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EAN : 9782352046813
272 pages
Les Arènes (18/10/2017)
3.71/5   26 notes
Résumé :
Il était une fois, dans une banlieue de Londres, un enfant autiste dont la langue maternelle était les nombres… Daniel Tammet se souvient de ce langage numérique qu’il comprenait mieux que celui de sa famille.

Aujourd’hui, ce polyglotte capable d’apprendre l’islandais en une semaine nous propose un voyage dans l’univers des langues et de ceux qui les parlent, les inventent ou les étudient.

Il nous entraîne à la rencontre des Nahuas, ces... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Skoubidoo
  26 novembre 2019
Il y a un peu moins d'un an, j'avais donné une note (3 étoiles) et rédigé une critique sur cet ouvrage, un peu trop à la va-vite apparemment. En effet, je viens de prendre le temps de terminer ce livre, et je dois dire que malgré un style un peu froid et trop factuel qui ne m'avait pas particulièrement séduite au début de ma lecture, ce livre regorge d'anecdotes et d'informations passionnantes sur des sujets aussi variés qu'intéressants pour qui aime étudier LA langue, LES langues, le langage et les mystères de son fonctionnement !
Daniel Tammet a interrogé, questionné et discuté avec des linguistes, sociologues, professeurs, chercheurs, etc. du monde entier pour documenter son travail, et c'est ce qui fait toute la richesse de son livre.
Mention spéciale personnelle pour les chapitres sur l'esperanto, l'islandais, la culture sourde, la traduction de la Bible, les relations entre la langue anglaise et la langue française, le langage au téléphone, le langage et les ordinateurs.
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Marie987654321
  29 décembre 2019
Autiste de haut niveau, Daniel Tammet est passionné par le langage et les mots. C'est cette passion qu'il nous fait partager dans cet ouvrage. Chaque chapitre porte sur un thème différent. Il nous fait parle d'abord de sa fascination pour l'usage que l'auteur australien Les Murray, décédé cette année et dont il a été le traducteur, fait des mots. Il nous instruit sur la façon dont les Islandais choisissent le prénom de leurs enfants, nous parle du Nahuatl, de l'espéranto, de la langue des signes. Il s'intéresse aux auteurs africains qui choisissent d'écrire en langue africaine plutôt qu'en anglais ou en français. Nous partageons avec lui les inquiétudes d'un petit groupe de revivalistes qui tentent de sauver la langue mannoise, langue des habitants de l'île de Man, parlée aujourd'hui uniquement par quelques personnes âgées. Patiemment, ils font parler, enregistrent, écoutent les vieux habitants pour apprendre la langue et pouvoir eux aussi la transmettre. le téléphone a créé une manière différente de parler avec des mots, un enchainement, des manières un peu différentes de dire les choses à celui qu'on ne voit pas de l'autre coté, comme le montre les études faites sur des centaines d'enregistrement de conservations téléphoniques. Dans le dernier chapitre, il s'interroge sur la possibilité pour les machines de parler comme l'imaginait Turing.
> En conversant, les humains mettent à jour et modifient la réalité sociale d'un moment à l'autre [...] le sens est constamment entamé, négocié, débattu. L'enjeu est fort. Les ordinateurs, eux, sont inertes et indifférents, n'ont rien à faire du sens. C'est ce "je-m'en-foutisme" qui fait qu'ils ne feront jamais que singer les mots des gens.
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Arsie
  03 août 2018
Un livre déroutant mais essentiel : ces langages que nous utilisons au quotidien, verbaux ou non-verbaux, que nous n'analysons plus, mais qui comportent des codes tacites parfois brefs ou intenses et qui en disent bien long.
Des chapitres clairs et passionnants sur la langue des signes, l'espéranto, les conversations "mécaniques" et rythmées au tel, l'Académie française, les langues primitives qui sont bien plus élaborées que ce qu'on n'ont croit et aussi le langage animal (oui les dauphins s'appellent aussi entre eux par "des prénoms" via des sifflements)...L'enthousiasme de Daniel T. est contagieux ;-)
Si vous aimez les mots et la linguistique, vous vous délecterez !
Ce livre mérite qu'on en propose certains chapitres dans les cours de français ou de communication. Chapeau à l'auteur pour tant de précisions !
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pchion
  01 décembre 2017
J'aime les mots, et les livres qui parlent de mots. J'aime entendre sonner à mon oreille des jolis mots. J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre. Pourquoi ? je n'en sais rien... Après j'ai accroché sur quelques belles histoires. Puis je l'ai posé ; j'ai lu autre chose... J'ai eu tant de mal à raccrocher que j'ai abandonné un tiers avant la fin. Pourquoi ? Je n'en sais rien. J'y reviendrai peut-être un jour, avec une conjonction astrale plus favorable ou une pile de livres moins attirante à côté. Je ne peux donc, honnêtement, ni dire du bien, ni dire du mal de cet ouvrage semble-t-il très apprécié par d'autres !
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DrOdR
  23 novembre 2019
L'auteur, Daniel Tammet, a commencé à penser, à parler, à écrire avec des nombres... Il s'est par la suite découvert la passion des mots et des langues.
Véritable globe trotter, l'auteur nous rapporte de ses voyages des histoires, des anecdotes, ayant trait au langage : la langue disparue de l'île de Man, l'espéranto et ses adeptes, le mystère de la langue des signes, le dialecte oublié du Mexique, ou du Kenya...
Pas forcément adepte de ce genre d'ouvrage généralement, j'ai ici été séduit par la forme et le fond : des chapitres courts, indépendants, et pour la plupart passionnants ( même si j'ai passé mon tour sur le chapitre OuLiPo, écrit à la manière de "la disparition", exercice louable, ardu, mais au résultat quasiment illisible !)
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SkoubidooSkoubidoo   23 octobre 2019
"Les auteurs français et anglais n'écrivent et ne pensent pas de la même façon. C'est ce que m'a appris Racine. Par exemple, un écrivain anglais ne dirait jamais, comme le fait Racine, "à l'ombre des forêts"; mais "in the shadow of a cedar" ou "in the shadow of an oak tree", "à l'ombre d'un cèdre" ou "à l'ombre d'un chêne".
- Intéressant. Les deux langues façonnent donc la réalité de manière différente. Pourriez-vous m'en dire plus sur cette différence ? Comment la définiriez-vous ?
- Je dirais que les perceptions du français sont plus abstraites - comme si les expériences étaient survolées en montgolfière. C'est pour cela que la pensée française tend à être holistique, et les textes homogènes. Au contraire, en anglais, la perception est plus terre à terre, plus détaillée, pleine de caprices.
- Qu'entendez-vous par des textes "homogènes" ?
- Racine a écrit de nombreuses pièces, mais il emploie peu de mots : deux mille. Celles de Shakespeare en contiennent dix fois plus. Cela vous donne une idée de l'économie de Racine. En français, on peut faire dire plusieurs choses à un même mot. Prenons "attrait" - un mot typique de Racine. Appliqué à une femme, il signifie "charmes"; mais quand il décrit quelque chose de plus vague, comme l'inconnu, il faut le traduire par "lure" : "l'attrait de l'inconnu", "the lure of the unknown". "Attrait" regroupe l'attrait d'une ville (attractiveness), l'intérêt d'un sujet (interest), l'attrait pour telle ou telle chose (to feel drawn to). Cette qualité du français participe à la cohésion du texte."

