AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2251447598
Éditeur : Les Belles Lettres (28/12/2017)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Êtes-vous prêt à mettre votre peau en jeu ?

Pourquoi devrait-on cesser d’écouter ceux qui parlent au lieu d’agir ? Pourquoi les entreprises font-elles faillite ? Comment se fait-il que nous avons plus d’esclaves aujourd’hui qu’au temps des Romains ? Pourquoi imposer la démocratie aux autres pays ne marche jamais ?
Réponse : trop nombreux sont ceux qui dirigent le monde sans mettre leur peau en jeu.
Dans son livre le plus provocateur à c... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Luniver
  18 mars 2018
Il est toujours agréable d'ouvrir un livre qui vous explique ce que vous savez déjà, sans jamais avoir réussi à le formuler correctement. Pour ma part, j'ai eu la première intuition en m'intéressant au sujet de l'avortement. J'ai d'abord pu découvrir nombre d'arguments, très bien formulés, et maniant les concepts philosophiques les plus nobles, d'auteurs très en vue. Et puis, une fois mon avis formé, j'ai eu l'idée loufoque d'aller lire des témoignages de femmes. Et là, belle claque ! Les arguments que j'avais lus étaient toujours aussi bien formulés, et les concepts philosophiques toujours aussi nobles, mais ça restait des arguments tirés du papier, et qui y resteront, puisqu'ils sont totalement déconnectés de la réalité. Et surtout, ceux qui les professent (quel que soit leur camp d'ailleurs) se gardent bien de faire le moindre petit tour dans une clinique.
C'est globalement le thème principal du livre : les gens qui prennent des décisions doivent en supporter toutes les conséquences. Ce n'est pas seulement important pour les personnes qui subissent des décisions absurdes, mais pour la société dans son ensemble : quand on est sur le terrain, on est déjà beaucoup plus prudent, et surtout, on peut apprendre de ses erreurs. Confier la direction des opérations à des personnes qui vivent dans une tour d'ivoire, c'est priver la société d'un mécanisme de suppression (souvent au sens figuré, mais parfois aussi au sens propre) de l'incompétence. Un ministre de l'éducation peut enchaîner les réformes absurdes et s'en tirer avec les honneurs. Un professeur qui tente d'innover dans le domaine pédagogique face à des classes difficiles n'a pas franchement intérêt à se louper.
Bref, pour le dire selon le dicton populaire, « les conseilleurs ne sont pas les payeurs ». Et pour notre plus grand malheur, des conseilleurs non payeurs, on en a plein : que ce soit au niveau politique (des réformes audacieuses et modernes, des guerres qui apportent démocraties et prospérité), au niveau économique, dans les médias, dans votre propre travail, … La liste paraît sans fin.
L'auteur va parfois un peu trop loin à mon goût, en proclamant que n'importe quel remède de grand-mère vaut mieux que le discours d'un universitaire (la grand-mère ayant au moins le mérite d'avoir survécu à ses propres remèdes, ce qui lui accorde un peu de crédit, tandis que l'universitaire ne fait globalement que brasser du papier). Je prêche peut-être pour ma chapelle, mais il me semble que les connaissances théoriques servent beaucoup, tant qu'on les considère comme des outils, et pas comme des solutions clés en main à appliquer partout (« Tout ressemble à un clou pour qui ne possède qu'un marteau. »). Ne serait-ce que dans le domaine médical, je fais nettement plus confiance aux techniques modernes qu'aux anciennes.
L'essai est assez touffu, et aborde beaucoup de domaines (sociologie, philosophie, management, économie, …) sans qu'il soit toujours évident pour moi de faire le lien entre ce dont parle l'auteur et le thème principal du livre. J'ai aussi eu l'impression de temps en temps de me retrouver au milieu de règlements de compte personnels qui n'apportaient pas grand-chose au propos. Même si ça peut être paradoxal d'apprécier uniquement les parties théoriques d'un livre qui nous conseille d'abandonner la théorie et de tout miser sur la pratique.
Lecture très salutaire en tout cas, qui attaque de plein front des « évidences » qu'on ne conteste généralement jamais. Parfois ça agace, ça énerve, mais ça permet surtout de se remettre en question, et une fois le premier réflexe de rejet passé, de voir si on a les arguments nécessaires pour défendre ses positions. L'essai fait partie de ces livres qui pourraient modifier ma vision du monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
kobaitchi
  10 avril 2018
Nassim Taleb est surtout connu pour son précédent livre, Antifragile, et, peut-être plus encore, pour le second volume de sa série littéraire Incerto, le cygne Noir, dont Jouer sa peau est le cinquième et dernier opus. Ça fait longtemps que je me dis que je devrais lire ces deux bouquins, surtout que j'en ai entendu pas mal de bien. Mais bon, il y a toujours autre chose à lire, autre chose à faire… Tu connais ça aussi. du coup, quand j'ai vu apparaitre ce titre lors du dernier Masse Critique, je n'ai pas hésité longtemps, et je l'ai coché. Ça allait être l'occasion d'enfin faire connaissance avec ce trader à la retraite.
Bon, déjà, première impression après quelques dizaines de pages tournées seulement : Ah, ce que l'excès de Storytelling à l'américaine me broute. L'auteur illustre chacun de ses propos par plusieurs exemples, (au cas où son public ne pourrait pas comprendre avec un seul ?) et ça devient vite redondant.
