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Sophie Rèfle (Traducteur)
EAN : 9782020685818
285 pages
Éditeur : Seuil (01/10/2004)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Un gigantesque panorama de la littérature japonaise de l'ère Meiji, au début du Xxème siècle. Une époque charnière où le Japon découvre la modernité à travers la fascination pour le monde occidental. Jira Taniguchi et l'écrivain Sekikawa ont ainsi développé un cycle d'une richesse inouie, couvrant près de 1500 pages, à travers notamment la vie du plus célèbre poète et écrivain japonais contemporain: Natsume Sôseki (1867-1916). Ironie sociale, satire et fatalisme son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  13 septembre 2018
Traduit du japonais par Sophie Refle.
1868, le Japon entre dans l'ère Meiji, « le gouvernement éclairé » se met en place . L'autorité féodale du Shogun prend fin. le Japon est sommé par l'occident d'ouvrir ses ports aux commerce international. le Japon devra se soumettre aux « traités inégaux. » Un mot d'ordre : «  esprit japonais et méthodes occidentales ». A marche forcée le Japon devra changer politiquement ; La nouvelle bourgeoisie prend le pouvoir politique. Les Samouraïs sont désarmés. L'industrie et le commerce deviennent les valeurs fondamentales du nouveau Japon. Un système éducatif ouvert sur l'occident et une armée forte et moderne seront les outils de la révolution industrielle japonaise. le capitalisme vient de faire institutionnellement son entrée au Japon. Son rythme effréné entraînera un bouleversement sans précédent dans toutes les couches et structures de la société. Car en même temps que le Japon installe sa nouvelle machine économique elle fait entrer également les idées nouvelles qui en ce début du 20 e enflamme tout l'occident. le mouvement ouvrier et syndical nippon voit le jour. Ce qui dans un Japon resté profondément attaché à ses valeurs traditionnelles, est perçu comme un crime contre la sûreté de l'état.
Les militants communistes, anarchistes, révolutionnaires sont surveillés, pourchassés, arrêtes, interrogés, . Une police politique contrôlée par le pouvoir impérial se met en place.
« En mai 1910, le gouvernement japonais entend donner le coup de grâce à ce mouvement. Après la perquisition au domicile de Miyashita Takichi, ouvrier dans une scierie de Nagano, et la découverte de matériel destiné à la confection d'engins explosifs, la police lance un coup de filet dans les milieux révolutionnaires. C'est l'Incident de Haute Trahison.
Shosui Kôtoku est arrêté, ainsi que son ex-épouse, la journaliste révolutionnaire et féministe, Kanno Sugako (photo). Dans tout le pays, ce sont 26 personnes qui sont arrêtées et accusées de complot contre l'empereur. Malgré l'absence de preuves concernant la quasi-totalité des accusés, 24 d'entre eux sont condamnés à mort, et si la peine de la moitié d'entre eux est commuée en peine de prison à perpétuité, onze sont exécutés, dont Shosui Kôtoku et Kanno Sugako.
Les condamnés de 1908 sont de nouveau interrogés et n'échappent aux poursuites que parce qu'ils étaient en prison au moment du présumé complot.
Pour les révolutionnaires japonais, le temps de la répression la plus dure commence. Les lois de Préservation de la Paix sont durcies, afin de réprimer tout mouvement social. La police de la pensée, la Tokkô est mise en place dès 1911. Au sein du ministère de la justice, les "procureurs de la pensée", shiso kenji, condamnent les opposants ou tentent de les "rééduquer". A mesure que le totalitarisme et le militarisme se développent, la répression contre les communistes et les anarchistes s'intensifie. » La contre histoire, article de juin 2014…
L'ère Meiji, aura été une époque de tous les plus violents paradoxes pour le Japon et un traumatisme qui allait se propager durant plusieurs générations.
