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EAN : 9782384110179
360 pages
INCEPTIO ÉDITIONS (13/10/2022)
4.23/5   49 notes
Résumé :
Patiemment, en luttant farouchement pour suivre sa propre voie, Mathilde s’est façonné une existence de rêve : voyages autour du globe, reconnaissance professionnelle, aisance financière et… une double vie. Deux hommes qu’elle aime, deux familles qui ignorent tout l’une de l’autre. Deux mondes aux frontières bien délimitées. Mais il suffit parfois d’un grain de sable dans les rouages d’une mécanique soigneusement huilée pour que tout déraille. Le jour où une personn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
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Connaissiez-vous les Algées ?
Filles d'Ether et d'Erin, elles étaient trois déesses représentant la souffrance dans la mythologie grecque : Lypes, la déesse de la douleur, Ania la déesse de la détresse et du chagrin et enfin Achus la déesse de l'angoisse.
Personnellement je l'ai appris pendant ma lecture, avec la curiosité de connaître l'origine de ce mot, apprenant du même coup l'étymologie d'antalgique, analgésique, point névralgique.
Vouer aux gémonies, je connaissais le sens de l'expression et désormais je sais aussi qu'elle vient des escaliers des Gémonies, dans la Rome impériale antique, où étaient exposés les suppliciés.
Chagrin, souffrance, supplice : Non je confirme que vous n'allez pas sourire à chaque page.
Mais en tout cas, pour un lecteur qui souhaite enrichir son vocabulaire, sa culture, les romans de Luca Tahtieazym sont toujours très intéressants, riches, bien écrits, sans jamais être indigestes.

Après les larmes noires de Sandrine Collette ou Julie Lester, Les larmes de rouille de Frédéric Pontarolo ou Les larmes bleues de Juliette Morillot, voici donc un nouveau livre sur la PAL des lamentations avec ces larmes écarlates.
Rassurez-vous, personne ne pleure réellement de sang. Il s'agit davantage de reflets qui sont autant de métaphores.
"Je me suis mise à pleurer comme une fontaine, et chaque larmes qui ruisselait brûlait ma peau comme une coulée de lave."

Assez différent des romans de l'auteur que j'ai pu lire jusqu'à présent, même si on en reconnaît la plume et le clin d'oeil à miss fatalité, Les larmes écarlates est un thriller dont les originalités sont autant de flèches à son arc.

Déjà, l'auteur n'a pas choisi la facilité en narrant son histoire avec la voix de Mathilde, exercice d'autant plus périlleux que cette femme a une vie singulière, venant casser les codes. Je crois que c'est la première fois que je rencontre dans le monde littéraire ou audiovisuel une femme menant une double vie, alors que les hommes qui ont deux épouses ou plus ont été légion. Mathilde a un compagnon et des enfants à La Rochelle, un mari et une petite fille à Tours, et ses longs et nombreux voyages professionnels lui permettent d'avoir toujours une excuse, un alibi, pour pouvoir vivre cette surprenante existence. La machine est parfaitement huilée pour qu'elle puisse profiter de ces deux univers sans jamais les mêler l'un à l'autre, au prix de quelques mensonges et de multiples précautions.
Paul et Cillian sont les deux hommes de sa vie, qui se complètent, qui la comblent, mais de façon dupliquée.
"J'aimais deux hommes. C'était impossible, inique, inconcevable, pervers, hypocrite, indécent, scandaleux, obscène, dissolu, interlope, fallacieux."
"Si un jour je devais faire un choix entre Cillian et lui j'en mourrais."
Et puis dans cet engrenage parfait viendra s'immiscer le magazine Femme actuelle qui a décrété dans un de ses articles que des amies étaient censées tout partager, tout se dire. Article avec lequel Mathilde est plutôt en désaccord, tenant particulièrement à son jardin secret. Et c'est ce dont il sera ici question : Jusqu'à quel point sera-t-elle prête à aller pour continuer à mener sa double vie ? Et réussira-t-elle la préserver ?

