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Jean-Michel Gardair (Préfacier, etc.)Henriette Mirabaud-Thorens (Traducteur)
EAN : 9782070321513
207 pages
Gallimard (23/01/1980)
3.97/5   52 notes
Résumé :
Comme Gandhi, la pensée anti-impérialiste de Rabindranath Tagore (1861-1941), le prix Nobel de littérature de 1913, prône un universalisme asiatique fondé sur le principe du réveil religieux. Mais on peut également comparer « Tagore à Victor Hugo pour son génie de poète et d'écrivain, pour son talent de dessinateur, pour sa pensée sociale » (J. Filliozat) L'ouvre de Tagore est écrite en Bengali, langue très musicale dans laquelle son art poétique est parvenu au plus... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Sachenka
  06 juillet 2018
Le naufrage, c'est un joli petit roman. Plonger dans une autre culture, l'Inde du début du 20e siècle, avec ses traditions, ses codes, ses personnages typés. Et la plume de Rabindranath Tagore a des qualités uniques, elle est sensible, charmante. Effectivement, c'est bien beau mais…
Les personnages sont un peu frustrants. Ils commettent des bêtises, des erreurs. Ça, c'est normal. Mais qu'ils s'entêtent à ne pas les corriger, à s'enfoncer dans les mensonges, persistant à ne pas rectifier les mauvaises impressions laissées chez les autres. Je ne m'attendais pas à ce que Tagore puisse pencher dans le vaudeville.
Ramesh aime profondément Hemnalini. Toutefois, son père lui fait épouser une autre femme (c'était encore l'époque des unions arrangées) mais, la journée du mariage, un typhon ravage la région. Tout le monde périt, sauf le jeune et une autre femme, Kamala, qui se mariait le jour même avec un inconnu. Méprise, elle croit que Ramesh est son époux et ce dernier la ramène chez lui. Se croyant libre, il retourne à son premier amour mais les frères de Hemnalini apprennent l'existence de Kamala et viennent troubler les plans du jeune homme.
L'intrigue est un peu plus complexe, d'autres personnages entrent en jeu comme le père de Hemnalini et l'oncle de Kamala mais, dans l'ensemble, ça résume assez bien le tout.
Je déteste ces histoires où raconter la vérité, dès le début ou à n'importe quel autre moment, pourrait tout régler si facilement au lieu d'embourber le protagoniste dans une série de malheurs.
À cela s'ajoute des personnages dont la conduite n'est dictée que par leur morale, faisant fi de toute émotion ou de tout désir personnel, les rendant froids, distants, peu engageants.
Bien sur, il faut faire avec la sensibilité indienne, le respect des traditions, l'importance (la très haute importance) accordée à l'honneur, surtout chez la femme. Autre culture, autres moeurs.
N'empêche, quelque chose (mon instinct de lecteur ?) me disait que tout se réglerait avant la fin du roman. Ça me semblait être le type d'histoire où «Tout est bien qui finit bien.» Et, malgré tout, on aime bien un peu ces histoires-là.
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sabine59
  07 juin 2017