Car oui, si les idées développées ici sont en grande partie intéressantes, bien que je ne les partage pas toutes, elles sont à ce point répétées, mixées, allongées, étirées et grossies encore et encore, que le tout en devient rapidement un poil indigeste. Si bien qu'il m'est arrivé de sauter quelques pages quand je voyais qu'un sujet pourtant déjà bien documenté, allait être encore développé jusqu'à plus soif.
Et c'est dommage.
Parce qu'en étant un tant soi peu honnête, il est difficile de ne pas être d'accord avec les grandes lignes de cet ouvrage. Ceux et celles qui prennent les décisions devraient être ceux et celles qui ont quelques choses à perdre dans l'affaire.
De la pure logique, non ?
Heeem, quand on regarde comment fonctionne notre société, non, pas tellement. D'après l'auteur, c'est d'ailleurs pour cela que bien des choses vont mal. Et je ne peux pas vraiment lui donner tord. Même si on va quand même éviter les explications mono-causales un peu trop simplistes.
Mais du coup, donne t-il une solution à ce problème ?
Autant être clair tout de suite : non.
Mais ce n'est pas forcément un mal. Tu ferais confiance, toi, à un mec qui te dit qu'il a LA solution pour que le monde tourne plus rond ? Une solution qu'il a trouvé tout seul au prix de nombreuses nuits d'insomnies ? Non, pas vrai ? Ben, moi non plus.
Du coup, que ce livre ne se termine pas sur un DIY en 5 étapes pour rendre le monde plus juste en mettant sa peau en jeu, ça me rassure.
Au lieu de ça, Taleb nous invite plutôt à réfléchir avec lui sur toutes les problématiques soulevées dans son livre et illustrées pas ses trèèèès nombreux exemples, et ça, c'est beau.
Donc, est-ce que ce livre est intéressant et abordable même quand on n'a pas lu les 4 premiers ? Oui, vraiment. Ça ne peut faire de mal à personne d'en lire un morceau ou même l'entièreté. Il y a des choses à apprendre, même si pour beaucoup, ce sont des sujets que l'on a déjà toutes et tous abordés avec soi-même ou avec des potes autour d'un verre.
En revanche, est-ce qu'il est trop long pour ce qu'il à dire ? Oui, hélas. Se calmer un peu sur les exemples, parfois vachement éloignés du sujet d'origine en plus, ne pourrait clairement pas faire de mal.
Et enfin, est-ce que je lirai les autres tomes d'Incerto ? Peut-être, oui. Mais pas tout de suite.
Lien : http://kobaitchi.com/jouer-s..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Melms
  18 mars 2018
On le sait tous plus ou moins inconsciemment : il y a un souci lorsque les personnes qui prennent des décisions ne sont pas impactées par les conséquences de ces décisions.
Et bien Nassim Nicholas Taleb nous démontre en 350 pages que quel que soit le domaine de notre vie, il faut se fier à ceux qui "jouent leur peau". Avec de nombreuses anecdotes, des exemples tirés de la vie quotidienne il nous fait une démonstration qui permet de mettre des mots sur ce que l'on savait inconsciemment.
Un livre intéressant, parfois quelques longueur ou répétitions mais j'ai eu l'impression d'apprendre et de comprendre un peu plus de choses sans que ce soit douloureux, ce qui est parfois le cas, n'étant pas une grande habituée des essais !
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LuniverLuniver   11 mars 2018
Pourquoi interdit-on des livres ? Certainement pas parce qu'ils offusquent l'individu moyen – la plupart des individus sont passifs et n'en ont pas grand-chose à faire, ou pas assez pour demander son interdiction. Si l'on regarde certaines situations passées, il a suffi de quelques activistes (motivés) pour que certains livres soient interdits, ou que certains auteurs soient mis sur liste noire. Le grand philosophe Bertrand Russell perdit son poste à l'Université de la ville de New York à cause d'une lettre ; celle d'une mère en colère – et têtue – qui ne voulait pas que sa fille se tienne dans la même pièce que le type qui menait une vie dissolue et professait des idées dérangeantes.
[...]
Formulons l'hypothèse que la formation des valeurs morales dans la société n'est pas liée à l'évolution du consensus. Non, c'est le plus intolérant qui impose la vertu aux autres précisément à cause de son intolérance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
LuniverLuniver   10 mars 2018
Ainsi exerçons-nous nos règles de morale, mais il y a – à partir d'un certain ordre de grandeur – une limite au-delà de laquelle ces règles ne s'appliquent plus. C'est malheureux, mais le général tue le particulier. [... E]st-il possible d'être à la fois moral et universaliste ? Oui, en théorie, mais malheureusement pas dans la pratique. Car à chaque fois que le « nous » devient un club trop important, les choses se dégradent, et chacun commence à défendre ses propres intérêts. L'abstrait est bien trop abstrait pour nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
LuniverLuniver   08 mars 2018
Dans le monde universitaire, il n'existe pas de différence entre le monde universitaire et le monde réel ; dans le monde réel, si.
Commenter  J’apprécie          30
Video de Nassim Nicholas Taleb (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nassim Nicholas Taleb
Nassim Nicholas Taleb - What is a "Black Swan?"
autres livres classés : risquesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
322 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre