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EAN : 9782916046129
Éditeur : Kanjil (24/09/2012)
Résumé :
Écrit en hommage au peintre Mathias Grünewald et au retable d’Issenheim, dont on célèbre cette année le 500è anniversaire, ce roman mêle histoire et fiction au cœur de l’Europe de la Réforme, pour raconter la vie d’un homme libre, passionné de peinture, dont la quête entraine le lecteur dans une succession d’aventures, de rencontres, d’événements historiques en Alsace, en Bavière, en Suisse, en Rhénanie et aux Pays-Bas…
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Villoteau
  25 janvier 2013
Le peintre Matthias Grünewald a réalisé le retable d'Issenheim, consacré à saint Antoine,vers 1515. le narrateur nous décrit les circonstances dans lesquelles il a fait sa rencontre et les années passées à ses côtés.
L'auteure fait passer le message que Maître Mathis (Matthias Grünewald) est vite oublié en tant qu'artiste, elle avance qu'il aurait été soupçonné d'avoir pris le parti des révoltés dans la Guerre des paysans et de ce fait il n'est plus fait appel à lui pour des commandes d'art religieux. La figure du Prince Cardinal Albrecht de Brandebourg, qui avait embauché le créateur du retable d'Issenheim, est évoqué. Ce dernier a acheté à Rome sa nomination comme archevêque de Mayence et apparaît comme fort débauché.
Le récit débute à 1599 à Amterdam où le narrateur termine sa vie comme imprimeur. Il a en effet fuit l'Alsace ainsi que la Forêt noire, en proie aux conflits religieux et aux révoltes paysannes au début du XVIe siècle. de 1526 à 1531 il apprend le métier d'imprimeur à Bâle puis Mayence ; il fait la connaissance du graveur Albert Dürer. Il accompagne quelque temps une troupe de comédiens italiens qui pratiquent la Commedia dell Arte. Voici un beau roman historique qui trace le portrait d'une période de violentes mutations.
La couverture du livre représente la ville de Colmar aux environs du début du XVIe siècle, il ‘agit de la reproduction d'une gravure sur bois colorée, issue de la Cosmographie de Sebastian Münster.
En prolongement de la lecture de cet ouvrage, on pourra se plonger dans "Cette histoire qui a fait l'Alsace tome 6, Dans une Europe en ébullition, de 1477 à 1604" afin de bien saisir les réalités politiques, sociales et religieuses qui commencent à caractériser diverses entités de l'ensemble alsacien.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   24 janvier 2013
L’un des anciens apprentis de Grand-père, Bastian de Guebwiller, avait épousé ma tante Gertrude. Or Guebwiller, situé à une demi-journée de marche de chez nous, est proche d’Issenheim, où la Commanderie de l’Ordre Hospitalier de Saint Antoine s’était établie depuis quatre siècles ; et lorsque, en 1515, le Supérieur de l’Ordre s’aperçut que le flot de livres nouvellement imprimés débordait de sa vieille bibliothèque, conçue pour de beaux et rares manuscrits, il demanda à mon oncle Bastien d’en construire une neuve.

Bastian était un digne élève de grand-père. Ses coffres, bahuts, bancs et tables étaient magnifiques dans leur simplicité, trop simples même, à son avis, trop nus surtout pour un noble seigneur comme le très savant Père Supérieur de la Commanderie de l’Ordre Hospitalier de Saint Antoine d’Issenheim. Il fit donc appel à son beau-frère pour ajouter quelques moulures et corniches à son travail, que mon père livra à Issenheim au début de l’automne.

À son retour il ne cessait de parler des étonnantes peintures, destinées au retable de l’église de la Commanderie, qu’il avait aperçues par une porte entrebâillée. - Cela suffit ! Depuis que tu radotes à propos de ces peintures, ton marmot se sent carrément encouragé à gribouiller partout ! Hier c’était même sur la nappe qu’on venait de laver... J’en ai par-dessus la tête ! criait Marthe.

Le marmot, c’était moi, et Marthe était ma jeune belle-mère....
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VilloteauVilloteau   24 janvier 2013
L’âge a du bon  : à quatre-vingt-six ans, les gens vous croient toujours quand vous prétextez la fatigue pour vous retirer. Même lorsque vous passez des nuits blanches.

