand H qui se déroule en toile de fond, il y a les destinées individuelles, et surtout les caractères et sentiments de chacun, racontés par Omar. Raphael Sanchez qui débarque avec ses parents pied-noir pour occuper l'appartement d'en face dont il rêve, inaccessible pour sa propre famille. Messaoud, qui lui promet un brillant avenir dans l'Algérie libérée, et qui abuse de son pouvoir de chef de réseau. Thérèse la jolie maîtresse qui fait chavirer le coeur d'Omar. Ali, son père et Yema, sa maman, courageux combattants du quotidien.
Un roman qui raconte tout en douceur et à travers l'apparente naïveté du regard d'un enfant l'amitié et les blessures ouvertes par les grands bouleversements historiques.
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Lilyella
  07 juin 2020
Paris 1962 .
Quand on a 13 ans , on pense aux filles, à taper dans un ballon , on se sent grand et nos parents deviennent has-been .
Pour Omar rien de cela ne lui occupe l'esprit. Il est " porteur de cartable " du FLN où son Père Ali ,est un membre très actif . Les réunions secretes du réseau Turbigo sont organisées dans leur minuscule logement pendant que Yéma ( maman de Omar) leur prépare un repas. Il se sent important au milieu de ces militants
Le chef du réseau lui a promit un grand avenir à la libération de L'Algérie.
Le quotidien des Boulawane se déroule sans surprise jusqu'au jour ou Raphael (un petit pied noir )emménage avec ses parents sur le même palier que lui. La famille Sanchez a été expulsée de L'Algerie , la maman du gamin ne supporte pas cette nouvelle vie à Paris et sombre dans une profonde dépression.
Ils sont ensemble dans la classe de la bienveillante Madame Ceylac .
Omar reste de marbre face aux propositions amicales de Raphaël.
"Il faut se mefier de tout le monde dit le chef."
Ce roman est une belle leçon d'humanité
construite par deux enfants qui ont su franchir les barrières raciales imposées par le monde des adultes .
C'est le deuxième livre que je lis de Akli Tadjer et je vais pas m'arrêter là.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
carrecarre   05 octobre 2012
-Ce n'est pas grave de n'avoir encore jamais embrassé de filles à ton âge. Moi, ce n'est que la troisième. La première c'était l'été dernier à un mariage juif. Elle s'appelait Gisèle Aboulker. Elle venait de manger un sandwich merguez harissa, j'ai eu la gueule en feu pendant deux jours.
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carrecarre   29 septembre 2012
-Ils viennent de chez nous. Ce sont des pieds-nioirs. Des rapatriés comme ils disent ici.
-Pourquoi le gérant leur a donné le logement alors que nous, on le lui a demandé depuis si longtemps ?
-Peut-être parce qu'ils sont Français. De vrais François, eux.
-Mais nous on est quoi si on est pas de vrais Français ?
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flamencaflamenca   02 mars 2010
Quelle horreur que cette guerre! Puis il se lève de son bureau. Machinalement, nous le suivons sans qu'il n'ait rien exigé de nous. Il ouvre son armoire, en sort une carte de l'Algérie qu'il suspend à deux crochets vissés au mur. Il y a du vert près de la mer, du jaune pour le désert et une grande bande rouge au milieu pour les hauts plateaux. Des noms aussi. Des noms arabes et français mélangés. Oran, Tlemcen, Mascara à gauche. Alger, Cherchel au centre. Dellys, Bougie et Djidjeli à droite. J'essaie de trouver Bousoulem, le village natal de Mon Père mais je me perds du côté de Ain Nasser. M. Robinson nous regarde un peu atterré et sans crier nous tonne : - A qui appartient ce beau pays?
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psamboupsambou   09 novembre 2014
- Et toi, Omar, qu'est-ce que tu ferais si tu étais riche ? Très riche ?
- Je ne sais pas. J'essaierais d'acheter la paix si je trouve le vendeur.
- J'ai déjà vu des vendeurs de guerres mais des vendeurs de paix, jamais.
- Peut-être parce que ça n'a pas de prix, la paix. C'est pour ça qu'il n'y a pas de vendeur.
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Fab_Le_Moine_CopisteFab_Le_Moine_Copiste   24 avril 2016
Oncle Mohamed. Je l'aime surtout parce que c'est un rêveur qui a les pieds ici et le coeur ailleurs, dans ses parcs et jardins qu'il chérit au moins autant que son pays. Il a juré s'être battu pour devenir jardinier de la ville de Paris. (...)Personne ne le croit, sauf moi. Je crois tout ce qu'il dit parce qu'il est le seul à savoir me donner le goût de l' Algérie. Il me raconte le coucou et les perdrix qui chantent, tout l'été, dans les caroubiers. Il me raconte les genêts qui fleurissent au mois de mai sur la Colline Oubliée. Il me raconte la pêche aux têtards dans la mare d'El Fnar. Il me raconte tout cela avec une voix si douce qu'on dirait une berceuse destinée à Zina, Zouina, Zoubida, ses trois filles, qu'il a laissées là-bas. Et quand je ferme les yeux, j'entends aussi Jacot son bourriquot qui brait : " Quand reviendras-tu nous voir Mohamed ? "
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Vidéo de Akli Tadjer

Rencontre avec Akli Tadjer au Furet de Lille - 19/01/2012
Akli TADJER « La meilleure façon de s'aimer » Ed. Jean-Claude Lattès L'auteur parisien revient vers son public, après Le Porteur de cartable, avec La meilleure façon de s'aimer. Akli Tadjer mélange encore une fois l'humour et la tendresse pour nous servir une histoire poignante, celle de Fatima et de Saïd, son fils, jeune parisien vif et malicieux, qui n'ont jamais su se dire « Je t'aime ».
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