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EAN : 9782757877180
Points (19/08/2021)
3.55/5   57 notes
Résumé :
Dans l’aube à peine levée sur un lac proche de Detroit, aux États-Unis, un vieil homme insomniaque laisse successivement le même message à sa fille et à son fils : il va bientôt mourir. Elle est une brillante mathématicienne et travaille à calculer les risques dans une compagnie mondiale d’assurances dont le siège est au World Trade Center, à New York. Lui est un vétéran de l’US Air Force, il dirige la sécurité à l’aéroport de Boston. C’est le matin du 11 septembre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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gonewiththegreen
  13 octobre 2018
On a tous connu cette sensation: Celle de sortir d'une lecture sans savoir vraiment la juger mais en sachant qu'il s'est passé quelque chose.
C'est le cas pour moi avec ce Par les écrans du monde qui m'est tombé dans les mains aussi fortuitement qu'un P.V. sur un pare brise.
On est autour du 11 Septembre à travers trois personnages : Lucy et William , frère et soeur. Elle est dans les décombres du WTC , il est responsable sécurité à l'aéroport de Boston. le troisième , c'est Atta , le pilote d'un avion crashé.
L'auteur va alterner les points de vue avec l'ambition de montrer le poids de la communication et notamment celles des images . On n'est pas du tout ici dans un récit chronologique des évènements du 11/09, on est dans l'interprétation , dans l'utilisation que les médias vont en faire , dans les arcanes du pouvoir de la sacro-sainte communication.
Mais pas que. Parce qu'il est dense ce livre , il foisonne de sujets. On y côtoie une vision du développement de l'islamisme autour de Ben Laden, le désastre du restore Hope en Somalie, les nouveaux credos des assureurs, le rêve américain, la plongée d'un architecte dans l'islamisme, la vision du monde par les talibans.
Tout ça en 247 pages. J'ai besoin de m'en remettre, de laisser mijoter tout cela pour savoir si ce livre "va rester" en moi. Montesquieu disait, "Pour bien écrire, il faut sauter les idées intermédiaires". Peut être que Fanny Taillandier y est arrivée.
En tous les cas, elle signe un roman bouleversant.

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Olivia-A
  17 septembre 2018
J'avais sept ans le jour où deux avions de ligne se sont encastrés dans les tours du World Trade Center. Il y a quelques mois seulement, à vingt-quatre ans, je suis allée à Ground Zero, au mémorial de 9/11 avec un new-yorkais, qui m'a donné tous les détails du lieu. Pour rentrer, j'ai pris l'avion au Boston Logan International Airport, j'ai couru sous les voûtes dessinées par Minoru Yamasaki, architecte du World Trade Center, sans savoir que les deux avions détournés avaient décollé de cet aéroport. le 11 septembre est un évènement qui n'avait jamais eu de sens dans mon esprit, jusqu'à aujourd'hui, la dernière page du livre de Fanny Taillandier refermée.
Il y a des livres qu'on lit pour se distraire, d'autres pour s'évader, d'autres pour s'émouvoir. Celui-ci n'a fait partie d'aucune de ces catégories pour moi. J'ai lu ce livre pour comprendre, pour me remémorer, pour éclaircir cet épisode terrible dont je n'avais jamais rien compris. Je connais les images, elles m'ont hantées longtemps, dans mes cauchemars, à force d'entendre parler les adultes de cette catastrophe, des connaissances qui y ont laissé la vie, et des amis heureusement rescapés, pourtant au pied des tours ce jour-là. Cette lecture a été difficile, extrêmement éprouvante, terriblement violente. Entrelacés, le passé et le présent de Lucy, William et Mohammed Atta, coordinateur de l'attaque, touchent au coeur, éclairent l'évènement et redistribuent les cartes. Vacuité du monde moderne, sens aveugle du devoir, nombrilisme de la culture occidentale, tout se mêle et s'emmêle, 9/11 est une fin en soi, et le début d'autre chose, bien différent.