Ainsi, les uns se retrouvaient noyés dans la nostalgie d'une époque « féodale » qu'on leur demandait d'oublier , et de qui pourtant on exigeait de toujours se soumettre sans restriction à des règles éternelles ; les autres, ouverts à la littérature, à la philosophie, aux arts de l'occident , dont le pouvoir avait exigé et dirigé l'assimilation, prenaient conscience individuellement de l'internationalisme global du capitalisme, devaient toutefois se soumettre au diktat impérial faute de quoi ils se voyaient exclus de l'ordre social… Un véritable casse tête japonais prenait forme.
Les lettrés pensaient révolution. le pouvoir répondaient : soumission.
Ceux qui se rêvaient citoyens, et espéreraient en un respect d'une liberté individuelle au nom du bonheur de tous, durent très rapidement comprendre qu'ils devaient se comporter toujours en sujets, agents, au service d'une entreprise collective. Ce gouvernement dit éclairé allait faire pénétrer bien des amertumes, et des doutes dans une grande partie de la population.
Ce troisième tome de cette manga , à travers le récit  des destins « empêchés » de Futabei Shimei, maître du roman moderne japonais, et de Mori Ogai, romancier et traducteur, nous permet de mieux comprendre l'étau psychologique dans lequel l'âme et le coeur de nombreux japonais se retrouvèrent pris.
« L'idée qu'au fond le début de la modernité avait été beaucoup plus dramatique que la guerre s'est formée en moi. La matrice de nos pensées et de nos réactions a été formée, je crois, à ce moment.
Depuis cette époque et jusqu'à aujourd'hui , la civilisation occidentale, par nos contacts et frictions avec elle, nous a prodigué ses bienfaits et nous a simultanément fait souffrir. Pour dire les choses encore plus précisément, les souffrances du Japon ou peut être de l'Asie ont commencé lorsque les occidentaux sont devenus à nos yeux plus beaux que les asiatiques. Et ces souffrances, ou du moins ce malaise, demeurent en moi qui vis ici, et ne sont pas encore liquidées. Cette époque contient la matrice de notre présent. » Natsuo Sekikawa.
L'ère Meiji s'instaurait, les salons parisiens japonisaient...
« Japonismes 2018 : les âmes en résonance...L'année 2018 marquera le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France, ainsi que le 150e anniversaire du
début de l'ère Meiji lorsque le pays s'ouvrit à l'Occident. » Préambule de la manifestation : Japonismes 2018, qui se tient cette année en France. A méditer.
Astrid Shriqui Garain
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mh17
  28 novembre 2019
Je trouve que ce troisième tome ( édition Seuil ) est le plus intéressant de la série même s'il souffre d'une construction alambiquée avec plusieurs récits dans le récit. Pour simplifier, ce volume est centré sur Mori Ogaï, militaire, médecin, historien, traducteur et inventeur du roman autobiographique à la japonaise.
Bénéficiant d'une bourse des Armées, il part étudier en Allemagne, se passionne pour la civilisation occidentale et tombe sous le charme d' Elise Weigert une belle danseuse en détresse. Il retourne au Japon avec elle, bien décidé à l'épouser. Mais il doit y renoncer sous le poids de la pression familiale, mais aussi militaire et politique. Elise, qui a fait forte impression sur les amis d'Ogai, retourne en Allemagne. Mori Ogai devient médecin miltaire, se conforme au mariage prévu par sa famille mais la nuit se consacre à l'écriture. Elise Weigert devient plus tard l'héroïne de son roman, en grande partie autobiographique intitulé La danseuse.
Ce manga illustre parfaitement la question des rapports complexes qu'entretient le Japon avec l'occident pendant l'ère Meiji.
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cicou45
  28 juillet 2011
Nous sommes toujours dan le Japon de l'ère Meiji (début du XXème siècle) et l'on assiste ici à la mort d'un très grand écrivains japonais, Futobatei. Les personnes qui assistent à son enterrement sont pour la plupart toutes issues du milieu littéraire et grâce à cette mise en scène, Sekikawa et Taniguchi nous offrent un superbe panorama de la littérature japonaise de ce début de siècle. Parmi toutes les personnes présentes ici se trouve Mori Mintaro, un militaire qui nous plonge 25 ans en arrière qui nous raconte comment, pour servir son pays, il a renoncé à l'amour. En effet, le Japon qui se croyant inférieur, s'évertuait à l'époque de tirer des leçons de l'Occident (sans parfois se rendre compte que su certains points, il était bien plus développé que lui) refusait cependant à ce pauvre militaire d'épouser une belle jeune femme allemande, dont il était tombé éperdument amoureux lors de son voyage en Europe sous prétexte que cela pourrait nuire à sa carrière.
