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ISBN : 2258152275
Éditeur : Les Presses De La Cite (31/05/2018)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Sera-t-il l'avenir de l'humanité... ou la cause de sa destruction ? À trois ans, Akili, né dans une famille de Pygmées, est capable de mettre au point des algorithmes plus rapidement que les meilleurs ordinateurs. Lorsque le président des États-Unis apprend l'existence de ce représentant d'une nouvelle étape dans l'évolution, il nomme Jonathan Yeager, militaire surentraîné et père d'un enfant atteint d'une maladie incurable, à la tête d'une opération commando au cœu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Osmanthe
  11 décembre 2018
SÉAP. Un acronyme pour sclérose épithéliale de l'alvéole pulmonaire. Cette maladie génétique rare sans remède atteint 100 000 enfants sur la planète, condamnés à en mourir. Elle va préoccuper à distance l'américain Jonathan Yeager, militaire américain dont le fils est atteint de SÉAP, et Kento Koga, jeune biologiste japonais qui s'est vu confier par son père brutalement décédé la lourde mission de trouver le remède, lui laissant deux mini-ordinateurs et des instructions énigmatiques d'extrême prudence dans ses communications et contacts.
Yeager est envoyé par le gouvernement américain, sous l'égide du Président Burns, avec trois autres mercenaires en mission commando au coeur de l'Afrique, en République Démocratique du Congo (ex-Zaïre). L'objectif : éliminer un être hors-norme, qui s'avère être un enfant pygmée. Akili est âgé de 3 ans, il a le crâne et le cerveau surdimensionnés, et s'avère être la créature la plus intelligente vivant sur Terre. Protégé par Pierce, un britannique piètre chercheur qui a pris la tête de la tribu, cet « enfant » est à l'origine d'un programme informatique destiner à créer le médicament miracle à la maladie incurable. Il se trouve que le père de Kento, virologiste, a quelques années auparavant passé des mois dans cette jungle et s'est lié d'amitié avec Pierce. Yeager comprendra vite qu'il doit protéger Akili ce petit Dieu qui a le pouvoir de sauver ou détruire l'humanité, via le bras positivement armé de Kento qui doit tout tenter dans une course contre la montre.
Mais le gouvernement américain est impitoyable. Il faut détruire Akili qui pour lui représente une menace absolue pour sa suprématie et la sécurité mondiale, et tous les membres de la mission Gardiens. Tous les moyens sont déployés, espionnage satellite, mobilisation des bandes armées autochtones d'une cruauté sans nom qui vont se livrer à un véritable carnage ethnique sur les pygmées, c'est la mission Némésis, et notre commando va vivre un véritable enfer d'une violence sanglante absolue. Et au Japon, la police aux ordres du FBI traque Kento, qui est aussi menacé par une mystérieuse femme qui a connu son père. Heureusement, tous les proches conseillers du Président américain ne sont pas prêts à le suivre, nos deux héros ont quelques alliés souterrains…même le jeune surdoué en informatique, Rubens, que le gouvernement US avait recruté pour piloter depuis les Etats-Unis la mission se met à douter…Et Kento a aussi l'aide et l'amitié d'un étudiant coréen très doué en informatique pour dénouer le programme. le suspense est à son comble, il faut se méfier de tout le monde…beaucoup ont décidément intérêt à éliminer Kento, Yeager et cet Akili.
Un excellent roman paru en 2011 au Japon et qui résonne étrangement en 2018 par l'étonnante convergence de personnalités entre le Président américain mis en scène et celui qui occupe aujourd'hui la Maison Blanche…
Le rythme est enlevé, les dialogues intelligents, la construction en entonnoir est efficace (on suit d'abord à distance, en chapitres séparés et alternés, nos deux héros Yeager et Kento, puis le rapprochement formel se fait peu à peu avec le resserrement du tissu de l'intrigue), le suspense est bien ménagé…Ce qui est également intéressant, ce sont les réflexions de l'auteur autour de l'humanisme, de la nature de l'homme (très dur, mais lucide sur sa nature intrinsèque à faire le mal, et à recommencer sans cesse). Attention âmes sensibles, les scènes de guerre sont monstrueuses, le déchaînement de violence dans la jungle africaine nous montre à peu près toutes les horreurs dont l'homme est capable. Et si l'auteur fait d'un japonais son héros, il fait du membre japonais du commando missionné en RDC une véritable enragé assoiffé de violence, le condamnant sans appel, ainsi que toute cette cruauté inutile. Il fait ainsi (bon) coup double, en prônant le pacifisme et la tolérance envers l'autre, égratignant quelque peu au passage ses compatriotes, dont il n'oublie pas de rappeler les exactions envers chinois et coréens dans le passé. Enfin, il nous met en garde contre la fragilité des libertés, y compris dans nos soi-disant démocraties occidentales, où les nouvelles technologies servent déjà largement les gouvernants dans la surveillance et le contrôle des citoyens.
