AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9782021002539
Éditeur : Seuil (19/08/2010)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Nous sommes en 1987. Dans un Maroc qui vit encore dans la peur, sur une route entre deux villes, Rabat et Salé, le Roi Hassan II va passer. Perdus au milieu de la foule, deux amis, Omar et Khalid, un pauvre et un riche, l’attendent. Le riche a été choisi pour aller baiser la main du souverain. L’autre est jaloux. La guerre des classes est déclarée. Elle se terminera au milieu de la forêt, dans le sang.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
mimipinson
  20 décembre 2011
Tout d'abord un grand merci à libfly qui dans le cadre de l'opération un(e) mordu(e), une critique en collaboration des éditions Points, pour la découverte de ce livre et de son auteur.
Un roman qui navigue entre la réalité et le rêve. Il débute sur un rêve récurent : celui d'Omar, notre narrateur, et de son obsession du Roi Hassan II.
Ce qui frappe c'est l'écriture : sèche, saccadée, minimaliste. Son allure, est comme pulsée, rythmique, inéluctable. On la sent de plus en plus comme telle, jusqu'à un dénouement que l'on soupçonne assez vite peu favorable.
Ils sont amis, et même plus…une intimité qu'il ne fait pas bon révéler dans la société marocaine. Tout y est subtilement révélé d'ailleurs…
Khalid, et Omar….amis, et si dissemblables.
Omar et la dérive d'un adolescent épris de peurs et de vengeance. Omar qui se sent trahis et n'en remettra pas. Omar que l'on peine de plus en plus à comprendre. Omar l'abandonné ; Omar l'orphelin, le délaissé…
« J'étais jaloux. Oui, jaloux. Je me sentais trahi. Meurtri. Nié. Tué de mille coups de couteau. Khaled ne m'avait pas dit l'essentiel : il allait lui, pour de vrai, baiser les mains du roi Hassan II. Pas moi. »
Notez la frugalité du style ; les phrases d'un mot.
Je retrouve dans cette histoire, un peu particulière, il est vrai, toutes les contradictions d'une société dont les us et coutumes s'accommodent assez mal avec la transparence. Il est des choses que l'on fait, mais qu'il n'est pas encore de bon ton de dire. Les exigences religieuses "font mauvais ménage" avec l'expression et l'assouvissement-légitime- de ses propres envies. Je prends pour exemple la consommation d'alcool pour laquelle Omar reçoit "l'autorisation" de son père qui lui tient un langage de sincérité.
« le péché, c'est…c'est…c'est ne pas aimer la vie…C'est fuir la vie… C'est fuir, abandonner une famille…Fuir… »
Allusion à peine voilée à ce qui mine Omar et son père.
Le roman se termine comme il a commencé, dans le rêve…et je dirais même dans la confusion, sur une scène mi- réelle, mi- onirique, que j'ai, à vrai dire un peu de mal à interpréter.
Le jour du Roi est donc un ouvrage un peu spécial, sans doute dans la logique de ce qui fait la personnalité de l'auteur, mais un ouvrage à découvrir.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
traversay
  29 août 2012
Deux garçons dans le Maroc d'Hassan II. Une amitié amoureuse, une jalousie sociale aux portes de la haine. Abdellah Taïa ne cache pas le militant qu'il est derrière l'écrivain, mais c'est ce dernier qui s'impose. le jour du roi est un roman court, rageur, qui dénude ses protagonistes au propre comme au figuré. Il est écrit dans un style saccadé, scandé, où les mots se répètent pour mieux enfoncer le clou. le regard sur la société marocaine de l'époque est terrible. En à peine plus de 200 pages, Taïa aborde une foule de thématiques : le pouvoir absolu et la soumission du peuple, l'émancipation des femmes, la transgression des interdits, la lutte des classes ... Entre réalisme cru et onirisme envoûtant et "oriental", le roman trouve sa voie, dans la violence et le trouble adolescents. Ce livre incandescent laisse comme des traces de brûlures sur les doigts.
Commenter  J’apprécie          50
Sando
  02 juin 2011
Omar et Khalid ont quatorze ans et tout les oppose. L'un est riche, talentueux, admiré, l'autre est pauvre, abandonné par sa mère, invisible. Ce sont les meilleurs amis du monde et ils s'envient, se désirent, se déchirent...
