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Critique de FMK


FMK
  06 novembre 2019
Dans l'Abîme du Temps, ou The Shadow out of Time dans la langue d'H. P. Lovecraft... Comment adapter une nouvelle aussi visionnaire, aussi fondatrice et célèbre que celle-ci, en manga ? Après de magistrales Montagnes hallucinées en deux tomes (dans la même collection, chez le même éditeur), Gou Tanabe nous propose de poursuivre notre voyage en terre lovecraftienne, en un seul volume relié doté à nouveau d'une grande qualité d'impression et d'une reliure imitation cuir du plus bel effet, grise cette fois.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le matériau d'origine, je vais tenter d'être bref. Cette nouvelle rapporte le récit (étrange, forcément !) de Nathaniel Peaslee, professeur d'économie à l'université de Miskatonic, dans la ville d'Arkham, au Massachusetts. Suite à un malaise soudain alors qu'il donnait un cours magistral, Peaslee perd connaissance, puis se réveille avec une impression étrange. En effet, il apprend vite, horrifié, que plusieurs années se sont écoulées depuis sa crise, durant lesquelles il a agi de façon très étrange, délaissant ses proches ainsi que l'économie pour se consacrer à des recherches personnelles dans des domaines divers tels l'archéologie et l'occultisme, comme s'il était un autre individu. le problème, c'est qu'il ne garde aucun souvenir de tout cela, mais est assailli chaque nuit par des visions de créatures cauchemardesques et d'une immense cité...
Que lui est-il donc arrivé ? Est-il atteint d'un trouble de l'identité, ou bien ses visions ont-elles une part de réel ? C'est ce qu'il va s'évertuer à découvrir.

Graphiquement, le trait de Gou Tanabe est d'une justesse anatomique et architecturale impressionnante, et l'ensemble dégage une criante sensation de réalisme sublimée par des contours sombres et des visages à la palette d'expression variée, du moins pour les humains... Les créatures innomables chères à Lovecraft sont bien entendu de la partie, et après les fameux Anciens des Montagnes Hallucinées, c'est à nouveau une très grande réussite. Encore une fois, l'idée d'accompagner la représentation des différentes créatures avec une description textuelle de leur apparence permet de se rendre compte de la fidélité à l'oeuvre d'origine, et c'est avec un certain plaisir mêlé de fascination et d'angoisse que l'on découvre une image de ces êtres dont on dit qu'aucun l'humain ne devrait jamais voir, sous peine de basculer dans la folie...

La narration, elle, n'hésite pas à utiliser la voix off de Peaslee pour accompagner les différentes étapes de son investigation et de sa réflexion sur sa mésaventure, comme dans la nouvelle originale, et cela fonctionne très bien. Ainsi, le lecteur n'est jamais perdu et l'intrigue reste claire, en particulier pour les néophytes.
De la même manière, l'auteur illustre ici, dans des planches magistrales, l'histoire complexe de la Grand Race de Yith, ce qui lui permet de poursuivre une formidable mythologie des êtres cosmiques débutée dans les Montagnes Hallucinées, si riche en détails et en images fortes qu'elle pourrait servir de nouvelle référence aux lecteurs désireux d'en savoir plus sur le fameux "Mythe", en toute simplicité.
De plus, en un seul tome certes plus épais que la majorité des mangas, aucun détail important de l'histoire ne semble avoir été omis, et l'ambiance inquiétante est bien présente et nous tient en haleine de bout en bout.

On peut donc à nouveau louer Gou Tanabe pour son travail d'orphèvre et remercier Ki-oon de nous donner la possibilité d'en profiter d'aussi agréable façon, en attendant avec impatience la suite de cette rétrospective avec La Couleur Tombée du Ciel, déjà annoncé...
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