Ce matin, je suis descendu tôt à l’imprimerie.
Jan m’attendait devant la porte. – Bonjour, mon oncle. Dans l’euphorie de la fête, hier, j’ai complètement oublié de vous parler de mon passage à Issenheim, dit-il.
– Tu y es donc allé  ?
– Bien sûr, puisque vous me l’aviez recommandé. J’y suis même allé avec deux compagnons que j’avais rencontrés chez un maître de Bâle. Mais le portier de la Commanderie de Saint Antoine n’a pas voulu nous laisser entrer, alors qu’il pleuvait à verse. Et le gargotier chez qui nous avons trouvé refuge, n’était jamais entré lui non plus. Tout ce qu’il savait, c’est que, du temps de son grand-père, des pèlerins affluaient par centaines, à cause du retable. Nous étions rudement déçus  : nous avions marché pendant presque deux jours avec nos paquetages sur le dos pour le voir  ! L’un de mes compagnons, celui qui venait de Prague, était persuadé qu’il s’agissait du chef-d’oeuvre d’un peintre inconnu que l’Empereur Rodolphe avait essayé d’acheter, l’an dernier. Et l’autre disait que, dans son pays, il y avait aussi un retable invisible, avec un nom bien étrange, Notre Dame des Neiges...

Je me sentis soudain glacé  :
– Il venait d’Aschaffenburg, ce garçon  ?
– Comment le sais-tu  ?
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VilloteauVilloteau   24 janvier 2013
D’étonnement, Jan s’était mis à me tutoyer comme lorsqu’il était enfant.
– Parce qu’à Aschaffenburg il y a un retable du même peintre, plus petit que celui d’Issenheim, qui est dédié à Notre Dame du Miracle de la Neige... Et ton collègue de Prague parlait d’un peintre «  inconnu  »  ? – «  Anonyme  », pour employer son expression. D’après son beau-père, qui fournit le cabinet de curiosités de l’empereur, les peintures d’Issenheim seraient de la main d’un proche d’Albert Dürer, peut-être même une oeuvre de jeunesse de Dürer lui-même...

J’ai de plus en plus froid, malgré le soleil de printemps. En même temps, des souvenirs incongrus m’assaillent  : je sens le poids presque palpable d’une vieille pelisse sur mes épaules  ; une tête blafarde, couronnée d’épines, se balance sous mes paupières, comme une barque en détresse  ; et à chaque mot de Jan, les épines s’enfoncent plus profondément dans mon front.
– Ce peintre s’appelait Mathis, dis-je. Maître Mathis Nithart... Ou Gothart... Il est mort il y a tout juste soixante-dix ans.

Les roues d’une carriole vrillent mes tympans. La poussière qu’elle soulève emplit mes narines, m’aveugle, m’étouffe. Un cercueil, sur la carriole, se soulève à chaque ornière, comme un dormeur secoué par des cauchemars. Mes vieux souliers heurtent les pierres du chemin...
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VilloteauVilloteau   24 janvier 2013
J’aurais aimé ne parler que de Maître Mathis, raconter ce que j’avais appris de ceux qui l’ont connu en ses jours de gloire, revivre les moments que j’ai vécu auprès de lui, et décrire les peintures du retable d’Issenheim, son chef d’œuvre qui orienta ma vie.

Or un peintre est toujours un homme façonné par son époque, même lorsque son oeuvre est hors du temps ; et soudain je me rends compte combien le monde - ou plutôt notre façon de le percevoir - a changé en moins d’un siècle. Les idées et les inventions qui ont bouleversé ma jeunesse semblent aujourd’hui aller de soi pour Jan et ses amis ; des rêves et des évènements qui semblaient annoncer un âge nouveau sont déjà oubliés, quand ils ne sont pas dénigrés. Et mon récit, déjà fragmentaire, serait incompréhensible pour ceux qui n’ont pas connu cette époque lointaine.

Si j’étais historien, j’aurais peut-être une vue d’ensemble des événements de cette période, je saurais expliquer les bouleversements et les orages que l’oeuvre de Maître Mathis semble annoncer... Mais je ne suis pas historien. Et nos chroniqueurs, ayant fort à faire à commenter d’antiques batailles romaines ou à raconter la vie des Grands de ce monde, ont très peu écrit sur le soulèvement des gueux qui embrasa alors le centre du Saint Empire Romain Germanique. D’autant plus que ces gueux furent vaincus, et que l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs...

Et, tout comme ces rêves et cette révolte, Maître Mathis, qui en fut l’un des innombrables héros et victimes, a été enseveli sous une chape de silence.
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VilloteauVilloteau   24 janvier 2013
Je trinque avec elle, avec Jan et avec une demi-douzaine d’inconnus hilares. Pourquoi troubler leur joie  ? Ils ne comprendraient pas mon désarroi, ma déception. Ce n’est pas que je doute du talent de Jan, la technique de ses copies est parfaite. Non, c’est son admiration pour les oeuvres qu’il a copiées qui me gêne, pour ces acrobaties du pinceau bien léchées. Comme s’il ne saisissait pas le vrai sens du mot «  trompe l’oeil  ».

Avec toutes ces toiles, toutes ces études et ces dessins qu’il a rapportés, il devait ressembler à un véritable baudet à la fin de son voyage, tant il était chargé. Mais pas un seul croquis du retable qu’il m’avait promis d’aller voir...

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