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Hiromi Kawakami (Antécédent bibliographique)
ISBN : 2203029757
Éditeur : Casterman (25/08/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 265 notes)
Résumé :
Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais.

Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
InstinctPolaire
  16 novembre 2012
[ On lit essentiellement pour soi. Parfois on lit pour quelqu'un... Merci à Marina53 d'avoir insister pour que je lise enfin du Taniguchi. ]
Depuis un petit moment, je mange souvent le soir au troquet de Satoru. J'ai commencé à observer les habitués. Surtout deux...
Elle, elle s'appelle Tsukiko Omachi. Elle doit avoir une bonne trentaine d'années. Je sais qu'elle est célibataire. En tout cas, c'est une personne très réservée... Avec un bon coup de fourchette.
Lui, son costume dit très bien qui il est : un ancien professeur. M. Harutsuna Matsumoto a enseigné le japonais au lycée ? Il a eu Tsukiko comme élève.
Ils commandent séparément, ils payent chacun leur addition. Mais il y a immanquablement quelque chose entre eux. Parfois, ils se retrouvent ensemble plusieurs jours de suite. Parfois, on ne les voit pas ensemble de plusieurs semaines. Parfois, ils vont même manger ailleurs. Mais je continue à m'interroger sur la nature de leur relation. Et qu'importe la différence d'âge...
" Les Années Douces " est la chronique douce-amère de la relation qui s'établit doucement entre une timide jeune femme de 37 ans et son ancien professeur, un vieux monsieur respectable et réservé. Mise en image du livre éponyme d'Iromi Kawakami, Jiro Taniguchi exerce son art pour donner à cette histoire un paradigme très intimiste. EN l'observant du seul point de vue de la jeune femme, on en garde une étrange impression. Probablement car je suis un homme, je m'interroge ; et lui, le vieux professeur à l'éternel cartable de cuir, que pense-t-il ?
Deux personnes, touchantes de maladresse, qui essayent de s'aimer sans se le dire. Sans chercher à précipiter les choses, espérant qu'elles se feront d'elles-même. Dans de petits troquets urbains ou face au paysage sans limite de la Mer du Japon...
Incroyablement touchant...
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marina53
  23 octobre 2012
Tsukiko est une trentenaire célibataire. Alors qu'elle se rend régulièrement au troquet de Saturo, elle rencontre par hasard son ancien professeur de japonais. Elle est célibataire, lui est veuf. Malgré leur différence d'âge, une certaine complicité s'installe entre eux. Partageant le même goût pour la nourriture japonaise et le saké, Tsukiko et le Maître, comme elle le surnomme, prennent l'habitude de se retrouver chez Saturo. Puis, ces rencontres deviennent des rendez-vous. Ce sont ces rendez-vous, au fil des chapitres, que nous raconte Taniguchi. On se balade avec Tsukiko et le Maître en forêt, on assiste à la fête des cerisiers ou à la nuit des étoiles. Leur relation devient alors ambiguë et indéfinissable. Avec le temps, Tsukiko tombe amoureuse du Maître.
C'est beau, tendre, doux, mélancolique et ça fait chaud au coeur. Les dessins sont de toute beauté, le trait est fin et le noir et blanc ajoutent une touche de charme. Jirô Taniguchi est au meilleur de son art.
Un récit pudique, délicat et charmant.
Un récit rempli de petits bonheurs quotidiens.
Lumineux...
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colimasson
  07 octobre 2012
Le maître et Tsukiko ont été professeur et élève, il y a de cela quelques décennies. Lorsqu'ils se retrouvent à nouveau, dans le contexte informel d'un troquet où chacun vient régulièrement boire et manger en solitaire, Tsukiko a trente-sept ans et le maître a cessé d'enseigner depuis longtemps. Leur retrouvaille amorce la fin de deux solitudes séparées et annonce le début d'une relation singulière –ni amitié, ni amour, on parlerait plutôt d'une solitude partagée.

Lorsque le Maître et Tsukiko se retrouvent, ils le font sans concertation préalable. Ce sont leurs habitudes de solitaires qui les enjoignent à se trouver souvent au même endroit, au même moment. Ils partagent alors un repas, boivent ensemble quelques verres, échangent quelques mots en toute simplicité, puis rentrent chez eux chacun de leur côté, ravis de ce moment convivial partagé sans aucune contrainte.