En filigrane, l'auteur traite d'un sujet plus vaste, particulièrement représenté dans cet épisode : l'invention du monde et l'instrumentalisation des images par les forces dominantes. Elle examine les représentations de nos démocraties modernes : le pouvoir destructeurs des cartes, bouts de papier fixant les limites de nos territoires et servant à légitimer des tueries, les éléments de langage utilisés par Georges W. Bush, repris de la Bible, le discours réducteur des extrémistes d'Al-Qaida, détournant les mots du Coran pour leur donner un autre sens. du 11 Septembre 2001, plus encore que l'évènement lui-même, ce sont les images qui restent, scandées par des milliers de télévisions au même moment, dans le monde entier, en direct, dans l'incompréhension la plus totale. le discours narratif est venu après, mais que doit-on véritablement en penser? Ici, la théorie du complot n'a pas sa place, ce sont les faits qui sont décrits, seulement accompagnés de remarques sur l'attentisme de l'administration américaine, la relative exhaustivité de l'enquête sur Mohammed Atta, le danger des récits dans leur compréhension littérale et leur instrumentalisation.Fanny Taillandier veut faire réfléchir, et elle ne prend pas de pincettes pour nous envoyer à la face les faits bruts. J'en suis ressortie bouleversée, chamboulée, éclairée certes mais remplie de doutes et d'incertitudes. Un grand choc.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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motspourmots
  04 décembre 2018
"Nous sommes le 11 septembre 2001 et nous avons appris depuis longtemps à considérer les images comme les facettes d'un monde cohérent".
Ce 11 septembre 2001, désormais gravé dans toutes les mémoires de ceux qui étaient nés à l'époque est peut-être le premier événement vécu en temps réel à l'échelle de la planète, par le biais des écrans. C'est le point de départ du roman et du propos de Fanny Taillandier qui analyse au fil d'une intrigue captivante, la façon dont les images transforment le monde en un spectacle permanent. Et nous invite à réfléchir sur le poids de ces images, leur interprétation voire leur manipulation quand réalité et fiction se confondent sans aucun filtre à travers ces écrans devenus outils d'information autant que de divertissement.
Pour ce faire, elle met en scène trois personnages dont les destins vont converger en cette belle matinée du 11 septembre où aucun nuage ne vient troubler le bleu du ciel. Lucy et William sont frère et soeur et, ce matin-là, chacun a reçu un message de leur père qui leur annonce sa mort prochaine. Diagnostic formel. Mais la mort, ils vont y être confrontés de façon bien plus brutale. Lucy travaille dans la tour sud, elle est analyste pour une importante compagnie d'assurances, chargée de prévoir et de modéliser les risques. William est un vétéran de l'armée, désormais responsable de la sécurité de l'aéroport Logan de Boston. L'aéroport où le jeune Mohammed Atta, le troisième (funeste) personnage a pris les commandes du Boeing qui sera le premier lancé contre le World Trade Center...
"On nous raconte depuis cinquante ans une histoire où les gratte-ciel en acier et les avions au kérosène supportent ensemble notre poursuite du bonheur, dont ils sont à la fois l'outil et l'effet ; c'est grand, beau et prestigieux. Mais voilà que sur nos écrans habituellement dociles, les avions percutent tout à coup les gratte-ciel et les détruisent. Comme des cellules cancéreuses, les images recombinent le génome de notre monde en un signal toxique et le propagent à la vitesse de la lumière, nous laissant ébahis devant les téléviseurs".
Il y a donc Lucy, enfouie sous des tonnes de décombres, dans le noir, privée des images habituelles et donc de la moindre information. Il y a William, dont la mission dans l'Air force était justement d'analyser les images au service des actions des troupes armées et des drones ; William que trop d'images d'horreurs imprimées sur la rétine ont amené à démissionner et à trouver ce poste dans le civil. William, de nouveau confronté aux images : pour remonter la piste, trouver où le système a failli et tenter de comprendre comment on en est arrivé à ce spectacle offert à la terre entière. Et puis, il y a l'enquête, menée par le FBI, sur la piste des terroristes et de leur chef, Atta. Une piste remontée par les images là encore, des millions d'enregistrements qui n'ont peut-être pas été analysés comme il faut.
Par le prisme de cette enquête, Fanny Taillandier interroge la façon dont les images forgent les histoires, les mythes, les légendes ou sont utilisées à des fins d'endoctrinement et de propagande. Rappelant au passage qu'écrans et images ne sont que des outils, qui, comme tous les outils obéissent à ceux qui les manipulent.