Hymne à la vie terrestre dans sa finitude, à la femme, à l'amour, au quotidien d'une communauté villageoise indienne, " le jardinier d'amour" a été pour moi une lecture envoûtante, presque hypnotique. D'autant plus que de nombreux textes, en prose ou en vers, deviennent des incantations, par la répétition de certaines phrases- refrains, comme: " Ne pars pas, mon amour, sans prendre congé de moi".
Entre conte philosophique et lyrisme amoureux, les chapitres courts de ce recueil singulier déroulent des instantanés de vie, des demandes, des prières à l'être aimé. Les images sont sensuelles, luxuriantes :
" Quand rapidement elle passa près de moi, le bout de sa robe me frôla.
Comme d'une île inconnue vint de son coeur une soudaine et chaude brise de printemps."
La deuxième partie du recueil " La jeune lune" est très émouvante car elle est dédiée à sa fille décédée. Elle évoque avec beaucoup de sensibilité et de tendresse le monde de l'enfance.Tour à tour, ce sont les parents ou une petite fille qui s'expriment. J'ai aimé la fraîcheur , la douce affection qui transparaissent, à travers les mots, et l'imagination déployée:
" Quand la nuit vient, j'enfonce ma tête dans mes bras et je rêve que mes bateaux de papier voguent toujours, toujours plus loin, sous la clarté des étoiles de minuit.
Les fées du sommeil y voyagent, et la cargaison, ce sont leurs paniers pleins de rêves !"
Un poète généreux et inspiré, voilà ce que j'ai ressenti, en laissant germer en moi son grisant jardin de fleurs...
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Kio971
  12 novembre 2018
Ramesh habite Calcutta. Il vient de terminer ses études de droit et il aimerait bien s'installer et épouser sa voisine, la jolie Hemnalini. Mais le père de Ramesh ne l'entend pas de cette oreille et vient le chercher à Calcutta pour le ramener dans son village et lui faire épouser la jeune fille qu'il a choisie pour son fils. Ramesh est obligé d'obéir à son père, mais il est tellement furieux qu'il refuse de regarder le visage de sa femme, ni au moment de la cérémonie du mariage, ni ensuite lorsqu'ils embarquent le soir, avec d'autres passagers, sur un bateau.
Une terrible tempête se lève pendant la nuit et le bateau fait naufrage. Quand Ramesh reprend ses esprits, le lendemain matin, il est seul sur la berge en compagnie d'une jeune fille en tenue de mariée. Ramesh la prend pour sa femme et, de son côté, la jeune fille qui avait à peine entraperçu le visage de son époux, pense que Ramesh est son mari.
Ramesh comprend son erreur quand la jeune fille lui dit ne pas s'appeler Susila -le nom de la femme de Ramesh - mais Kamala. Ramesh décide alors de revenir à Calcutta, persuadé que Susila est morte dans le naufrage (tout comme son propre père), et qu'il pourra désormais épouser Hemnalini. Il emmène avec lui malgré tout Kamala, qu'il héberge loin de son ancien logement et à qui il fait suivre des cours dans une école.
Bien qu'il renoue avec Hemnalini, Ramesh repousse constamment le moment de prouver à Kamala qu'il n'est pas son mari (même s'ils ne vivent pas comme mari et femme) et devant l'impossibilité de laisser tomber la jeune fille, il décide de partir au loin avec elle, le temps de lui faire admettre la réalité et de pouvoir ensuite épouser Hemnalini.
Cependant, à vivre aux côtés de Kamala, Ramesh commence à aimer tendrement cette dernière, tout en restant amoureux d'Hemnalini. Il aura bien du mal à se sortir de ce dilemme sentimental...

Voilà près d'un siècle que R. Tagore a écrit le naufrage, mais le roman n'a pas pris une ride. La raison principale est que les relations familiales et humaines qu'il décrit son toujours d'actualité dans l'Inde d'aujourd'hui et de plus, aucune description ne permet réellement d'ancrer historiquement le récit dans l'époque à laquelle il a été écrit.
C'est, avant l'heure de la création du mot, un véritable page-turner que ce roman de Tagore : on a hâte de découvrir la fin et de savoir comment l'histoire va finir.
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JeanPierreTisserand
  21 juin 2018
Avec " le Naufrage ", Rabindranath Tagore livre un roman qui s'apparente à un conte où les protagonistes, à travers bien des épreuves, et avec beaucoup de persévérance réussissent à retrouver l'élu(e) de leur coeur pour le plus grand bonheur du lecteur.
Si les personnages sont clairement identifiés (bons ou méchants) le récit reste toutefois charmant, et les complexités de l'âme décrits avec nuance.
La sensibilité de l'auteur s'exprime avec beaucoup de talent et de finesse, et la sympathie qu'il a pour ses personnages, soumis à de fortes pressions sociales, est palpable.
Un moment agréable dans un climat et une atmosphère qui ne manquent pas de charme, et nous rappellent que l'Inde a toujours fasciné par ses mystères, ses dangers et ses lumières chatoyantes, où douceur et cruauté s'entremêlent, la tradition et le sacré étant omniprésents.
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patrick75
  04 novembre 2013
Une belle découverte de la sensibilité indienne. Un voyage d'où l'on revient apaisé.
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   18 octobre 2015
Si j'avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l'exprimer, j'aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu'il y a de meilleur en nous. Chacun possède un trésor. Sois conscient et généreux de ton trésor et, en même temps, reste ouvert, attentif à recevoir le trésor des autres, disposé à apprendre et à te remettre en question. Cherche la beauté, la vérité, l'excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres. Occupe joyeusement ta place: il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi ne serions là. Pense que ta place que tu n'occupes pas pour ne pas déranger reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi .
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LiliGalipetteLiliGalipette   23 février 2011
De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,
tu joues avec moi.
Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.