Un texte qui ne cesse de monter en puissance jusqu'à son dénouement, inévitablement tragique.
Commenter  J’apprécie          80
seriephile
  02 juillet 2013
Deux garçons, deux amis qui partagent tout et qui vivent au Maroc, à Salé, au moment du règne d'Hassan II. L'un est riche, l'autre beaucoup moins, mais ce n'est pas l'argent, leurs conditions sociales différentes qui vont les faire courir à leur perte. Ce qui va faire basculer leurs vies c'est le Roi. Ce dernier passe à Salé, jusqu'ici, rien de bien dérangeant, au contraire. La vie s'arrête et les habitants n'attendent qu'une chose, voir le roi. Même les cours sont suspendus ce jour-là. Ce qui va venir faire toute la différence c'est la rencontre. En effet, Khalid remporte le droit de rencontrer le Roi. Omar ne lui pardonnera pas. L'auteur nous livre un récit cruel, une critique du culte de la personnalité institué autour de la figure du roi. Les phrases sont courtes, incisives et cela leur donne une force incroyable. On prend de plein fouet ce texte, rien n'est caché, tout est dit. L'auteur manipule les mots comme autant d'armes pour atteindre le lecteur. Lorsqu'on le fini on se dit que le mot liberté prend tout son sens, ou plutôt son non-sens dans le contexte de l'histoire. Avec ce livre j'ai découvert un auteur singulier qui n'hésite pas à livrer des histoires empruntent de vérité et de cruauté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
henrimesquida
  09 décembre 2018
Le Jour du Roi est un livre étrange, je n'en ai pas vraiment compris le dessein. L'écriture est mystérieuse, oscillant entre un vague semblant de poésie et un délire psychotique couché sur papier. le tout est peu organisé, sans grand sens, et m'a souvent laissé pantois. Une lecture décevante, achevée vite, sans avoir vraiment compris ce qui était du rêve, du délire, ou du récit.
Je n'aime pas du tout les livres qui utilisent le style du compte et celui-ci n'échappe pas à la règle.
Si l'on pouvait regretter l'aspect perpétuellement autobiographique des précédents ouvrages de Taïa, on en arrive à déplorer - à la lecture du Jour du Roi - qu'il ait abandonné ce genre.
Ce dernier "roman", dans une prose hachée et répétitive qui incite à une lecture en diagonale, est dépourvu de ce "quelque chose" qui donne envie de poursuivre. Les dialogues, entre des protagonistes âgés de 14 ans, sont particulièrement besogneux et peu crédibles.
Ce "Jour du Roi" est une grosse déception, au regard des éloges unanimes lus ici ou là.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
corialacoriala   01 juillet 2012
Coupe un peu de poils que tu as sur le torse, sur les bras, les jambes, les aisselles, autour du sexe, entre les fesses...Un peu de cheveux....un cil ou deux....N'oublie aucune partie de ton corps...Sois sérieux. Ne ris pas. Il faut que tu y croies....Bouhaydoura a beaucoup insisté sur ce point. Pas de moquerie. Pas de paroles impures. Sinon la protection ne viendra pas. Les saints et les djinns sont terribles...Sois sérieux, Khaleid. Va là-bas. Reste nu. Cache-toi et accomplis le rituel. Je t'attendrai ici, à côté de l'arbre coupé, nu moi aussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
mimipinsonmimipinson   20 décembre 2011
Le péché, c’est…c’est…c’est ne pas aimer la vie…C’est fuir la vie… C’est fuir, abandonner une famille…Fuir…
Commenter  J’apprécie          20
SkrittSkritt   22 novembre 2011
Je ne peux pas vivre ainsi, dans cette douleur permanente, dans ce manque d'elle... Un homme n'est rien, un homme est vide, nu, risible, sans une femme.
Commenter  J’apprécie          10
SkrittSkritt   22 novembre 2011
-C'est quoi un péché, père ?
-Le péché, c'est... c'est... c'est ne pas aimer la vie... C'est fuir la vie...
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Abdellah Taïa (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abdellah Taïa
Abdellah Taïa - Celui qui est digne d'être aimé
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox