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EAN : 9782203136915
Éditeur : Casterman (16/05/2018)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 13 notes)
Résumé :
On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n'est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c'est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires... Cet homme, c'est le gourmet solitaire.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Erik_
  01 septembre 2020
Je préviens d'avance que ce n'est pas parce que j'accorde un 4 étoiles à cette oeuvre que ma critique sera d'une douceur exemplaire. Cette oeuvre de Taniguchi est de toute façon la plus décriée comme en témoignent les nombreuses mauvaises notes qui abondent. Les lecteurs n'apprécient pas les bds où il ne se passe quasiment rien. Il leur faut de l'action et une montée en adrélanine. Tout l'art de Taniguchi est de parler de ces petits moments qui comblent notre existence et d'en faire une montagne. C'est clair que ce décalage entraîne inévitablement une avalanche de mauvaises notes qui ne reflète en rien la qualité du travail mais témoigne juste d'une attente non comblée.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'auteur joue dans ce registre qui s'éloigne un peu de ces deux chefs d'oeuvre que sont le Journal de mon père ou encore Quartier lointain. Déjà, le Promeneur empruntait la même démarche sur le fait de savourer ces petits instants qui passent. La comparaison ne peut qu'être préjudiciable au gourmet solitaire. Et pourtant, tout le talent de l'auteur est présent. Il nous montre une dimension qu'on a rarement l'occasion de voir et cela s'appelle tout simplement vivre …
En l'occurrence, on rentre par exemple dans un restaurant au hasard d'une rue. On se demande ce que l'on va commander comme plat. On regrette parfois notre choix. Souvent, on est agréablement surpris. Bref, chaque chapitre nous livrera un plat différent ainsi qu'une expérience différente. Ce sont de petites sommes d'impressions qui font la richesse de cette oeuvre très singulière qui se déguste comme un bon mets.
Je regrette cependant que le personnage principal soit si imbu de sa personne d'une certaine manière. On se concentre sur ses seules envies, sur ce qu'il pense de son environnement, des commerçants qu'il croise, de la satisfaction qu'il éprouve ou pas. On a l'impression que tout lui est dû. Ce qui m'horripile, c'est le fait de savoir le prix de chaque plat comme si c'était un élément primordial. Je rencontre cet aspect mercantile dans beaucoup de mangas. J'ai l'impression qu'un japonais ne sera vraiment heureux que quand il aura le maximum de plaisir pour le plus bas prix possible. On ne pense jamais au restaurateur qui s'esquinte dans sa cuisine et qui aura une très faible marge. La valeur travail n'est guère récompensée dans ce contexte.
Par ailleurs, cela doit être une habitude très japonaise que de dîner tout seul dans un lieu de restauration. Pour ma part, cela ne me viendrait pas à l'esprit. C'est quand même très nombriliste comme approche. Il est clair qu'il y a le mot « solitaire » dans le titre. On voit qu'il essaye de s'occuper comme il le peut et il réussit très bien comme cela. En conclusion, je n'ai pas trop apprécié ce personnage que constitue le gourmet solitaire. Il m'a souvent donné envie de le gifler. Mais bon, ce n'est qu'une bd.
Nous avons là une excellente bd dans la tradition de ce que Taniguchi sait faire de mieux à savoir transmettre des émotions. C'est un travail bien réalisé. On ne s'ennuie pas contrairement à ce qu'on pourrait croire. Cela m'intéresse que de savoir ce qu'un personnage ressent quand il mange un sushi dans un lieu imprégné d'une certaine ambiance. Une vraie bd d'atmosphère en somme. A déguster tout de même avec modération !
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Rickola
  27 juin 2019
On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n'est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c'est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c'est le gourmet solitaire. Chaque histoire l'amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres.
Le résumé capte parfaitement l'ambiance et la particularité de ce récit selon moi. Tout d'abord, on y suit un personnage dont on ne connait pas grand chose (je ne suis même plus sur que son nom soit évoqué). Mais chaque détail a son importance car ils concourent à poser l'ambiance et l'importance des repas. En effet, on sait qu'il travaille dans le commerce, on le suit d'ailleurs régulièrement entre deux rendez-vous. Il aime vraiment la cuisine et est d'ailleurs très curieux sur ce point. Il semble être dans une sorte de perpétuelle réflexion mêlée de nostalgie. Il semble finalement dans la posture que le manga nous invite à adopter.
Car nous le suivons uniquement dans ces moments d'entre-deux, où il peut prendre le temps de se poser et apprécier un instant rien qu'à lui, en compagnie de bons plats. le récit se segmente ainsi en un repas dans un endroit différent par chapitre, l'occasion de nous faire voyager dans différents quartiers, différentes ambiances, pour différentes cuisines. de ce point de vue, le résumé dit que chaque plat est typiquement japonais, mais en réalité on a aussi droit à de la pizza revisitée et un peu de cuisine coréenne. Mais l'important n'est pas là.