Kazuaki Takano, un nom à retenir dans le paysage littéraire nippon, d'autant qu'il avait déjà frappé fort avec « Treize marches ». Merci à l'équipe de babelio pour ce généreux envoi dans le cadre de Masse critique et à l'éditeur Presses de la cité.
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BlackKat
  24 juillet 2018
La 4ème de couv' en dévoile trop, c'est dommage, cela gâche la surprise car au début du roman, la mission du commando au Congo est d'éliminer une menace de pandémie mondiale en détruisant le noyau de naissance d'un virus. Ce n'est qu'au fur et à mesure que le lecteur découvre la véritable finalité de cette expédition. Mais bon, le mal étant étalé sur toutes les 4ème de couv', je ne peux que vous conseiller d'effacer la chose de votre mémoire en ouvrant ce livre!
Un étudiant japonais en pharmacologie, Kento Koga, est en deuil de son père et reçoit en héritage deux ordinateurs mystérieux, une mission à accomplir, des mises en garde. Très vite, il se retrouve la cible de la CIA et de la police japonaise. Il va vite découvrir que sa mission doit être menée à bien, au péril même de sa vie. Il a un mois. Pas un jour de plus.
Au Congo, une équipe de mercenaires menée par Jonathan Yeager est chargée d'éliminer une tribu de pygmées, au coeur de la jungle, parmi lesquels vit un anthropologue américain, Nigel Pierce.
Aux États-Unis, un analyste surdoué, Arthur Rubens, a rédigé un rapport qui a donné naissance à cette mission d'élimination. Mais sa conscience le travaille alors qu'il est pris dans la nasse du Pentagone.
Quel lien relie ces hommes? L'extinction de toute vie humaine est-elle réellement en jeu?
J'avais énormément aimé Treize marches, le précédant roman de Kazuaki Takano, ayant pour thème la peine de mort, avec une analyse psychologique très fine et un portrait culturel et sociologique du Japon passionnant.
Que dire de Génocide(s)? Coup de coeur absolu pour ce petit pavé de près de 600 pages! Je pourrais vous en parler pendant des heures tant il est riche d'enseignements et captivant! C'est un roman inclassable! Techno-thriller? Roman d'anticipation? Roman psychologique? Thriller apocalyptique? Impossible de lui coller une seule étiquette ou de le faire rentrer dans une petite case étriquée!
Dans un premier temps, je parlerai du plaisir brut de la lecture!
Roman polyphonique dont les différents points de vue nous font toucher du doigt des détails que le lecteur synthétise au fil des pages pour un aperçu global de la gravité de la situation.
Le timing joue un rôle important dans la montée de l'angoisse et du suspense, l'avenir de l'humanité est en jeu!
L'existence du fils de Yeager ne tient qu'à un fil, sa situation s'aggrave de jour en jour. Kento a seulement un mois devant lui pour finaliser une mission colossale.
L'équipe de mercenaires a seulement quelques jours pour atteindre l'objectif commandé. L'action est au rendez-vous, avec ses retournements de situation, ses imprévus et ce compte à rebours qui s'égrène inexorablement et vous noue les tripes.
L'intrigue est solide, anxiogène et riche des ramifications qui nous entraînent tantôt au Japon, tantôt au Congo ou aux États-Unis. L'auteur prend le temps de nous brosser des portraits très personnels de chaque protagoniste et l'empathie fonctionne immédiatement: on tremble pour ce père éloigné de sa famille alors que son fils se meurt, on éprouve les mêmes doutes de Kento quand les relations avec son père ont été chaotiques, on juge prématurément Arthur, victime de sa surdouance.
D'un chapitre à l'autre, on se recentre immédiatement sur le personnage en action, sans perte de repères avec l'intrigue principale, ni de vitesse.
Précision étant ici faite que Kazuaka Takano est écrivain mais aussi scénariste et je peux vous dire que cela se sent! Par des scènes très percutantes et visuelles comme celle du massacre dans un village congolais mais aussi par l'instillation de l'angoisse et du crescendo du suspense. Il est très doué pour happer son lecteur et ne pas le lâcher!