Magnifique ouvrage où l'on découvre les us et coutumes de ce pays que l'on connait parfois mal et qui avait un très grand sens de la morale et de l'honneur mais qui était souvent extrémiste lorsqu'il prônait le fait qu'un individu devait vivre avant tout pour sa famille et sa patrie plutôt que pour lui-même !
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blandine5674
  10 avril 2016
Je n'ai pas trop aimé ce tome 3. Poète pas très sympathique et sans cesse a relaté les mêmes soucis : argent pour son loyer, son bus, etc. et doit faire venir sa famille (répétitions énervantes).
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holognec
  04 août 2013
Elle est bizarre, cette série: on s'attache à des héros, tous écrivains et de plus en plus jeune, si bien, que l'on a d'autant plus l'impreesion d'une remontée dans le temps! Et puis l'histoire n'est pas racontée dans l'ordre. Et puis, en plus, le héros de ce volume est une vraie plaie: il a des trous sans poches autour et n'a aucune parole, concernant ses dettes! Raïlle, aïlle, aïlle. Je relirai probablement la série quand je serai plus mûre, plus au calme, plus au courant encore de l'histoire littéraire du Japon.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
mh17mh17   28 novembre 2019
Depuis cette époque ( fin de l'ère Meiji) et jusqu'à aujourd'hui, la civilisation occidentale, par nos contacts et frictions avec elle, nous a prodigué ses bienfaits et nous a simultanément fait souffrir. Pour dire les choses encore plus précisément, les souffrances du Japon et peut-être de l'Asie ont commencé lorsque les occidentaux sont devenus à nos yeux plus beaux que les Asiatiques. Et ces souffrances, ou au moins ce malaise, demeurent en moi qui vis ici, et ne sont pas encore liquidées.
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okkaokka   28 décembre 2018
p.145.
Permettez-moi. Au Japon existe depuis très longtemps le code d'honneur du samouraï. Les samouraïs, ces guerriers Japonais, cristallisent la sincérité et l'honneur. Et le Japon n'a pas besoin de la chrétienté. En Orient, la magnanimité est considérée comme une vertu. Cela nous permet de respecter ceux qui croient en d'autres religions et de ne pas vouloir les éliminer. Nous n'avons cessé de fortifier notre esprit depuis des millénaires, et aujourd'hui, pour échapper à la domination de l'Occident, nous étudions les connaissances que l'Europe a accumulées en quelques siècles.
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cicou45cicou45   28 juillet 2011
"_Nous sommes tous des acteurs qui nous contentons de jouer le rôle sui nous a été imparti. (...] Nous ne sommes nullement nous-mêmes.
_Ce que vous dites est vrai. C'est ce qui se cache derrière ce rôle qui cache véritablement ce que nous sommes."
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okkaokka   28 décembre 2018
p.270.
Regarde cet homme inutile qui se croyait utile et se faisant confiance. Debout devant la tombe d'un homme utile qui s'est toujours cru inutile. En ce début d'été, le savent-ils les gens qui pleurent ?
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okkaokka   28 décembre 2018
p.197.
Rintaro va devenir bientôt le chef de la famille Mori. Avec une épouse étrangère d'un milieu social si différent, il ne pourra pas faire carrière. Un si grand déséquilibre serait une catastrophe.
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Vidéo de Jirô Taniguchi
En juin et juillet, Futuro choisit l’été. Futuro prône le voyage. Avec Goef Darrow, Jeff Lemire et Jirō Taniguchi, les grands horizons s’ouvrent. Après ce printemps tout virussé, place à un été plus mouvementé. Enfin !
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