Ce qui est intéressant, comme je l'ai évoqué, c'est que chaque repas est l'occasion pour le personnage de se poser, et nous avec lui. C'est en cela que l'on rejoint totalement le style des histoires de flâneries propres à Taniguchi : le personnage se pose, fait le point, nous partageons ses réflexions et ces moments de calme et ce faisant, nous faisons également le point. On déambule dans notre esprit en fonction de là où le personnage nous mène, ou peut-être bien qu'on suit une direction différente. le principal étant finalement de se retrouver comme lui, le temps de la lecture, totalement centré sur nous-même afin de profiter de ce plaisir simple de lire un manga. Ainsi, le temps suspends son cours le temps de quelques pages (car comme L'Homme qui marche ou le Promeneur, la lecture est rapide, mais en plus, on peut sans problème l'interrompre à la fin de chaque chapitre).
Ainsi, je retrouve dans cette lecture le plaisir que j'ai souvent dans les oeuvres de Taniguchi, qui vient de cette invitation à ralentir son rythme de vie et à profiter du temps qui passe. L'aspect culinaire proposant une réelle valeur ajoutée de par l'ambiance spécifique qui en ressors. Car me concernant, j'adore la cuisine et j'aime aller au restaurant, car j'ai l'impression de me retrouver dans une bulle (y compris lorsque je suis accompagné, cette bulle pouvant être partagée), où les tracas de la vie quotidienne disparaissent le temps d'un instant. Et la plus grande force du Gourmet Solitaire vient, selon moi, de cette capacité à recréer cette bulle de confort et d'apaisement.
Au final, si comme je l'ai dit, nous sommes face à une oeuvre relativement mineure à mes yeux dans la carrière de l'auteur, elle n'en reste pas moins très appréciable par la façon dont elle arrive à me mettre dans un état d'apaisement que je ressens (et que je recherche) souvent avec Taniguchi. En ça, je pense que revenir régulièrement vers ce genre d'oeuvre ne peut que faire du bien.
Lien : https://apprentiotaku.wordpr..
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gwendal
  03 avril 2019
Ce manga nous invite à suivre dans ses déplacements, presque toujours professionnels, à travers le japon (et une fois à Paris) un commercial dont on ne sait pas grand chose. Chacun de ces déplacements fait l'objet d'un chapitre indépendant où l'on découvre un quartier et des plats en général typiquement japonais. Car par un heureux hasard nous le retrouvons toujours au moment où son estomac tient sous sa coupe son cerveau.
Je dois bien avouer que dans un premier temps j'étais assez sceptique sur ce que j'étais en train de lire, j'avais du mal à m'attacher au personnage principal, je trouvais les histoires assez stéréotypées. Mais plus on en apprend sur lui, plus on voit ce qui l'entoure à travers ses yeux et plus on prend plaisir à cette lecture. Il aime les choses simples, son regard est perçant pour détecter les petites joies ou les petits travers que l'on peut trouver dans un quartier, dans un petit resto. Alors gourmet ? Pas sûr, mais gourmand ça oui, parfois son envie et son plaisir l'amène à dépasser les limites mais la joie qu'il en retire fait plaisir à voir. La découverte des différents plats m'a vraiment donné envie de découvrir encore plus la cuisine japonaise.
Un dessin ultra réaliste, en particulier pour les vues d'ensemble sur les menus, rend le tout encore plus fascinant.
Un ovni atypique parmi les mangas de ma bibliothèque qui me donne envie de lui adjoindre d'autres oeuvres de ses créateurs.
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Marilynzillah
  06 mai 2020
Un coup de coeur! J'ai adoré ce manga! Je le relis régulièrement, j'aime me plonger avec le gourmet solitaire dans les ruelles japonaises et découvrir de petites échoppes, j'aime les descriptions des aliments, de ce qu'il ressent…
Je ne m'en lasse pas! Merci à Aurore de m'avoir fait découvrir ce manga! Un petit bonheur qui me redonne le sourire à chaque lecture et me donne une furieuse envie de manger asiatique!
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gwendalgwendal   03 avril 2019
Tout restaurant japonais est un "roman". Le roman du patron souvent. Et les clients sont des "lecteurs" de ce roman. Quelle ironie stoïcienne (ou quelle prétention philosophico-esthétique) celui-ci avait-il l'intention de glisser entre les lignes avec son chazuke en sachet et ses assiettes qui débordent ? Tous les clients ne sont pas perspicaces ... Et tous les romans ne sont pas "lisibles" ...
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gwendalgwendal   02 avril 2019
- "On peut dire que c'est une pizza qui fait pas dans le bling bling. La bouteille géante de Tabasco aussi, pour faire sérieux...."
Jamais de Tabasco en Italie, sacrilège .... Mais qui s'en inquiète ? Une bonne rasade de Tabasco mexicain et du Coca-cola américain la dessus, c'est parfaitement japonais, moi je dis !
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gwendalgwendal   03 avril 2019
Quand au crabe, il a dû frôler la marmite, mais de très loin. Ou alors je ne suis pas assez concentré pour sentir le concentré ...
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Erik_Erik_   05 octobre 2020
Pour un artiste, il est aussi fatal d'épouser son modèle que pour un gourmet d'épouser sa cuisinière : le premier est privé des séances de pose et le second de dîner.
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leowleow   26 février 2019
Qui mange en solitaire choisir son menu et ses manières !
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