Lecture passionnante, intelligente qui propose un décryptage tout à fait utile de la façon dont les images ont pris possession du monde. Ce roman m'a captivée.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Ecureuilbleu
  12 janvier 2019
Ce livre très bien écrit m'a laissé une impression un peu confuse. Difficile de dire si j'ai aimé ou pas. L'histoire se déroule en grande partie le 11 septembre 2001. Lucy et William reçoivent un coup de téléphone de leur père qui leur annonce sa mort prochaine.
Lucy est une jeune mathématicienne brillante qui travaille dans une compagnie d'assurances dans le World Trade Center à New-York. William, son frère est un vétéran de l'US Air Force, directeur de la sécurité à l'aéroport de Boston.
Un jeune architecte égyptien, Mohammed Atta prend les commandes d'un Boeing 767 et fonce sur le WTC.
Nous suivons ces trois personnages clés : le terroriste, l'observateur-enquêteur et une blessée.
Le roman foisonne de sujets : le poids des images, le développement de l'islamisme autour de Ben Laden, le Restore Hope en Somalie, les messages que les gouvernements font passer, le vacillement du monde.
Plus rien ne sera pareil après ce 11 septembre 2001.
Il n'y a plus rien de sûr ou de solide pour empêcher le fanatisme.
Ce livre se situe entre roman et documentaire.

Je me souviens très bien de ce mardi. Ma mère m'avait appelée au bureau pour me signaler l'attentat, effondrée. Elle écoutait la radio en vaquant à ses occupations.
A cette époque-là nous n'avions pas accès aussi facilement à internet et à l'actualité en direct.
Lien : http://www.unebonnenouvellep..
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isaoubienrien
  27 février 2019
1. J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre.
2. Pourquoi ?
. Parce que, entre autres, le chapitre « Epopées Rhizomes" est fondamental et central ; chapitre dans lequel elle dit intelligemment - c'est une de ses marques, l'intelligence – certains tenants de ces horribles aboutissants (le 11 septembre 2001, entre autres) dans lesquels nous n'avons cherché (Qui est ce "nous" naïf ?) qu'à voir bons et méchants. L'auteure ne disculpe personne, bien entendu... Elle s'attache très finement à livrer le récit de personnages contemporains les uns des autres parmi lesquels certains (Atta) causeront la mort d'autres. Tenter de se rapprocher d'un "pourquoi cela" est-il politiquement incorrect ? Certainement, lorsque la douleur des vivants est trop forte. Cela devient nécessaire, plus tard.
Fanny Taillandier effectue un travail remarquable à cet égard.
Certains termes sont d'une lucidité nécessaire : « L'épopée des obéissants » p 87. Je vous invite à vous plonger dans le livre afin d'en saisir toute la pertinence.
le passage p 95 : « le pouvoir n'avait d'autre objet que de travailler à sa propre scénarisation ; mieux son film était organisé, plus on pouvait être sûr qu'il défendait une puissance implacable. »
Puis « Lorsque le récit des puissants réduisent trop de vaincus au silence, les vaincus en écrivent d'autres, reprennent les terres par les mots à défaut de les reprendre par les armes […]. Seuls nos mots font exister le monde. »
P102 : « Plus que tout autre, le peuple des sans-terre a besoin de récits, car les récits sont rhizomes, c'est-à-dire racines. »
Pour aller vers ceci (qui ira vers cela : le crash du 11.09.2001) : « Atta n'avait pas encore, dans l'appartement confortable et malgré son dégout urbain, de raisons suffisantes d'adhérer à un récit nouveau. »
Puis aller p 104, donc lire le livre.
Je remercie l'autrice.
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critiques presse (1)
LeMonde   24 août 2018
Construit de manière rigoureuse et efficace, écrit dans un style remarquablement maîtrisé, "Par les écrans du monde" signe une étape importante dans l’œuvre de Fanny Taillandier.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   27 août 2018
Faute de film, nous n’aurons pas un regard pour ce carré de pelouse bien tondue qui descend, depuis la porte-fenêtre restée ouverte, jusqu’au lac. La scène ne sera enregistrée nulle part.