Entretien entre Daniel Tammet et Sir Michael Edwards
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SkoubidooSkoubidoo   23 octobre 2019
D'après ce guide ["Dire, ne pas dire" sur le site de l'Académie française], on ne dit pas "Il est sur la short list"; "short list", trop anglais, est exclu. On dit en revanche : "Il est parmi les derniers candidats susceptibles d'obtenir tel prix". Une façon pour le moins détournée de dire les choses. Le guide se poursuit ainsi, de manière tout aussi alambiquée.
On ne dit pas : "une newsletter", on dit : "une lettre d'informations".
On ne dit pas : "une single", on dit : "une chambre pour une personne".
On ne dit pas : "éco-friendly", on dit : "respectueux de l'environnement".
Tant de prescriptions. Ne pas, ne pas, ne pas. Sa lecture est plutôt désagréable.

Mais sir Michael me dit que j'ai mal compris le guide. Il ne combat pas l'anglais. Nombre d'académiciens sont anglophiles, ils admirent les romans britanniques et américains, les mots de Wordsworth et d'autres. Non, dit-il, c'est une question de clarté. Beaucoup de mots anglais prêtent à confusion. C'est "l'anglais artificiel", bizarre et rabougri, que véhicule la mondialisation. Dans le métro parisien, sur les affiches près de Notre-Dame, dans les publicités radio qui résonnent le long des boulevards : "Just do it"; "Nespresso, What Else?"; "Taste the Feeling"; "This is Her! This is Him!"
Sir Michael le voit tout autour de lui, dans un paysage défiguré par des slogans vides de sens. "C'est quelque chose qui ulcère à juste titre mes collègues, et ce depuis longtemps." La santé d'une nation, dit-il comme s'il récitait, dépend de la santé de sa langue.
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SkoubidooSkoubidoo   23 octobre 2019
Le mot anglais "surprise" est d'origine française. De même que "election", "history", "armies" et "origin". On estime qu'environ un mot anglais sur quatre a été importé de France. Parler l'anglais britannique, c'est parler un quart français. (L'anglais des Etats-Unis, c'est autre chose. Les Américains remplissent leurs réservoirs de "gas" et non de "petrol"; ils cuisinent des "zucchinis" et des "eggplants", pas des "courgettes" ou des "aubergines"; ils font leurs courses au "drugstore", pas à la "pharmacy". A New-York ou à San Diego, l'automne qui fait jaunir les feuilles s'appelle "fall" et non "autumn".)
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Vidéo de Daniel Tammet
Daniel Tammet publie "Fragments de paradis" aux éditions Arènes. Né à Londres dans une famille de neuf enfants et atteint d'un trouble du spectre autistique, il a choisi l'exil pour dépasser sa différence. A la découverte d'autres langues et d'autres cultures il a pu trouver un sens à sa vie. Sur le plateau de la Grande librairie, l'écrivain raconte sa rencontre avec Margaret Atwood et sa conversion à l'âge de 23 ans.
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