Autre originalité : La période. Sans doute pour que l'histoire soit plus crédible d'un point de vue administratif notamment, l'auteur nous emmène dans les années 1984 et 1985 pour dérouler son histoire. Pour les lecteurs de ma génération, ce sont énormément d'images nostalgiques qui sont remontées à la surface, des fragments de mon enfance et de mon adolescence qui paraissent si éloignées désormais ! Les cabines téléphoniques, le minitel, les jeux d'arcade. Les vieux modèles de voiture, les chansons, les émissions de télé de l'époque : Dessins animés, reportages, films X. le tout accompagné de quelques éléments historiques ou politiques pour crédibiliser encore davantage cette période de balbutiements informatiques.

Autre détail que j'ai beaucoup aimé : L'importance de la couleur rouge, auquel le titre fait d'ailleurs écho.
"Quand je vois du rouge, mes rotules se désagrègent. Je titube. Je perds pied."
Cette couleur pourpre, carmin, andrinople, cinabre ( quand je disais que le vocabulaire était extrêmement riche, en voilà d'autres exemples ! ) est mise en exergue d'originale façon tout au long de la lecture, jouant un rôle aussi réel que symbolique. le rouge n'est pas que celui du sang qui coule mais aussi celui de la couleur qui déstabilise, qui remet en question toute la vie que Mathilde s'est construite, qui la fait vaciller.

Enfin, il s'agit tout simplement d'un bon roman à suspense, au-delà de toutes ses autres qualités, avec son lot d'imprévus et de rebondissements inattendus. Entre autres grâce à une construction encore originale qui laisse la voix le temps de quelques pages à tous les autres protagonistes du roman : Collègue, maris, enfants, amis.
Au niveau de l'écriture, j'ai beaucoup aimé également la façon dont les chapitres s'entrelaçaient.

Ce qui m'a manqué se résume à un mot : Empathie.
Cela dit, l'auteur a déjà fait très fort en ne rendant pas d'emblée son héroïne antipathique. Je l'appréciais même, au début du roman. Mais Mathilde est très ambivalente, et si parfois on la comprend, il est difficile de toujours lui pardonner.
Aimer deux hommes sincèrement n'est pas forcément condamnable. C'est certes au-delà de ma conception des sentiments, ça engendre des mensonges en grand nombre pour sauver les apparences d'une vie telle qu'on l'a conçue, mais la sincérité de la narratrice principale ne laisse en tout cas planer aucun doute. Tant qu'elle ne fait souffrir personne en jouant les funambules...
C'est quand un de ses enfants compte le nombre de jours où il a vu sa maman le mois précédent ( quatre ) que l'égoïsme de cette femme m'a davantage sauté aux yeux. Quasiment toujours en déplacement professionnel, elle répartit le peu de jours qu'il lui reste à passer en France entre ses deux familles, et même si ce sont des moments heureux ils ne sont que des gouttes d'eau insuffisantes pour des enfants qui ont besoin de cette mère dissimulatrice.
C'est là je pense que j'ai pour ma part divorcé avec l'héroïne, et que le sort de ses proches m'a alors beaucoup plus préoccupé que le sien.

Reste donc un roman au sujet extrêmement original, à l'écriture habile et surprenante, au suspense maîtrisé.
C'est déjà beaucoup.
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Bonjour amis lecteurs,
Je remercie chaleureusement Inceptio Éditions pour l'envoi en service presse numérique du nouveau livre de Luca Tahtieazym: « Les larmes écarlates ». Coup de coeur pour ce thriller psychologique passionnant. Nous découvrons une femme menant une belle carrière professionnelle et jonglant brillamment entre deux vies et deux familles qui ignorent tout l'une de l'autre. Une réussite exemplaire lui permet de voyager et lui assure un contrôle parfait de ses deux vies jusqu'au jour où la machine s'enraye. L'engrenage devient incontrôlable et extrêmement dangereux et distille menaces, persécution et paranoïa. La psychologie du personnage principal est minutieusement étudiée et on vit ses manipulations, son égoïsme, son côté calculateur et ses mensonges en souffrant avec elle. L'auteur m'a conquise à nouveau avec son écriture percutante, envoûtante, poétique, visuelle et addictive. L'ambiance terriblement angoissante et oppressante s'intensifie au fil des pages et il m'a été impossible de lâcher ma liseuse avant le mot fin. Un excellent moment de lecture !

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Je ressors de cette lecture bousculée et séduite !

Dans ce roman, on suit Mathilde qui jongle depuis quelque années entre deux foyers : à La Rochelle, elle vit avec Paul, un artiste-peintre et leurs deux enfants et à Tours, elle est mariée à Cillian, restaurateur, et à une petite fille. Bien sûr, l'équilibre est périlleux et les mensonges nombreux mais elle est heureuse comme ça. Évidemment, un grain de sable va venir gripper cette fragile organisation en la personne de Marie-Claire, sa voisine de la Rochelle qui l'a rencontré à Tours… A partir de là, tout va s'effriter, les cadavres vont s'accumuler autour d'une Mathilde prête à tout pour préserver ses deux vies. Et je vous assure, ça déménage !!!

J'ai dévoré ce roman en deux jours, sans pouvoir lâcher mon livre. Les émotions se sont bousculées : d'abord un petit côté voyeur un brin moralisateur face à cette double vie puis de l'empathie vis à vis de sa détresse, de la surprise quant à sa ténacité et enfin de l'effarement quand la situation dégénère véritablement….

Une lecture prenante qui nous entraîne dans une histoire pleine de surprises, accrochez-vous !
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Mathilde a une double vie, deux hommes chers à son coeur, deux familles avec des enfants. Et c'est un secret pour tout le monde… jusqu'au jour où ses deux vies se mêlent de façon… sanglante.

💙 Très bonne lecture
En trois mots : mensonges - familles - danger

Au début de l'histoire, l'auteur prend son temps pour expliquer la vie de Mathilde, nous permettre de comprendre sa situation… cela peut paraître lent mais il ne faut pas s'alarmer, c'est normal et utile.

Puis tout à coup, tout s'emballe et on est pris dans cet engrenage, tout comme Mathilde. J'ai presque eu l'impression d'être à sa place tant c'était stressant !

« Un grain de sable aura suffi pour enrayer les rouages soigneusement huilés de mon existence - de mes existences. »

J'ai réellement apprécié accompagner cette femme dans ses aventures mais sans forcément m'attacher à elle. Peut-être à cause de son caractère, ou même de sa situation particulière que je n'approuve pas spécialement mais que j'ai adorée suivre 🫢.

La première chose qui m'a attirée dans cette histoire est effectivement le fait que ce soit une femme qui a une double vie, ce point de vue est plutôt rare et intéressant.

L'auteur parsème son roman de réflexions sur la place de la femme dans la société et notamment dans le milieu professionnel. L'histoire se passe dans les années 80 mais les remarques sont malheureusement toujours applicables…

« Le sexe faible, cette seule expression résumait tout le mépris que je ressentais pour cette société qui me condamnait a priori, quelles que fussent mes capacités. »

Dans ce roman, le fond est travaillé mais la forme l'est tout autant ! L'écriture est fluide mais en même temps le vocabulaire est plutôt soutenu. Ça m'a déstabilisée au début, n'étant pas habituée à ce style dans les thrillers (je le retrouve plutôt dans les romans noirs) mais finalement j'ai beaucoup accroché.

Ici les mots sont bien choisis et donnent une ambiance et une image de Mathilde bien particulière.

D'ailleurs les fins et débuts de chapitres ont une petite particularité, saurez-vous la repérer ? 👀

Ce style travaillé est pourtant addictif, les pages se tournent aisément jusqu'à la fin.

Si j'ai formulé plusieurs hypothèses pendant ma lecture, j'ai malgré tout compris la révélation avant qu'elle n'arrive. Mais cela veut aussi dire que ce n'était pas sorti de nulle part et c'est finalement un bon point.

« Moi qui aime voyager, je viens de composter un aller simple en enfer. »

Une descente aux enfers efficace et bien écrite. Prêts à embarquer dans la (les) vie(s) de Mathilde ?

#TeamChroniqueursInceptio
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Ce thriller nous entraine dans une expérience littéraire nous enfermant dans un labyrinthe paranoïaque dont vous ne sortirez pas intact. l'auteur nous montre une fois de plus qu il maîtrise à la perfection son histoire tant au niveau de l intrigue que de la façon de nous rendre accro à celle-ci. Loin de suivre une narration littéraire classique il prends le parti de faire correspondre chaque chapitres avec les réflexions, les actions et les angoisses des personnages clés de ce roman. Nous voilà emporté dans un terrifiant jeu de piste dont le point de départ va vous interpeller pour progressivement se transformer en un véritable cauchemar entrainant le lecteur dans une spirale anxiogène où s entrecroisent violences, suspicions et faux semblants. Donnant à ce roman une couleur très sombre. Nous sommes emprisonnés dans cette histoire dont l intrigue nous enchaîne des les premières pages grâce à sa ligne dramatique, nous confronte à une série de retournements de situations qui maintient en alerte notre intérêt du fait du chemin prit par le personnage principal et une série de rebondissements plus ou moins cruciaux qui nous entraîne dans un tourbillon interrogatif. Accentué par un rythme intense qui ne jamais ne diminue. Dont la finalité va vous interpeller. l'auteur va même prendre le rôle du petit poucet en semant tout le long du texte une série de termes qui illustrent l erythrophobie pesante ressentie. C est dans cette histoire de dingue qu interagissent une série de personnages sournois, machiavéliques, sans foi ni loi et revanchards.

Un roman palpitant qui vous entraîne dans une boucle infernale.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
On pourrait croire qu'une nature cruelle et sadique est la source des remarques dénigrantes que vous recevez comme des gifles ; c'est faux. Ils font ça pour caresser leur égo, flatter leur cruauté, se sentir exister en annihilant les autres. Les outrages cinglent les victimes et ragaillardissent ceux qui les lancent, ça a toujours été ainsi.
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Vulnérable et dans l’instant, livrée sans fard, sans issue de secours, incapable de tricher, de corrompre ou de me travestir, j’attends le verdict.

Rien ne peut me bercer et m’endormir. C’est plus fort que moi, je vois du rouge partout, même quand mes yeux pleins de larmes sont clos.
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Loi de Murphy : tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal tôt ou tard. On peut fermer les yeux, implorer, croire en son destin, le ciel finit toujours par s’écrouler.
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Sourire, c'est une arme quand la tension domine et enraye les relations humaines. Les gens oublient de sourire, alors que ça sufit souvent pour apaiser une tempête. Les autres se complaisent dans leurs problèmes comme s'ils se roulaient dans du sumac vénéneux. Au lieu de les régler ou de les ignorer, ils en rajoutent, jettent une pincée de sel sur leurs plaies, comme s'ils se complai- saient dans la souffrance. Le bonheur ne sied pas à tous, j'ai assez d'expérience pour le savoir. Sufit de prendre un peu de hauteur pour constater que nos contemporains s'abritent de la lumière pour éviter de rayonner. Faut scintiller, bon sang ! Aristote était un con, les hommes ne veulent pas être heureux.
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[…] même quand tu crois que c’est grillé, faut toujours compter sur la connerie des gens pour s’en tirer. Les cons sont toujours capables de nous surprendre.
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