Le livre est découpé en autant de chapitres que de rencontres entre le Maître et Tsukiko. Passé l'évènement de la rencontre fondatrice, un ou deux chapitres nous permettent de nous immiscer dans le déroulement habituel de leurs retrouvailles. On retrouve ici le goût de Taniguchi pour les plaisirs de la table. Les détails concernant la composition des mets et menus servis à table sont aussi nombreux et précis que ceux que l'on retrouvait, avec une abondance quand même plus certaine, dans les volumes du Gourmet solitaire. Les chapitres suivants prennent leur distance avec les rencontres habituelles dans les troquets. le Maître et Tsukiko décident un jour d'aller au marché ensemble, et c'est à nouveau l'occasion d'éveiller ses sens aux stimuli infimes qui, mis les uns à la suite des autres, créent l'animation confuse et agitée des rues marchandes. Plus tard, suite à une conversation passionnée du Maître concernant les différentes variétés de champignons, le patron d'un de leurs troquets habituels leur proposera une virée mycologique en montagne. Une dispute, une réconciliation, le verre du début de la nouvelle année, la fête des cerisiers… Les évènements de la vie quotidienne se retrouvent sans cesse autour des rencontres entre le Maître et son ancienne élève.

Taniguchi semble se concentrer davantage sur le personnage de Tsukiko. Bien que ses rencontres fréquentes avec le Maître ne changent rien à son caractère solitaire, aboutissement d'un mode de vie qui semble plus choisi que subi, on constate que son comportement se modifie peu à peu, subtilement, influencé par le regard imaginaire et omniprésent du Maître. Regard divin par définition, Tsukiko n'y échappe pas et analyse la plupart des instants de son existence à travers le prisme du jugement du Maître. Que dirait-il s'il m'entendait ? Que penserait-il s'il était à ma place ? Les anciens rapports de hiérarchie semblent se rétablir peu à peu, le Maître d'une part ne cessant de corriger et de moraliser son ancienne élève, Tsukiko d'autre part écoutant docilement ses conseils et l'érigeant comme modèle.

Taniguchi est un maître de la subtilité et de la simplicité. L'évolution des sentiments entre le professeur et Tsukiko s'imprègne de la même finesse. On retrouve l'atmosphère chère aux ouvrages de Taniguchi, celle d'une solitude mélancolique parsemée de joies en demi-teintes, et un sens du détail si acéré que les moindres évènements d'une existence prennent une ampleur inconsidérée. Alors que la relation qui lie le Maître à Tsukiko n'a rien d'exceptionnel, si ce ne sont les comportements humains qui y sont impliqués, dans toute leur inconstance et leur incohérence, on s'attache à cette aventure avec plus de passion qu'on n'aurait pu le soupçonner.

Alors que leur « amitié » semble à nouveau compromise, Tsukiko est confrontée, à la fin du premier volume, à un choix qui lui permettra ou non de s'extirper réellement de sa solitude, au détriment de son confort et de sa relation avec le Maître. Une fin de volume en suspens, qui donne envie de se précipiter aussitôt sur l'album suivant…


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trust_me
  04 novembre 2013
Tsukiko est une trentenaire qui rencontre par hasard dans un café l'un de ses anciens professeurs de lycée deux fois plus âgé qu'elle. Par la suite, elle le retrouve régulièrement au même endroit et se rend compte qu'elle apprécie la compagnie de ce vieil homme taciturne. Celui qu'elle appelle le maître va peu à peu prendre une place importante dans sa vie et les liens qui les unissent ne vont cesser de se resserrer au fil du temps.
Les années douces est l'adaptation d'un roman d'Hiromi Kawakami. J'y ai retrouvé le Taniguchi que j'aime, contemplatif, prenant son temps, faisant de l'inaction et des petits riens le coeur de son propos. On assiste ici à la naissance d'un sentiment amoureux entre deux êtres que tout oppose à priori. On les suit dans des moments de prime abord insignifiants (au marché, cueillant des champignons en forêt, etc.) mais au final porteurs de sens car ils ne cessent de renforcer leur complicité et de souligner l'évidence de leur attirance réciproque. Tsukiko est un personnage plus complexe qu'il n'y paraît. Elle n'accorde pas une grande importance à son apparence, elle n'est pas carriériste, elle aime la bonne nourriture et le saké. C'est elle qui tombe amoureuse et fait les premiers pas. C'est une jeune femme touchante et d'une grande sensibilité.
Tsukiko et le maître sont des gens ordinaires auxquels on s'attache sans en avoir l'air. Ils ont un petit coté hédoniste et gourmet que j'adore. Ils sont tout en simplicité, en retenu, solitaires et fragiles. Ils peuvent cesser de se voir pendant des semaines et se retrouver un jour dans leur restaurant favori comme s'ils s'étaient quittés la veille. A aucun moment ils ne cherchent à forcer les choses et leur rapprochement se fait naturellement. Un couple solaire et émouvant dont la relation atypique est je trouve d'une grande beauté. Bref ce diptyque est un régal.