Deux corneilles réveillées se sont mises à tournoyer, formes noires et légères dans un monde encore bleu, et jettent leur cri perçant vers le voile de brume matinale suspendu sur les eaux, que le soleil n’a pas encore déchiré. Plus loin sur la berge se détachent les silhouettes droites des pins sur le miroitement huileux de l’eau calme qui dépasse au-dessus des hautes herbes, jusqu’à perte de vue. Souvent il y a du vent ici, mais ce matin à peine un souffle.
Dans le cadre que fait la porte-fenêtre, bordée d’un côté par le voilage blanc bouffant légèrement sous cette minuscule brise, le paysage a l’air d’une photo peinte : pelouse, hautes herbes, pins, lac, ciel ; le bleu qui teinte tout comme un filtre s’éclaircit de façon seulement perceptible par l’arrivée des autres couleurs ; le lac devient gris clair, la pelouse prend peu à peu un vert presque fluo. On entend ensuite une grive. Le ciel blanchit. L’aube est proche.
Le vieil homme décroche alors le combiné du téléphone et en tire calmement l’antenne télescopique. Il compose un numéro ; après un temps, sans détacher les yeux du paysage, il dit :
Lucy, c’est moi.
Puis sans attendre :
Je t’appelle pour te dire que je vais bientôt mourir.
Presque aussitôt il raccroche. Les deux corneilles se poursuivent dans la lumière encore horizontale, lançant des notes brèves vers les rives.
Dans la demi-heure qui suit, il répète l’opération. Il dit :
William, c’est moi.
Et il réitère l’annonce, toujours aussi calme et immobile, la tête appuyée sur le dossier du fauteuil.
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Charybde2Charybde2   27 août 2018
Soudain :
En l’espace de quelques secondes l’avion traverse le cadre de ciel bleu et uni, fonce dans la tour sur la droite de l’image et explose dans un nuage de feu et un bruit de tempête.
Puis soudain :
L’avion se découpe, fuselé, dans le cadre de ciel d’un bleu uni et lumineux sur l’image, dans une trajectoire presque parfaitement horizontale qui fonce contre la tour de gauche, explose, un éclair, un coup de tonnerre, dans la lumière encore vierge du petit matin.
En l’espace de quelques secondes la carlingue glacée devient incandescente et dévaste les doubles vitrages et les châssis métalliques des immenses fenêtres au niveau des 90e étages ; projetées à 700 km/h dans l’armature de la tour, 130 tonnes d’acier traversent dans leur élan cinq étages d’un coup, surgissent sous les pieds, les bureaux et les claviers d’ordinateurs.
Cela arrive deux fois.
Les moteurs du Boeing explosent sous le choc ; les 35 000 litres de kérosène sont pulvérisés à l’air libre et s’embrasent dans les courts-circuits des ordinateurs, ascenseurs, téléphones mis sens dessus dessous ; le feu se transmet aux papiers, aux sous-mains, aux chemises, aux cheveux. La fumée noircit ; les yeux s’aveuglent, les poumons s’enflamment ; les appels saturant la centrale de secours font état de blessés, d’asphyxiés, surtout des hurlements. Déjà les paroles proférées sont des pierres en chute libre ; les récits, des agencements au hasard de collisions fortuites.
Nous sommes le 11 septembre 2001. Le XXIe siècle ne fait que commencer.
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gonewiththegreengonewiththegreen   09 octobre 2018
Vous pouvez avoir toutes les données du monde, comme c'est le cas aujourd'hui des grandes puissances, le sens de la carte ne naît que de la rencontre entre le territoire et l’expérience concrète de celui-ci.
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Day-syDay-sy   19 août 2018
Car lorsque le récit des puissants réduit trop de vaincus au silence, les vaincus en écrivent d’autres , reprennent les terres par les mots à défaut de les reprendre par les armes
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Olivia-AOlivia-A   16 septembre 2018
Car lorsque le récit des puissants réduit trop de vaincus au silence, les vaincus en écrivent d'autres, reprennent les terres par les mots à défaut de les reprendre par les armes. Dans le noir, privés d'images, les récits se déclarent, se répondent , se contrecarrent ; croissent hors champ, en rhizomes, en zones autonomes qui s'ouvrent et se referment. Personne ne regarde pourtant c'est ce qui compte, car tout le monde a besoin d'une épopée. Seuls nos mots font exister le monde. Et ces récits se propagent, passés en toutes les langues par des traducteurs enthousiastes.
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