Étant établi que le plaisir de lecture est au maximum par des personnages attachants, ou pas, et par une action qui ne se dément pas au creux d'une intrigue super bien ficelée, pourquoi un coup de coeur absolu? Parce qu'en plus du simple aspect récréatif qu'on attend d'une lecture, l'auteur nous enrichit par des sujets extrêmement bien documentés, analysés et mis en scène et pose plusieurs problématiques de réflexion.
Avec Nigel Pierce, anthropologue, se pose la question de l'extinction inévitable de l'homo sapiens, de sa course vaine alors qu'il reste prisonnier de son esprit reptilien. Il soulève la question qui taraude nombre de prospectivistes: le genre humain est-il amené à disparaître et si oui, le danger est-il interne à notre société moderne ou viendra-t-il d'ailleurs?
Avec Kento Koga, pharmacologue, le lecteur entre en immersion avec le monde de la recherche médicale, de la science censée sauver des vies, l'euphorie du chercheur lançant un défi à l'inconnu, mais aussi l'aspect bien plus pragmatique des lobbies pharmaceutiques, de l'intérêt économique de la maladie et de l'usage bien moins noble de certaines découvertes médicales à des fins militaires.
Je précise que les passages sur la biologie et la chimie moléculaire ont demandé une attention soutenue de ma part car je suis totalement néophyte en ce domaine mais s'avère fascinant si on s'accroche un peu!
Les événements du Congo nous offre un portrait précis et incisif de la situation géo-politique et militaire de la zone chaotique qu'est l'Afrique, de la situation inter-ethnique inextricable à la base de génocides barbares, des dégâts à longs termes du colonialisme, de l'attrait toujours actuel pour les ressources naturelles de ce continent qui laisse la porte grande ouverte à toutes les manipulations internationales possibles en gangrenant tout espoir de paix durable.
Au-delà du Congo, c'est la légitimité des guerres au travers des siècles qui questionne, de leur évolution et de leur persistance. de la manière qu'ont certaines grandes puissances de déléguer le sale travail à des mercenaires, ni vu ni connu, de passer impunément certaines frontières pour exercer en toute impunité le boulot abject de tortures sauvages décriées par les instances internationales des droits de l'homme, dissimulées aux yeux de tous, le tout pour garder une certaine blancheur d'image respectable…
Certains événements concernent des cyber-attaques contre les States et là, c'est un sujet de fiction qui revient régulièrement, et nous alerte sur les dangers de l'hyper-connectivité de nos sociétés quand le contrôle de la gestion des centrales d'énergie, des communications, de la finance et de toute existence est confiée aux machines et qu'une guerre virtuelle ou cyber-guerre peut anéantir un état en quelques clics de quelques geeks malintentionnés et géniaux.
Et avec l'analyste, Arthur Rubens, au coeur du pouvoir, au plus près d'un président d'une des plus grandes puissances mondiales, l'auteur nous confie une analyse de la psycho-pathologie de nos gouvernants. Ce qui les motive et surtout les dangers qu'ils représentent dans nos sociétés.
De la personnalité de l'homme aux manoeuvres politiques et politiciennes, en passant par les méthodes de manipulation des masses avec des références aux mensonges proférés pour récolter l'assentiment du peuple dans le déclenchement d'une guerre comme celle de l'Irak, le portrait est sombre mais tellement réaliste et fidèle à ce que nous vivons quotidiennement, si tant est que chacun est le moindre esprit ouvert et critique, que ce roman en est affolant de crédibilité.
Anticipation, techno-thriller, thriller psychologique, géo-politique, sociologique et presque philosophique par moments, ce roman est juste fabuleux!
L'auteur nous offre un grand spectacle livresque pour le plaisir de l'action avec une intrigue passionnante tout en questionnant sur des sujets existentiels et notre avenir d'être humain sans jamais ériger un diktat de morale ou de sagesse.
Génocide… ou exercice de l'intolérance viscérale devant la différence?
Une lecture que je recommande vivement, je précise, si vous ne l'avez pas compris après tous ces arguments car « À force de vouloir s'exprimer exclusivement en termes justes, on finit par perdre toute éloquence. »
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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Oliphant
  06 décembre 2018
Génocide(s) est un un livre richement documenté. Avec lui, on suit Kento Koga, un jeune étudiant en master japonnais, habitué des laboratoires et autres recherches pharmacologiques. Suite au décès de son père, il se voit confier une étonnante mission. S'en suivront une recherche assidue sur la fabrication d'une nouvelle molécule médicamenteuse. C'est une partie très intéressante du livre, pour peu qu'on aime la biologie et les liaisons récepteurs/neurotransmetteurs. L'auteur a décrit de façon très réaliste les expériences de Kento et on s'y croirait presque. C'est de loin ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman.