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le_Bison
  28 janvier 2012
Dans le bar où elle a ses habitudes, Tsukiko, la trentaine, fait la connaissance d'un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu'elle le connaît : il fut autrefois son professeur, le Maître. Elle est célibataire, il est veuf. Une complicité s'installe autour de ce comptoir, ils prennent l'habitude de se revoir dans ce même bar, au hasard de leur emploi du temps, juste pour boire une coupe de saké et se réchauffer d'un udon bien fumant ou de tofu frits.
« Les années douces » fut d'abord un roman de Hiromi Kawakami, pour lequel elle reçut le prix Tanizaki en 2001. En utilisant les mots de l'auteure, Jiro Taniguchi ajoute les dessins, images de douceur ou de tendresse, images d'un Japon décalé où les bons sentiments fleurissent les pages comme des fleurs de cerisiers tapisseraient les pelouses du parc Ueno. En clair, c'est beau ! C'est intense !
Vous me demanderez certainement ce qu'il y a de beau et d'intense dans cette histoire ?
Justement presque rien. Juste des sentiments, le sens profond de l'amitié, la compagnie, les dérives vers l'amour, les histoires de vieillesse, les histoires de solitude, les histoires de saoulerie… Des tranches de vie au quotidien, totalement banales, totalement sans intérêt. Et c'est pour cette raison que cette lecture est indispensable. Juste pour retrouver le bonheur de respirer un peu de fraîcheur, de sentir l'odeur des yakitoris caramélisés ou des ramen fumants, de capter quelques fragrances de bonheur instantané et éphémère. Vivre l'instant présent pour saisir la justesse du sentiment, les bribes d'un amour naissant, l'ivresse d'une amitié discrète et sincère. Juste pour réfléchir sur le sens profond de la vie et ses trois valeurs fondamentales : l'amitié, l'amour et le saké.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   14 octobre 2012
Le sol était humide. Au milieu des herbes, il y avait une multitude de choses. Des champignons… Et puis, sous la terre, des organismes microscopiques… Des insectes qui rampaient sur le sol… Et d’autres, dans le ciel, dont les ailes leur permettaient de voler… Et puis, des oiseaux sur les branches… Et le souffle des gros animaux, vivant au fond des bois, qui venait comme gonfler l’atmosphère. J’étais entourée d’une multitude d’êtres vivants.
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KanelbulleKanelbulle   13 novembre 2011
Si nous continuons à fréquenter notre troquet, c'est que nous nous ressemblons. Nous n'avons pas seulement les mêmes goûts rares. Sans doute notre façon d'être avec l'autre nous convient-elle à chacun.
Plus de trente années nos séparent mais je me sens infiniment plus proche de lui que de certains amis du même âge que moi.
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colimassoncolimasson   10 octobre 2012
Je me rendais compte que j’étais toujours avec le maître, lui seul. Boire du saké en compagnie de quelqu’un, me promener… à part avec le maître, il y avait longtemps que ça ne m’arrivait plus. J’essayais de me rappeler avec qui je faisais ce genre de choses, avant, mais personne ne me venait à l’esprit.
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colimassoncolimasson   12 octobre 2012
J’étais seule. Seule je prenais le bus, seule je déambulais dans les rues, seule je faisais des courses, seule j’allais boire un verre. Quand je me trouvais avec le maître, je me sentais dans le même état d’esprit que celui qui m’habitait avant, quand je faisais tout toute seule. Mais alors, quel besoin avais-je d’être avec lui ?
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MiaMia   19 avril 2011
Je suis sortie. Pour m'assurer que je n'étais pas seule à vivre. M'assurer que je n'étais pas la seule que vivre inquiétait ainsi.
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Videos de Jirô Taniguchi (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jirô Taniguchi
En ce samedi 11 février 2017, nous apprenons le décès de Jiro Taniguchi, immense auteur japonais auquel nous souhaitions rendre un hommage, en particulier pour l'apport qu'il a eu en France pour la "respectabilité" du manga dans notre pays.
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