(Le Jardinier d'amour, XXXV)
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patrick75patrick75   03 novembre 2013
JOUJOUX

Comme tu es heureux , enfant, toi qui, assis dans la poussière, t'amuses toute la matinée avec un bout de branche cassée.
Je souris de te voir jouer avec ce brin de bois.
Moi, je suis occupé à faire des comptes, j'additionne des chiffres des heures durant.
Peut-être me regardes-tu du coin de l'oeil en te disant: " Quelle bêtise de gaspiller sa matinée à ce jeu là ! ".
Enfant, les bâtons et les pâtés de terre ne m'absorbent plus: j'ai perdu ton art !
Je recherche des amusements coûteux et j'entasse de l'or et de l'argent.
Tu joues à coeur joie avec tout ce que tu trouves.
Moi, j'emploie mes forces et mon temps à la recherche de choses que je ne pourrai jamais obtenir.
Dans mon frêle esquif je m'efforce de traverser la mer des désirs, et j'oublie que mon travail lui aussi n'est qu'un jeu !
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patrick75patrick75   28 octobre 2013
Mon coeur, oiseau du désert, a trouvé son ciel dans tes yeux.
Ils sont le berceau du matin, ils sont le royaume des étoiles.
Leur abîmes engloutit mes chants.
Dans ce ciel immense et solitaire laisse-moi planer.
Laisse-moi fendre ses nuages et déployer mes ailes dans son soleil.

( Le jardinier d'amour: XXXI )
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patrick75patrick75   29 octobre 2013
O femme tu n'es pas seulement le chef-d'oeuvre de Dieu, tu es aussi celui des hommes: ceux-ci te parent de la beauté de leurs coeurs.
Les poètes tissent tes voiles avec les fils d'or de leur fantaisies; les peintres immortalisent la forme de ton corps.
La mer donne ses perles, les mines leur or, les jardins d'été leurs fleurs pour t'embellir et te rendre plus précieuse.
Le désir de l'homme couvre de gloire ta jeunesse.
Tu es mi-femme et mi-rêve.

( Le jardinier d'amour LIX)
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Videos de Rabindranath Tagore (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rabindranath Tagore
Lecture de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman et concert autour des oeuvres de Théodore de Banville, Gérard de Nerval, Paul Eluard et Rabindranath Tagore.
« C'est l'angoisse de la séparation qui s'épand par tout le monde et donne naissance à des formes sans nombre dans le ciel infini. C'est ce chagrin de la séparation qui contemple en silence toute la nuit d'étoile en étoile et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles dans la pluvieuse obscurité de juillet. C'est cette envahissante peine qui s'épaissit en amours et désirs, en souffrances et en joies dans les demeures humaines, et c'est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons. »
L'Offrande lyrique, Rabindranath Tagore, traduit par André Gide.
Ces émotions douces et amères qui nous secouent ne sont-elles pas universelles ? Ne sont-elles pas l'essence même de notre existence ? Deleyaman, groupe franco-américain dans la veine céleste de Dead Can Dance, aborde ces questions vibrantes, parle d'art, d'amour, de beauté et de contemplation comme des réponses à nos contraintes existentielles.C'est une amicale collaboration artistique entre le groupe et Fanny Ardant qui a donné naissance à cette création. Au travers d'un texte lu, elle dialogue avec le groupe sur une musique créée par Deleyaman. Avec le son du doudouk, le groupe d'Aret Madilian interprétera les titres français de sa discographie
Fanny Ardant : voix Béatrice Valantin : voix, clavier Aret Madilian : piano, clavier, guitare, percussion Guillaume Leprevost : basse, guitare Artyom Minasyan : doudouk, plul, pku Madalina Obreja : violon Gérard Madilian : doudouk
Création en partenariat avec le Trianon Transatlantique de Sotteville lès Rouen – Scène conventionnée d'intérêt national art et création chanson francophone.
À écouter – Deleyaman, « Sentinel », 2020. Plus d'informations sur www.deleyaman.com À écouter : https://deleyaman.bandcamp.com/album/sentinel
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