En parallèle, nous suivons quatre agents militaires engagés par les Etats-Unis pour une mission bien payée mais très mystérieuse au coeur du Congo. On suit tout particulièrement Yeager, le commandant de mission qui est témoin des scènes de guérillas et d'horreur. Cela créé un sacré contraste avec l'étudiant en sciences ou les missions du gouvernement des Etats-Unis. Les missions ne sont pas seulement ordonnées mais réalisées au Congo où plusieurs groupes s'affrontent et déciment les populations.
Génocide(s) est un roman très détaillé et riche en renseignements. Les missions des personnages nous apprennent beaucoup sur différents domaines. C'est ce qui rend ce roman très plaisant. Les intrigues se succèdent et en donne presque le profil de roman-thriller. Une très belle découverte qui me donne envie de redécouvrir l'auteur dans son autre roman. Je remercie la maison d'édition Les Presses de la Cité et l'opération Masse Critique de Babelio pour la découverte de ce roman.
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gonewiththegreen
  18 novembre 2018
Les services secrets américains recrutent quatre mercenaires pour une mission secrète dans l'est du Congo. Pendant ce temps , au Japon , un étudiant en pharmacie enterre son père. Celui ci lui a laissé un mystérieux message et une tache à accomplir.
Ce livre , d'une grande densité , aborde beaucoup de problèmes . Il pose une question essentielle : Quelle serait l'attitude des hommes si une mutation génétique engendrait un être supérieur qui pourrait à terme menacer l"homo sapiens" : Éradiquer cette "chose" ou au contraire la protéger et s'appuyer sur elle pour tirer l'ensemble des civilisations vers le haut ? Vaste débat .
L'auteur profite de ce conflit moral pour dézinguer la politique américaine , son ingérence , sa quête du profit au delà de toute morale, son coté big brother. Mais l'auteur fait aussi son mea culpa et revient sur les exactions commises par les Japonais en Corée.
Il y a tant de choses dans ce livre qu'il serait ardu , et pénible , de toutes les citer. On peut parler de l'aspect scientifique dans la recherche de la molécule nécessaire à la guérison d'une maladie rare , des systèmes de crypto fondés sur les nombres premiers. Il y a d'ailleurs une petite erreur dans le livre où l'on parle de la recherche de facteurs dans un nombre premier: C'est la définition d'un nombre premier que de n'être divisible que part 1 et lui même ( désolé pour cette intrusion dans mon domaine !). cependant , le fameux codage RSA est trè-s bien décrit.
Il y a surtout le titre du roman , extrêmement bien choisi, avec ce s entre parenthèse fort judicieux. Une bonne part de l'intrigue se déroule dans l'est du Congo , théâtre de multiples combats ethniques depuis des années . L'auteur , au delà du génocide qui fait la trame de l'intrigue, dresse un bilan terrible de l'espèce humaine et de son avenir .
Suspens, construit autour d'une question fondamentale, géopolitique, ingérence , science... Ce livre est très dense et mérite d'être exposé.
Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour leur confiance.
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bbtiz
  11 septembre 2018
Un livre passionnant qui allie savamment sciences et fiction, réalités géopolitiques et théories complotistes pour nous offrir une Science-Fiction exceptionnelle, qui sort constamment des codes de ce genre pour encore mieux y revenir... L'auteur s'est énormément renseigné sur les différents sujets qu'il aborde, ce qui donne profondeur et réalisme à son intrigue. Celle-ci est complexe et ouvre des pistes de réflexions sur plusieurs sujets de société au cours de la lecture et qu'on peut secondairement approfondir via l'énorme bibliographie fournie en fin de livre.
Le déroulement du roman tient en haleine, après quelques chapitres déroutants on plonge dans un schéma très bien construit qui se rapproche d'un thriller psychologique par moment, ponctué de rebondissements et d'action. La lecture est facile malgré la complexité des thèmes abordés et les théories scientifiques pointues qui sont présentées on arrive à suivre très facilement tant l'auteur les présente bien et simplement.
Celui-ci nous livre un magnifique pamphlet contre la guerre, pointant les dérives des gouvernements et des industries d'armement qui détournent la science, l'économie et la religion pour en faire des armes, tout en offrant une bonne dose de culture générale en s'appuyant sur des points réels pour construire son histoire, le tout formant 650 pages de plaisir pur!
Un de mes plus gros coup de coeur de l'année!!
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   10 décembre 2018
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et d'autres pays utilisent ensemble un système planétaire d'écoute clandestine appelé Echelon. En Extrême-Orient, des antennes de surveillance sont placées sur la base japonaise de Misawa, et de gigantesques satellites de captation d'ondes électriques survolent l'Indonésie. Même les câbles sous-marins sont interceptés : il n'existe aucun moyen de communication sûr.
Kento resta interdit. Il se rendait compte qu'il avait vécu en ignorant absolument tout de la marche du monde. Les gens n'auraient-ils que le droit de vivre à l'intérieur du petit enclos construit par une poignée de dominants ? Si encore ces derniers assuraient leur protection au quotidien, il n'y aurait pas lieu de se plaindre ; or ceux dont il était question n'étaient pas des dieux pleins de miséricorde, mais des humains. Il y avait en eux assez de brutalité pour réduire en bouillie quiconque les mettait de mauvaise humeur. Et c'était précisément ce qui arrivait à Kento en ce moment même. Il était choqué de constater à quel point les Etats-Unis étaient les premiers à fouler au pied les droits humains les plus fondamentaux. Les "communications privées" n'étaient plus qu'un lointain souvenir.
- Comme Echelon peut aussi être employé à des fins d'espionnage industriel, la Commission Européenne a soulevé ce point en assemblée, mais sans réussir à apprendre grand-chose sur le système.
Kento cracha soudain le malaise qu'il ressentait :
- Ça fout les jetons. En fait, la prétendue démocratie avec laquelle les Etats-Unis nous rebattent les oreilles, ce n'est rien d'autre qu'une vaste plaisanterie.
- Je suis d'accord, mais ce n'est pas seulement les Américains. Rien de ce que font les hommes n'est parfait. Le droit, l'économie, tout système quel qu'il soit est imparfait. C'est comme avec un programme informatique mal fichu : chaque fois qu'on repère un bug, il faut appliquer un patch pour le corriger. Si l'humain était vraiment un "Homo sapiens", un "homme qui sait", le monde devrait être meilleur dans cent ans.
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OsmantheOsmanthe   10 décembre 2018
Un autocrate convaincu d'être au-dessus des lois avait en effet accédé au pouvoir. Le rôle premier des conseillers juridiques, procureur général en tête, était de s'assurer de façon minutieuse que les décisions du Président étaient conformes à la loi, mais même ce dispositif de sécurité ne fonctionnait plus. Sous l'administration Burns, les juristes en étaient réduits à produire des interprétations biaisées de la loi afin de plier celle-ci à la volonté présidentielle. Autant dire qu'un gouvernement dictatorial s'était mis en place, dans lequel le Président, chef d'état-major des armées, pouvait agir en faisant fi du droit.
L'Amérique avait déjà perdu la guerre contre les fondamentalistes islamistes, songea Rubens. La nation qui vouait à la liberté un respect sans pareil avait disparu. Pourquoi fallait-il que plus on s'efforce de préserver la démocratie libérale, plus les dirigeants s'embourbent dans le totalitarisme ? Enclose dans le cadre de l'Etat, la liberté n'était-elle rien de plus qu'une chimère ?
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OsmantheOsmanthe   09 décembre 2018
L'océan d'arbres sans limite commençait à aspirer l'ardeur de Yeager. Cette forêt épaisse cachait une force maléfique qui broyait son courage. Dans ce monde à part, la raison humaine n'avait plus cours, les animaux vêtus de tissu et se déplaçant sur deux jambes n'étaient que de vulgaires intrus. A force d'évoluer dans cet espace qui abritait toutes sortes de créatures mais restait pourtant hostile à l'homme, une tristesse semblable au mal du pays s'insinuait graduellement dans sa poitrine.
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BlackKatBlackKat   18 juillet 2018
Au Congo, il n'y a ni armes sophistiquées ni tactiques élaborées comme les frappes de précision. Ni principes, ni idéologie, ni patriotisme. Tout ce qu'on y trouve, c'est une guerre brute, sans le moindre décorum. La lutte pour les ressources souterraines, la haine interethnique, des tueries à l'arme blanche ou armes à feu de petit calibre. (...)
Une fois dans la région, si vous n'avez pas envie de voir l'enfer, ne vous approchez jamais des hommes.
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BlackKatBlackKat   19 août 2018
De toutes les êtres vivants, les humains sont les seuls animaux capables de perpétrer des génocides au sein de leur propre espèce.
C’est d’ailleurs ça qui définit l’homme. L’humanité, c’est la cruauté.
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